Quelle image a-t-on de l’action politique au Maroc? Comment est pressentie la pratique au quotidien des formations partisanes par aussi bien les profanes que les avertis? Il serait fort présomptueux de prétendre que la perception est tolérée encore moins admise par le commun des mortels.
Il ne serait pas non plus démesuré d’affirmer que la notion de la politique, dans son sens le plus large, est excessivement dévalorisée, dans une nation résolument acquise aux idéaux fondateurs de la démocratie, du progrès et de la modernité. Or, plus on s’engage irrévocablement dans le processus des réformes, on accuse un recul déconcertant au point que l’espace politique national s’érige en réel obstacle à l’expansion.
Le discrédit dont souffre le paysage politique marocain ne s’est guère constitué par pur hasard.Il est assurément dû à la conjugaison des facteurs liés à certaine classe politique et surtout aux résistances rétrogrades qui ne cessent de s’opposer aux entrains de l’essor multiformes du pays. Cette déconsidération du champ politique national se répand à des cadences effrénées comme le feu dans le fétu de paille. Profitant des marges de liberté dont jouit le climat politique général, des entités partisanes montées de toutes pièces pour se charger des missions ponctuelles, dénaturent la pratique de la politique et lui assènent des coups fatals.
A force de voir ces dysfonctionnements à la pelle qui s’opèrent autour d’eux, surtout lors des échéances électorales, les citoyens, pour la plupart, issus des couches illettrées et déshéritées, sont impitoyablement martelés par des agissements attentatoires à la morale et la vertu sociales voire humaines. C’est ainsi que, à coup sûr, la confiance en les valeurs est viscéralement dégradée au profit des vice de la fraude et la triche. La dévaluation de la chose politique dans notre pays devient, de plus en plus, monnaie courante à tel point qu’on ne parvient plus à distinguer le vrai de l’ivraie dans le paysage politique national.
Cette situation s’aggrave au fil du temps, tant que les nantis de la société encore en plus de l’Etat, y trouvent leurs comptes. De part et d’autre, on cherche à tout prix, à grader le statut qui au détriment de l’instauration des fondements de l’Etat de droit. Le fait d’avoir dans un pays qui se veut pluraliste et se réclame partisan du camp démocratique, des partis soumis et subordonnés, aux côtés d’autres opprimés et persécutés, incitent à faire perdurer la prédominance et à préserver les fortunes cumulées à tort.
Cette approche de massacre du concept de la politique saine sur lequel repose le socle du développement authentique, finirait par se retourner sans nul doute, sur ses fossoyeurs eux-mêmes. «La magie se retourne sur le magicien !», dirait l’autre. C’est autant se rendre à l’évidence et valoriser la politique dans notre pays, avant qu’il ne soit trop tard…
Auteur: M’hammed rahal
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