{"id":104648,"date":"2020-11-13T11:03:28","date_gmt":"2020-11-13T16:03:28","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/reglementation-des-changes-comment-les-entreprises-petrolieres-manoeuvrent-pour-faire-reculer-la-beac\/"},"modified":"2020-11-13T11:03:28","modified_gmt":"2020-11-13T16:03:28","slug":"reglementation-des-changes-comment-les-entreprises-petrolieres-manoeuvrent-pour-faire-reculer-la-beac","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/reglementation-des-changes-comment-les-entreprises-petrolieres-manoeuvrent-pour-faire-reculer-la-beac\/","title":{"rendered":"R\u00e8glementation des changes : comment les entreprises p\u00e9troli\u00e8res man\u0153uvrent pour faire reculer la Beac"},"content":{"rendered":"<p><em>Recrutement de lobbyistes am\u00e9ricain et africains, campagnes m\u00e9diatiques, lobbying aupr\u00e8s des dirigeants de la sous-r\u00e9gion, pressions diplomatiques\u2026les compagnies mini\u00e8res et p\u00e9troli\u00e8res qui op\u00e8rent en Afrique centrale ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019utiliser tous les moyens pour que lumi\u00e8re ne soit jamais faite sur les revenus r\u00e9els g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par l\u2019exploitation des ressources naturelles. Soutenue par le FMI, la Banque des Etats de l\u2019Afrique centrale (Beac) est pourtant r\u00e9solue \u00e0 y parvenir, conform\u00e9ment au mandat que les Etats lui ont confi\u00e9 en 2018. Enqu\u00eate sur un conflit dont les enjeux se mesurent en milliers de milliards FCFA.<\/em><\/p>\n<p>La Beac est r\u00e9solue \u00e0 faire la lumi\u00e8re sur les revenus r\u00e9els g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par l\u2019exploitation des ressources naturelles, bien que les compagnies mini\u00e8res et p\u00e9troli\u00e8res op\u00e9rant en zone Cemac ne soient pas du m\u00eame avis. Enqu\u00eate sur un conflit dont les enjeux se mesurent en milliers de milliards FCFA.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : <a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/stabilite-financiere-le-cameroun-sarrime-a-la-reglementation-de-change-de-la-beac\/\">Stabilit\u00e9 financi\u00e8re le Cameroun s\u2019arrime \u00e0\u00e0 la r\u00e8glementation de change de la Beac<\/a><\/p>\n<p>\u00ab<em>Depuis le d\u00e9part, l\u2019approche de la Beac a toujours \u00e9t\u00e9 graduelle et p\u00e9dagogique. Surtout en ce qui concerne les secteurs des mines et des hydrocarbures, dont nous n\u2019ignorons pas les contraintes. En interne, nous nous sommes dit que c\u2019est chaque entreprise qui est responsable devant la r\u00e9glementation. Pas un syndicat, ni un groupe d\u2019entreprises. En cons\u00e9quence, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de mener des n\u00e9gociations avec chacune d\u2019entre elles pour qu\u2019elles nous disent ce qui ne va pas, quels sont ses probl\u00e8mes et comment on peut l\u2019aider \u00e0 respecter le texte r\u00e9glementaire. C\u2019est ainsi que nous avons engag\u00e9 des discussions avec les principales soci\u00e9t\u00e9s du secteur (SNH, Total\u2026)<\/em>\u00bb, commence une source proche du dossier \u00e0 la Banque centrale. \u00ab<em>Nous avons donc \u00e9crit \u00e0 150 soci\u00e9t\u00e9s p\u00e9troli\u00e8res productrices, leurs sous-traitants, aux transporteurs, aux raffineurs, aux soci\u00e9t\u00e9s de stockage\u2026pour les inviter \u00e0 ces discussions<\/em>\u00bb, poursuit la source de EcoMatin.