Quand, ailleurs, on a pensé à se consacrer essentiellement à la lutte contre le nouveau coronavirus, on a fait en sorte de ne pas pénaliser les autres patients. On n’a pas mis à l’arrêt les services abritant ceux des malades atteints d’autres pathologies. Chez nous, le ministère de la Santé appelle les services, à l’arrêt depuis l’apparition du Covid-19, à se remettre au travail. Si le département en question ordonne la reprise des activités aux services à l’arrêt, c’est qu’effectivement ces derniers ont cessé de fonctionner depuis l’apparition du mal. 
Un temps tellement précieux quand il devient urgent de sauver la vie de  malades abandonnés à leur mal le temps de savoir de quoi il en retournait  côté pandémie. Des médecins et pas des moindres avaient recommandé de ne pas mettre tous les œufs dans un même panier, à ne se soucier que des personnes contaminées. Ils avaient, en d’autres termes, exhorté les pouvoirs publics à ne pas bouleverser le fonctionnement des hôpitaux en réquisitionnant tous les services pour le traitement du nouveau mal. Car alors que faire des autres malades ? Le fait que le ministre engage les hôpitaux à reprendre leurs activités confirme que les conseils de nos médecins spécialistes n’ont pas été pris en compte et que la politique du «tout-corona» a pesé sur la décision. Un ami a perdu son papa il y a quelques jours. Impossible de trouver un service à Alger qui pratique une biopsie. Une amie a perdu un neveu victime d’une chute. Ses parents ont couru les hôpitaux, en vain, pour des points de suture. Le neveu, âgé d’à peine 40 ans, s’est vidé de son sang. Lorsque je l’ai appelée,  mon amie m’a raconté comment,  l’un après l’autre, les hôpitaux, méfiants, se sont renvoyés le blessé à l’agonie. 
Tous étaient terrorisés par une hypothétique contamination au Covid-19 ! L’objet de cette chronique n’est pas de faire ma  mauvaise langue. Sans doute que les temps ne prêtent pas à la critique ni même à la polémique. Comment croire que des choses pareilles puissent se produire ? Sauf quand on les côtoie de près et jusqu’à ce que le ministre de la Santé accrédite, à sa façon, les travers en question.   
M. B.

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