{"id":104420,"date":"2020-11-11T11:01:00","date_gmt":"2020-11-11T16:01:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/confluences-mediterranee-jeux-de-pouvoir-au-maghreb\/"},"modified":"2020-11-11T11:01:00","modified_gmt":"2020-11-11T16:01:00","slug":"confluences-mediterranee-jeux-de-pouvoir-au-maghreb","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/confluences-mediterranee-jeux-de-pouvoir-au-maghreb\/","title":{"rendered":"Confluences M\u00e9diterran\u00e9e: Jeux de pouvoir au Maghreb"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><em><strong><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Rafik-Darragi-min(2).jpg\" alt=\"\" width=\"20%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"left\"\/>Par Rafik Darragi &#8211;<\/strong><\/em><\/span><\/span> Cr\u00e9\u00e9 en 1991 par notre compatriote, le regrett\u00e9 Hamadi Essid, \u00ab\u00a0Confluences M\u00e9diterran\u00e9e\u00a0\u00bb est une revue trimestrielle, bas\u00e9e \u00e0 Paris, aux Editions L\u2019Harmattan. Elle s\u2019est sp\u00e9cialis\u00e9e dans la publication des analyses et des opinions sur les probl\u00e8mes concernant les peuples et les soci\u00e9t\u00e9s du bassin m\u00e9diterran\u00e9en. Parce qu\u2019ils ne sont motiv\u00e9s par \u00abaucun parti pris id\u00e9ologique\u00bb, mais fortement \u00abconvaincus que le dialogue est une philosophie de l&rsquo;action politique\u00bb, les membres de son comit\u00e9 de r\u00e9daction privil\u00e9gient \u00abavant tout le d\u00e9bat entre les acteurs, les t\u00e9moins et les d\u00e9cideurs, aussi diff\u00e9rents soient-ils\u00bb, car \u00abni l&rsquo;ampleur des divergences, ni la gravit\u00e9 des oppositions ne doivent emp\u00eacher que soient patiemment recherch\u00e9es les possibilit\u00e9s de confluences. Cet attachement au dialogue et \u00e0 la confrontation des id\u00e9es vient de la conviction que seul le dialogue peut permettre de construire durablement de nouvelles formes de configurations politiques, \u00e0 la fois \u00e9quilibr\u00e9es et f\u00e9condes\u00bb.(p.2)<\/p>\n<p>Le dernier num\u00e9ro de Confluences M\u00e9diterran\u00e9e, Jeux de pouvoir au Maghreb (Maroc, Alg\u00e9rie, Tunisie) , vient de sortir. Il est constitu\u00e9 de 16 contributions, sous la direction de Haoues S\u00e9niguer, ma\u00eetre de conf\u00e9rences en science politique \u00e0 Sciences Po Lyon, et directeur adjoint de l\u2019IISMM, dont le dernier ouvrage, L\u2019Islamisme d\u00e9crypt\u00e9, vient tout juste de para\u00eetre aux \u00e9ditions L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p>Parce que les ph\u00e9nom\u00e8nes li\u00e9s aux jeux de pouvoir sont multiples, Haoues S\u00e9niguer prend soin de pr\u00e9venir le lecteur:<\/p>\n<p>\u00abLoin d&rsquo;\u00eatre fig\u00e9es, le Maroc, l&rsquo;Alg\u00e9rie et la Tunisie sont des soci\u00e9t\u00e9s marqu\u00e9es par une profonde vitalit\u00e9 sociale, culturelle et intellectuelle, des aspirations \u00e0 la libert\u00e9 et \u00e0 la justice sociale constantes, en d\u00e9pit des nombreuses vicissitudes et incertitudes politico-\u00e9conomiques qui les affectent.