<\/p>\n<p>Soucieuses de m\u00e9nager les plus grandes chances de r\u00e9ussite \u00e0 leur d\u00e9marche, les miniers et p\u00e9troliers de la sous-r\u00e9gion, qui se mobilisent depuis deux ans pour se soustraire \u00e0 cette r\u00e9glementation jug\u00e9e \u00abexcessivement agressive\u00bb pour leurs op\u00e9rations internationales, pr\u00e9f\u00e8rent parler d\u2019une seule voie. Ce qui, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la sous-r\u00e9gion, est assez rare pour \u00eatre soulign\u00e9. Un avocat d\u2019affaires, le lobbyiste am\u00e9ricain Steven Galbraiht qui repr\u00e9sente le Cabinet Slaughther c, est recrut\u00e9 dans la foul\u00e9e, pour n\u00e9gocier au nom de toutes les entreprises du secteur avec la Beac. Conciliant, le gouverneur instruit dans un premier temps \u00e0 ses \u00e9quipes en charge du dossier d\u2019accepter ce mode op\u00e9ratoire. Des discussions commencent avec cet interm\u00e9diaire en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e 2020, Covid-19 oblige, par visio-conf\u00e9rence. \u00ab<em>Au bout de deux s\u00e9ances, nous nous sommes rendus compte qu\u2019il ne nous \u00e9tait pas utile. Il est avocat, pas p\u00e9trolier. Et chaque fois qu\u2019on lui posait des questions, il n\u2019y r\u00e9pondait pas, demandant \u00e0 consulter ses mandants au pr\u00e9alable<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : <a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/cemac-les-banques-ont-retrocede-plus-de-6200-milliards-a-la-beac-en-2019\/\">Cemac\u00a0: les banques ont r\u00e9troc\u00e9d\u00e9 plus de 6200 milliards \u00e0 la Beac en 2019<\/a><\/p>\n<p>Face \u00e0 ce qui s\u2019apparente \u00e0 un enlisement organis\u00e9, les \u00e9quipes de la Beac d\u00e9cident de ne plus discuter avec l\u2019Am\u00e9ricain, et de refaire un nouveau programme avec chaque entreprise. Lev\u00e9e imm\u00e9diate de bouclier, c\u00f4t\u00e9 p\u00e9troliers et miniers, lesquels exigent que les n\u00e9gociations soient collectives, et qu\u2019y soient associ\u00e9s, au surplus, les repr\u00e9sentants des Etats de la sous-r\u00e9gion. Refus de la Beac. \u00ab<em>Comment aurions-nous pu l\u2019accepter\u00a0? Ce mandat, ce sont les Etats qui nous l\u2019ont confi\u00e9. C\u2019\u00e9tait une option politique. Ce qui est en discussion, ce sont les aspects techniques de la r\u00e9forme, qui ne n\u00e9cessitent plus la pr\u00e9sence des Etats qui s\u2019\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 prononc\u00e9s en amont sur les aspects politiques<\/em>\u00bb, explique ce responsable de la Beac. Nouveau blocage, nouvelles lev\u00e9es de bouclier.<\/p>\n<p><strong>Convocation<\/strong><\/p>\n<p>Au Cameroun, au Gabon, au Tchad notamment, la Banque centrale est vivement critiqu\u00e9e dans les m\u00e9dias. Dans le m\u00eame temps, un intense lobbying est men\u00e9 par le secteur minier aupr\u00e8s des plus hautes autorit\u00e9s publiques de la sous-r\u00e9gion. Si, officiellement et en public certains ministres disent soutenir la r\u00e9forme, en, coulisse, les m\u00eames man\u0153uvrent, aupr\u00e8s de leurs chefs d\u2019Etat pour, y faire \u00e9chec. \u00ab<em>Le gouverneur de la Beac vient d\u2019\u00eatre convoqu\u00e9 par un chef d\u2019Etat de la sous-r\u00e9gion. Selon nos informations, c\u2019est, entre autres, pour appeler son attention sur certaines questions soulev\u00e9es dans les plaintes qu\u2019il re\u00e7oit des entreprises p\u00e9troli\u00e8res op\u00e9rant dans son pays. Mais heureusement, tous nos chefs d\u2019Etat sont parfaitement conscients de la n\u00e9cessit\u00e9 de le soutenir pour l\u2019aboutissement de cette r\u00e9forme<\/em>\u00bb, indique la source de EcoMatin.