{"id":101839,"date":"2020-10-15T04:00:00","date_gmt":"2020-10-15T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/noureddine-dougui-il-y-a-57-ans-la-guerre-de-bizerte\/"},"modified":"2020-10-15T04:00:00","modified_gmt":"2020-10-15T08:00:00","slug":"noureddine-dougui-il-y-a-57-ans-la-guerre-de-bizerte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/noureddine-dougui-il-y-a-57-ans-la-guerre-de-bizerte\/","title":{"rendered":"Noureddine Dougui : Il y a 57 ans, la guerre de Bizerte"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/image\/minidougui.jpg\" alt=\"\" width=\"135\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" height=\"135\" align=\"left\"\/><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><em><strong>Par Noureddine Dougui &#8211;<\/strong><\/em><\/span><\/span> La guerre de Bizerte a connu un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 la faveur des tiraillements qui d\u00e9chirent la classe politique tunisienne. Episode rapide et brutal de l\u2019histoire nationale, la \u00abbataille de l\u2019\u00e9vacuation\u00bb continue de susciter, cinquante deux ans apr\u00e8s son d\u00e9clenchement, beaucoup de passions. Ultime acte de lib\u00e9ration pour certains, guerre inutile pour d\u2019autres, la pol\u00e9mique n\u2019en finit pas sur ses enjeux, ses objectifs et son co\u00fbt humain. Au centre de la controverse se trouve Bourguiba, consid\u00e9r\u00e9 par ses adeptes comme le h\u00e9ros de la d\u00e9colonisation totale de la Tunisie, mais accus\u00e9 par ses d\u00e9tracteurs d\u2019avoir agi seul, entra\u00eenant le pays dans une guerre injustifi\u00e9e et in\u00e9gale. Pour en prendre la mesure interrogeons les faits .<\/p>\n<h2>1- Les origines de la crise<\/h2>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/image\/Guerre-bizerte.jpg\" alt=\"\" width=\"350\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" height=\"256\" align=\"left\"\/>la crise de Bizerte \u00e9clate en juin 1961, mais ses racines remontent \u00e0 1956. Le protocole d\u2019ind\u00e9pendance ne pr\u00e9voyant pas l\u2019\u00e9vacuation des zones militaires tenues par les Fran\u00e7ais, la Tunisie doit s\u2019accommoder de la pr\u00e9sence de deux arm\u00e9es \u00e9trang\u00e8res : l\u2019ALN sur la fronti\u00e8re tuniso-alg\u00e9rienne et l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise dans les villes garnisons et les territoires sahariens. L\u2019ambiance tiers-mondiste aidant, la Tunisie multiplie les d\u00e9marches pour r\u00e9cup\u00e9rer ses territoires occup\u00e9s .\u00a0 La crise de Sakiet Sidi Youssef (f\u00e9vrier 1958) et l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle permettent de d\u00e9nouer partiellement le probl\u00e8me. Les Fran\u00e7ais acceptent de se retirer de l\u2019ensemble du territoire tunisien, mais ils se retranchent solidement \u00e0 Bizerte justifiant leur maintien dans ce port par les imp\u00e9ratifs de d\u00e9fense du monde libre. La revendication\u00a0 d\u2019\u00e9vacuation est \u00e9nonc\u00e9e \u00e0 nouveau en 1959 et en 1960 mais sans r\u00e9sultat. On a esp\u00e9r\u00e9 un moment une solution du probl\u00e8me lors de\u00a0 la rencontre Bourguiba-de Gaulle \u00e0 Rambouillet , le 27 f\u00e9vrier 1961, mais celle-ci d\u00e9bouche sur un \u00e9chec. De Gaulle refuse de fixer un calendrier pour l\u2019\u00e9vacuation de Bizerte tant que dure la tension Est-Ouest et rechigne \u00e0 n\u00e9gocier le tra\u00e7age des fronti\u00e8res Sud-ouest au-del\u00e0 de Bir Erroumane.<\/p>\n<p>La situation se complique lorsque les Fran\u00e7ais entreprennent, \u00e0 la fin du mois de mai 1961, sans consentement pr\u00e9alable des autorit\u00e9s tunisiennes , des travaux d\u2019agrandissement de la piste d\u2019envol de l\u2019a\u00e9roport militaire de Sidi Ahmed (Bizerte). Cet acte est consid\u00e9r\u00e9 comme un casus belli: l\u2019ampleur des travaux exclut, aux yeux des Tunisiens, toute id\u00e9e de d\u00e9part. La crise est ouverte et les pr\u00e9paratifs de confrontation se mettent en place. Comment expliquer\u00a0 cette \u00e9volution vers le conflit arm\u00e9 ?