<\/p>\n<p>Cet ouvrage ne cherche pas \u00e0 embrasser l&rsquo;ensemble des dynamiques \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre dans ces trois pays majeurs du Maghreb, mais essaie, plus modestement, de mettre au jour les jeux de pouvoir, civils, politiques, s\u00e9curitaires et \u00e9conomiques, qui s&rsquo;y donnent \u00e0 voir, en en soulignant le caract\u00e8re relationnel et ambivalent. \u00bb (4e de couverture)<\/p>\n<p>Dans sa contribution, \u2018Jeux de pouvoirs au Maghreb\u2019, Haoues S\u00e9niguer, d\u00e9veloppe plus longuement sa r\u00e9flexion sur la conception de l\u2019autorit\u00e9, insistant en particulier sur l\u2019importance de \u00abla fa\u00e7on dont des acteurs sociaux, aux positions et aux capitaux divers (\u00e9conomiques, culturels et politiques), agissent et interagissent\u00bb au sein des institutions. (p.10). A propos de la \u00abcrise d\u2019autorit\u00e9\u00bb qui affecte selon lui, le Maroc, l\u2019Alg\u00e9rie et la Tunisie,il se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l\u2019analyse de Hannah Arendt, qui \u00ab permet de \u2026 d\u00e9passer l\u2019id\u00e9e selon laquelle il y aurait\u2026 une exception arabe en g\u00e9n\u00e9ral et maghr\u00e9bine en particulier, soit l\u2019autoritarisme. \u00bb (p.11). Certes,cette solution n\u2019est point miraculeuse mais selon Haoues S\u00e9niguer, \u00ab les \u00e9lites politiques en fonction doivent bon gr\u00e9 mal gr\u00e9 en tenir compte pour tenter d\u2019ass\u00e9cher les terrains de la gronde, et pour ne pas \u00eatre, le cas \u00e9ch\u00e9ant, du mauvais c\u00f4t\u00e9 de l\u2019histoire si celle-ci devait (\u00e0 nouveau) s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer\u2026\u00bb (p.12).<\/p>\n<p>Deux contributions sont consacr\u00e9es exclusivement \u00e0 la Tunisie. Il y a d\u2019abord celle du tunisien Mohamed Ch\u00e9rif Ferjani, professeur honoraire de l\u2019universit\u00e9 Lyon 2, auteur de plusieurs ouvrages concernant l\u2019\u00e9tude compar\u00e9e des religions et des syst\u00e8mes politiques, dont, un des plus r\u00e9cents, De l\u2019islam d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui (Nirvana Editions et Presses de l\u2019Universit\u00e9 de Montreal, 2019).Dans son article intitul\u00e9 \u2018Egalit\u00e9 en h\u00e9ritage et rapport entre Etat et religion selon le pr\u00e9sident tunisien Ka\u00efs Saied. Au sujet de son discours du 13 ao\u00fbt 2020\u2019, le professeur Mohamed Ch\u00e9rif Ferjani note en premier lieu que dans son \u2018discours-conf\u00e9rence\u2019, le pr\u00e9sident tunisien n\u2019a pas montr\u00e9, comme certains l\u2019ont cru, \u00ab une approche originale au sujet du rapport entre Etat et religion. \u00bb (p.30) Il n\u2019y a pas, dit-il, de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une reconnaissance de la la\u00efcit\u00e9. En effet, en reprenant plus ou moins les termes de feu Nasr Hamid Abou Zid : \u00abl\u2019Etat n\u2019a pas de religion (\u2026) \u2018\u2019la religion de l\u2019Etat est l\u2019islam\u2019\u2019 est une expression qui me fait rire car l\u2019Etat ne fait ni la pri\u00e8re, ni le p\u00e8lerinage, ni le je\u00fbne et ne s\u2019acquitte pas de la zak\u00e2t\u2026\u00bb, le pr\u00e9sident Ka\u00efs Saied ne tire pas les m\u00eames conclusions que le c\u00e9l\u00e8bre th\u00e9ologien \u00e9gyptien (p.31). Pour illustration, le professeur Mohamed Ch\u00e9rif Ferjani se r\u00e9f\u00e8re longuement \u00e0 une conf\u00e9rence de Ka\u00efs