{"id":103242,"date":"2020-10-29T18:00:00","date_gmt":"2020-10-29T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/sihem-ben-ghachem-la-construction-sociale-de-lidentite-sexuee\/"},"modified":"2020-10-29T18:00:00","modified_gmt":"2020-10-29T22:00:00","slug":"sihem-ben-ghachem-la-construction-sociale-de-lidentite-sexuee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/sihem-ben-ghachem-la-construction-sociale-de-lidentite-sexuee\/","title":{"rendered":"Sihem Ben Ghachem: La construction sociale de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>I\/ Introduction<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Nul ne peut nier l&rsquo;influence que l&rsquo;environnement social, culturel, familial exerce sur la construction de l&rsquo;identit\u00e9 sexu\u00e9e de chaque individu. En d&rsquo;autres termes, d\u00e8s son jeune \u00e2ge, l&rsquo;enfant est profond\u00e9ment inspir\u00e9 par un environnement familial portant le sceau de la culture dans lequel il baigne largement. Si bien que si nous cherchons \u00e0 d\u00e9limiter l&rsquo;identit\u00e9 nous nous heurterons \u00e0 maintes difficult\u00e9s parce que l&rsquo;environnement socioculturel et familial agit en interaction avec diverses donn\u00e9es difficiles \u00e0 cerner. D&rsquo;autant que l&rsquo;identit\u00e9 se d\u00e9finit, en m\u00eame temps, par rapport \u00e0 soi et par rapport \u00e0 autrui : un entourage bien d\u00e9termin\u00e9. Cependant, il convient d&rsquo;indiquer que nous ne pouvons pas dissocier l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e de l\u2019imaginaire du groupe communautaire o\u00f9 \u00e9volue l\u2019individu en question, et du patrimoine propre \u00e0 sa culture. Dans cet ordre d&rsquo;id\u00e9es, les questions que nous pouvons nous poser sont les suivantes:<\/p>\n<p>Quelles empreintes profondes s\u2019\u00e9tant succ\u00e9d\u00e9 dans notre subconscient ont le plus impr\u00e9gn\u00e9 et marqu\u00e9 la m\u00e9moire collective du groupe social auquel nous appartenons? Quelle personnalit\u00e9 se dessine \u00e0 travers ces empreintes profondes ayant marqu\u00e9, tel un palimpseste, l\u2019identit\u00e9 de ce groupe?<\/p>\n<p><span class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong>1\/ La construction sociale de l\u2019identit\u00e9<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c3\"><strong>a) \u00ab L\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e \u00bb<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Si nous nous r\u00e9f\u00e9rons \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 arabo-musulmane\u00a0 (en sachant que ce terme induit \u00e0 une h\u00e2tive assimilation entre les cultures arabe et musulmane au profit de la seconde\/au d\u00e9triment de la premi\u00e8re), en g\u00e9n\u00e9ral, et tunisienne en particulier (quoique la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne ob\u00e9isse \u00e0 d\u2019autres normes, puisqu\u2019elle englobe en son sein diverses autres cultures), nous allons nous rendre compte que les points de jonction existent, cependant certaines divergences subsistent. M\u00eame si l\u2019environnement social et l\u2019identification jouent un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la construction de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e du sujet qui mod\u00e8le et forme sa personnalit\u00e9 en l\u2019induisant \u00e0 se conformer aux r\u00f4les sexu\u00e9s de la culture, on ne peut pas nier l\u2019importance de la transmission orale, de toute une symbolique et de tout un imaginaire propres \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 laquelle il appartient.