\u00a0 Pour prendre la mesure de la r\u00e9action des deux parties quelques faits concomitants m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre rappel\u00e9s. C\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais, de Gaulle\u00a0 s\u2019est trouv\u00e9 confront\u00e9, peu avant la crise, \u00e0 deux\u00a0 \u00e9v\u00e8nements enchev\u00eatr\u00e9s : d\u2019une part, le putsch des g\u00e9n\u00e9raux d\u2019Alger (22\u00a0 avril 1961) rejetant la d\u00e9colonisation de l\u2019Alg\u00e9rie, et d\u2019autre part\u00a0 l\u2019ouverture des n\u00e9gociations franco-alg\u00e9riennes \u00e0 Evian (20 mai 1961).C\u00f4t\u00e9 tunisien, deux \u00e9l\u00e9ments semblent avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminants: la mont\u00e9e de la propagande youssefiste, via Radio le Caire, accusant Bourguiba de permettre \u00e0 la France d\u2019utiliser la base de Bizerte pour frapper les positions alg\u00e9riennes, et l\u2019exclusion de la Tunisie de la Conf\u00e9rence des pays non-align\u00e9s qui doit se tenir en septembre en raison de ses\u00a0 \u00abpositions pro-occidentales\u00bb.<\/p>\n<p>Dans cette conjoncture agit\u00e9e , chaque partie a cherch\u00e9 \u00e0 am\u00e9liorer ses positions politiques par une action d\u2019envergure sur le terrain. Pour de Gaulle, les travaux\u00a0 entrepris \u00e0 Bizerte visent \u00e0 r\u00e9compenser la Marine de son attitude loyale pendant le putsch d\u2019Alger en renfor\u00e7ant l\u2019une de ses \u0153uvres les plus prestigieuses : la base de Bizerte. Mais au-del\u00e0 de la marine ,il a cherch\u00e9 \u00e0 pr\u00e9senter un gage \u00e0 une arm\u00e9e hostile \u00e0 la d\u00e9colonisation de l\u2019Alg\u00e9rie. Pour Bourguiba, cette \u00abmaladresse\u00bb est un excellent\u00a0 alibi pour acc\u00e9l\u00e9rer la satisfaction, par la force si besoin est, de deux exigences du nationalisme tunisien: Bizerte et le Sahara. D\u2019aucuns diront que ce pari hasardeux vise avant tout\u00a0 \u00e0 desserrer l\u2019isolement diplomatique de la Tunisie et \u00e0 lib\u00e9rer ses dirigeants de leur \u00abcomplexe\u00bb\u00a0 d\u2019inf\u00e9odation \u00e0 l\u2019Occident .<\/p>\n<h2>2- La bataille de Bizerte<\/h2>\n<p>La relance de la bataille de l\u2019\u00e9vacuation est un th\u00e8me rassembleur qui permet de r\u00e9aliser en un tour de main l\u2019union sacr\u00e9e. La question est longuement d\u00e9battue au sein du N\u00e9o-Destour o\u00f9 l\u2019unanimit\u00e9 est totale:\u00a0 aucun haut responsable ne s\u2019oppose \u00e0 la d\u00e9cision de Bourguiba. Tant s\u2019en faut, le z\u00e8le mis par les cadres du parti \u00e0 mobiliser les jeunes, l\u2019engagement\u00a0 des organisations\u00a0 de masse , des intellectuels d\u00e9montre que les forces vives de la nation adh\u00e8rent\u00a0 \u00e0 l\u2019id\u00e9e de relancer la bataille de l\u2019\u00e9vacuation. Mais peu de personnes envisagent une guerre rang\u00e9e. Aussi, les plans adopt\u00e9s prennent-ils un aspect in\u00e9dit. On achemine sur Bizerte, par les soins du N\u00e9o-Destour, plusieurs milliers de volontaires et de jeunesses destouriennes pour bloquer, le cas \u00e9ch\u00e9ant, avec l\u2019aide de l\u2019arm\u00e9e, les communications entre les installations militaires fran\u00e7aises. Cette action de masse, sans pr\u00e9c\u00e9dent dans l\u2019histoire tunisienne, s\u2019inscrit dans une strat\u00e9gie \u00e9prouv\u00e9e qui combine l\u2019agitation populaire et la proposition de n\u00e9gocier . Erreur d\u2019appr\u00e9ciation du style de de Gaulle ? s\u00fbrement, celui-ci refuse de n\u00e9gocier sous la pression. Le 18 juillet 1961, il rejette, par voie diplomatique, la demande tunisienne de pourparlers. La r\u00e9ponse fran\u00e7aise ne laisse aucune ouverture \u00e0 Bourguiba trop engag\u00e9.