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : <a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/gouvernance-economique-la-beac-fixe-les-conditions-pour-les-transferts-internationaux\/\">Gouvernance \u00e9conomique\u00a0: la Beac fixe les conditions pour les transferts internationaux<\/a><\/p>\n<p>Ne m\u00e9nageant aucun moyen, des multinationales du secteur n\u2019h\u00e9sitent plus \u00e0 mettre \u00e0 contribution le personnel diplomatique des pays qui abritent leurs si\u00e8ges pour infl\u00e9chir la position des Etats de la sous-r\u00e9gion. Selon les informations de EcoMatin, l\u2019 \u00abaffaire\u00bb de la r\u00e9glementation des changes revient tr\u00e8s souvent dans les discussions entre les chefs des missions diplomatiques accr\u00e9dit\u00e9s dans la Cemac ou leurs repr\u00e9sentants et les officiels de la sous-r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Le but ultime de toute cette campagne qui a gagn\u00e9 en ampleur ces derni\u00e8res semaines? Parvenir \u00e0 un d\u00e9mant\u00e8lement de certaines dispositions de cette r\u00e9glementation, ou \u00e0 tout le moins, obtenir purement et simplement une r\u00e9\u00e9criture de l\u2019instrument juridique communautaire dans le sens de faire sortir les entreprises des secteurs minier et p\u00e9trolier de la liste des assujettis au r\u00e8glement Cemac portant r\u00e9glementation des changes dans la sous-r\u00e9gion, et de circonvenir ainsi la Banque centrale. \u00ab<em>Combien de secteurs \u00e9conomiques ont autant besoin que le n\u00f4tre, dans la configuration actuelle, d\u2019autant d\u2019op\u00e9rations internationales pour leurs activit\u00e9s on-shore\u00a0? Ces op\u00e9rations doivent \u00eatre financ\u00e9es en devises, avec des d\u00e9lais et des contraintes particuli\u00e8rement exigeants. Ce n\u2019est donc pas une r\u00e9bellion, mais la demande d\u2019une prise en compte des particularit\u00e9s de notre domaine<\/em>\u00bb, se d\u00e9fend, volontiers cocardier, un ing\u00e9nieur camerounais employ\u00e9 par la Soci\u00e9t\u00e9 nationale de Raffinage (Sonara).<\/p>\n<p>\u00ab<em>Ces restrictions entra\u00eeneront un tarissement des investissements \u00e9trangers en Afrique centrale.\u00a0L\u2019acc\u00e8s au financement \u00e9tranger pour les entreprises locales, qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un d\u00e9fi, semble d\u00e9sormais insurmontable. Les banques \u00e9trang\u00e8res, les fonds sp\u00e9culatifs et les autres bailleurs de fonds traditionnels et non traditionnels ne soumettront pas leurs investissements \u00e0 de telles restrictions. Les entreprises \u00e9trang\u00e8res continueront de renforcer leur position pour desservir l\u2019industrie depuis l\u2019\u00e9tranger, au d\u00e9triment des entreprises locales et des emplois locaux dans le secteur<\/em>\u00a0\u00bb, assure depuis le 9 novembre dernier, le directeur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Apex Industries Equatorial Guinea et pr\u00e9sident ex\u00e9cutif, pour la zone CEMAC, de la Chambre Africaine de l\u2019Energie (CAE), Leoncio Amada Nze.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : <a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/nouvelle-reglementation-de-change-la-scb-favorable-a-la-reforme\/\">Nouvelle r\u00e9glementation de changes\u00a0: la SCB favorable \u00e0 la r\u00e9forme<\/a><\/p>\n<p>\u00abIl est temps de d\u00e9fendre les emplois dans la r\u00e9gion de l\u2019Afrique centrale. Un bon point de d\u00e9part serait la suspension par la Banque centrale de la nouvelle r\u00e9glementation des changes qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2021\u00bb, pose le communiqu\u00e9 publi\u00e9 par l\u2019influent lobbyiste sur le site internet de ce r\u00e9seau africain.