<\/p>\n<p><span class=\"c3\"><strong>b) La transmission orale<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Par les contes transmis oralement \u00ab le social r\u00e9cup\u00e8re le symbolique et se l\u2019int\u00e8gre afin de mieux int\u00e9grer l\u2019individu. Par le jeu des significations, c\u2019est l\u2019inconscient qui est vraiment contr\u00f4l\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9. \u00bb Ainsi, un acte, qu\u2019on croyait ludique, divertissant, exerce sur l\u2019individu une action inhibitrice (ou lib\u00e9ratrice, dans certains cas), et le conditionne pour qu\u2019il soit conforme aux attentes de la culture et de la soci\u00e9t\u00e9 auxquelles il appartient. Il n\u2019est pas rare, en effet, pendant les longues veill\u00e9es hivernales, de voir les jeunes enfants se r\u00e9unir autour d\u2019une grand-m\u00e8re ou d&rsquo;une grand-tante qui les r\u00e9galera par la narration de contes appartenant au patrimoine maghr\u00e9bin, tunisien, arabe, occidental, etc. Alors, les ogres voleurs d\u2019enfants succ\u00e8deront aux pauvres vieilles femmes qui se transforment \u00e0 l\u2019occasion en ogresse, ou en princesse, ou en jeunes filles d\u00e9sob\u00e9issantes qui sont d\u00e9vor\u00e9es par des ogres.<\/p>\n<p>De fait, une action qu\u2019on pensait anodine, semble plus insidieuse, plus sournoise puisque les images et les repr\u00e9sentations transmises s\u2019impriment profond\u00e9ment dans la m\u00e9moire de ces enfants et conditionnent leurs comportements et attitudes.<\/p>\n<p>Au demeurant, nourri par des clich\u00e9s et des st\u00e9r\u00e9otypes socialement bien ancr\u00e9s dans l\u2019inconscient et la m\u00e9moire collective, l\u2019homme (en g\u00e9n\u00e9ral, et arabe, en particulier) est convaincu de sa sup\u00e9riorit\u00e9 et sa pr\u00e9\u00e9minence de m\u00e2le triomphant. Les m\u00e9canismes de l\u2019\u00e9ducation et la socialisation ont perp\u00e9tu\u00e9 les sch\u00e9mas d\u2019une \u00e9ducation patriarcale fond\u00e9e sur l\u2019inf\u00e9riorisation de la femme. Cependant, \u00ab S\u2019il est vrai que l\u2019existence des r\u00f4les relatifs \u00e0 la dichotomie masculin-f\u00e9minin est universelle, cette universalit\u00e9 s\u2019arr\u00eate l\u00e0 : chaque culture d\u00e9limite, \u00e0 sa fa\u00e7on, un r\u00e9pertoire de r\u00f4les offerts aux individus \u00bb, parce que justement \u00ab \u2026 chaque soci\u00e9t\u00e9 a d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre, codifi\u00e9 les r\u00f4les respectifs des hommes et des femmes. \u00bb<\/p>\n<p>Du reste, la socialisation et la transmission de valeurs, de pratiques se d\u00e9roulent \u00e0 travers plusieurs canaux qui attribuent \u00e0 cet imaginaire et ce symbolisme une certaine sacralit\u00e9 rendant quasi impossible leur n\u00e9gation.<\/p>\n<p><span class=\"c4\"><span class=\"c5\"><strong>2) L\u2019apport de la tradition musulmane<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La personnalit\u00e9 de base musulmane est essentiellement et toujours fond\u00e9e sur la Tradition, dont le Coran, les hadiths et le fiq\u2019h constituent les \u00e9l\u00e9ments constants\u00a0 (l\u00e0, je me dois d\u2019ouvrir une parenth\u00e8se pour indiquer que les recueils de\u00a0 fiq\u2019h, la somme d\u2019une r\u00e9flexion et d\u2019un effort humains auxquels on a attribu\u00e9 un caract\u00e8re sacr\u00e9). Ces sources sont \u00e9ternelles et sacr\u00e9es parce qu\u2019elles s\u2019inspirent d\u2019un Texte r\u00e9v\u00e9l\u00e9, leur valeur intrins\u00e8que est de fait ind\u00e9niable. Du reste, en d\u00e9pit des conjonctures politiques et historiques qui ont dict\u00e9 et accompagn\u00e9 ces Textes, les messages qui leur sont inh\u00e9rents sont quasi perp\u00e9tuels et atemporels. D\u2019autant qu\u2019on leur a attribu\u00e9 le m\u00e9rite d\u2019avoir fourni la description exacte des membres \u00e9minemment parfaits de la communaut\u00e9 musulmane, si bien que les prescriptions de Dieu sont immuables et qu\u2019elles ne souffrent aucune modification, aussi infime soit-elle. Ce mod\u00e8le, dont le Texte sacr\u00e9 a dessin\u00e9 les contours et dont le Proph\u00e8te incarne la synth\u00e8se parfaite, doit servir d\u2019exemple \u00e0 tout bon musulman, dans quelque lieu qu\u2019il soit et \u00e0 quelque \u00e9poque qu\u2019il vive.