{"id":104424,"date":"2020-11-11T05:00:00","date_gmt":"2020-11-11T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/annee-2020-casse-toi\/"},"modified":"2020-11-11T05:00:00","modified_gmt":"2020-11-11T10:00:00","slug":"annee-2020-casse-toi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/annee-2020-casse-toi\/","title":{"rendered":"Ann\u00e9e 2020, casse-toi !"},"content":{"rendered":"<p class=\"c4\">Ma chronique sera un peu particuli\u00e8re pour cette semaine. Je m\u2019adresserai \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 2020, l\u2019ann\u00e9e en cours donc, lui demandant de se casser. De se tirer. De dispara\u00eetre. De foutre le camp. De d\u00e9guerpir. De s\u2019effacer du paysage. D\u2019aller au diable. De cacher sa face hideuse. De ne plus montrer sa t\u00eate de monstre. Hop, du balai. Donne du bruit \u00e0 tes pas. Qu\u2019on ne te voie plus. Baisse la t\u00eate. Et retire-toi sur la pointe des pieds. Tu en as assez fait. Tu es la pire des ann\u00e9es. De toutes les ann\u00e9es de ma vie.\u00a0<br \/>Je n\u2019ai rien \u00e0 attendre de toi. Habituellement, je faisais semblant d\u2019esquisser un sourire en fin d\u2019ann\u00e9e. Et je faisais semblant de me convaincre de prendre de bonnes r\u00e9solutions. Que puis-je attendre de toi ? Une seule chose : que tu disparaisses de ma vie. Qu\u2019as-tu ramen\u00e9 dans ta besace ? De belles choses ? Du tout, tu as sem\u00e9, au fil des jours, le d\u00e9sespoir, l\u2019impuissance et la mort. Oui, l\u2019impuissance, la peur, la mort et le deuil. Mourir, la belle affaire ! Je ne sais plus qui est l\u2019auteur de cette sentence ? J\u2019ai la m\u00e9moire sens dessus dessous. Mes souvenirs jouent \u00e0 cache-cache avec moi. Et je n\u2019ai plus la force ni l\u2019envie de cette gestuelle pu\u00e9rile.<br \/>Comme tout le monde, je m\u2019attendais \u00e0 passer une ann\u00e9e 2020 studieuse. Lire. \u00c9crire. Relire. Rencontrer du r\u00eave. Rire et esp\u00e9rer (Pourquoi pas ?). Mais enfin, tu aurais pu te contenter de tra\u00eener tes gu\u00eatres, au jour le jour, donnant \u00e0 l\u2019un le soupir, \u00e0 l\u2019autre l\u2019indulgence. Parfois la r\u00e9ussite. Souvent l\u2019attente du jour suivant. Oui, comme les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Chacun de nous conna\u00eet des fortunes diverses. Je sais que tu n\u2019as rien d\u2019\u00e9galitaire dans le partage du temps. \u00c7a fait un sacr\u00e9 paquet d\u2019ann\u00e9es que j\u2019exp\u00e9rimente ce souci. Sauf que tu as fait de 2020 une ann\u00e9e merdique, au sens propre du terme.\u00a0<br \/>Tu as gonfl\u00e9 ta poitrine de ranc\u0153ur. Tu as aiguis\u00e9 tes crocs de louve affam\u00e9e. Tu as montr\u00e9 tes biscottos. Oui, tu as fait tout ce cirque. Mais en fait, ce n\u2019\u00e9tait pas que gesticulations d\u2019\u00e9pouvantail que malm\u00e8ne le vent. Tu as d\u00e9cid\u00e9 de semer la mort, tout autour de nous. Un volcan aurait souffl\u00e9 sa lave d\u00e9moniaque ; il aurait d\u00e9vor\u00e9 une contr\u00e9e ; il aurait rugi quelques jours ; il serait tu, apr\u00e8s. Car, il aura calm\u00e9 sa faim d\u2019ogre. Pareil pour un tsunami. La mer aurait vomi ses entrailles ; elle aurait fauch\u00e9 des vies, sans distinction. Puis, elle se serait retir\u00e9e d\u2019elle-m\u00eame. Depuis la nuit des temps, l\u2019homme a accept\u00e9 ses ruades incontr\u00f4l\u00e9es. Il accepte cette sentence. Et le poids tragique des d\u00e9g\u00e2ts. L\u00e0, l\u2019homme dans son c\u00f4t\u00e9 ange, a trouv\u00e9 la parade. Il se prot\u00e8ge. Il apprit \u00e0 le faire.\u00a0<br \/>Mais toi, ann\u00e9e 2020, de quelle ventre putride es-tu tomb\u00e9e ? Quelle est donc ce ventre qui a pu te porter, au point o\u00f9 ta naissance a sem\u00e9 dans le c\u0153ur de l\u2019homme la d\u00e9solation ? Le deuil. Et une mort sans visage. Aucune fronti\u00e8re ne te r\u00e9siste. Tu passes partout. Tu s\u00e8mes ton fruit v\u00e9n\u00e9neux dans toutes les contr\u00e9es. Et l\u2019homme, mis\u00e9rable cr\u00e9ature, n\u2019a su que se cacher derri\u00e8re les murs, inutilement, de sa maison. La maison ? Abri superficiel ! Rien d\u2019autre !\u00a0<br \/>L\u2019homme nomme toujours, comme pour falsifier sa peur, le danger. Aux tornades, il donne des noms d\u2019\u00eatres humains. Comme 2020 lui donne du fil \u00e0 retorde, il n\u2019a pas su nommer le mal. Il s\u2019est content\u00e9 de le nommer par un nom d\u2019extraterrestre. Le Covid-19 ! Voil\u00e0 l\u2019enfant empoisonn\u00e9 de cette ann\u00e9e. Cet enfant est invisible \u00e0 l\u2019\u0153il nu. Il prend l\u2019homme par la bouche, les narines et les yeux. Tous les orifices possibles lui permettent de se d\u00e9ployer pour bouffer sa proie de l\u2019int\u00e9rieur. Pourquoi a-t-il oubli\u00e9 les oreilles ? Et un autre orifice naturel que je ne nommerai pas. L\u2019ann\u00e9e 2020 est une sacr\u00e9e catin !