{"id":101740,"date":"2020-10-14T11:48:00","date_gmt":"2020-10-14T15:48:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-commandant-mohamed-bejaoui-heros-meconnu-de-la-bataille-de-bizerte\/"},"modified":"2020-10-14T11:48:00","modified_gmt":"2020-10-14T15:48:00","slug":"le-commandant-mohamed-bejaoui-heros-meconnu-de-la-bataille-de-bizerte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-commandant-mohamed-bejaoui-heros-meconnu-de-la-bataille-de-bizerte\/","title":{"rendered":"Le commandant Mohamed B\u00e9jaoui, h\u00e9ros m\u00e9connu de la bataille de Bizerte"},"content":{"rendered":"<p>Fils, fr\u00e8re et beau-fr\u00e8re de militaire, le destin du commandant Mohamed el B\u00e9jaoui h\u00e9ros de la bataille de Bizerte (dont nous c\u00e9l\u00e9brons le 59e anniveraire) \u00e9tait tout trac\u00e9 depuis sa naissance le 26 novembre 1926 \u00e0 Douar Echatt dans la banlieue de Tunis. Il sera militaire.<\/p>\n<p>A 22 ans, le 10 D\u00e9cembre 1948, il s&rsquo;engagera dans l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise et suivra les cours \u00e0 L\u2019Ecole de Cherchel, en Alg\u00e9rie, d&rsquo;o\u00f9 il sortira caporal chef, avant de rejoindre, en 1951 la prestigieuse Ecole Sp\u00e9ciale Militaire de Saint Cyr et fera partie de la 138\u00e8me promotion Mar\u00e9chal Jean de Lattre de Tassigny. En 1953, il est affect\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole d\u2019application d\u2019artillerie de Ch\u00e2lons-sur-Marne o\u00f9 il se sp\u00e9cialise dans l\u2019artillerie de campagne, l\u2019artillerie navale et l\u2019artillerie anti-a\u00e9rienne. A sa sortie, il sera affect\u00e9 comme lieutenant d\u2019artillerie au 52\u00e8me R\u00e9giment d\u2019Artillerie \u00e0 N\u00eemes. En 1954, il est envoy\u00e9 en Indochine en 1954 o\u00f9 il restera\u00a0 jusqu\u2019en 1955.<\/p>\n<p>En 1956, Il est int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 l\u2019Arm\u00e9e tunisienne o\u00f9 Il cr\u00e9e et commande le 1e groupe d\u2019artillerie puis l\u2019ensemble de l\u2019Artillerie tunisienne. Le 27 Ao\u00fbt 1956, Il suit pendant un an les cours de la 18\u00e8me promotion de l\u2019\u00c9cole d\u2019\u00c9tat-major, \u00e0 Paris, et en sort brevet\u00e9 d\u2019Etat-Major.Il est nomm\u00e9 Capitaine le 1e Octobre 1956, puis commandant, trois ans plus tard.<\/p>\n<h2>Le commandant victime d&rsquo;ordres stupides<\/h2>\n<p>En juillet 1961, son r\u00e9giment \u00e9tait en manoeuvre dans le gouvernorat de Kasserine quand il re\u00e7oit l&rsquo;ordre de faire mouvement vers Bizerte-ville. Ce qui \u00e9tait une aberration. Pourquoi a-t-on tenu co\u00fbte que co\u00fbte \u00e0 envoyer \u00e0 la casse ce r\u00e9giment dans la ville m\u00eame de Bizerte ? Le g\u00e9n\u00e9ral Kateb nous confiera : \u00abrien ne pouvait justifier cette d\u00e9cision absurde, car l\u2019emploi rationnel de l\u2019artillerie veut qu\u2019elle soit plac\u00e9e dans un rayon de 15 km en moyenne de l\u2019objectif \u00e0 battre par ses feux. Envoyer ce r\u00e9giment \u00e0 Bizerte m\u00eame, c\u2019\u00e9tait le condamner \u00e0 mort d\u2019avance et c\u2019est bien ce qui est arriv\u00e9. Cette d\u00e9cision d\u00e9notait un manque d\u2019assurance, une improvisation insens\u00e9e et une ignorance totale de l\u2019emploi des armes\u00bb. 20 ans apr\u00e8s, l&rsquo;amiral Amman qui commandait la base de Bizerte en 1961, n&rsquo;en revenait pas encore. Comment osait-on donner des ordres aussi stupides. B\u00e9jaoui a eu beau protester, il n&rsquo;arrive \u00e0 convaincre ni Bahi Ladgham, le ministre de la D\u00e9fense, ni le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du minist\u00e8re. Les ordres sont les ordres. On agite m\u00eame la menace d&rsquo;une comparution en Cour martiale. La mort dans dans l&rsquo;\u00e2me, le commandant B\u00e9jaoui s&rsquo;ex\u00e9cute. Mais avant d&rsquo;aller au front, il confie \u00e0 sa femme: \u00ab ils nous envoient vers une mort certaine\u00bb. Deux de ses compagnies qui venaient de Medjez El Bab se sont retrouv\u00e9es d\u00e9filant devant l\u2019entr\u00e9e m\u00eame de la base de Sidi Ahmed, alors que les combats faisaient rage entre la compagnie command\u00e9e par le lieutenant El Kateb et l\u2019aviation fran\u00e7aise, qui s\u2019est acharn\u00e9e sur ces \u00e9l\u00e9ments et les a compl\u00e8tement d\u00e9cim\u00e9s.