<\/p>\n<p>Cette qu\u00eate perp\u00e9tuelle du Mod\u00e8le absolu et parfait sera commune \u00e0 tous les musulmans \u00e0 quelque \u00e9poque qu\u2019ils vivent. Cette image mythique et mythifi\u00e9e marquera de son sceau la m\u00e9moire collective, et tout musulman qui se respecte n\u2019aspirera plus qu\u2019\u00e0 seule chose, se rapprocher le plus possible de ce Mod\u00e8le, \u00eatre fid\u00e8le aux enseignements du pass\u00e9, reproduire les qualit\u00e9s exemplaires incarn\u00e9es par Mohammed. Cependant, le temps et l\u2019histoire n\u2019avaient pas \u00e9pargn\u00e9 cette image qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9natur\u00e9e, au fil du temps. Il est commun\u00e9ment admis, par exemple, que le Proph\u00e8te avait un comportement exemplaire avec ses \u00e9pouses, il les respectait, les consultait et tenait compte de leurs avis. D\u2019ailleurs, il ne cessa pas, avant de quitter cette vall\u00e9e des larmes, pour para\u00eetre devant Son cr\u00e9ateur, de pr\u00eacher que l\u2019on se conduis\u00eet convenablement envers les femmes, qu\u2019on f\u00fbt charitables et g\u00e9n\u00e9reux avec elle. Mais cette injonction fut-elle respect\u00e9e par les Musulmans des si\u00e8cles ult\u00e9rieurs ? Tinrent-ils compte de cette exhortation ?<\/p>\n<p>Nous allons, dans la partie suivante, essayer de brosser un tableau de l\u2019image de la femme telle qu\u2019elle est per\u00e7ue dans les soci\u00e9t\u00e9s arabo-musulmanes. Nous mettrons l\u2019accent sur les repr\u00e9sentations et les st\u00e9r\u00e9otypes qui ont fa\u00e7onn\u00e9 cette image. Ensuite nous exposerons une lecture possible de la personnalit\u00e9 de l\u2019homme musulman qui nous permettra peut-\u00eatre de d\u00e9construire les repr\u00e9sentations qui consacrent la sup\u00e9riorit\u00e9 du masculin. De fait, \u00ab l\u2019analyse de ces rapports sociaux [de sexe] n\u00e9cessite une interrogation sur la construction sociale de la masculinit\u00e9 et de la virilit\u00e9 et de leur r\u00f4le dans la reproduction de la domination masculine et dans les r\u00e9sistances au changement.\u00bb<\/p>\n<p><span class=\"c4\"><span class=\"c5\"><strong>3) L\u2019image de la femme et de l\u2019homme dans l\u2019imaginaire arabe<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c3\"><strong>a) L\u2019\u00e9ternel f\u00e9minin en Islam<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Quoique l\u2019Islam reconnaisse la pr\u00e9\u00e9minence du masculin sur le f\u00e9minin, il n\u2019en admet pas moins l\u2019existence de la femme. Du reste, ce qui s\u00e9pare les deux partenaires tient \u00e0 un seul degr\u00e9 ! M\u00eame si les lectures ex\u00e9g\u00e9tiques du Coran et de la Sunna attribu\u00e8rent \u00e0 la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9 des st\u00e9r\u00e9otypes des plus diversifi\u00e9s et des plus significatifs, il n\u2019en est pas moins que le Proph\u00e8te lui-m\u00eame baignait dans une atmosph\u00e8re proprement f\u00e9minine. N\u2019\u00e9tait-ce pas Khadija, noble \u00e9pouse de Mohammed, qui le rassura, quand il fut boulevers\u00e9 au moment de la R\u00e9v\u00e9lation divine et de l\u2019intervention de l\u2019ange Gabriel ?<\/p>\n<p>Cependant, l\u2019image qui marqua la m\u00e9moire collective et qui s\u2019imprima dans les profondeurs abyssales de l\u2019imaginaire musulman est celle de Zuleikha, l\u2019\u00e9pouse de Putiphar. Zuleikha est l\u2019incarnation parfaite de la tentatrice, de l\u2019amoureuse submerg\u00e9e par le d\u00e9sir charnel irr\u00e9pressible. C\u2019est elle que Dieu qualifia de perfide, dans le verset 28 de la Sourate XII \u00ab Joseph \u00bb : \u00ab Voici encore, fit-il, un trait de votre perfidie f\u00e9minine. Perfidie incommensurable, en v\u00e9rit\u00e9. \u00bb Accusation port\u00e9e par Putiphar \u00e0 l\u2019encontre de son \u00e9pouse, mais qui scella le destin de toutes les autres femmes. Ainsi une accusation individuelle se pervertit en un destin universel, associant toutes les femmes, elle \u00ab s\u2019adresse par-del\u00e0 Zuleikha \u00e0 l\u2019ensemble de la gent f\u00e9minine \u00bb. L\u2019opprobre jet\u00e9 sur une seule femme fut, comme \u00e9tendu \u00e0 toutes les autres. D\u2019un \u00e9v\u00e9nement conjoncturel, contextuel on fit un concept universel. D\u00e9sormais, la femme fera figure d\u2019une tentatrice qui cherche \u00e0 entra\u00eener l\u2019homme \u00e0 commettre l\u2019irr\u00e9parable.