{"id":104979,"date":"2020-11-17T07:49:00","date_gmt":"2020-11-17T12:49:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/75eme-anniversaire-de-la-fin-de-la-seconde-guerre-mondiale-comment-monastir-a-vecu-la-guerre\/"},"modified":"2020-11-17T07:49:00","modified_gmt":"2020-11-17T12:49:00","slug":"75eme-anniversaire-de-la-fin-de-la-seconde-guerre-mondiale-comment-monastir-a-vecu-la-guerre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/75eme-anniversaire-de-la-fin-de-la-seconde-guerre-mondiale-comment-monastir-a-vecu-la-guerre\/","title":{"rendered":"75\u00e8me anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale: comment Monastir a v\u00e9cu la guerre"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><em><strong>Par Mohamed Bergaoui &#8211;<\/strong><\/em><\/span><\/span> Comment Monastir a v\u00e9cu la 2<sup>\u00e8me<\/sup> guerre mondiale ? D&rsquo;abord, un bref rappel de quelques dates afin de bien pr\u00e9ciser le contexte socio-\u00e9conomico-politique dans lequel vivait Monastir que bien de voyageurs ont visit\u00e9 tout le long de sa longue histoire. Et puisque nous somme en Allemagne je me contenterais de citer Le Prince P\u00fcckler Muskauet le Missionnaire Christian Ewald qui ont visit\u00e9 la Tunisie et Monastir en 1935.<\/p>\n<p>La Tunisie, Protectorat fran\u00e7ais depuis 1881 avec l&rsquo;encouragement et la b\u00e9n\u00e9diction du c\u00e9l\u00e8bre Chancelier Otto Von Bismarck n&rsquo;a pas tard\u00e9 \u00e0 engager sa bataille pour l&rsquo;ind\u00e9pendance sous la houlette du N\u00e9o Destour pr\u00e9sid\u00e9 par le jeune avocat Habib Bourguiba. Auparavant le vieux Destour cr\u00e9\u00e9 en 1920 n&rsquo;arrivait pas \u00e0 s&rsquo;imposer. Lui succ\u00e9dant, en 1934, le N\u00e9o-Destour de Bourguiba, s&rsquo;engagea depuis dans une lutte qui a dur\u00e9 plus de 20 ans avant d&rsquo;aboutir \u00e0 l\u2019autonomie interne le 3 juin 1955 puis \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance totale du pays le 20 mars 1956.<\/p>\n<p>R\u00e9gence de l&#8217;empire Ottoman en dislocation depuis 1574, protectorat fran\u00e7ais frisant la colonisation de fait, la Tunisie subissait de plein fouet les affres d&rsquo;une guerre o\u00f9 elle n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 partie prenante. Et l&rsquo;un des moments le plus d\u00e9licats et le plus difficile de cette histoire correspond au d\u00e9barquement des forces de l&rsquo;Axe en Tunisie et leur d\u00e9ploiement dans toutes les grandes villes strat\u00e9giques principalement. Et Monastir, ville strat\u00e9gique par excellence, ne pouvait pas \u00e9chapper \u00e0 son destin.Entour\u00e9e de son rempart, Monastir comptait 10 mille \u00e2mes ainsi que plusieurs italiens et maltais et peu de fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Monastir s&rsquo;appelait Ruspina du temps des ph\u00e9niciens, des carthaginois et des Romains avant d&rsquo;\u00eatre conquise par les Arabes d&rsquo;\u00eatre arabe. Ces derniers y \u00e9difi\u00e8rent le premier Ribat (en 796) d&rsquo;une v\u00e9ritable chaine allant d&rsquo;Alexandrie en Egypte \u00e0 Ceuta au Maroc, Monastir accueillait, le 9 novembre 1942, les soldats allemands avec une sorte de joie m\u00eal\u00e9e de peur. Ce sentiment mitig\u00e9 s&rsquo;explique par les souffrances endur\u00e9es par une population pauvre et marginalis\u00e9e que le colonisateur fran\u00e7ais n&rsquo;h\u00e9sitait pas \u00e0 malmener sans compter les militants qu&rsquo;elle jugeait par un simulacre de proc\u00e8s et \u00e0 en massacrer un bon nombre afin d&rsquo;en faire un exemple pour les autres.<\/p>\n<p><span class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong>Campagne de charme des soldats allemands<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Pour bien de monastiriens, l&rsquo;arriv\u00e9e des forces de l&rsquo;Axe et particuli\u00e8rement des soldats allemands repr\u00e9sentait une faible lueur d&rsquo;espoir de d\u00e9livrance qui d\u00e9cupla par un comportement quasi exemplaire de ces m\u00eames soldats.En effet,\u00a0 le nouvel occupant dont on ne connaissait que trop les vis\u00e9es adoptait, par tactique, un profil bas en offrant un visage des plus humains afin de plaire et de rassurer.