{"id":104238,"date":"2020-11-09T16:11:51","date_gmt":"2020-11-09T21:11:51","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/armee-burkinabe-60-ans-de-sacrifices-pour-la-patrie\/"},"modified":"2020-11-09T16:11:51","modified_gmt":"2020-11-09T21:11:51","slug":"armee-burkinabe-60-ans-de-sacrifices-pour-la-patrie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/armee-burkinabe-60-ans-de-sacrifices-pour-la-patrie\/","title":{"rendered":"Arm\u00e9e burkinab\u00e8 60 ans de sacrifices pour la patrie"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/forcearmes10.jpg\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"430\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/forcearmes10-696x430.jpg\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/forcearmes10-696x430.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/forcearmes10-300x185.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/forcearmes10-768x474.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/forcearmes10-680x420.jpg 680w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/forcearmes10-356x220.jpg 356w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/forcearmes10.jpg 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" alt=\"\" title=\"forcearmes10\"\/><\/a><\/div>\n<p><strong>Les Forces arm\u00e9es nationales (FAN) ont 60 ans depuis ce 1er novembre 2020. Durant ces six d\u00e9cennies, l\u2019arm\u00e9e aura marqu\u00e9 d\u2019une empreinte ind\u00e9l\u00e9bile l\u2019histoire du pays. L\u2019analyse se fonde sur 04 temps forts\u00a0: le soul\u00e8vement populaire de 1966, la r\u00e9volution d\u2019ao\u00fbt 1983 et la guerre de no\u00ebl, l\u2019insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, la lutte contre le terrorisme engag\u00e9e depuis 2015. M\u00eame si l\u2019histoire du Burkina Faso a \u00e9t\u00e9 jalonn\u00e9e de plusieurs coups d\u2019\u00c9tat militaires, l\u2019arm\u00e9e s\u2019efforce de demeurer r\u00e9publicaine. Dans un contexte d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et face aux menaces endog\u00e8nes et exog\u00e8nes, elle est appel\u00e9e \u00e0 relever de plus grands d\u00e9fis pour la paix et la stabilit\u00e9 au Burkina Faso.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019arm\u00e9e burkinab\u00e8 est cr\u00e9\u00e9e le 3 ao\u00fbt 1960, par la loi N\u00b0 74-60\/AN. Elle s\u2019est constitu\u00e9e sur les cendres de l\u2019arm\u00e9e coloniale fran\u00e7aise et \u00e9tait compos\u00e9e d\u2019officiers, de sous-officiers et de militaires du rang. \u00c0 sa naissance, elle \u00e9tait constitu\u00e9e du 1er Bataillon de Haute-Volta qui \u00e9tait compos\u00e9 de cinq compagnies d\u2019infanterie, soit deux \u00e0 Bobo-Dioulasso et trois \u00e0 Ouagadougou. Le transfert de commandement entre les autorit\u00e9s militaires fran\u00e7aises et volta\u00efques s\u2019est effectu\u00e9 le 1er novembre 1960. Depuis lors, la f\u00eate anniversaire des Forces Arm\u00e9es Nationales est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e le chaque 1er novembre. Quatre principales missions sont d\u00e9volues aux FAN. La premi\u00e8re est de\u00a0\u00ab\u00a0garantir la s\u00e9curit\u00e9, la souverainet\u00e9 et l\u2019int\u00e9grit\u00e9 du territoire national\u00a0\u00bb. La deuxi\u00e8me est celle qui consiste \u00e0 \u00ab\u00a0participer au d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique national\u00a0\u00bb. La troisi\u00e8me mission de l\u2019arm\u00e9e est de \u00ab\u00a0contribuer \u00e0 la pr\u00e9vention, \u00e0 la gestion et \u00e0 la r\u00e9solution des conflits en prenant part aux actions militaires et humanitaires sous l\u2019\u00e9gide de l\u2019ONU et des organisations r\u00e9gionales et sous r\u00e9gionales\u00a0\u00bb. La quatri\u00e8me mission consiste \u00e0 \u00ab\u00a0prendre, en mati\u00e8re de protection civile, les mesures de pr\u00e9vention et de secours que requi\u00e8rent en toutes