\u00a0 \u00ab C\u2019est [d\u2019ailleurs] un trait essentiel de l\u2019\u00e9ternel f\u00e9minin que le Coran (j\u2019ajouterai les trois religions monoth\u00e9istes r\u00e9v\u00e9l\u00e9es) veut mettre en lumi\u00e8re \u00bb. Cette femme confront\u00e9e au d\u00e9sir pour un jeune homme renomm\u00e9 pour son extr\u00eame beaut\u00e9, \u00ab constitue certes l\u2019image prototype de la femme tentatrice, intrigante, fallacieuse, menteuse (\u2026) pleine de rouerie ! Mal\u00e9fice, artifice et malice ; fausse na\u00efvet\u00e9 et innocence feinte, le Ka\u00efd c\u2019est tout cela \u00e0 la fois ! \u00bb Cependant, cette image d\u00e9pr\u00e9ciative, mais sacr\u00e9e, investit le profane et s\u2019alt\u00e9ra \u00e0 son contact. Nul ne conte, en effet, quel qu\u2019en f\u00fbt la teneur, n\u2019en fut d\u00e9pourvue. Il suffit de rappeler que la folie du roi Shahrayar fut provoqu\u00e9e par l\u2019infid\u00e9lit\u00e9 de son \u00e9pouse et celle de sa belle-s\u0153ur : deux fr\u00e8res respectivement tromp\u00e9s par leur conjointe, et qui plus est, avec un \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un subalterne, un sous-homme. Cette infid\u00e9lit\u00e9 servit de point de d\u00e9part \u00e0 la folie meurtri\u00e8re de Shahrayar.<\/p>\n<p>En fait, sans cette perfidie les Mille et une nuits, -\u00ab [texte], apr\u00e8s le Coran (\u2026) \u00e0 coup s\u00fbr, (\u2026) le plus lu \u00bb-n\u2019auraient peut-\u00eatre pas vu le jour. D\u2019ailleurs, ces contes ne participent-ils pas (entre autres) \u00e0 la d\u00e9pr\u00e9ciation de la femme ? Pour ne pas g\u00e9n\u00e9raliser, nous dirons que la quasi-totalit\u00e9 des contes arabes, maghr\u00e9bins ou tunisiens racont\u00e9s par des hommes, pr\u00e9sentent une trame mettant en sc\u00e8ne une tentatrice qui, par sa rouerie, sa perfidie va contribuer \u00e0 la chute de l\u2019homme, et qui, malgr\u00e9 les interdits, les pr\u00e9cautions prises pour l\u2019isoler et l\u2019emmurer va parvenir \u00e0 tromper la vigilance de son cerb\u00e8re ou sa du\u00e8gne qu\u2019elle va tromper ou tourner en ridicule. Cette trame participa, ainsi, \u00e0 renforcer l\u2019image d\u00e9pr\u00e9ciative de la femme. De fait, \u00ab la perception traditionnelle de la femme est min\u00e9e de paradoxes, \u00e0 commencer par la force des notions du sens commun et de la puissance de l\u2019oralit\u00e9 dans l\u2019\u00e9ducation\u2026 \u00bb. Par cons\u00e9quent, on ne comptait pas le nombre de contes o\u00f9 elle apparaissait sous son plus mauvais jour. Elle n\u2019\u00e9tait pas seulement perfide, elle fut calculatrice, d\u00e9loyale, hypocrite, sournoise\u2026 sans oublier les proverbes qui, soit la montrent comme un \u00eatre dont il faut se m\u00e9fier, soit qui mettent l\u2019homme en garde contre sa perfidie.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas \u00e9tonnant dans ce cas si les Musulmans se soient acharn\u00e9s sur elle : ils \u00e9rig\u00e8rent des murs \u00e9pais pour l\u2019extraire au monde ext\u00e9rieur. Forteresse inexpugnable, en apparence, puisqu\u2019elle parvenait toujours \u00e0 ses fins. Ainsi, le verset : \u00ab Inna ka\u00efda hunna \u2018adh\u00eem \u00bb trouve-t-il sa pleine justification, puisqu\u2019il \u00ab favorise la m\u00e9fiance vis-\u00e0-vis de la gent f\u00e9minine \u00bb. D\u2019autant que m\u00eame la sunna y contribua, puisque de l\u2019aveu de Mohammed lui-m\u00eame, elle fut d\u00e9crite comme un individu qui \u00ab manque de raison et de religion \u00bb.