• Levée de la séance plénière hier après l’éclatement de violences physiques sous l’hémicycle
Le TEMPS-Yosr GUERFEL AKKARI
Le marathon parlementaire autour de la loi de finances se poursuit. Les députés ont poursuivi hier l’examen en plénière des articles de la LF et du budget de l’Etat 2021 en présence de Ali Kooli, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Appui à l’Investissement et Khalil Chtourou, Secrétaire d’Etat chargé des finances publiques. Un budget placé sous haute tension et qui continue de s’embraser et attiser les tiraillements politiques sous l’hémicycle.
La séance a été levée juste suite à la violente bagarre où les députés pour en découdre en sont venus aux mains en dehors de la salle de la plénière. Comble de mesquinerie, navrant de le dire à l’ARP s’est transformée hier en un ring de pugilat : agressions physiques et altercations entre les députés du courant Démocratique et ceux de la coalition Al Karama.
644.872 emplois
dans la fonction publique
en 2021
Après avoir approuvé les articles 7 et 8 nouveaux du PLF, l’article 9 de ladite loi a suscité la zizanie. Haykel Mekki, président de la Commission des finances a appelé le gouvernement à amender la proposition de l’article en question du fait qu’il ne prévoit pas la mise en application de la loi 38/2020 relatif au recrutement des personnes qui ont dépassé une période de dix ans de chômage.
Le budget prévoit un total de 644.872 emplois dans la fonction publique en 2021 dont 16000 nouveaux emplois dans les secteurs prioritaires.
Les députés exigent des éclaircissements et la mise en application effective de la loi 38/2020.
Le Secrétaire d’Etat chargé des finances publiques répondant aux interrogations des députés annonce que le recrutement d’une partie des chômeurs au titre de l’article en question sera inclus dans la LF complémentaire, prévue au terme du premier trimestre de l’année prochaine.
Rappelons que la commission des Finances a rejeté les articles de 1 à 11 de la loi de finances et certains députés menacent de rejeter dans son intégralité les dispositions d’une loi jugée sans âme et qu’ils estiment en déphasage avec la réalité et les défis socio-économiques du pays à l’ère de la crise sanitaire.
15,5 milliards de dettes
à rembourser en 2021
Dans la soirée du dimanche, Ali Kooli a annoncé la révision à la baisse du budget de l’Etat passant de 52,6 milliards de dinars à 51,8 milliards de dinars, soit une infime baisse de 0,8 milliards de dinars. Le ministre s’engage par ailleurs à lancer le train de la réforme notamment en relation avec le système de compensation, la restructuration des entreprises publiques et la rationalisation de la masse salariale. Il a annoncé par ailleurs qu’une délégation du Fonds Monétaire International effectuera une visite, la semaine prochaine, en Tunisie, pour préparer les nouvelles négociations, pour un éventuel programme de coopération.
Pour M.Kooli, il n y a pas vraiment le feu à la maison écartant toute menace de faillite ou de cessation de paiement. Pour ce faire, il compte a priori sur les actifs immobiliers de l’Etat pour éviter la banqueroute fortement appréhendée ces derniers temps.
« Le remboursement des emprunts d’une valeur de 15,5 milliards de dinars en 2021 est une décision audacieuse », insiste le ministre des Finances. Une décision qui ne manquera de consolider le capital confiance chez les bailleurs de fonds internationaux. D’ailleurs une délégation du FMI sera en visite en Tunisie au cours de cette semaine. Au menu : entamer les négociations autour d’un nouveau programme de financement. Des négociations qui s’annoncent fort ardentes au vu de la situation délicate de nos finances publiques, et où la versatilité du climat politique et sociale ajoutée et le retard observé dans la mise en place des réformes, n’ont fait qu’alimenter la défiance de nos pourvoyeurs financiers .
YGA
Auteur: letemps1
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