<\/p>\n<p><strong>Action en justice<\/strong><\/p>\n<p>Accusant la Beac de \u00abd\u00e9truire l\u2019emploi, l\u2019investissement et les opportunit\u00e9s pour les entrepreneurs p\u00e9troliers et gaziers locaux\u00bb, la CAE a d\u2019ailleurs annonc\u00e9, le 21 octobre 2020, sa d\u00e9cision d\u2019intenter \u00abune action en justice pour obtenir une injonction pour arr\u00eater la mise en \u0153uvre de la r\u00e9glementation imprudente des changes (forex) de la Banque des \u00c9tats de l\u2019Afrique centrale (Beac) qui est anti-africaine, contre les petites entreprises et contre les investisseurs\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab<em>Notre objectif c\u2019est le contr\u00f4le des flux d\u2019op\u00e9rations et la r\u00e9trocession des devises. Le probl\u00e8me avec les entreprises des secteurs p\u00e9trolier et minier, c\u2019est qu\u2019elles choisissent de domicilier tous leurs revenus en devises ou presque dans des comptes off-shore, c\u2019est-\u00e0-dire des comptes ouverts dans des banques hors zone Cemac. Ce qu\u2019on leur explique c\u2019est qu\u2019autant les entreprises exportatrices des autres secteurs \u00e9conomiques sont oblig\u00e9es de rapatrier tous les avoirs en devises g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par leurs op\u00e9rations internationales, autant l\u2019\u00e9conomie sous-r\u00e9gionale attend d\u2019elles qu\u2019elles rapatrient aussi la totalit\u00e9 de leurs recettes en devises. Mais nous avons compris que, compte tenu de la sensibilit\u00e9 de leur secteur et des obligations de paiements qu\u2019elles ont \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, elles ne peuvent pas le faire. Nous cherchons maintenant \u00e0 savoir o\u00f9 mettre le curseur pour que seule la part justifi\u00e9e de leurs avoirs en devises n\u00e9cessaire \u00e0 ces op\u00e9rations reste \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et que l\u2019autre part soit rapatri\u00e9e<\/em>\u00bb, r\u00e9pond un autre cadre de la Beac. Qui poursuit\u00a0: \u00ab<em>Imaginons m\u00eame au pire qu\u2019elles doivent utiliser tous leurs revenus en devises pour leurs achats et paiements internationaux. Elles ne feraient pas toutes ces op\u00e9rations le m\u00eame jour. Rapatrier une partie de ces avoirs nous permettrait de g\u00e9rer les flux transactionnels des importations et des exportations de tous les secteurs \u00e9conomiques. Donc nous n\u2019exigeons pas qu\u2019elles rapatrient tous ces avoirs. Mais au moins, qu\u2019elles rapatrient la part dont elles n\u2019ont pas besoin pour leurs op\u00e9rations internationales les plus urgentes<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : <a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/beac-les-grandes-lignes-de-la-nouvelle-reglementation-sur-les-devises\/\">Beac\u00a0: les grandes lignes e la nouvelle r\u00e9glementation sur les devises<\/a><\/p>\n<p>Le premier responsable de la Beac interrog\u00e9 par votre journal n\u2019est pas loin de cette position\u00a0: \u00ab<em>Il s\u2019agit de milliers de milliards Fcfa. Ce qu\u2019on peut engranger en ressources stables est tr\u00e8s important. Au Gabon par exemple, ils avaient \u00e9valu\u00e9 ces ressources en devises \u00e0 2000 milliards Fcfa. Pour le Cameroun, les estimations les plus basiques les pond\u00e8rent \u00e0 au moins 3000 milliards Fcfa, c\u2019est-\u00e0-dire la moiti\u00e9 des avoirs de notre compte d\u2019op\u00e9rations. Cela pourrait faire augmenter le taux de couverture ext\u00e9rieure de notre monnaie de 30%. De plus, nous avons les flux courants, les r\u00e8glements courants, qui n\u2019ont pas besoin d\u2019\u00eatre domicili\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Si ces entreprises p\u00e9troli\u00e8res rapatriaient leurs avoirs, cela permettrait de g\u00e9rer les flux de sortie des fonds des autres secteurs de l\u2019\u00e9conomie\u00bb<\/em>\u00a0soutient-il.