{"id":103846,"date":"2020-11-05T11:00:00","date_gmt":"2020-11-05T16:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/chronique-dun-drapeau-dechire\/"},"modified":"2020-11-05T11:00:00","modified_gmt":"2020-11-05T16:00:00","slug":"chronique-dun-drapeau-dechire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/chronique-dun-drapeau-dechire\/","title":{"rendered":"Chronique d&rsquo;un drapeau d\u00e9chir\u00e9"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1 c4\"><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>Le Temps &#8211; Hatem BOURIAL<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p1 c4\"><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>Pour son premier court m\u00e9trage, Slim Belhiba double son exercice de style par une fable \u00e9loquente et accroche le regard du public des festivals de Louvain et Rabat.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p1 c6\"><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><span class=\"s1 c5\"><strong>\u00a0<\/strong><\/span>Slim Belhiba a fait ses premiers pas dans le monde du cin\u00e9ma avec la co-\u00e9criture du film \u00ab\u00a0M\u00e9lodies\u00a0\u00bb de Marwa Rekik en 2014. Enseignant d&rsquo;art graphique et sp\u00e9cialiste de l&rsquo;audiovisuel, Belhiba est designer de formation et a toujours \u00e9t\u00e9 aimant\u00e9 par le monde du cin\u00e9ma.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p2 c7\"><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>Un remarquable accueil international<\/strong><span class=\"s2 c5\">\u00a0<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p3 c8\"><span class=\"c3\"><span class=\"c2\">Avec \u00ab\u00a0Au pays de l&rsquo;oncle Salem\u00a0\u00bb, il r\u00e9alise sa premi\u00e8re oeuvre en tant que r\u00e9alisateur et marque des points. Produit en 2019, ce film est techniquement accompli et tr\u00e8s attachant au niveau du r\u00e9cit. S\u00e9lectionn\u00e9e par plusieurs festivals, cette premi\u00e8re oeuvre vient d&rsquo;\u00eatre distingu\u00e9e par le prix du public au festival international du cin\u00e9ma d&rsquo;auteur \u00e0 Rabat. C&rsquo;est le second prix du public qu&rsquo;obtient le film de Belhiba apr\u00e8s celui remport\u00e9 \u00e0 Louvain en Belgique \u00e0 l&rsquo;occasion de la vingt-cinqui\u00e8me \u00e9dition de l&rsquo;Afrika Film Festival. Depuis sa sortie en 2019, \u00ab\u00a0Au pays de l&rsquo;oncle Salem\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 vu aux Vues d&rsquo;Afrique \u00e0 Montr\u00e9al et dans d&rsquo;autres manifestations, notamment en Albanie. Le film de Belhiba participera prochainement au Bahre\u00efn Film Festival ainsi qu&rsquo;aux Rencontres du film court au Rwanda et \u00e0 Madagascar.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p3 c8\"><span class=\"c3\"><span class=\"c2\">Ces multiples participations<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span> et leur diversit\u00e9 g\u00e9ographique soulignent deux choses. En premier lieu, l&rsquo;accueil de cette premi\u00e8re oeuvre est prometteur. Ensuite, l&rsquo;universalit\u00e9 de la fable que raconte le film fait mouche aupr\u00e8s de publics tr\u00e8s diff\u00e9rents. Ce dernier point est essentiel dans le succ\u00e8s annonc\u00e9 de ce court m\u00e9trage port\u00e9 par une grande intensit\u00e9. Trois atouts se conjuguent pour donner au film de Belhiba toute son \u00e9toffe. <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p2 c7\"><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>Une fable des plus r\u00e9v\u00e9latrices<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p3 c8\"><span class=\"c3\"><span class=\"c2\">La fable que raconte l&rsquo;auteur vous parle sans difficult\u00e9 ni ambigu\u00eft\u00e9. Le r\u00e9cit est en effet lin\u00e9aire et bas\u00e9 sur l&#8217;empathie avec le personnage principal. Quinze jours avant la rentr\u00e9e des classes, le concierge d&rsquo;une \u00e9cole rurale <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span> remet un peu d&rsquo;ordre et rafra\u00eechit les b\u00e2timents. Remarquant l&rsquo;\u00e9tat du drapeau national qui tr\u00f4ne au milieu de la cour, il d\u00e9cide de le remplacer. Pour cela, il se rend \u00e0 Tunis pour y acheter un nouveau pavillon. Ceci fait, il se trouve pris dans une manifestation de rue et doit courir pour \u00e9viter les lacrymog\u00e8nes et les coups de matraque. Arr\u00eat\u00e9, il se trouve embarqu\u00e9 dans une histoire qui le d\u00e9passe alors que son drapeau neuf devenait une pi\u00e8ce \u00e0 conviction contre lui. Apr\u00e8s cette m\u00e9saventure qui lui co\u00fbtera plusieurs jours de prison, l&rsquo;oncle Salem, d\u00e9sabus\u00e9 et triste mais toujours positif, revient \u00e0 son \u00e9cole. Belhiba situe l&rsquo;action de son film en 2013 laissant entendre que le film est un clin d&rsquo;oeil aux manifestations qui ont ouvert la voie au Dialogue national. Bien s\u00fbr, le r\u00e9cit s&rsquo;appuie sur plusieurs ressorts pour captiver le public et, indice d&rsquo;universalit\u00e9, la m\u00e9taphore du drapeau, de l&rsquo;\u00e9cole rurale et de l&rsquo;injustice polici\u00e8re parle \u00e0 tous les publics de la plan\u00e8te.