<\/p>\n<p>Faut-il lui faire confiance, dans ces circonstances, qui sont att\u00e9nuantes pour une fois, il faut bien l\u2019admettre ! Faut-il bl\u00e2mer l\u2019homme pour la m\u00e9fiance dont il fait preuve vis-\u00e0-vis de la femme ? Oh que non ! Sa m\u00e9fiance (son absence de confiance en elle, devrais-je dire) naturelle est confirm\u00e9e par les deux sources sacr\u00e9es de l\u2019islam, le Coran, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, et la sunna de l\u2019autre ! Comment esp\u00e9rer la r\u00e9habiliter, dans ce cas-l\u00e0, puisque tout concourt pour la p\u00e9jorer et la rabaisser\u00a0 (d\u00e9pr\u00e9cier\/discr\u00e9diter) ? D\u2019autant qu\u2019un hadith qu\u2019on attribue au Proph\u00e8te ne fait que conforter les Musulmans dans leur m\u00e9fiance vis-\u00e0-vis des femmes : \u00ab Ne conna\u00eetra jamais la prosp\u00e9rit\u00e9 le peuple qui confie ses affaires \u00e0 une femme ! \u00bb<\/p>\n<p>Que dire de plus ? Sa disgr\u00e2ce ne fut-elle pas confirm\u00e9e par le meilleur des hommes ? Le plus clairvoyant parmi les clairvoyants ? Ainsi, portant le sceau du sacr\u00e9, le discr\u00e9dit est d\u2019autant moins contestable.<\/p>\n<p>Surtout que le Proph\u00e8te n\u2019\u00e9tait pas le seul \u00e0 d\u00e9crire la femme sous ces traits peu flatteurs, voici ce que \u00ab L\u2019Im\u00e2m \u2018Ali aimait \u00e0 dire : La femme tout enti\u00e8re est un mal ; et ce qu\u2019il y a de pire en elle c\u2019est qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un mal n\u00e9cessaire \u00bb. \u00c0 quel saint se vouer, dans ces circonstances ? Condamnation irr\u00e9vocable, semble-t-il !<\/p>\n<p>Dans Le Harem politique, Fatima Mernissi a avou\u00e9 son incapacit\u00e9 de r\u00e9pondre \u00e0 un instituteur ayant clam\u00e9, haut et fort, cette v\u00e9rit\u00e9 incontestable. \u00ab Qu\u2019aurai [telle] pu dire qui puisse contrebalancer la force de cet aphorisme politique aussi implacable que populaire ? \u00bb<br \/>Ainsi, \u00ab cette image inattendue mais combien v\u00e9ridique, de la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne traditionnelle (personnellement, je dirai surtout arabo-musulmane.) Pour \u00eatre partielle et partiale [\u2026] refl\u00e8te une inf\u00e9riorit\u00e9 certaine \u00bb de la femme qui fut condamn\u00e9e \u00e0 se soumettre \u00e0 la loi du p\u00e8re et \u00e0 ses ukases (et en filigrane ceux de la m\u00e8re). De fait, son corps fut frapp\u00e9 d\u2019ostracisme et d\u2019interdits, d\u00e9sormais il portera le sceau des soubresauts de l\u2019histoire. Palimpseste o\u00f9, tout au long de l\u2019histoire des civilisations, se sont inscrits crises et conflits. Par cons\u00e9quent, si on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9poque ant\u00e9islamique, on peut constater que le corps de la femme avait une valeur marchande -si elle a la chance d\u2019avoir la vie sauve-, il faisait l\u2019objet de transactions commerciales, servait de monnaie d\u2019\u00e9change, en temps de guerre, et d\u2019objet de plaisir, tout le temps. Pour l\u2019islam, il fut le si\u00e8ge de toutes les transgressions, il fallut donc le voiler, le d\u00e9rober aux regards concupiscents parce que consid\u00e9r\u00e9 comme \u2018Aoura, qu\u2019un \u00e9tranger ne doit ni voir ni m\u00eame entrevoir. Par cons\u00e9quent, \u00ab le voile va (\u2026) faire passer la musulmane dans l\u2019anonymat le plus total \u00bb. Pour s\u2019assurer de sa fid\u00e9lit\u00e9 et de sa chastet\u00e9, ils \u00e9rig\u00e8rent des remparts \u00e9pais, pour l\u2019emmurer ainsi, \u00abla maison arabe ne sera [-telle] plus qu\u2019un voile de pierre renfermant le voile de coton ou de laine.\u00bb<\/p>\n<p>Ainsi s\u2019exprime la loi de l\u2019homme ! Et voil\u00e0 comment est per\u00e7ue la femme dans nos contr\u00e9es et comment est d\u00e9crite celle \u00e0 qui est confi\u00e9e la t\u00e2che d\u2019\u00e9duquer et d\u2019\u00e9lever les hommes de demain !<\/p>\n<p>Qu\u2019en est-il toutefois de l\u2019image de l\u2019homme ? Quels traits lui pr\u00eate-t-on ? De quelles qualit\u00e9s le pare-t-on ?