LE TEMPS – Salah BEN HAMADI

 

Interrogé sur les raisons de la passivité des scientifiques et médecins tunisiens dans la course mondiale pour la découverte de nouveaux moyens médicaux contre coronavirus, un universitaire tunisien l’a attribuée à un complexe d’infériorité consécutif au peu d’importance accordée à la science en général dans notre pays. En effet, a-t-il dit, on ne pense pas de la même façon dans un palais et dans une chaumière, comme disent les marxistes.

C’est que plusieurs Tunisiens motivés nous ont dit constater avec amertume que la Tunisie devient un simple pays consommateur de ce que produisent les autres, notamment les pays occidentaux.

« Avec des parodies de laboratoires, un financement risible et des décideurs se préoccupant de tout sauf de science, comment voulez-vous que nos scientifiques puissent concevoir, découvrir et produire quoi que ce soit, a souligné notre interlocuteur.

Mais, le plus triste est qu’il s’agit d’un recul et non pas d’une situation intrinsèque héritée.

La science et la recherche scientifique avaient bénéficié, un certain temps, d’un intérêt majeur dans notre pays, au point que l’enveloppe budgétaire allouée à ce secteur avait atteint, un jour, 1,5% du PIB, parallèlement à la réalisation d’un réseau étoffé de technopôles spécialisées dans les diverses régions, et ce dans le sillage de la politique de priorité absolue prêtée à l’éducation et à l’enseignement dès l’indépendance. Le quart du budget annuel de l’Etat était alloué à l’enseignement durant des décennies. Reste que c’était l’Etat qui finançait et animait presqu’exclusivement ce projet de promotion de la place de la science en Tunisie. Aussi, le projet a subi le sort qu’a subi l’Etat après la révolution de janvier 2011.

Relève

Comment assurer aujourd’hui la relève dans la situation actuelle du pays pour le moins « floue»?

C’est très facile, a estimé notre interlocuteur, du moment que l’esprit d’investissement est toujours actif. Il suffit de montrer aux gens et de les persuader que la science peut faire gagner de l’argent et même beaucoup d’argent comme l’a montré l’ancien philosophe grec Thalès de Milet à ses concitoyens sceptiques, en faisant des spéculations heureuses sur le cours de l’huile d’olive grâce à quelques prévisions météorologiques réussies qu’il fit sur la base de calculs scientifiques.

 

S.B.H.

Auteur: letemps1
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