circonstances, la sauvegarde des populations et la protection des biens (catastrophe, risques majeurs de toute nature)\u00a0\u00bb. C\u2019est sous Maurice Yam\u00e9ogo que le pays acc\u00e8de \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance en 1960. Apr\u00e8s avoir dirig\u00e9 le pays pendant 6 ans, le premier pr\u00e9sident est contraint de d\u00e9missionner le 3 janvier 1966 \u00e0 la suite de soul\u00e8vements populaires provoqu\u00e9s par son train de vie et sa politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9. Le lieutenant-colonel Aboubacar Sangoul\u00e9 Lamizana prend le pouvoir, renverse la Premi\u00e8re R\u00e9publique, instaure un r\u00e9gime militaire autoritaire et supprime les partis politiques. Le r\u00e9gime s\u2019assouplit peu \u00e0 peu et, la m\u00eame ann\u00e9e, les partis politiques sont \u00e0 nouveau autoris\u00e9s. Le 14 juin 1970, le Pr\u00e9sident Lamizana fait approuver par r\u00e9f\u00e9rendum une nouvelle constitution marquant le d\u00e9but de la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique. Le nouveau texte attribue la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique au militaire le plus ancien dans le grade le plus \u00e9lev\u00e9, et accorde au moins un tiers des portefeuilles minist\u00e9riels \u00e0 l\u2019arm\u00e9e. En 1977, une nouvelle constitution est approuv\u00e9e par r\u00e9f\u00e9rendum, marquant le d\u00e9but de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique. En 1980, le lieutenant-colonel Aboubacar Sangoul\u00e9 Lamizana qui r\u00e9gnait sur le pays sera renvers\u00e9 par le Colonel Saye Zerbo \u00e0 la suite d\u2019un coup d\u2019\u00e9tat militaire. Ce dernier sera renvers\u00e9 en 1982 par Jean-Baptiste Ou\u00e9draogo qui, en 1983, se verra \u00e0 son tour forc\u00e9 de remettre le pouvoir au Capitaine Thomas Sankara, alors Premier ministre.<\/p>\n<p>Une arm\u00e9e d\u2019intr\u00e9pides combattants<\/p>\n<p>La Guerre de la Bande d\u2019Agacher, aussi appel\u00e9e Guerre de No\u00ebl a lieu du 14 au 30 d\u00e9cembre 1985 autour d\u2019une bande de terrain de 275 km de longueur sur 50 de largeur \u00e0 l\u2019extr\u00eame nord-ouest du territoire burkinab\u00e9. Depuis leurs ind\u00e9pendances, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960, le Mali et le Burkina Faso se disputent cette zone d\u00e9sertique riche en minerais, baptis\u00e9e bande d\u2019Agacher. En d\u00e9cembre 1974, les militaires maliens et burkinab\u00e8 s\u2019opposent bri\u00e8vement pour son contr\u00f4le lors d\u2019une premi\u00e8re guerre. Les combats ne durent que deux jours et feront quelques morts, avant qu\u2019une m\u00e9diation des pays voisins mette fin au conflit entre les bellig\u00e9rants. \u00c0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1985, les tensions refont surface dans la bande d\u2019Agacher. En cause : des incursions ponctuelles de policiers et militaires maliens de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re, mais aussi une op\u00e9ration de recensement men\u00e9e par des fonctionnaires burkinab\u00e8 dans des villages revendiqu\u00e9s par les deux \u00c9tats. Bien\u00a0r\u00e9elle, la crispation autour de ce litige frontalier\u00a0fournit aussi\u00a0un pr\u00e9texte pour en d\u00e9coudre \u00e0 Moussa Traor\u00e9 et Thomas Sankara, deux dirigeants qui entretiennent des relations ex\u00e9crables. Les hostilit\u00e9s sont d\u00e9clench\u00e9es le 25 d\u00e9cembre 1985. Face aux chars et aux Mig 21 maliens, les forces burkinab\u00e8 s\u2019\u00e9parpillent et adoptent la technique de la gu\u00e9rilla. Des combattants attaquent les chars maliens \u00e0 la roquette et parfois m\u00eame \u00e0 la grenade ou au couteau. Les affrontements sont meurtriers. Apr\u00e8s cinq jours de combats, un accord de cessez-le-feu est trouv\u00e9 le 30 d\u00e9cembre \u00e0 Yamoussokro. Le diff\u00e9rend frontalier de la bande d\u2019Agacher est finalement