La résolution prise, jeudi, par le Parlement européen concernant la situation en Algérie a suscité la consternation et de vives réactions de la part de nombreuses institutions, de partis et de personnalités politiques nationales qui ont dénoncé une « grossière » ingérence. L’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), appuyée par de nombreuses organisations de masse, a pris les devants en appelant à l’organisation d’une marche pour clamer son rejet de l’ingérence étrangère.

Hier, en début de matinée, des travailleurs du secteur public, des représentants de syndicats et des citoyens, se sont rassemblés devant le siège de l’UGTA à Alger pour entamer ensuite leur marche jusqu’à la Grande-Poste, en passant par la rue Hassiba-Benbouali, pour dénoncer l’ingérence d’élus européens dans les affaires internes du pays et soutenir la présidentielle du 12 décembre. Les manifestants ont appelé à la préservation de l’intégrité nationale et à serrer les rangs afin de faire face aux tentatives de déstabilisation de l’Algérie. Les Algériens ont réitéré leur engagement à préserver leur unité et leur cause en répondant à l’appel à la marche pour rejeter l’immixtion de l’Union européenne. Scandant « el djich al cha3b Khawa khawa et ouled frança m3a el khawana » (le peuple et l’armée unis, les enfants de la France avec les traîtres), leur progression de la Maison du peuple à la Grande Poste en passant par la mythique rue Hassiba-Ben Bouali s’est faite sous l’œil vigilant des forces de l’ordre. Les manifestants ont également suggéré au Parlement européen d’aller « rechercher les droits de l’homme à Gaza et en Palestine, pas en Algérie ». Dans une déclaration en marge de cette marche, le secrétaire général de l’UGTA, Salim Labatcha, a affirmé que « les forces étrangères hostiles à l’Algérie n’ont pas apprécié le caractère pacifique du hirak populaire », ce qui les a poussées, a-t-il ajouté, à recourir à « la politique de provocation à l’encontre du peuple algérien ». Il convient de relever que des représentants de l’Organisation nationale des enfants de chouhada, du Conseil national des Droits de l’Homme (CNDH) et du Conseil national de l’enseignement supérieur (CNES) ont participé à la marche, ainsi que des citoyens qui ont rejeté toute ingérence étrangère dans les affaires internes de l’Algérie. Il faut dire que l’Algérie, qui traverse une étape sensible de son histoire depuis le départ de l’ex-président de la République et son gouvernement, sous la pression du mouvement populaire né des marches du 22 février, espère voir enfin le bout du tunnel.

De son côté, l’Union nationale de la jeunesse algérienne (UNJA) a dénoncé et condamné la résolution du Parlement européen sur l’Algérie, la qualifiant d’« ingérence flagrante » dans les affaires internes de l’Algérie et de « grave provocation » à l’encontre du peuple algérien. « Le peuple algérien, qui s’est sacrifié corps et âme pour sa souveraineté et son indépendance, rejette catégoriquement et sans équivoque toute ingérence étrangère dans ses affaires internes », a déclaré l’UNJA dans un communiqué rendu public.

Auteur: Boudjedri
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