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La guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran continue de bouleverser les équilibres énergétiques mondiaux, avec des conséquences directes sur les prix du carburant et le transport maritime. Selon l’expert géopolitique allemand Clemens Fischer, la situation dans le détroit d’Hormuz pourrait maintenir durablement les prix du carburant à un niveau élevé, notamment en Europe.

Dans une interview accordée à l’agence de presse allemande, Fischer estime que la fermeture prolongée de ce passage maritime stratégique rend improbable une baisse rapide des prix de l’énergie. « En raison de la fermeture persistante du détroit d’Hormuz, il ne faut pas s’attendre à une baisse des prix du carburant en Allemagne. Au contraire, il faut se préparer à une poursuite de leur hausse », a-t-il déclaré.

Selon l’analyste, l’Iran semble avoir anticipé un blocage prolongé du détroit et disposerait de plusieurs moyens militaires pour maintenir la pression sur ce corridor maritime vital. Il évoque notamment l’utilisation potentielle de mines marines, d’attaques par missiles et drones, ainsi que de vedettes rapides d’assaut capables d’opérer dans cette zone stratégique.

« Il faut s’attendre à ce que ce détroit reste fermé pendant une période prolongée », a ajouté Fischer.

Un passage stratégique pour l’énergie mondiale

Le détroit d’Hormuz, large d’environ 55 kilomètres entre l’Iran et le Sultanat d’Oman, constitue l’un des points névralgiques du commerce énergétique mondial. En temps normal, près d’un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié transportés dans le monde transitent par ce corridor maritime.

Depuis le début de la guerre, la circulation maritime dans la zone est presque totalement paralysée, perturbant l’approvisionnement mondial et alimentant les tensions sur les marchés énergétiques.

Selon Fischer, compenser les volumes d’hydrocarbures actuellement bloqués dans la région s’avère extrêmement difficile à court terme. Même si certains pays peuvent libérer une partie de leurs réserves stratégiques ou augmenter leur production, l’arrivée de nouvelles quantités sur le marché pourrait prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

L’expert avance également un chiffre qu’il qualifie lui-même de « choc ». Pour sécuriser la navigation dans le détroit d’Hormuz, une opération d’escorte militaire serait particulièrement coûteuse en moyens.

Selon ses estimations, près de 50 navires de guerre seraient nécessaires pour escorter au maximum trois pétroliers par semaine à travers le détroit. Un dispositif qui illustre l’ampleur du défi sécuritaire dans cette zone stratégique.

Washington appelle à une coalition navale internationale

Face à la paralysie de la navigation, le président américain Donald Trump a appelé samedi plusieurs pays à participer à la sécurisation du détroit d’Hormuz.

Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, il a indiqué que « plusieurs pays enverront des navires de guerre, en coopération avec les États-Unis, afin de maintenir le détroit ouvert et sécurisé ».

Le président américain a notamment appelé la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d’autres pays à déployer des bâtiments militaires dans la région.

« Les pays du monde qui reçoivent du pétrole via le détroit d’Hormuz doivent prendre en charge la protection de ce passage. Les États-Unis apporteront une aide importante », a-t-il ajouté.

Vendredi déjà, Donald Trump avait annoncé que la marine américaine commencerait “très bientôt” à escorter les pétroliers traversant ce corridor stratégique. Il a également menacé de frapper les installations pétrolières iraniennes si Téhéran poursuivait ses actions visant à perturber la navigation.

Téhéran menace les entreprises américaines

La réaction iranienne ne s’est pas fait attendre. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti que Téhéran pourrait s’en prendre aux entreprises américaines présentes dans la région si les installations énergétiques iraniennes venaient à être bombardées.

Cette escalade verbale illustre le niveau de tension atteint autour du détroit d’Hormuz, dont la sécurité est devenue un enjeu majeur pour l’économie mondiale et les marchés de l’énergie.

Dans ce contexte, les analystes estiment que tant que la situation militaire restera incertaine dans cette zone stratégique, les prix du pétrole et du carburant pourraient rester durablement sous pression.

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Auteur: balkis T
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