Saied \u00e0 la Facult\u00e9 des Sciences politiques, le 12 septembre 2018. Sa conclusion est sans ambages: les positions du pr\u00e9sident tunisien \u00ab s\u2019int\u00e8grent dans une conception identitaire conservatrice complotiste qu\u2019on retrouve dans les discours de tous les mouvements identitaires les plus conservateurs du monde. \u00bb (p36)<\/p>\n<p>La 2e contribution est celle de Th\u00e9o Blanc, doctorant en science politique \u00e0 l\u2019Institut universitaire Europ\u00e9en, Florence. Intitul\u00e9e \u2018Retour critique et perspectives futures quatre ans apr\u00e8s la \u00absp\u00e9cialisation\u00bb d\u2019Ennahdha\u2019, elle se veut une d\u00e9mystification de ce \u2018takhasus\u2019 accol\u00e9 \u00e0 tort, \u00e9crit-il, \u00e0 ce parti. En effet, cette \u00absortie de l\u2019islam politique ne consiste en r\u00e9alit\u00e9 ni en une rupture id\u00e9ologique ni en une rupture organisationnelle. Elle constitue avant tout une habile communication politique d\u2019un choix qui s\u2019inscrit dans le temps long du parti et op\u00e8re une mise en conformit\u00e9 avec la loi.\u00bb (p.67).<\/p>\n<p>Th\u00e9o Blanc sait de quoi il parle. Son travailest une longue d\u00e9monstration(17 pages), fort d\u00e9taill\u00e9e \u00e0 propos de cette fameuse \u2018sp\u00e9cialisation\u2019 d\u2019Ennahdha, d\u2019abord en tant que \u2018sortie\u2019 de l\u2019islam politique, puis en tant que rupture id\u00e9ologique historique, avant d\u2019analyser laborieusement\u00a0 \u2018la consolidation d\u2019une double opposition interne et externe\u2019 au sein du parti. Dans sa longue conclusion Th\u00e9o Blanc souligne l\u2019importance du prochain congr\u00e8s d\u2019Ennahdha, initialement pr\u00e9vu pour mai 2020, qui devra faire face, selon lui, \u00e0 plusieurs d\u00e9fis, le potentiel d\u00e9part de Ghannouchi ouvrant la voie \u00ab\u00e0 une double r\u00e9invention du parti \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 celui-ci traverse une crise de sens\u2026\u00bb (p.80)<\/p>\n<p>Il nous est impossible, \u00e9videmment, de citer toutes les contributions. Disons simplement que loin d\u2019\u00eatre une \u00e9ni\u00e8me laborieuse compilation, ce num\u00e9ro de \u00ab\u00a0Confluences M\u00e9diterran\u00e9e est un travail scientifique approfondi et homog\u00e8ne, une r\u00e9f\u00e9rence, \u00e0 lire et \u00e0 relire. Un regret cependant: quand verrons-nous un tunisien sinon au sein du comit\u00e9 scientifique, du moins dans l\u2019\u00e9quipe de correspondants \u00e9trangers de cette excellente revue fond\u00e9e pourtant par un Tunisien?<\/p>\n<p><em><strong>Confluences-M\u00e9diterran\u00e9e, Jeux de pouvoir au Maghreb<br \/>114 &#8211; Automne 2020, L\u2019Harmattan, 235 pages.<\/strong><\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><strong>Rafik Darragi<\/strong><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/30911-confluences-mediterranee-jeux-de-pouvoir-au-maghreb\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Rafik Darragi &#8211; Cr\u00e9\u00e9 en 1991 par notre compatriote, le regrett\u00e9 Hamadi Essid, \u00ab\u00a0Confluences M\u00e9diterran\u00e9e\u00a0\u00bb est une revue trimestrielle, bas\u00e9e \u00e0 Paris, aux Editions L\u2019Harmattan. 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