<\/p>\n<p>Rappel\u00e9 \u00e0 Tunis avec les autres membres de l&rsquo;\u00e9tat-major, le commandant, rescap\u00e9 du carnage, regagne la ville de Bizerte le 21 juillet. En bleu de chauffe pour tromper la vigilance des troupes fran\u00e7aises qui le recherchaient, il traverse le canal \u00e0 bord d&rsquo;une petite barque et rejoint ses camarades qui d\u00e9fendaient la vieille ville. Il demande au lieutenant Ben Aissa un casque et une arme. Frustr\u00e9, il se jette corps et \u00e2me dans la bataille. il tombera, l\u2019arme \u00e0 la main, touch\u00e9 par les tirs d&rsquo;une mitrailleuse.\u00a0<\/p>\n<p>Dans son livre, \u00ab Le m\u00e9tier et la passion\u00bb (Arcs Editions), le professeur Sa\u00efd Mestiri d\u00e9crit \u00abune des sc\u00e8nes les plus poignantes qu&rsquo;il nous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 de vivre: celle de l\u00e0 mort du commandant Bjaoui dans la salle de r\u00e9animation du service (de l&rsquo;h\u00f4pital de Bizerte). Apr\u00e8s une conduite, dont tout le monde s&rsquo;\u00e9tait accord\u00e9 \u00e0 dire qu&rsquo;elle \u00e9tait h\u00e9ro\u00efque, il a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 h\u00f4pital, litt\u00e9ralement cribl\u00e9 de balles. Il en avait partout, dans le thorax, dans l&rsquo;abdomen, dans le rachis et les membres. Choqu\u00e9, presque moribond, il avait conserv\u00e9 assez de lucidit\u00e9 pour s&rsquo;accrocher de toutes ses forces \u00e0 Monji et \u00e0 moi-m\u00eame, tenant serr\u00e9 contre lui et entre ses mains raidies, un vieux portefeuille tout bourr\u00e9, non pas de papiers personnels ou de photos, mais de cartes d&rsquo;\u00e9tat-major et de \u00ab\u00a0documents confidentiels\u00a0\u00bb; il ne voulait surtout pas que cela tombe aux\u00a0\u00bb mains de l&rsquo;ennemi\u00a0\u00bb et d\u00e9sirait les faire parvenir en haut lieu. Son \u00e9tat de sant\u00e9 ne l&rsquo;int\u00e9ressait plus; il en avait pris son parti. Il y a des gens qui savent rester dignes quelles que soient les circonstances de la vie; Bejaoui \u00e9tait de ceux-l\u00e0. Nous n&rsquo;avons pas pu sauver le commandant Bejaoui; c&rsquo;\u00e9tait le souvenir le plus p\u00e9nible de cette p\u00e9riode\u00bb.<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait le 21 Juillet 1961. L&rsquo;un des plus brillants officiers tunisiens venait de tomber sur le champ d\u2019honneur. Il \u00e9tait \u00e2g\u00e9 de 35 ans. Il laissera une veuve de 25 ans avec ses cinq enfants. Le plus \u00e2g\u00e9e avait 6 ans et le plus jeune 6 mois seulement.<\/p>\n<p>Le 23 Juillet 1961 une prise d\u2019armes se d\u00e9roulera en fin de matin\u00e9e \u00e0 la caserne de forgemol au cours de laquelle, Le Commandant EL B\u00e9jaoui fut d\u00e9cor\u00e9 \u00e0 titre posthume de la M\u00e9daille de L\u2019Ind\u00e9pendance et de la M\u00e9daille Militaire et promu Colonel \u00e0 titre posthume.<br \/>Il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cor\u00e9 de la l\u00e9gion d\u2019honneur et titulaire La croix de guerre de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise.<\/p>\n<p class=\"c2\">\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/30730-le-commandant-mohamed-bejaoui-heros-meconnu-de-la-bataille-de-bizerte\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fils, fr\u00e8re et beau-fr\u00e8re de militaire, le destin du commandant Mohamed el B\u00e9jaoui h\u00e9ros de la bataille de Bizerte (dont nous c\u00e9l\u00e9brons le 59e anniveraire) \u00e9tait tout trac\u00e9 depuis sa naissance le 26 novembre 1926 \u00e0 Douar Echatt dans la banlieue de Tunis. 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