{"id":103544,"date":"2020-11-03T08:28:38","date_gmt":"2020-11-03T13:28:38","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/%ef%bb%bfla-necessite-de-lecriture-et-la-reconciliation-avec-le-monde\/"},"modified":"2020-11-03T08:28:38","modified_gmt":"2020-11-03T13:28:38","slug":"%ef%bb%bfla-necessite-de-lecriture-et-la-reconciliation-avec-le-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/%ef%bb%bfla-necessite-de-lecriture-et-la-reconciliation-avec-le-monde\/","title":{"rendered":"\ufeffLa n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019\u00e9criture et la r\u00e9conciliation avec le monde"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-text-color has-vivid-red-color c2\"><strong>Interview Avec Rachid Khaless<\/strong><\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>Par Noureddine Mhakkak<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Rachid Khaless est agr\u00e9g\u00e9 de lettres fran\u00e7aises. Il enseigne \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Mohamed V de Rabat. Il est po\u00e8te, romancier et traducteur.<\/em><\/strong><\/p>\n<div class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/albayane.press.ma\/wp-content\/uploads\/2-63.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-98214\"\/><\/div>\n<p><strong><em>Connu d\u2019abord comme po\u00e8te, il signe deux recueils de po\u00e9sie chez L\u2019Harmattan\u00a0: Cantiques du d\u00e9sert\u00a0(2004) et\u00a0Dissidences\u00a0(2009). \u00a0Son 3<sup>\u00e8me \u00a0<\/sup>recueil,\u00a0Dans le d\u00e9sir de durer para\u00eet en 2014 \u00e0 (la Maison de la po\u00e9sie au Maroc).\u00a0Guerre totale (suivi de) Vols, l\u2019\u00e9clat est publi\u00e9 par (Virgule \u00c9ditions) en 2018. Il obtient le Prix du Maroc du Livre, 2019.<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>En 2015 Rachid Khaless publie deux romans\u00a0: Pour qu\u2019Allah aime Lou Lou (aux \u00c9ditions Marsam), et\u00a0Quand Adam a d\u00e9cid\u00e9 de vivre \u00e0 (La Crois\u00e9e des chemins). Absolut hob parait \u00e0 (Virgule \u00c9ditions) en 2016.<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Rachid Khaless a traduit notamment les textes du po\u00e8te Hassan Najmi, Un Mal comme l\u2019amour, (La Crois\u00e9e des chemins, 2016), d\u2019Yves Bonnefoy, Que ce monde demeure (Maison de la po\u00e9sie au Maroc, 2014) et de Sa\u00e2di Youssef, Po\u00e8mes de Tanger, (Virgule Editions 2018.). Ici une interview avec lui.<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong>\u2013 Que repr\u00e9sentent les arts et les lettres pour vous?<\/strong><\/p>\n<p>Les arts et les lettres sont le miroir qu\u2019on prom\u00e8ne sur la raideur du monde. Ils ne sont ni son calque ni sa duplication, mais son \u00e9paisseur car, alors, ils ne se contentent pas de refl\u00e9ter sa silhouette mais le r\u00e9enchantent et, mieux encore\u00a0: le r\u00e9inventent. La photographie, con\u00e7ue comme l\u2019image la plus fid\u00e8le du r\u00e9el, est l\u2019angle mort de notre \u00eatre au monde\u00a0! La face cach\u00e9e de notre sensibilit\u00e9. Le r\u00e9cit, pour prendre un exemple, est embl\u00e9matique de ce d\u00e9sir de pers\u00e9v\u00e9rer dans son \u00eatre. Il \u00e9pelle les hoquets et la marche famili\u00e8re du monde. Pourquoi cette fascination universelle pour le r\u00e9cit ? Certainement pas pour dupliquer le v\u00e9cu mais pour le vivre <em>autrement<\/em>. La vie est donc \u00e9troite. Cette \u00e9paisseur qui n\u2019existe pas forc\u00e9ment dans la vie nous est octroy\u00e9e par la vie du r\u00e9cit. Pour moi, les arts et les lettres ont cette vertu, rare, d\u2019augmenter notre existence.<\/p>\n<p class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong>\u2013<\/strong> <strong>Que repr\u00e9sente l\u2019\u00e9criture pour vous?<\/strong><\/p>\n<p>Une n\u00e9cessit\u00e9 et un \u00e9lan vital. \u00c9lan vital, elle augmente l\u2019\u00eatre, \u00e9paissit l\u2019instant et le magnifie en quelque sorte. Car \u00e0 la source de toute cr\u00e9ation, il y a l\u2019\u00eatre. Et \u00e0 l\u2019horizon de toute \u0153uvre d\u2019art\u00a0: la beaut\u00e9. L\u2019\u00e9criture n\u2019est paradoxalement pas un acte solitaire et \u00e9go\u00efste, mais un partage avec nos semblables. L\u2019\u00e9criture me permet de vivre autrement. Je n\u2019ai jamais con\u00e7u une \u0153uvre d\u2019art sans la vie \u2013 qui est mon personnage principal. Les personnages de mes romans ne sont pas de simples silhouettes mais des \u00eatres entiers \u2013 du moins aspirent-ils \u00e0 cette compl\u00e9tude.\u00a0Ils sont en qu\u00eate de fraternit\u00e9 avec leurs semblables, d\u2019une r\u00e9conciliation avec le monde. Tous souhaitent changer leur vie en destin. Au fond, je ne cherche pas autre chose. Je vis ce destin par procuration car je suis curieux de l\u2019\u00eatre humain o\u00f9 il se trouve et tend sa main en signe d\u2019amiti\u00e9.