L’Algérie a fait, Mercredi ses adieux à Gaïd Salah. Un dernier hommage en grande pompe a été rendu à celui qui a marqué la vie politique algérienne. Propulsé sur le devant de la scène pendant près de dix mois.
Quelque part sur le web on a pu lire ceci » Ceux qui l’ont vu ne le verront plus, ceux qui ne l’ont pas vu ne le verront jamais ». Mercredi c’était bien le peuple qui venait décerner son ultime hommage à celui qui a juré « qu’aucune goutte de sang ne sera déversé ».
La cérémonie des funérailles a débuté avec l’arrivée de sa dépouille au Palais du peuple vers 7h de matin. Le cercueil en bois recouvert du drapeau national était porté par plusieurs officiers marchant au pas. La procession débute vers 11 heures pour se terminer vers 15 heures au cimetière d’El Alia.
Un gigantesque rassemblement populaire; des centaines de citoyens émus se pressent le long du parcours, allant du Palais du peuple au cimetière. La foule était telle que lorsque la tête du cortège arrive au niveau du cimetière d’El Alia vers 14h, les policiers trouvent des difficultés à gérer l’affluence des citoyens venus par milliers, assister à l’enterrement.
Le cercueil placé à l’arrière d’un véhicule militaire de fabrication algérienne, l’un des fleurons de l’industrie militaire impulsée par le défunt, était accompagné de plusieurs jeeps aux sirènes qui ont tenté d’ouvrir la voie tout au long de l’itinéraire, essayant de se frayer un chemin devant le déferlement humain.
En effet, jusque-là très calmes aux abords de la route du cortège, les citoyens ont laissé place à leur émotion, et se sont précipités en tentant de suivre le convoi.
Les privilégiés qui ont pu s’accrocher au convoi transportant la dépouille ont même tenté de s’approcher encore plus, n’ayant cure de se blesser ou de tomber sur l’asphalte.
Pendant ce temps, bien que doucement, le cortège imperturbable, continue sa route au milieu d’une foule éplorée de citoyens qui se sont venus d’un peu partout, des régions lointaines du pays: Il y’en avait qui étaient venus en famille de Djelfa, Sétif, Bordj Bouarréridj, Adrar, Tiaret, Chlef, Annaba, Mascara, Oran, Annaba, Constantine, Souk Ahras, … et d’un peu plus d’autres wilayas, si l’on se réfère aux matricules des voitures et bus garés à côté de Mohammadia, et Bab Ezzouar, non loin du cimetière d’El Alia, devenue aujourd’hui, la dernière demeure de celui qui est considéré, à juste titre, comme « le sauveur de l’Algérie ».
. « Je sors chaque vendredi pour dire non à l’ingérence, si je suis là, c’est pour rendre hommage à un patriote » explique Slimane, retraité de l’armée, venant de Tissemsilt.
Non loin du cimetière, on regarde passer le cortège à partir des balcons, au dessus des murs d’enceintes, et sur tout ce qu’on peut pour s’agripper et apercevoir le cercueil du défunt. Le long du parcours, des centaines de pancartes sont brandies « Djeich Chaâb khawa khawa », »tu étais fidèle au serment de novembre ».
- Tout au long du cortège, les jeunes n’ont cessé de scander : « Djeich Châab Khawa Khawa, wel Gaid Salah mâa Chouhada ».
Les portraits de l’ancien chef des armées étaient également brandis par les jeunes qui scandaient « Djeich Châab Khawa Khawa Wel Gaid Mâa Chouhada ».
Au fur et à mesure que le convoi approchait du cimetière, la foule se faisait plus dense, manifestant bruyamment son désespoir. Hommes et femmes, les cris de « Allah Akbar Gaïd Salah » alternant avec ceux de « Tahya El Djazair » (Vive l’Algérie). Les plus jeunes couraient le long du cortège, réussissaient à dépasser le service d’ordre débordé, entourant le cercueil pour le toucher une dernière fois. D’autres font le détour par des artères adjacentes pour le revoir de loin. L’émotion!
Autour du convoi, et à l’approche du cimetière policiers et militaires avec un brassard blanc, courent en se tenant la main, pour former une sorte de cordon sécuritaire. Peine perdue: les centaines de personnes forcent le cordon sécuritaire et tentent de rentrer au cimetière. Ce fut l’un des moments les plus émouvants de funérailles qui comptèrent beaucoup d’images fortes et lourdes d’émotion.
Devant l’entrée du cimetière, les soldats jetaient des roses aux citoyens regroupés. Malmenés, les gendarmes essaient difficilement de repousser les gens désirant s’approcher du véhicule transportant le cercueil.
Plus loin, à côté de la station de Tramway, ou en face du tribunal à quelques centaines de mètres, des femmes étaient regroupées, certaines d’entre elles assises à même le sol, pour qu’elles se reposent. Elles ne peuvent entrer au cimetière le jour de l’enterrement, tradition religieuse l’oblige.
Après la récitation de la Fatiha, et l’accomplissement de la prière du mort (salat el djanaza) au cimetière d’El Alia, le Directeur de la communication et de l’orientation au ministère de la Défense nationale (MDN), le général major Boualem Madi, a prononcé l’éloge funèbre, en mettant en avant les qualités humaines et militaires et le parcours professionnel du défunt.
Dans son éloge funèbre, Boualem Madi a souligné « que l’Algérie inaugure une nouvelle ère après avoir traversé une période difficile, mais perd un homme honnête, loyal et courageux qui a consacré sa vie pour servir le pays, son armée et son peuple ». » Il était un exemple de patience, de constance, de détermination, et de persévérance » a-t-il ajouté.
Vers 15 heures, l’inhumation du défunt Gaïd Salah se fait au Carré des martyrs, ses quatre fils, debout à côté du président de la république, M. Abdelmadjid Tebboune, essuient leurs larmes silencieusement.
Une fois l’inhumation achevée, Abdelmadjid Tebboune, a remis l’emblème national qui couvrait le cercueil à l’un des fils du regretté Ahmed Gaïd Salah
Ce n’est que vers 16h lentement, avec chagrin et à regret, la foule s’est dispersée, les gens rentraient chez eux pour suivre la suite des événements à la télévision. Le pays tout entier s’est recueilli, devant les chaînes de télévision qui passaient en direct et en intégral la cérémonie.
Sur les réseaux sociaux, La photo, des fragments de ses discours sont publiés. Pour les « chanceux » qui ont assisté à son inhumation, les téléphones leur ont servi d’outils pour filmer et diffuser les vidéos sur Facebook, Une manière de dire « j’y étais ».
Tahar Kaidi
Le cortège sous escorte militaire ;a traversé le centre de la Capitale tandis qu’un hélicoptère militaire survolait la capitale, a constaté la photographe d’El Moudjahid.
Le défunt était accompagné d’une grande foule alors que les autorités ont déployé un très important dispositif de sécurité, dans la capitale et aux alentours du cimetière.
Neila B/ Redaction Web
Auteur: elmoudjahid
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