<\/p>\n<p>Au plan mon\u00e9taire, dont la politique sous-r\u00e9gionale a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e \u00e0 la Beac, les enjeux exc\u00e8dent largement le cadre du renforcement de la position ext\u00e9rieure de la sous-r\u00e9gion. Parce qu\u2019ils sont l\u2019une des sources de la cr\u00e9ation mon\u00e9taire, les avoirs en devises jouent un r\u00f4le de premier ordre au plan \u00e9conomique. Confront\u00e9es \u00e0 d\u2019importants besoins en financements et souvent oblig\u00e9es de s\u2019endetter \u00e0 des taux \u00e9lev\u00e9s pour y faire face, les \u00e9conomies de la sous-r\u00e9gion trouveraient, dans ces avoirs en devises, une source de financement \u00e0 moindre co\u00fbt. De sorte que l\u2019une des fonctions \u00e9conomiques les plus importantes du secteur minier en g\u00e9n\u00e9ral et du secteur p\u00e9trolier en particulier, dont l\u2019offre d\u2019emplois reste globalement faible (en comparaison avec d\u2019autres secteurs comme l\u2019agro-industrie par exemple), est justement de ramener \u00e0 la sous-r\u00e9gion, ces avoirs en devises.<\/p>\n<p><strong>Transparence<\/strong><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de ces questions techniques, et en d\u00e9pit de la volont\u00e9 des cadres de la Beac de ne s\u2019en tenir qu\u2019aux consid\u00e9rations \u00e9conomiques et financi\u00e8res du dossier, les ressorts profonds de cette r\u00e9forme sont d\u2019ordre politique\u00a0: une plus grande transparence dans la gestion des revenus des ressources naturelles de la sous-r\u00e9gion. Le r\u00e9gime des autorisations (en mati\u00e8re d\u2019ouverture de comptes \u00e0 l\u2019\u00e9tranger), et les niveaux de contr\u00f4le (des transactions effectu\u00e9es au d\u00e9bit ou au cr\u00e9dit desdits comptes) d\u00e9volus \u00e0 la Beac par le r\u00e8glement du 21 d\u00e9cembre 2018 r\u00e9duiraient, en cas d\u2019application effective, les capacit\u00e9s dissimulatrices des entreprises mini\u00e8res et p\u00e9troli\u00e8res de la sous-r\u00e9gion sur les revenus r\u00e9els g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par l\u2019exploitation desdites ressources naturelles.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : \u00a0<a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/changes-la-beac-sensibilise-sur-la-nouvelle-reglementation\/\">Changes\u00a0: la Beac sensibilise sur la nouvelle r\u00e9glementation<\/a><\/p>\n<p>\u00ab<em>Si ces entreprises sont autant d\u00e9termin\u00e9es \u00e0 faire \u00e9chec \u00e0 cette nouvelle r\u00e8glementation, c\u2019est surtout parce que dans la situation actuelle, m\u00eame nos Etats n\u2019ont pas les moyens de savoir avec exactitude le montant de leurs chiffres d\u2019affaires, le commerce et la finance internationales, leurs sp\u00e9culations, leurs zones grises et sombres \u00e9tant le terrain de pr\u00e9dilection de ces entreprises. A partir de ce moment, m\u00eame les recettes fiscales per\u00e7ues sur la base de leurs d\u00e9clarations forc\u00e9ment partielles de revenus ne sont pas optimales<\/em>\u00bb, croit savoir un des informateurs de votre journal.