Une sordide affaire d’inceste  à Skhirate-TémaraUne sordide affaire d’inceste à Skhirate-Témara

Horreur
La commune rurale d’El Menzeh, relevant de la province de Skhirate-Témara et se situant à une trentaine de kilomètres de Rabat, n’avait jamais imaginé qu’un jour elle défraierait la chronique par une affaire d’inceste. Pourtant, il y a huit mois, ses ruelles ont vu surgir un secret longtemps enfoui.

Nous sommes le jeudi 7 mai 2026. La chambre criminelle près la Cour d’appel de Rabat vient d’ouvrir un procès qui dépasse l’imagination avant de le reporter à la suite d’une demande présentée par l’avocat de la défense. Une affaire judiciaire qui a commencé par une plainte. Une jeune femme de vingt ans, le visage marqué par des années de silence forcé, s’est présentée, au mois d’août 2025, devant les gendarmes d’Aïn El Aouda. Sa voix tremblait, mais ses mots étaient clairs, terribles et irrévocables. Elle accusait son grand-père, un homme de cinquante-neuf ans, de l’avoir violée. Elle a accusé ce même homme d’avoir violé sa mère avant elle. Et derrière ces accusations se cachait une vérité encore plus choquante: ce grand-père était aussi, biologiquement, son propre père. Et logiquement plusieurs questions se posaient d’elles-mêmes : est-il vraiment le père de sa petite-fille ? Couchait-il vraiment avec sa fille mariée ? Sa femme et son beau-fils étaient-ils au courant de ce qui se passait derrière les murs de leur foyer?
En effet, les enquêteurs de la gendarmerie royale qui ont pris l’affaire en main ont alors pénétré dans un univers de silence et de honte absolue. Dans cette famille vivant dans une précarité sociale et économique extrême, les murs d’une modeste habitation avaient abrité pendant plus de deux décennies ce que personne ne peut imaginer, ni croire. Depuis 2005, le père de cette famille avait imposé à sa propre fille, âgée de trente-neuf ans, des violences sexuelles répétées. Entre 2005 et 2010, elle a mis au monde six enfants, qu’elle avait élevés dans l’ombre d’un secret dévastateur. Sont-ils tous issus de son propre père ? Sa fille avait reconnu que trois de ses enfants étaient biologiquement issus de lui. Toutefois, l’expertise génétique a révélé les pires craintes, à savoir que quatre des six enfants, trois filles et un garçon, portent l’ADN du grand-père. Les deux autres sont issus de relations avec un tiers, un amant de passage qui s’est manifesté depuis, prêt à se soumettre aux tests pour revendiquer sa paternité.
Mais l’horreur ne s’est pas arrêtée là. Au fil des années, le prédateur avait étendu ses agissements aux enfants de sa fille, ses propres petites-filles, brouillant jusqu’à l’absurde les liens du sang et de la famille. Il était désormais père et grand-père des mêmes enfants, bourreau de deux générations successives.
Pire encore, lors des interrogatoires, un autre pan du drame a émergé : la fille aînée, celle qui a subi l’inceste paternel, a elle-même livré ses propres filles au prédateur, et ce, sous les yeux de sa mère, épouse du bourreau, âgée de soixante-douze ans et qui savait tout depuis le début, mais qui n’a rien dit, mais également de son mari qui a détourné le regard.
Arrêté, l’homme, sexagénaire, a été placé en détention préventive. Sa fille a également été incarcérée. Son épouse et son beau-fils, tous deux plongés dans un silence complice, sont poursuivis en liberté provisoire.
Et si la voix de cette petite-fille n’avait pas osé se lever, combien aurait duré encore cette horreur ? Une question qui restera sans réponse.

Auteur: Abderrafii ALOUMLIKI
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.