Un dessin du maître flamand Rubens a été  vendu mercredi 8,2 millions de dollars à New York, lors d’enchères  controversées, certains estimant que la famille royale, propriétaire de  l’œuvre, aurait dû la proposer à des musées néerlandais. 
  Cette étude d’une taille exceptionnelle (49 cm sur 31), représentant un  jeune homme aux bras levés et destinée à préparer le tryptique L’Erection de  la croix (autour de 1610), avait été acquise en 1838 par le prince Guillaume d’Orange, le futur roi des Pays-Bas Guillaume II. 
   A la différence de la plupart des monarchies, il existe aux Pays-Bas une  séparation entre le patrimoine national et celui des souverains du pays, issus  de la dynastie Orange-Nassau.
La fortune royale était estimée, en 2011, à 220 millions de dollars par le  magazine Forbes. Ces dernières semaines, l’annonce de la mise en vente aux enchères de  plusieurs œuvres d’art de la collection de la maison royale avait suscité des  critiques de la part des musées néerlandais.  Ils estiment que la princesse Cristina, qui possédait le dessin de Rubens  vendu mercredi  aurait d’abord dû leur proposer de l’acheter avant de le vendre  aux enchères à l’étranger. Il s’agit d’un devoir moral, selon les musées, qui estiment que le dessin de  Rubens fait partie du patrimoine culturel néerlandais.
Des députés du parti social-libéral D66, membres du gouvernement de  coalition, avaient également émis des réserves, avant que la ministre de la  Culture, issue de cette même formation politique, ne coupe court le débat,  affirmant que la décision de la vente d’une œuvre appartenait à son  propriétaire. 
   Le Premier ministre, Mark Rutte,  avait également estimé qu’il s’agissait d’une «question privée». 
«Il y a une distinction importante à faire dans la mesure où le dessin  appartient à une collection privée et à un particulier», a expliqué à l’AFP Greg Rubenstein, responsable des dessins de maîtres anciens chez Sotheby’s, qui  a organisé la vente. «Le propriétaire peut en faire ce qu’il souhaite, y  compris le vendre.» 
Mercredi, après quelques minutes fiévreuses marquées par un duel entre un  acheteur dans la salle et un autre au téléphone, le dessin est parti pour 7 millions de dollars, soit un total de 8,2 millions avec les frais et  commissions. 
Bien au-delà de la fourchette d’estimation fournie par Sotheby’s,  entre 2,5 et 3,5 millions de dollars. Le précédent record pour un dessin du maître néerlandais avait été établi  lors d’une vente organisée à Londres par Christie’s en 2014, avec 3,2 millions  de livres (5,5 millions de dollars) pour Samson & Dalila.