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p2 c7\"><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>La performance de Sharif Mabrouk<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p3 c8\"><span class=\"c3\"><span class=\"c2\">Le second atout du film de Belhiba est la superbe performance d&rsquo;acteur de Sharif Mabrouk. Impeccable du d\u00e9but \u00e0 la fin, ce com\u00e9dien signe une composition digne des meilleurs. Il alterne les moments forts avec d&rsquo;autres plus intimistes tout en rendant des \u00e9motions changeantes. De plus, il parvient \u00e0 donner une profondeur palpable au personnage qu&rsquo;il incarne. Sans l&rsquo;oncle Salem, le film n&rsquo;aurait pas de raison d&rsquo;\u00eatre.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span> Personnage axial, pivot de la narration, il est au centre de toutes les p\u00e9rip\u00e9ties et il fallait lui donner du volume en cons\u00e9quence. Belhiba y r\u00e9ussit et en termes de direction d&rsquo;acteur, parvient \u00e0<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span> n\u00e9gocier un cap important dans sa jeune carri\u00e8re cin\u00e9matographique.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p3 c8\"><span class=\"c3\"><span class=\"c2\">Troisi\u00e8me atout du film, l&rsquo;image est une r\u00e9ussite absolue. \u00c0 chaque moment, le r\u00e9alisateur arrive \u00e0 trouver l&rsquo;angle qu&rsquo;il faut, la profondeur de champ et l&rsquo;approche originale. Certains plans portent \u00e9galement une charge \u00e9motionnelle qui renforce le discours de l&rsquo;auteur, met ses id\u00e9es en mouvement. En ce sens, malgr\u00e9 des moyens r\u00e9duits, le film est d&rsquo;une bonne tenue technique et augure d&rsquo;une belle continuit\u00e9 pour Belhiba. Salah Zrig (image) est \u00e0 distinguer pour son travail bien l\u00e9ch\u00e9 alors que Wassim Trabelsi (son) et Mounir Zehi (d\u00e9cor) tirent leur \u00e9pingle du jeu.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p3 c8\"><span class=\"c3\"><span class=\"c2\">Nous reviendrons pour une lecture critique de ce film qui, soit dit en passant, \u00e0 obtenu le soutien du minist\u00e8re des Affaires culturelles. Quant \u00e0 Slim Belhiba, il ne compte pas s&rsquo;arr\u00eater en si bon chemin et envisage d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 de nouveaux projets. Son film \u00ab\u00a0Au pays de l&rsquo;oncle Salem\u00a0\u00bb est une parabole sur les r\u00e9volutions trahies et sur l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre pleinement citoyen quand l&rsquo;oppression guette et rend caducs les gestes civiques.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p2 c7\"><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>Un drapeau devient la parabole de l&rsquo;incurie<\/strong><span class=\"s2 c5\">\u00a0<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p3 c8\"><span class=\"c3\"><span class=\"c2\">Car au fond, le message lancinant du film de Belhiba se r\u00e9sume en deux questions-constatations. On peut se retrouver en prison pour des faits anodins et \u00eatre \u00e9cras\u00e9 par la m\u00e9canique d&rsquo;une justice aveugle. D&rsquo;autre part, et c&rsquo;est peut-\u00eatre la le\u00e7on \u00e0 retirer de ce film, un drapeau d\u00e9chir\u00e9 peut devenir une fatalit\u00e9 pour une \u00e9cole oubli\u00e9e, abandonn\u00e9e. \u00c0 ce titre, la derni\u00e8re image du film est d&rsquo;une grande puissance car elle induit que les efforts d&rsquo;un individu vertueux peuvent \u00eatre an\u00e9antis par un syst\u00e8me fondamentalement injuste. C&rsquo;est cette derni\u00e8re image qui remue le spectateur lorsqu&rsquo;il voit que les enfants de l&rsquo;\u00e9cole de l&rsquo;oncle Salem font leur rentr\u00e9e avec un drapeau ratatin\u00e9, \u00e9tiol\u00e9 et en guenilles qui pendouille au m\u00e2t de la cour de l&rsquo;\u00e9cole. Image cruelle et saisissante qui, sur l&rsquo;incurie et le d\u00e9litement de l&rsquo;\u00e9cole, en dit plus long que mille discours.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p1 c4\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"p4 c9\"><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>H.B<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Auteur: letemps1<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.letemps.com.tn\/article\/117937\/chronique-dun-drapeau-d%C3%A9chir%C3%A9\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Temps &#8211; Hatem BOURIAL Pour son premier court m\u00e9trage, Slim Belhiba double son exercice de style par une fable \u00e9loquente et accroche le regard du public des festivals de Louvain et Rabat.\u00a0 \u00a0Slim Belhiba a fait ses premiers pas dans le monde du cin\u00e9ma avec la co-\u00e9criture du film \u00ab\u00a0M\u00e9lodies\u00a0\u00bb de Marwa Rekik en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1773,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,55],"tags":[],"class_list":["post-103846","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/103846","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1773"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=103846"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/103846\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=103846"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=103846"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=103846"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}