<\/p>\n<p>R\u00e9solue, malgr\u00e9 la prorogation du 5 novembre 2020, la Beac aurait donc d\u00e9cid\u00e9, selon les informations de EcoMatin, de maintenir son approche\u00a0: des discussions Be to Be avec chaque acteur, comme Total, Perenco\u2026avec possibilit\u00e9 pour ces derniers, d\u2019y faire participer les repr\u00e9sentants de leurs maisons-m\u00e8res respectives. L\u2019objectif \u00e9tant d\u2019amener toutes ces entreprises \u00e0 lui fournir, au plus tard le 30 avril 2020, \u00ab<em>la liste des comptes onshore et offshore ouverts \u00e0 ce jour (y compris les comptes logeant les fonds de remise en \u00e9tat des sites, dits fonds RES)\u00a0; les informations, pour chaque compte list\u00e9, sur la banque domiciliataire, le num\u00e9ro et l\u2019intitul\u00e9 du compte, la devise du compte, la date d\u2019ouverture, l\u2019objet du compte (compte adoss\u00e9 \u00e0 un emprunt, compte de fonds RES, compte de r\u00e8glement fournisseurs, sous-traitants, compte d\u2019encaissement des recettes, etc.); le relev\u00e9 le plus r\u00e9cent de chaque compte sur un (01) mois ; les conventions des diff\u00e9rents comptes ; les conventions de pr\u00eat, emprunt, placement sign\u00e9s avec des banques et\/ou autres organismes financiers situ\u00e9s hors de la CEMAC, et en fin, les contrats p\u00e9troliers et miniers<\/em>\u00bb, ainsi que pr\u00e9cis\u00e9 dans la d\u00e9cision du gouverneur de la Banque centrale du 5 novembre 2020.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : <a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/reglementation-des-changes-des-mesures-fortes-de-la-beac-pour-rassurer-le-gicam\/\">R\u00e9glementation des changes\u00a0: des mesures fortes de la Beac pour rassurer le Gicam<\/a><\/p>\n<p>\u00ab<em>Dans d\u2019autres pays dans lesquels ces entreprises op\u00e8rent, comme en Angola, au Nig\u00e9ria, les r\u00e9glementations sont plus dures. Mais elles s\u2019y soumettent. Pourquoi pas chez nous\u00a0? Sans doute parce qu\u2019elles ont parfaitement conscience de la p\u00e9tro-d\u00e9pendance de nos Etats. Elles n\u2019h\u00e9sitent donc pas \u00e0 user et m\u00eame abuser de cette position dominante. C\u2019est ce cercle vicieux que les chefs d\u2019Etat de la sous-r\u00e9gion, encourag\u00e9s par nos partenaires techniques et financiers essayent de briser \u00e0 travers cette r\u00e9forme. En se liguant contre nous, ils se trompent d\u2019adversaire.\u00bb<\/em>\u00a0assure-t-on \u00e0 la Beac.<\/p>\n<div class=\"awac-wrapper awac widget posts-list-widget-11\">\n<h4 class=\"widget-title\">Le plus r\u00e9cent<\/h4>\n<\/div>\n<p>Auteur: Eco Matin<br \/>\n<a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/reglementation-des-changes-comment-les-entreprises-petrolieres-manoeuvrent-pour-faire-reculer-la-beac\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Recrutement de lobbyistes am\u00e9ricain et africains, campagnes m\u00e9diatiques, lobbying aupr\u00e8s des dirigeants de la sous-r\u00e9gion, pressions diplomatiques\u2026les compagnies mini\u00e8res et p\u00e9troli\u00e8res qui op\u00e8rent en Afrique centrale ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019utiliser tous les moyens pour que lumi\u00e8re ne soit jamais faite sur les revenus r\u00e9els g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par l\u2019exploitation des ressources naturelles. Soutenue par le FMI, la Banque [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1969,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[82,78],"tags":[],"class_list":["post-104648","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cameroun","category-economie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/104648","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1969"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=104648"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/104648\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=104648"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=104648"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=104648"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}