<\/p>\n<p><span class=\"c3\"><strong>b) L\u2019image de l\u2019homme en terre d\u2019islam :<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Dans la plupart des territoires appartenant \u00e0 la communaut\u00e9 musulmane, on observe jusqu\u2019\u00e0 nos jours, \u00e0 l\u2019or\u00e9e du troisi\u00e8me mill\u00e9naire, \u00ab une adh\u00e9sion aveugle (\u2026) \u00e0 un ordre androcentr\u00e9 \u00bb. Dans ces contr\u00e9es, les droits et la culture sont fond\u00e9s sur des principes sexistes pr\u00f4nant la s\u00e9paration nette et radicale des deux sexes. Dans la plupart des pays musulmans, en effet, pour ne pas dire dans tous, les discours masculins, empreints de pens\u00e9es sexistes, misogynes et antif\u00e9ministes sont l\u00e9gion. Ils portent le sceau d\u2019une culture patriarcale et androcentr\u00e9e qui \u00e9rige le m\u00e2le en figure h\u00e9g\u00e9monique de laquelle tout d\u00e9coule, et vers laquelle tout converge. Il n\u2019est point besoin de rappeler dans ce contexte l\u2019importance que l\u2019on accorde \u00e0 la virilit\u00e9 de ce m\u00e2le triomphant. Elle y est, en effet d\u2019essence divine, elle est clam\u00e9e, proclam\u00e9e, revendiqu\u00e9e, puisque, inh\u00e9rente \u00e0 la nature sublime de l\u2019homme. Ainsi, l\u2019individu de sexe masculin est-il pr\u00e9sent\u00e9 comme une force de la nature, dot\u00e9 d\u2019un app\u00e9tit sexuel insatiable et d\u2019une force physique in\u00e9galable. De plus, \u00ab Ce mythe de l\u2019\u00e9talon (\u2026) engendre (\u2026) des repr\u00e9sentations et des conduites virilistes qui ravalent la femme \u00bb, la rel\u00e8guent \u00e0 un rang inf\u00e9rieur, et l\u00e9gitiment tout comportement discriminatoire \u00e0 son \u00e9gard, et partant toute violence.<\/p>\n<p>\u00ab La virilit\u00e9 qui en est la source, [en effet], peut s\u2019octroyer de temps en temps un mode d\u2019expression [\u2026] compatible avec la nature de l\u2019homme \u00bb. D\u2019autant plus que cette sup\u00e9riorit\u00e9 est d\u2019essence divine et est confirm\u00e9e de mille et une fa\u00e7ons par la tradition, les repr\u00e9sentations et les st\u00e9r\u00e9otypes qui perdurent, se perp\u00e9tuent et se reproduisent, avec une \u00e9gale intensit\u00e9. Ainsi, si Dieu n\u2019a jamais choisi de proph\u00e8te femme, en outre, si aucun calife, aucun imam, aucun muezzin n\u2019est de sexe f\u00e9minin n\u2019est-ce pas une attestation incontestable de la pr\u00e9\u00e9minence de l\u2019homme et de l\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 de la femme ?\u00a0 De plus, l\u2019homme, le m\u00e2le, fait figure d\u2019un \u00e9talon \u00e0 qui rien ne r\u00e9siste. Un \u00ab fhal \u00bb, comme le d\u00e9signe Raja Ben Slama. Dans ce sens, le \u00ab fhal \u00bb est le m\u00e2le vigoureux et puissant destin\u00e9 \u00e0 la reproduction et l\u2019homme agressif, et combatif qui cherche dans les guerres, les combats, les joutes oratoires ou po\u00e9tiques, \u00e0 vaincre tous les autres hommes et \u00e0 les r\u00e9duire \u00e0 sa merci ; pour asseoir sa force et prouver, aussi bien aux autres membres m\u00e2les de la tribu, qu\u2019\u00e0 la femme aim\u00e9e (ou non, d\u2019ailleurs), sa sup\u00e9riorit\u00e9 physique, intellectuelle et sexuelle (pourquoi pas ?). Ainsi, la virilit\u00e9 se cristallise-t-elle dans deux aspects de la personnalit\u00e9 \u00ab m\u00e2le \u00bb : D\u2019une part, dans la reproduction, qui renvoie au sexuel, d\u2019autre part, dans l\u2019ardeur dont il fait montre pendant les guerres ou m\u00eame les joutes, qui de leur c\u00f4t\u00e9 peuvent renvoyer \u00e0 la violence. Violence de celui qui veut \u00e9tendre son h\u00e9g\u00e9monie, \u00e0 ceux et celles qu\u2019il consid\u00e8re comme inf\u00e9rieurs. Violence, envers ceux qui veulent d\u00e9fier son autorit\u00e9 ou remettre en cause son pseudo sup\u00e9riorit\u00e9. Violence qui d\u00e9coule d\u2019un syst\u00e8me patriarcal consacrant l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de l\u2019homme et sa pr\u00e9\u00e9minence. Laquelle pr\u00e9\u00e9minence est attest\u00e9e par le Coran o\u00f9 il est dit : \u00ab Aux hommes est reconnu un droit de regard sur les femmes ; ce droit est fond\u00e9 sur les avantages que Dieu a conf\u00e9r\u00e9s aux hommes, et il fait pendant aux charges qui leur sont impos\u00e9es \u00bb, d\u2019autant qu\u2019\u00ab \u2026 une certaine pr\u00e9\u00e9minence demeure acquise aux hommes.