Ils en ont tous après le Hirak dont ils se revendiquent. Mais comment savoir si ce dernier a réellement été récupéré par des forces qui lui sont hostiles et veulent le plus grand mal au pays si on interdit à l’expression populaire de dire qui la porte, qui la conduit et qui espère en faire un fonds de commerce, au cas où il deviendrait urgent de forcer la décision à prendre une tournure différente ?  
Quand on les somme de ranger le sigle au musée de l’Histoire, ils reprennent du poil de la bête, se tirent dans les pattes, tentent de s’éliminer les uns les autres et se font la guerre quand leurs intérêts ne convergent pas. Ils ont tous compris pourquoi il est indispensable, voire avantageux d’être aux commandes et quand on y est de tout faire pour y rester. 
Je parlais hier du FLN et de ses alliés islamistes, mis en selle, pas seulement par Bouteflika, mais aussi par ceux qui l’ont précédé au sommet de l’Etat. 
C’est l’une des raisons essentielles qui expliquent pourquoi rien d’autre ne les intéresse. Ni le coronavirus ni les raisons qui imposent de sauver le pays des ténèbres qui l’entraînent vers le fond. Inutile d’affirmer avoir identifié ceux qui ne désespèrent pas de se mettre le Hirak dans la poche. Lorsque le mouvement populaire donnait le ton et que des dizaines de milliers de citoyens battaient le pavé pour signifier à une nomenklatura qui a sévèrement oublié de servir le pays qu’elle n’était plus en odeur de sainteté, on a fait mine, en haut lieu, d’avoir entendu et compris pourquoi le peuple menaçait de s’exprimer sur un ton plus sévère, qui ne garantit plus le pacifisme dont il se revendiquait.   
Dans la ferme intention de regagner une crédibilité qu’ils savent trop largement entamée, pour ne pas dire totalement perdue, ils s’en prennent à l’Exécutif avec lequel ils sont pourtant traditionnellement en phase et dont ils approuvent tout ce qui leur est proposé par lui. Comment faire oublier les promesses trahies et le mépris porté aux attentes citoyennes ? Celles que les candidats font avant d’accéder au pouvoir que leur confère leur nouveau statut. Avant qu’ils acquièrent la certitude d’être, enfin, devenus invincibles. 
M. B.

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