N’ayant pas pu vendre son offre au peuple en interne, le pouvoir politique tente de convaincre ses partenaires à l’étranger du bien-fondé de sa stratégie de sortie de crise. La tournée diplomatique, inaccoutumée, des principales capitales, confiée à Ramtane Lamamra, un diplomate pourtant chevronné, s’est avérée finalement, pour lui, une mission impossible.
Parti pour solliciter un soutien auprès des dirigeants d’outre-mer et promouvoir la feuille de route du régime, le nouveau ministre des Affaires étrangères a fait chou blanc. Cette campagne d’aide et de sensibilisation, qui l’a mené vers l’Italie, la Russie, l’Allemagne, n’a pas eu les résultats escomptés. L’émissaire du clan de Bouteflika a voulu, à travers cette virée, rassurer les “amis” étrangers qui s’inquiètent de la grogne du peuple algérien et de son infléchissable détermination à changer le système actuel. Le diplomate n’a, toutefois, pas réussi à accomplir la tâche dont il a été chargé.
Car, les différents responsables qu’il a rencontrés allèguent à l’unanimité le principe de la non-ingérence. Ils réitèrent à leur “invité surprise” que l’Algérie est un pays souverain, et lui rappellent le droit du peuple algérien à manifester pacifiquement et à imposer ses choix politiques engageant l’avenir de la nation. Lamamra n’est ainsi pas parvenu à “briser” l’élan de sympathie manifesté par l’opinion publique internationale, notamment occidentale, à l’égard du mouvement de protestation pacifique qui entame son deuxième mois.
L’exemple le plus édifiant de cet échec est sa rencontre avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, qu’il connaît personnellement.
Le partenariat stratégique avec le Kremlin signé dès 2001 et le contrat d’armement qui lie les deux pays, ainsi que cette relation amicale entre les deux ministres n’ont pas fait basculer l’opinion des Russes vers un quelconque appui du régime algérien.
Bien au contraire, Moscou a mis en exergue, lui aussi, son refus de tout type d’ingérence et son soutien au dialogue national. Pour Lavrov, le “peuple algérien doit décider seul de son sort dans le cadre de la Constitution actuelle et dans le cadre de la légalité internationale”. En Allemagne, Angela Merkel a décliné officiellement son entrevue avec le diplomate algérien pour, argue-t-on, des raisons d’agenda.
Lamamra s’est contenté d’un entretien avec le conseiller diplomatique de Merkel, après avoir rencontré le chef de la diplomatie allemande, sans obtenir des résultats probants après son opération de charme initiée à l’adresse des principaux pays européens.
À l’issue de sa réunion avec le président du Conseil des ministres italien, Giuseppe Conte, avec qui il a abordé le traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération, le responsable italien a fait preuve de beaucoup de prudence dans ses déclarations et a réfuté de manière indirecte tout soutien au pouvoir en place en Algérie.
Le régime, qui a de tout temps stigmatisé l’ingérence étrangère lorsque le moindre problème de droit de l’Homme ou de pratique démocratique est soulevé en Algérie, est aujourd’hui tombé dans son propre piège, puisque c’est lui-même qui commet l’erreur de l’“internationalisation de la crise”. Cette “main étrangère”, qui menaçait autrefois le pays, est-elle devenue aujourd’hui une “main salvatrice” ?
B. K.
N’ayant pas pu vendre son offre au peuple en interne, le pouvoir politique tente de convaincre ses partenaires à l’étranger du bien-fondé de sa stratégie de sortie de crise. La tournée diplomatique, inaccoutumée, des principales capitales, confiée à Ramtane Lamamra, un diplomate pourtant chevronné, s’est avérée finalement, pour lui, une mission impossible.
Parti pour solliciter un soutien auprès des dirigeants d’outre-mer et promouvoir la feuille de route du régime, le nouveau ministre des Affaires étrangères a fait chou blanc. Cette campagne d’aide et de sensibilisation, qui l’a mené vers l’Italie, la Russie, l’Allemagne, n’a pas eu les résultats escomptés. L’émissaire du clan de Bouteflika a voulu, à travers cette virée, rassurer les “amis” étrangers qui s’inquiètent de la grogne du peuple algérien et de son infléchissable détermination à changer le système actuel. Le diplomate n’a, toutefois, pas réussi à accomplir la tâche dont il a été chargé.
Car, les différents responsables qu’il a rencontrés allèguent à l’unanimité le principe de la non-ingérence. Ils réitèrent à leur “invité surprise” que l’Algérie est un pays souverain, et lui rappellent le droit du peuple algérien à manifester pacifiquement et à imposer ses choix politiques engageant l’avenir de la nation. Lamamra n’est ainsi pas parvenu à “briser” l’élan de sympathie manifesté par l’opinion publique internationale, notamment occidentale, à l’égard du mouvement de protestation pacifique qui entame son deuxième mois.
L’exemple le plus édifiant de cet échec est sa rencontre avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, qu’il connaît personnellement.
Le partenariat stratégique avec le Kremlin signé dès 2001 et le contrat d’armement qui lie les deux pays, ainsi que cette relation amicale entre les deux ministres n’ont pas fait basculer l’opinion des Russes vers un quelconque appui du régime algérien.
Bien au contraire, Moscou a mis en exergue, lui aussi, son refus de tout type d’ingérence et son soutien au dialogue national. Pour Lavrov, le “peuple algérien doit décider seul de son sort dans le cadre de la Constitution actuelle et dans le cadre de la légalité internationale”. En Allemagne, Angela Merkel a décliné officiellement son entrevue avec le diplomate algérien pour, argue-t-on, des raisons d’agenda.
Lamamra s’est contenté d’un entretien avec le conseiller diplomatique de Merkel, après avoir rencontré le chef de la diplomatie allemande, sans obtenir des résultats probants après son opération de charme initiée à l’adresse des principaux pays européens.
À l’issue de sa réunion avec le président du Conseil des ministres italien, Giuseppe Conte, avec qui il a abordé le traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération, le responsable italien a fait preuve de beaucoup de prudence dans ses déclarations et a réfuté de manière indirecte tout soutien au pouvoir en place en Algérie.
Le régime, qui a de tout temps stigmatisé l’ingérence étrangère lorsque le moindre problème de droit de l’Homme ou de pratique démocratique est soulevé en Algérie, est aujourd’hui tombé dans son propre piège, puisque c’est lui-même qui commet l’erreur de l’“internationalisation de la crise”. Cette “main étrangère”, qui menaçait autrefois le pays, est-elle devenue aujourd’hui une “main salvatrice” ?
B. K.
Auteur:
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.