À l’origine d’un échange, il y a souvent un besoin de partager ses soucis. Après, dans des cas qui font l’actualité par la violence qui les caractérise, on n’écrit pas pour le plaisir de bavarder mais dans l’espoir que ceux ou celles auxquels on s’adresse puissent nous rejoindre et nous aider à mieux comprendre. Les femmes vivent des drames à répétition parce que la sanction à infliger n’est jamais conçue pour servir d’exemple. Les explications censées faire la lumière sur ce genre d’agressions ne sont jamais les bonnes et leur ampleur est toujours revue à la baisse. Défier le courage des femmes, casser leur détermination à s’émanciper d’une domination masculine qui s’exerce violemment, quand elle se sait mise en doute, par un genre taxé de «faible» par autrement plus faible. On m’a toujours appris que les coups étaient l’arme dont se servaient les faibles pour se faire entendre. Dans l’éternel bras de fer que cultivent à dessein des systèmes conservateurs comme le nôtre, on compose très volontiers avec une misogynie dont l’épanouissement passe pour normal. Voilà pourquoi les regards se détournent des violences qui ciblent les femmes. On ne compte plus les tragédies que l’on enterre sous un silence entendu entre hommes et imposé par la menace aux femmes. Les cas où l’on ne parle pas de ces choses qui troublent et vous retournent les sens par crainte que le ciel vous tombe sur la tête sont légion. Voilà comment passent inaperçus, quand ils ne sont pas tolérés, les viols commis par des hommes transformés en délinquants sexuels par une société qui ne voit pas d’un bon œil les échanges extra-conjugaux. Un pays qui interdit tout contact physique hors- mariage, encourage la frustration et suggère aux hommes d’aller se soulager auprès de femmes indiquées comme proies idéales.
On n’entend jamais des étudiants demander plus de protection ! Les étudiantes, elles, par contre, le font régulièrement. En vain ! Proies faciles, elles succombent sous les coups de brutes indignes. On les répudie et jette à la rue et si cela ne suffit pas à essouffler leur résistance, on les viole pour briser en elles la volonté d’évoluer par elles-mêmes.
M. B.
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