Il a eu lieu hier devant la Maison de la presse

Des journalistes auxquels se sont joints des militants et activistes politiques ont organisé, hier, devant la maison de la presse Tahar Djaout d’Alger un rassemblement en soutien à Khaled Drareni, condamné à trois ans de prison ferme, pour réclamer une presse libre.

Ils ont tenu à dénoncer la condamnation prononcée contre le journaliste, arrêté, faut-il le rappeler, alors qu’il couvrait une manifestation du hirak. «Khaled Drareni, journaliste libre !», ont commencé à scander les présents qui se sont rassemblés sur le trottoir jouxtant la Maison de la presse – le portail de cette dernière ayant été fermé très tôt le matin – sous une forte présence policière. «Libérez Khaled, immédiatement, immédiatement !», ont-ils aussi crié durant près de trois quarts d’heure.

«Comment peuvent-ils condamner un journaliste à une peine de prison alors qu’il n’a fait que son travail ?», interroge un militant présent à la manifestation. Au-delà de l’affaire elle-même, les journalistes présents ont réitéré d’une manière générale leur revendication d’une presse libre et indépendante. «Sahafa hourra, adala moustaqila (Presse libre, justice indépendante ndlr)», ont-ils scandé à cet effet.

Ce rassemblement vient après ceux organisés dernièrement, notamment à Béjaïa et Tizi Ouzou, où le sit-in a été empêché par les services de sécurité, alors qu’une campagne internationale réclamant la libération de Drareni a été lancée à travers plusieurs capitales mondiales par des défenseurs des droits de l’homme et de la liberté d’expression.

Ce rassemblement organisé à Alger vient après la pétition lancée par les journalistes et qui a récolté des centaines de signatures. Les présents promettent de revenir à la charge via d’autres actions, probablement un autre rassemblement, dans les jours à venir.

Arrêté une première fois le 7 mars, alors qu’il couvrait une manifestation, Drareni, responsable du site Casbah Tribune et collaborateur de la chaîne TV5 Monde, a été maintenu pendant trois jours en garde à vue avant qu’un juge d’instruction ne le libère en le mettant sous contrôle judiciaire. Mais le 24 du même mois, la cour d’Alger annule ce contrôle judiciaire et prononce un mandat de dépôt qui fut exécuté le 29 mars.

Par la suite, ses deux autres coaccusés, les militants Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, arrêtés avec lui le 7 mars, ont bénéficié d’une libération provisoire alors qu’il s’agit d’un même dossier, selon ses avocats.

Durant son procès qui a eu lieu le 3 août, le parquet avait réclamé quatre années de prison ferme et une privation des droits civiques pour la même période à l’encontre de Drareni, Benlarbi et Hamitouche pour «atteinte à l’unité nationale» et «incitation à un attroupement non armé».

Le verdict a été rendu le 10 août. Drareni a été condamné à trois ans de prison ferme, alors que ses deux coaccusés ont écopé de deux ans, dont quatre mois ferme.

En plus des journalistes, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, syndicats et partis politiques ont dénoncé le verdict, aussi bien en Algérie qu’à l’étranger. Ses avocats ont fait appel mais le procès n’a pas encore été programmé. 

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Auteur: Anis Khecheba
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