<\/p>\n<p>Le drame se noue quand les avions fran\u00e7ais, violant l\u2019interdiction d\u2019utiliser\u00a0 l\u2019espace a\u00e9rien tunisien, survolent les positions tunisiennes. L\u2019arm\u00e9e tunisienne, qui s\u2019est\u00a0 d\u00e9ploy\u00e9e \u00e0 partir du 13 juillet, entre en action le 19, \u00e0 18h10, quand une premi\u00e8re vague d\u2019avions en provenance d\u2019Alg\u00e9rie largue sur Sidi Ahmed des centaines de parachutistes fran\u00e7ais . En face , la riposte , pr\u00e9par\u00e9e de longue date, met dans la balance tous les moyens de la guerre \u00e9clair: avions, blind\u00e9s, artillerie lourde, vaisseaux de guerre et commandos de choc venus d\u2019Alg\u00e9rie. Le commandement fran\u00e7ais re\u00e7oit de de Gaulle l\u2019ordre de\u00a0 \u00abfrapper vite et fort\u00bb.<\/p>\n<p>La guerre se r\u00e9v\u00e8le d\u00e8s le d\u00e9part in\u00e9gale . La Tunisie engage en tout et pour tout sept compagnies appuy\u00e9es par trois bataillons d\u2019artillerie, sans couverture a\u00e9rienne . Qui plus est,\u00a0 nos soldats doivent se battre sur un terrain encombr\u00e9 de volontaires civils sans formation militaire, les responsables tunisiens ayant mis\u00e9 sur la pression populaire pour forcer les fortifications fran\u00e7aises. Mais la surprise est totale quand l\u2019aviation fran\u00e7aise prend \u00e0 parti les civils provoquant une immense confusion. La guerre populaire tourne court, mais la r\u00e9sistance est acharn\u00e9e , nos soldats mal ravitaill\u00e9s, coup\u00e9s de leur hi\u00e9rarchie tiennent leurs positions jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9puisement de leurs munitions. Le d\u00e9luge de feu impose le repli sur la ville o\u00f9 une bataille de rues s\u2019engage \u00e0 partir de vendredi 21. Elle durera deux jours et deux nuits pendant lesquels de jeunes officiers tunisiens fraichement sortis des \u00e9coles militaires r\u00e9sistent pied \u00e0 pied \u00e0 la t\u00eate de leur soldats \u00e0 l\u2019offensive fran\u00e7aise. La ville tombe \u00e0 70%. Le dimanche 23, un cessez-le feu intervient.<\/p>\n<p>Les pertes des Tunisiens sont lourdes. Officiellement, il y a eu 670 morts et 1155 bless\u00e9s ; 30 morts et 100 bless\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais. L\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 des victimes appartient \u00e0 la masse des volontaires civils.<\/p>\n<h2>3- La port\u00e9e de la guerre de Bizerte<\/h2>\n<p>La guerre de Bizerte a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cue par les Tunisiens comme un drame eu \u00e9gard \u00e0 la lourdeur des pertes. D\u2019o\u00f9 les critiques \u00e0 l\u2019endroit de Bourguiba, accus\u00e9 d\u2019avoir envoy\u00e9 \u00e0 une mort certaine des centaines de Tunisiens. Le d\u00e9bat \u00e0 ce sujet n\u2019est d\u2019ailleurs\u00a0 pas pr\u00eat d\u2019\u00eatre clos tant qu\u2019on ne dispose pas des archives de guerre. Sans doute, les opposants de Bourguiba ont-t-ils avanc\u00e9 et continuent de soutenir que le d\u00e9sastre humain est d\u00fb \u00e0 l\u2019impr\u00e9paration ou aux choix tactiques des responsables politiques qui, m\u00e9connaissant l\u2019art militaire, ont m\u00eal\u00e9 sur le m\u00eame front civils et militaires. Mais il faut se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence : les victimes tunisiennes sont tomb\u00e9es sous les balles fran\u00e7aises.