\u00bb<\/p>\n<p>On peut affirmer sans risque de se tromper que ces versets figurent parmi ceux qui ont marqu\u00e9 la m\u00e9moire collective et l\u2019inconscient populaire d\u2019une mani\u00e8re ind\u00e9l\u00e9bile, (que d\u2019aucuns veulent d\u00e9finitive). En outre, cette pr\u00e9\u00e9minence accord\u00e9e \u00e0 l\u2019homme par le Tout Puissant est d\u2019autant plus int\u00e9rioris\u00e9e qu\u2019elle est consacr\u00e9e et confirm\u00e9e par le partage de l\u2019h\u00e9ritage au sein d\u2019une m\u00eame famille. Voici ce qui est dit, en effet, dans le Coran : \u00ab Pour ce qui est de vos enfants, voici ce que Dieu vous prescrit. Le gar\u00e7on aura la part de deux filles [\u2026] \u00bb. Comment s\u2019\u00e9tonner donc, de la place que la culture arabo-musulmane accorde \u00e0 l\u2019homme puisque celle-ci est consacr\u00e9e par Dieu ?<\/p>\n<p>Ainsi en est-il du champ sacr\u00e9, mais si on se penche sur le champ profane quelle image de l\u2019homme y d\u00e9couvrirons-nous ?<\/p>\n<p>Si on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la litt\u00e9rature arabe classique, y furent exalt\u00e9es la figure du preux chevalier, dont nul ne pouvait \u00e9galer la bravoure, la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et la force, et que nul ne pouvait vaincre. La figure de l\u2019amoureux \u00e9conduit mais qui, malgr\u00e9 tout, continuait \u00e0 vouer un amour sans borne pour sa dulcin\u00e9e, \u00ab sa Layl\u00e2 \u00bb.<\/p>\n<p>Ou encore, celle de l\u2019h\u00e9doniste qui fit de la recherche du plaisir son cr\u00e9do et qui le cueillait o\u00f9 qu\u2019il f\u00fbt. Cependant, dans les contes populaires qui se transmettent oralement, l\u2019image que l\u2019on donnait, g\u00e9n\u00e9ralement de l\u2019homme \u00e9tait peu reluisante. D\u2019ailleurs, puisque \u00ab les contes peuvent \u00eatre trait\u00e9s comme \u0153uvre litt\u00e9raire spontan\u00e9e r\u00e9v\u00e9latrice de la sensibilit\u00e9 du groupe [\u2026] ils t\u00e9moignent aussi, plus ou moins fid\u00e8lement de la soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 ils ont pris naissance \u00bb. Ainsi, ces contes qui berc\u00e8rent notre enfance r\u00e9v\u00e8lent l\u2019image de l\u2019homme, entre autres, tel que les conteuses le percevaient. Il fut souvent d\u00e9crit comme un personnage extr\u00eamement antipathique, respect\u00e9, mais craint par son entourage. Ce mari ou ce p\u00e8re que les femmes et les enfants se plaisaient \u00e0 tourner en ridicule fut pr\u00e9sent\u00e9 comme un p\u00e8re fouettard tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re qui avait pour fonction essentielle de subvenir et de pourvoir aux besoins de la famille. Un p\u00e8re qui incarnait et symbolisait les valeurs traditionnelles de la soci\u00e9t\u00e9 maghr\u00e9bine patriarcale, o\u00f9 le culte du m\u00e2le \u00e9tait de mise, fut pr\u00e9sent\u00e9, tant\u00f4t, comme un \u00ab m\u00e2le [\u2026] jaloux, cupide, envieux, m\u00e9chant, tyrannique \u00bb. Tant\u00f4t comme un \u00ab menteur, hypocrite, impuissant et en fin de compte fonci\u00e8rement m\u00e9chant et capable des pires guets-apens \u00bb. Tant\u00f4t encore, il fut \u00ab inconscient, inconstant, jaloux, sadique\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>De fait, les qualificatifs se suivent et ne se ressemblent pas, mais ils ont ceci de commun, c\u2019est qu\u2019ils pr\u00e9sentent l\u2019homme sous son plus mauvais jour. En fait, cette redondance trouve son fondement dans une raison des plus simples. Les contes rapport\u00e9s par l\u2019auteur \u00e9tant racont\u00e9s par des femmes, les conteuses trouvaient un d\u00e9rivatif \u00e0 leur