Les deux dirigeants rivaux du Venezuela, Nicolas Maduro et Juan Guaido, devaient défiler hier dans les rues du pays, plongé dans le chaos par une panne d’électricité sans précédent dont ils se rendent mutuellement responsables. Journée de travail et cours suspendus, vols annulés, hôpitaux au ralenti, pillages, rues désertes: depuis jeudi 16h50 heure locale (20h50 GMT), le Venezuela est en grande partie paralysé faute de courant.  La panne touche Caracas et la quasi-totalité des 23 Etats du pays, qui s’apprêtait vendredi soir à passer une deuxième nuit dans l’obscurité. «Le peu de nourriture salée que nous avions, on a dû le cuisiner pour qu’il ne tourne pas trop rapidement (avec la chaleur).
On dort dehors, on n’a pas de réseau téléphonique, tous les magasins sont fermés. La distribution de l’eau dans les immeubles, assurée par des pompes électriques, a été interrompue, ainsi que le réseau téléphonique et internet qui demeure très instable.  Les hôpitaux connaissent une situation dramatique: ceux qui sont équipés de générateurs limitent le courant aux services d’urgence. Devant un établissement de la capitale, José Lugo pleure sa nièce Marielsi Aray, morte à 25 ans à cause de la panne, les appareils respiratoires qui la maintenaient en vie ayant cessé de fonctionner. Nicolas Maduro a mobilisé il y a quelques jours ses partisans pour défiler contre l’»impérialisme».
Le gouvernement, sous pression depuis des semaines, dénonce «la guerre impérialiste sur l’électricité». Le ministre de la Défense Vladimir Padrino a qualifié la panne d’»agression délibérée» des Etats-Unis et a annoncé un «déploiement» de l’armée sans plus de détails, lors d’une déclaration sur la télévision d’Etat VTV. M. Maduro a accusé Washington dès jeudi. «La guerre de l’électricité annoncée et dirigée par l’impérialisme américain contre notre peuple sera mise en échec. Rien ni personne ne pourra vaincre le peuple de Bolivar et de Chavez. Patriotes, unissez-vous!», a-t-il écrit sur Twitter.
    R. I.

Auteur: elmoudjahid
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