\u00a0<br \/>Et l\u2019homme, dans sa fausse sup\u00e9riorit\u00e9 face \u00e0 cette \u00e9pid\u00e9mie, n\u2019en fait qu\u2019\u00e0 sa t\u00eate. Press\u00e9 de vivre plus vite que la montre, il gonfle la poitrine, comme s\u2019il \u00e9tait invincible, et se d\u00e9couvre face \u00e0 un virus, autrement plus dangereux que la stupidit\u00e9 humaine. En chopant cette salet\u00e9, il la refourgue \u00e0 ses proches, ses voisins, voire \u00e0 des inconnus. En toussant. En postillonnant. En touchant un objet. L\u2019homme n\u2019a pas conscience qu\u2019il met en danger sa vie, et la vie d\u2019autrui. Parce qu\u2019il n\u2019y a aucun traitement efficace, pour le moment. Ce corona me rappelle une autre salet\u00e9, le VIH. Jusqu\u2019\u00e0 la mise en place d\u2019un traitement efficace, les morts se comptaient par milliers. Le seul bouclier efficace \u00e9tait de couvrir ; ce qui est demand\u00e9 aujourd\u2019hui, face \u00e0 cette \u00e9pid\u00e9mie, c\u2019est de sortir couvert, ou masqu\u00e9, au choix.\u00a0<br \/>Une voix int\u00e9rieure ne cesse pas de me houspiller : \u00abTu es ridicule avec ton masque. Respire la vie \u00e0 pleines narines. Montre grandement ton sourire, quand tu es content. Je ne vois rien de toi. Tu es cach\u00e9. Tu es \u2018\u2019bavett\u00e9.\u2019\u2019 Puis, si tu meurs, tu ne mourras qu\u2019une fois. \u2018\u2019Tu ne mourras plus demain\u2019\u2019\u00bb, selon la belle expression de Anouar Benmalek. Au fond de moi, je commen\u00e7ais \u00e0 m\u2019\u00e9nerver. M\u00eame si tu sors du plus profond de moi, tu n\u2019es rien ; tu ne repr\u00e9sentes rien ; tu n\u2019es qu\u2019une id\u00e9e vague, sans consistance ; tu n\u2019es qu\u2019un brin d\u2019air ; tu n\u2019appelles aucune conviction. Alors, ta gueule ! Et comme cette ann\u00e9e 2020, casse-toi ! Fais-toi silencieux, tu n\u2019as aucune emprise sur ma volont\u00e9. Un peu comme ces tar\u00e9s du ciboulot qui passent leur temps \u00e0 opposer un d\u00e9ni \u00e0 une pand\u00e9mie.\u00a0<br \/>Quoi ? Il ne reste pas grand-chose, cette ann\u00e9e s\u2019en ira doucement, mais s\u00fbrement. Oui, c\u2019est possible. Sauf qu\u2019elle ne met pas la forme, ni le panache. Elle tr\u00e9mousse du derche ; elle nous nargue ; elle donne du temps au temps. Mon probl\u00e8me justement, c\u2019est ce temps qui fait la nique \u00e0 une humanit\u00e9 d\u00e9munie. Oh, je ne m\u2019en fais pas pour les puissants de monde, ils ont les moyens de leur politique. Le pouvoir de l\u2019argent est grand. Le pouvoir du pouvoir l\u2019est tout autant. Les puissants ne meurent pas, ils ne font que s\u2019endormir. J\u2019ai en t\u00eate l\u2019aveu d\u2019un ami, aujourd\u2019hui hospitalis\u00e9, qui me dit dans un souffle \u00e0 peine perceptible : \u00ab Je suis hospitalis\u00e9 dans un couloir. \u00bb Je ne savais pas quoi lui r\u00e9pondre, sinon de lui demander de tenir bon. Vain r\u00e9confort ! Et vaine consolation pour ma caboche qui n\u2019arr\u00eate pas de flamber. J\u2019aurais voulu affr\u00e9ter un avion m\u00e9dicalis\u00e9 et l\u2019\u00e9vacuer sur le plus grand h\u00f4pital du monde. Sauf que je n\u2019ai aucun pouvoir ni celui de l\u2019argent ni celui du pouvoir\u2008; je mets seulement ma t\u00eate entre mes mains, regarde le ciel dans son immensit\u00e9, esp\u00e9rant que cette ann\u00e9e 2020 se casse le plus vite. Et qu\u2019un laboratoire de l\u00e0-bas \u00abnous\u00bb trouve un vaccin, demain, pour limiter la casse. Au point o\u00f9 \u00e7a va, on n\u2019est pas pr\u00e8s de sortir de l\u2019auberge du diable.<br \/><em><strong>Youcef Merahi<\/strong><\/em><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.lesoirdalgerie.com\/tendances\/annee-2020-casse-toi-51218\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ma chronique sera un peu particuli\u00e8re pour cette semaine. Je m\u2019adresserai \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 2020, l\u2019ann\u00e9e en cours donc, lui demandant de se casser. De se tirer. De dispara\u00eetre. De foutre le camp. De d\u00e9guerpir. De s\u2019effacer du paysage. D\u2019aller au diable. De cacher sa face hideuse. De ne plus montrer sa t\u00eate de monstre. 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