oppression, elles se vengeaient de ce que les hommes leur faisaient subir. Ces contes d\u00e9pr\u00e9ciatifs montrant tous les d\u00e9fauts du repr\u00e9sentant du sexe dit fort constitu\u00e8rent le \u00ab sentiment de d\u00e9go\u00fbt et de r\u00e9volte devant l\u2019androl\u00e2trie excessive de la soci\u00e9t\u00e9 ! \u00bb<\/p>\n<p>Ces repr\u00e9sentations et cet imaginaire consacrent le patriarcat et l\u2019\u00e9rigent en syst\u00e8me exaltant la domination masculine, la primaut\u00e9 de l\u2019homme et sa pr\u00e9\u00e9minence dont la violence constitue le fondement essentiel. Dans cet ordre d\u2019id\u00e9es, \u00e9tudier la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes revient \u00e0 comprendre comment l\u2019ordre social \u00e9tabli, avec ses droits, ses privil\u00e8ges et ses injustices, se perp\u00e9tue et comment des situations insupportables, parfois m\u00eame, intol\u00e9rables peuvent para\u00eetre \u00ab naturelles \u00bb aux auteurs, aux t\u00e9moins et parfois m\u00eame aux victimes. \u00bb, Elles-m\u00eames. Combien, par ailleurs, il est difficile, quasi impossible de d\u00e9construire les st\u00e9r\u00e9otypes appuyant cette vision du monde, et par-del\u00e0 combien il est difficile d\u2019int\u00e9grer la notion de genre pour tenter d\u2019\u00e9radiquer la violence, ou du moins l\u2019att\u00e9nuer, dans une soci\u00e9t\u00e9 qui consid\u00e8re la violence comme fondement essentiel de la domination masculine, surtout que cette notion cherche \u00e0 d\u00e9construire l\u2019assise solide sur laquelle repose la soci\u00e9t\u00e9 patriarcale. Cette notion risque de se perdre dans le d\u00e9dale inextricable de la mentalit\u00e9 phallocrate, et il est fort peu probable qu\u2019elle puisse se frayer un chemin dans l\u2019\u00e9cheveau tortueux de ses ramifications.<br \/>En conclusion, on ne peut que d\u00e9plorer que pour les besoins de l\u2019analyse, il ne faille parfois sch\u00e9matiser en de grandes lignes les diff\u00e9rentes facettes de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e. Nous appuyant seulement sur les donn\u00e9es sociologiques, nous n\u2019avons pas pu nous arr\u00eater sur les composantes psychologiques qui les \u00e9tayent. Par ailleurs, notre \u00e9tude a port\u00e9 sur la personnalit\u00e9 arabo-musulmane qui pr\u00e9sente des r\u00e9f\u00e9rences pr\u00e9cises codifi\u00e9es, mais nous avons d\u00fb n\u00e9gliger l\u2019identit\u00e9 tunisienne qui pr\u00e9sente un amalgame de cultures et de civilisations et dont la contradiction et l\u2019ambivalence ne sont pas le moindre fait. Th\u00e8me qui pourrait \u00eatre l\u2019objet d\u2019une autre communication que nous esp\u00e9rons r\u00e9aliser prochainement.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Sihem Ben Ghachem<\/strong><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/30815-sihem-ben-ghachem-la-construction-sociale-de-l-identite-sexuee\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I\/ Introduction Nul ne peut nier l&rsquo;influence que l&rsquo;environnement social, culturel, familial exerce sur la construction de l&rsquo;identit\u00e9 sexu\u00e9e de chaque individu. En d&rsquo;autres termes, d\u00e8s son jeune \u00e2ge, l&rsquo;enfant est profond\u00e9ment inspir\u00e9 par un environnement familial portant le sceau de la culture dans lequel il baigne largement. Si bien que si nous cherchons \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1772,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,55],"tags":[],"class_list":["post-103242","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/103242","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1772"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=103242"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/103242\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=103242"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=103242"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=103242"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}