Essaouira – Le vernissage de l’exposition « Postures Nomades » de l’artiste-peintre, graveur et sculpteur franco-marocain, Bouchaïb Maoual, s’est déroulé, vendredi soir à l’Institut Français d’Essaouira (IFE), en présence d’un parterre de personnalités marocaines et étrangères du monde de l’art et de la culture.
Visible aux cimaises de l’Institut jusqu’au 7 mars prochain, cette nouvelle exposition s’inscrit dans le cadre du programme d’événements artistiques, culturels et littéraires du mois de février de l’IFE, visant à contribuer à l’animation culturelle et artistique de la cité des Alizés.
Elle offre aux férus des arts, parmi les résidents et les hôtes de la cité des Alizés, l’occasion de découvrir et d’apprécier une trentaine d’œuvres artistiques de Bouchaïb Maoual, conçues avec subtilité et dans un style très particulier et assez atypique propre à cet artiste hors-pair, natif d’Essaouira, et qui se définit comme un artiste « nomade » aujourd’hui.
En effet, la pratique de Maoual, de l’avis des critiques, « évolue entre gravure, peinture et sculpture ».
« Fondée essentiellement sur l’anachronisme et l’humour, sa démarche interroge la course folle de l’humanité et sa souffrance éprouvée dans l’obsession des déplacements incessants », expliquent-ils, soulignant qu’ »à travers des figures fugitives se vivent (se voient), dans un fourmillement de signes, la joie et la déception, la fête et la tragédie de l’existence humaine…, le tout dans une concentration plastique où s’entremêlent Préhistoire et Epoque contemporaine ».
Dans une déclaration à la MAP à cette occasion, M. Maoual a dit toute sa joie et sa fierté d’exposer de nouveau ses œuvres à Essaouira, sa ville natale, sachant que sa première exposition dans la cité des Alizés remontait à 1977. « Il s’agit pour moi, en quelque sorte, d’un retour aux sources, d’un retour aux origines », s’est-il réjoui.
« D’ailleurs, dans mon travail, je parle beaucoup de l’origine, voire de notre origine primitive », a-t-il fait observer.
Evoquant ses œuvres, Bouchaïb Maoual a précisé que c’est « un travail basé sur la dualité ». « Je conçois une image, après je la reproduis sur une plaque de récupération en fer, en provenance d’un frigidaire, d’une machine à laver ou d’un four à micro-ondes », a-t-il expliqué.
Et de poursuivre : « Je dessine, je grave et après j’imprime ce que j’obtiens sur du papier 100% coton. Par la suite, je présente les deux productions en les plaçant l’une en face de l’autre ». »L’œuvre est donc les deux : l’image et l’image de l’image », a-t-il fait remarquer.
A travers ces œuvres, qui sont parfois sous forme de silhouettes, « nous avons toujours un grand sujet que j’appelle la Grande Histoire, composée de plusieurs autres petites histoires qui sont racontées à l’intérieur de ces mêmes tableaux ».
« Ces histoires font, des fois, appel à notre patrimoine pictural, nous Méditerranéens et des fois, j’emprunte des choses qui se passent ici et maintenant pour dire que je suis quelqu’un d’ici et d’aujourd’hui et non pas un homme primitif », a-t-il conclu.
Né en 1959, Bouchaïb Maoual a fait ses études des beaux arts à Tétouan puis à Marseille où il décide de s’installer. Ni exilé, ni immigré, il « nomadise » entre les terres du Maroc et celles de la France.
Maoual a participé à de nombreuses Biennales internationales d’arts graphiques en France, en Espagne, en Italie, aux Etats-Unis et au Japon, entre autres.
On retrouve ses gravures dans de nombreuses publications en France et au Maroc, notamment dans « D’Humus et de lave », poèmes manuscrits par Abdellatif Laâbi, Prix Goncourt, aux éditions Al Manar en 2005.
Ses œuvres figurent aussi aux collections permanentes du Fonds communal d’art contemporain de Marseille, de la Bibliothèque Nationale de France à Paris, du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain à Rabat et de l’Institut du Monde Arabe à Paris.
Auteur: Meriem IGASS
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