Elles marchent et elles n’en démordent pas. Leurs droits, elles n’y renonceront pas. Pour elles et pour celles qui n’osent pas y aller. Le slogan est édifiant ! Il renseigne sur leurs intentions. «Les Algériennes ont porté toutes les guerres, tous les mouvements ! Aujourd’hui, elles portent le Hirak !»
On estime toujours que l’urgence est ailleurs. Elle est pourtant là, l’urgence ! Même si on préfère la dire ailleurs. Voilà pourquoi on a beau prétendre le contraire, on ne parle jamais assez du sort que l’on fait aux femmes. Un sort qui passe pour anodin, parce que l’on a la fâcheuse tendance à le banaliser et à contourner les raisons qui en font un fait majeur. Parmi les voix qui affirment avec force conviction que la cause des femmes peut attendre au regard de tout ce qu’il y aurait à construire, il y a celles de femmes non concernées par les luttes, qu’elles estiment stériles, de certaines associations. Elles étaient déjà là lorsque le code infâme a été voté par l’Assemblée et elles ont même voté pour entériner la soumission. Un code qui, en déconsidérant jusqu’à la participation pourtant incontestable de nos mères à la guerre de Libération nationale, laisse la porte ouverte à tous les abus. L’immense contribution des femmes au développement fait, en permanence, l’objet de reniements. Voilà pourquoi lorsqu’elles prennent la parole, celles qui ont, depuis longtemps, identifié les fossoyeurs de leurs libertés fouettent mes espoirs enfouis.
Parce qu’un pays qui se prétend épris de justice ne peut pas se construire sur les droits bafoués de plus de la moitié de ses citoyens !
Une administration qui aurait pu s’assurer un partenaire de choix en la gent féminine si elle ne s’était pas obligée, sans en mesurer l’impact, à frapper à la mauvaise porte, autrement dit d’en référer aux fossoyeurs des droits humains dont celui des femmes. Même si rien, en ces temps de grande incertitude, ne garantit que le législateur acceptera de revoir sa copie, je me dis que l’on finira inévitablement par gagner la partie. La relève est là qui sait parfaitement de quoi elle est privée et saura comment rebondir pour survivre aux trahisons.
M. B.
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