r\u00e9gl\u00e9 le 22 d\u00e9cembre 1986, lorsque la Cour internationale de justice de la Haye, \u00e0 laquelle ce dossier a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 en 1983, partage la\u00a0zone litigieuse entre les deux pays. Les 30 et 31 octobre, m\u00eame s\u2019il y a eu des morts et des bless\u00e9s, l\u2019arm\u00e9e n\u2019a pas opt\u00e9 de massacrer le peuple pour permettre \u00e0 Blaise Compaor\u00e9, parvenu au pouvoir apr\u00e8s l\u2019assassinat de Thomas Sankara le 15 octobre 1987, de continuer \u00e0 r\u00e9gner apr\u00e8s 27 ans. Sous la pression populaire, elle a pris ses responsabilit\u00e9s. Pour le clan Compaor\u00e9, c\u2019\u00e9tait le chant du cygne. Cette m\u00eame arm\u00e9e se dressera comme un seul homme pour mettre fin \u00e0 la forfaiture de Gilbert Diend\u00e9r\u00e9 dans son putsch contre la transition en septembre 2015. Depuis les premi\u00e8res attaques terroristes de grande envergure de janvier 2016, l\u2019arm\u00e9e burkinab\u00e8 est sur la sellette en mati\u00e8re de lutte contre le terrorisme. Dans cette lutte, elle a pay\u00e9 et continue de payer un lourd tribut. Ses succ\u00e8s sont \u00e9galement ind\u00e9niables. Les op\u00e9rations otapuanou, Ndoofu, les nombreux d\u00e9mant\u00e8lements de bases terroristes, la s\u00e9curisation des convois humanitaires, la r\u00e9installation de populations dans des zones jadis occup\u00e9es par des terroristes sont autant de motifs de fiert\u00e9. Aujourd\u2019hui, la lutte se m\u00e8ne en synchronisation avec les volontaires pour la d\u00e9fense de la Patrie (VDP) et sur la base de pr\u00e9cieux renseignements fournis par l\u2019Agence Nationale de Renseignement (ANR). Face \u00e0 l\u2019ennemi, l\u2019arm\u00e9e burkinab\u00e8 est plus r\u00e9siliente. Elle n\u2019est plus dans une posture d\u00e9fensive. Elle d\u00e9busque l\u2019ennemi et le neutralise o\u00f9 il se doit. La qui\u00e9tude est de plus en plus de retour dans de nombreuses localit\u00e9s du pays m\u00eame si la vigilance doit demeurer.<\/p>\n<p>Les d\u00e9fis pour les prochaines ann\u00e9es<\/p>\n<p>Les d\u00e9fis en mati\u00e8re de lutte contre le terrorisme au Burkina Faso sont connus. Il ne faut pas r\u00e9inventer la roue. Les nombreux efforts doivent \u00eatre poursuivis en terme d\u2019accroissement des effectifs, d\u2019am\u00e9lioration des capacit\u00e9s techniques et op\u00e9rationnelles des FDS, de consolidation des liens de confiance entre FDS et populations.\u00a0 L\u2019heure est venue d\u2019op\u00e9rationnaliser la politique nationale de s\u00e9curit\u00e9 dont le pays s\u2019est dot\u00e9. En mati\u00e8re de lutte contre le terrorisme, il faut avoir le triomphe modeste, se garder des invectives et autres proc\u00e8s en sorcellerie. Il est illusoire de croire que ces questions peuvent se r\u00e9soudre par de simples n\u00e9gociations aux contours douteux ou en quelques semaines comme en entend certains candidats \u00e0 la pr\u00e9sidentielle le p\u00e9rorer. Il faut une approche syst\u00e9mique, strat\u00e9gique et pragmatique. L\u2019arm\u00e9e demeure l\u2019une des pi\u00e8ces maitresses du puzzle.<\/p>\n<p>J\u00e9r\u00e9mie Yisso BATIONO<br \/>Enseignant chercheur<br \/>Ouagadougou<\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom tdi_30_290 td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-27454\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/PUB-Bandeau-paiement-mobile-siteweb.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p>Auteur: BM. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2020\/11\/09\/armee-burkinabe-60-ans-de-sacrifices-pour-la-patrie\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Forces arm\u00e9es nationales (FAN) ont 60 ans depuis ce 1er novembre 2020. Durant ces six d\u00e9cennies, l\u2019arm\u00e9e aura marqu\u00e9 d\u2019une empreinte ind\u00e9l\u00e9bile l\u2019histoire du pays. 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