<\/p>\n<p class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong>\u2013 Parlez-nous des villes que vous avez visit\u00e9es et qui ont laiss\u00e9 une remarquable trace dans votre parcours artistique?<\/strong><\/p>\n<p>Les villes o\u00f9 j\u2019ai v\u00e9cu ou que j\u2019ai r\u00eav\u00e9 d\u2019habiter se situent toutes le sud de l\u2019\u00e2me, indiff\u00e9remment de leur position g\u00e9ographique. Ces villes, pourtant r\u00e9elles, sont moins une topographie qu\u2019une repr\u00e9sentation. De celles-l\u00e0 j\u2019ai un amour rare. Et au commencement, Meknassa, le royaume de mes anc\u00eatres. J\u2019ai d\u00e9couvert ce territoire apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de mon grand-p\u00e8re et je n\u2019y suis rest\u00e9 que deux \u00e9t\u00e9s\u00a0! Pourtant, ce lieu travaille mon imaginaire. Je raconte cette passion dans un roman \u00e0 para\u00eetre dans un an, <em>L\u2019Eden de grand-m\u00e8re<\/em>. J\u2019adore Tanger, ville de tous les paradoxes, de toutes les amiti\u00e9s. Mais chaque fois que je suis ailleurs, j\u2019ai la nostalgie de Rabat, ma ville d\u2019adoption. La ville me procure une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 rare. Des capitales europ\u00e9ennes, j\u2019ai l\u2019amour d\u2019Amsterdam et, surtout, de Bruxelles. Je ne saurai dire pourquoi, m\u00eame si je n\u2019y ai s\u00e9journ\u00e9 que quelques jours. J\u2019aimerais vivre, et mourir, \u00e0 Bruxelles.\u00a0Mes fictions accueillent ces villes, sauf Bruxelles, allez savoir pourquoi\u00a0!<\/p>\n<p class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong>\u2013 Que repr\u00e9sente la beaut\u00e9 pour vous?<\/strong><\/p>\n<p>La beaut\u00e9 existe dans le regard, non dans l\u2019objet. La beaut\u00e9 est en nous et nulle part ailleurs. C\u2019est pourquoi, je valorise toute chose qui m\u2019\u00e9meut ou m\u2019interpelle. L\u2019\u0153il, ai-je \u00e9crit, ne voit que la beaut\u00e9 de la fleur mais ignore le tumulte de ses racines. La beaut\u00e9 est, sans doute, notre capacit\u00e9 de percevoir, en les choses et en nous, cette part d\u2019indicible que nous rendons visible. C\u2019est une reconqu\u00eate de notre \u00eatre, de son essence ind\u00e9pendamment de nos repr\u00e9sentations biais\u00e9es sur la beaut\u00e9. Ces alchimistes que sont Baudelaire ou, plus pr\u00e8s de chez nous, Mohamed Leftah, ont extrait la beaut\u00e9 de ce qui est culturellement admis comme de la laideur\u00a0: preuve tangible que la beaut\u00e9 est dans le regard port\u00e9 sur un objet.<\/p>\n<p class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong>\u2013 Parlez-nous des livres que vous avez d\u00e9j\u00e0 lus et qui ont marqu\u00e9 vos pens\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<p>La liste est longue et \u00e9clectique. Tous les livres nous apportent une belle lumi\u00e8re. Le premier livre qui m\u2019a boulevers\u00e9 et fa\u00e7onn\u00e9 mon imaginaire est <em>Les Fleurs du mal<\/em> de Baudelaire. Il est un de ces livres que j\u2019aimerais litt\u00e9ralement manger. Plus r\u00e9cemment, j\u2019ai eu la m\u00eame envie avec <em>Kafka sur le rivage<\/em> de Haruki Murakami. Ce roman est envo\u00fbtant. Le r\u00e9cit se pr\u00e9sente comme une \u00e9nigme et sa r\u00e9solution. C\u2019est une belle interrogation sur l\u2019\u00eatre, sur la vie. Les courts romans de Stephan Zweig ont eu le m\u00eame effet sur moi. Les \u00e9v\u00e8nements y sont brillamment relat\u00e9s.<\/p>\n<p>Chez cet auteur, j\u2019aime particuli\u00e8rement la m\u00e9canique du r\u00e9cit. Cette liste de livres aim\u00e9s compte une tr\u00e8s belle fable cont\u00e9e par Sony Labou Tansi\u00a0: \u00e7a s\u2019appelle La vie et demie, auteur que m\u2019a fait d\u00e9couvrir Abdelhak Serhane. La marque de fabrique dans ce livre est le grossissement et l\u2019auteur s\u2019y adonne avec une grande jubilation et une po\u00e9sie rare. Enfin, je ne peux \u00e9viter d\u2019attirer l\u2019attention sur les recueils de Mostafa Nissaboury. Quelle amplitude dans cette po\u00e9sie\u00a0! Lisez Approche du d\u00e9sertique, par exemple. Un texte de haut vol.<\/p>\n<p>Auteur: M&rsquo;hammed rahal<br \/>\n<a href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/%EF%BB%BFla-necessite-de-lecriture-et-la-reconciliation-avec-le-monde.html\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Interview Avec Rachid Khaless Par Noureddine Mhakkak Rachid Khaless est agr\u00e9g\u00e9 de lettres fran\u00e7aises. Il enseigne \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Mohamed V de Rabat. Il est po\u00e8te, romancier et traducteur. 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