L’état de délabrement avancé du parc animalier et de loisirs de Brabtia a poussé la société civile (diverses associations, vétérinaires et notabilités) à réagir en organisant des actions de soutien et d’appui logistique pour cette entreprise publique à caractère industriel et commercial (EPIC) afin de l’extirper d’une mort certaine.
En ce sens, le Soir d’Algérie s’est rapproché d’un des architectes et concepteurs de ce parc (M.C.) qui a voulu garder l’anonymat par humilité et qui s’est prêté volontiers à nos questions et ce, pour connaître les détails, la genèse de ce projet, ses objectifs, ses potentialités et ses perspectives.
Pour rappel, cette entité économique a été initiée, sous la houlette de l’ex-wali d’El-Tarf et actuel wali de Béjaïa, M. Maâbed Ahmed.D’entrée, notre interlocuteur dira qu’«il faut savoir que le parc animalier et de loisirs de Brabtia est une Epic dont la date de création remonte à février 2016 afin d’assurer l’autonomie administrative et financière du parc. Cette structure dispose de potentialités immenses et c’est, également, en plus de ses multiples attractions, un espace de connaissances et de recherches scientifiques».
Interrogé sur les difficultés actuelles de ce parc, il indiquera que «des mesures urgentes doivent être prises dont l’établissement d’un état physique des lieux, la consistance de l’infrastructure et sa mise en conformité avec la réglementation, mettre en place une administration performante à même de prendre en charge tous les aspects financiers, de marketing, et de commercialité de cette entité économique, mettre en place une organisation de travail adéquate à même de permettre la création d’un climat de travail et d’émancipation des travailleurs afin d’éviter tout conflit socioprofessionnel (le recrutement d’un cadre en GRH est plus que nécessaire), mettre en place les mécanismes devant permettre la création de nouvelles recettes et la revalorisation des recettes actuelles ainsi que l’émergence de nouveaux créneaux créateurs de recettes.
Le parc animalier a, par ailleurs, un rôle scientifique qui nécessite un programme de développement de la faune et de la flore locales et le lancement d’expériences devant permettre le repeuplement par les espèces locales et l’introduction de nouvelles espèces afin d’assurer une attractivité maximale chez le visiteur. Pour cela, il est préconisé la création de mécanismes de collaboration avec les universités algériennes et autres instituts vétérinaires et agronomiques pour mener les recherches dans ces domaines. Comme il doit être envisagé d’étendre les activités de cette entité à l’international, en contractant des accords de coopération et d’échanges divers avec les parcs et zoos étrangers».
Pour redorer le blason terni de cette structure et se préparer en perspective de la saison estivale qui pointe son nez, son concepteur et ex-attaché de cabinet de wilaya recommandera, en urgence, «la réhabilitation des équipements dont les enclos, les voies, les sentiers et l’éclairage public et engager des actions d’hygiène et de salubrité, l’adoption d’un nouveau organigramme répondant aux vrais besoins de fonctionnement et d’organisation du travail, l’adoption d’un nouveau règlement intérieur de travail déterminant avec exactitude les règles, les modalités d’exercice, des tâches et des responsabilités de chacun et la mise en place d’une convention collective de travail afin d’anticiper sur les conflits socioprofessionnels».
Notre vis-à-vis notera, avec détermination et insistance, que cette Epic est « tenue d’assurer son autofinancement par la collecte des recettes et des locations de locaux commerciaux et des espaces d’exposition, etc. Ainsi, il serait judicieux de dynamiser et contrôler les recettes du parking automobile par l’exploitation optimale de l’espace et envisager son extension, revoir les contrats de location des locaux et espaces commerciaux occupés et ce, par une révision des surfaces réellement occupées et la revalorisation des tarifs de location, sachant qu’actuellement les surfaces occupées ne sont pas respectées et de même que les consommations de l’énergie électrique et l’eau potable sont à la charge de l’Epic. Ce qui est absurde et une forme déguisée de dilapidation des deniers publics.
Le parc peut envisager d’autres expansions afin d’engranger de nouvelles recettes par la création d’un aquarium des espaces marins et un espace pour l’ornithologie. Aussi, le parc, qui s’étend sur plus de 250 hectares au milieu d’une forêt luxuriante, peut exploiter la salle de cinéma existante pour les spectacles en tous genres dont le théâtre pour enfants et pour les réunions des associations liées à l’environnement ou de sensibilisation du public aux différents fléaux sociaux». Dans le même sillage, et afin d’assurer une pérennité économique à cette structure qui peut devenir un réservoir pour la création d’emplois et de richesses, notre interlocuteur fera savoir, avec un pincement au cœur que «les cadres de ce parc doivent avoir une ouverture d’esprit et penser à son avenir et ce, par la création d’une pépinière spécialisée dans les espèces nobles pour le bien du système écologique de la région et pour la vente des plants fruitiers et des fleurs.
Il est, aussi, impératif de penser, dès aujourd’hui, à la mise sur pied d’un laboratoire pour assurer les autopsies des animaux décédés dans les enclos et d’œuvrer à l’acquisition d’un incinérateur. Pour le long terme, le parc pourra procéder à l’acquisition de structures d’accueil pour les randonneurs et disposer de chalets en bois pour les scientifiques».
Gageons que les autorités du pays daignent prendre le taureau par les cornes en octroyant à cette Epic tous les moyens financiers et humains nécessaires et indispensables. Les travailleurs ont la volonté inébranlable de hisser ce parc au rang qui lui sied. La balle est, ainsi, dans le camp des autorités.
Daoud Allam
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