<\/p>\n<p>Quand bien m\u00eame la riposte fran\u00e7aise a \u00e9t\u00e9 d\u00e9mesur\u00e9e ( usage de napalm , ciblage des civils), il est difficile d\u2019admettre que celle-ci puisse se justifier par les imp\u00e9ratifs de d\u00e9fense de la base. L\u2019explication de cette r\u00e9action est \u00e0 chercher ailleurs . De toute \u00e9vidence, le pr\u00e9texte de se maintenir \u00e0 Bizerte pour d\u00e9fendre le monde libre contre l\u2019adversaire sovi\u00e9tique ne r\u00e9siste pas \u00e0 l\u2019examen . Pour de Gaulle , qui a refus\u00e9 d\u2019envoyer un signe d\u2019apaisement, cette guerre s\u2019inscrit dans un cadre plus vaste, celui de la n\u00e9gociation du sort de la future Alg\u00e9rie. Son message est clair :\u00a0 la France qui entend obtenir du FLN le maintien des bases alg\u00e9riennes ne peut, de ce fait,\u00a0 se r\u00e9soudre \u00e0 abandonner Bizerte. En livrant cette bataille d\u2019arri\u00e8re- garde d\u2019un empire colonial condamn\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre, il veut d\u2019abord rassurer son arm\u00e9e, frustr\u00e9e de sa victoire \u00e0 Suez (1956) et en Alg\u00e9rie, signifier ensuite au FLN, \u00e0 travers le massacre de Bizerte, que \u00abl\u2019heure des faiblesses fran\u00e7aises n\u2019a pas encore sonn\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 tunisien, la bataille est perdue sur le plan militaire mais elle est amplement gagn\u00e9e sur le plan diplomatique. Dag Hammarskj\u00f6ld, Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations unis se rend \u00e0 Bizerte le 24 juillet. Les diplomates tunisiens dirig\u00e9s par Mongi Slim obtiennent \u00e0 New York, devant l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019ONU, un succ\u00e8s retentissant : la plainte tunisienne est appuy\u00e9e par soixante voix et trente abstentions , aucune voix ne manque \u00e0 la Tunisie. A la conf\u00e9rence des pays non-align\u00e9es, tenue \u00e0\u00a0 Belgrade\u00a0 le 4 septembre,\u00a0 Bourguiba est accueilli\u00a0 comme un\u00a0 chef respect\u00e9. Le sang coul\u00e9 \u00e0 Bizerte aura servi \u00e0 porter sur la sc\u00e8ne internationale une question que la France a toujours cherch\u00e9\u00a0 \u00e0 enfermer dans le cadre des relations tuniso-fran\u00e7aises.<\/p>\n<p>Le 15 janvier 1962, les n\u00e9gociations sur le sort de Bizerte s\u2019amorcent \u00e0 Paris. Elles aboutissent, apr\u00e8s quelques mois, \u00e0 la reconnaissance de la souverainet\u00e9 de la Tunisie sur l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de son territoire. Le 15 octobre 1963, toutes les forces fran\u00e7aises quittent la base de Bizerte.<\/p>\n<p class=\"c4\"><strong>Noureddine Dougui<\/strong><br \/><em>universitaire<\/em><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/30732-noureddine-dougui-il-y-a-57-ans-la-guerre-de-bizerte\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Noureddine Dougui &#8211; La guerre de Bizerte a connu un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 la faveur des tiraillements qui d\u00e9chirent la classe politique tunisienne. Episode rapide et brutal de l\u2019histoire nationale, la \u00abbataille de l\u2019\u00e9vacuation\u00bb continue de susciter, cinquante deux ans apr\u00e8s son d\u00e9clenchement, beaucoup de passions. Ultime acte de lib\u00e9ration pour certains, guerre inutile [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1772,"featured_media":101840,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,55],"tags":[],"class_list":["post-101839","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite","category-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/101839","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1772"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=101839"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/101839\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=101839"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=101839"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=101839"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}