<\/p>\n<p>D\u00e9sorient\u00e9e, la population l&rsquo;\u00e9tait. Et pour cause : Les principaux militants \u00e9taient emprisonn\u00e9s en France et plus pr\u00e9cis\u00e9ment au Haut-fort Saint Nicolas depuis les \u00e9v\u00e9nements sanglants du 9 avril 1938 \u00e0 Tunis qui ont fait 22 morts et 150 bless\u00e9s. D\u2019autres militants \u00e9taient emprisonn\u00e9s en Tunisie. R\u00e9sultat : une partie des destouriens s\u2019engageait corps et \u00e2mes avec les forces de l\u2019Axe qui tout en faisant sortir les militants de prison leur laissaient le champ d\u2019activit\u00e9 politique et de rassemblement libre, l\u2019autre partie gardait une position neutre et attentiste. Ni enthousiasme excessif ni opposition farouche. Pour eux, la question m\u00e9ritait r\u00e9flexion et pour cause ; l\u2019engagement avec l\u2019Axe ne manquerait pas de tout remettre en cause au cas o\u00f9 cette coalition venait de perdre la guerre. Au cas contraire, l\u2019ind\u00e9pendance serait-elle garantie ? Rien n\u2019\u00e9tait moins s\u00fbr.<\/p>\n<p>Si pour les premiers, l\u2019ennemi de mon ennemi est, de facto, mon ami, pour les seconds, ce dicton n\u2019avait pas beaucoup de signification. On pr\u00e9f\u00e9rait renvoyer dos \u00e0 dos les forces des Alli\u00e9s et ceux de l\u2019axe.<br \/>La ville militante de Monastir dont le Mar\u00e9chal Rommel, commandant de \u00ab l\u2019Africakorps \u00bb, avait fait une \u00e9tape importante de sa retraite \u00e0 travers la Tunisie, n\u2019\u00e9chappa pas \u00e0 ce dilemme. Quelques semaines apr\u00e8s l\u2019entr\u00e9e des forces de l\u2019Axe \u00e0 Tunis, le Dr. Habib Thameur, Pr\u00e9sident du Bureau Politique du N\u00e9o Destour organisa, d\u00e8s sa sortie de prison, une premi\u00e8re r\u00e9union \u00e0 Monastir. Dans son discours, il indiqua qu&rsquo;il avait choisi \u00ab Monastir, comme premi\u00e8re \u00e9tape de sa tourn\u00e9e \u00e0 travers le pays, parce que je crois qu\u2019elle est la Perle du Sahel \u00bb ajoutant que cette ville qui a \u00ab enfant\u00e9 le Combattant Supr\u00eame et H\u00e9di Nouira, Chedly Kallala et H\u00e9di Kh\u00e9facha m\u00e9rite d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019avant-garde de la lutte nationale \u00bb.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9union qui se tint dans le Patio de la mosqu\u00e9e Han\u00e9fite, au centre de la ville de Monastir, eut un grand succ\u00e8s mais se d\u00e9roula sans la pr\u00e9sence des principaux membres de la Cellule Destourienne de Monastir dont principalement, Chedly Gh\u00e9dira qui ne partagea pas les vues du 6\u00e8me Bureau Politique pr\u00e9sid\u00e9 par Dr. Matri et encourag\u00e9 par Moncef Bey qui acc\u00e9da au tr\u00f4ne le 19 juin 1942.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Faut-il s\u2019\u00e9tonner de ce que nous pouvons appeler comme un succ\u00e8s des forces de l\u2019Axe et particuli\u00e8rement des forces allemandes qui avaient vite fait de recueillir la sympathie d\u2019une importante frange des citoyens de l&rsquo;ancienne R\u00e9gence et bien entendu ceux de la ville de Monastir ?<\/p>\n<p>Nombre de personnes qui ont v\u00e9cu cette p\u00e9riode et que nous avons contact\u00e9, ont exprim\u00e9 l\u2019intelligence avec laquelle les soldats allemands s\u2019\u00e9taient comport\u00e9s.<\/p>\n<p>Les soldats allemands offraient des sucreries (bonbons et chocolat) aux enfants, faisaient de leur mieux pour entrer en contact avec les monastiriens. Ils y parvenaient avec beaucoup de bonheur. Ce comportement contrast\u00e9 avec celui des soldats fran\u00e7ais faisait appara\u00eetre les Allemands comme les sauveurs d\u2019une situation r\u00e9ellement tr\u00e8s difficile. Mieux encore, nous r\u00e9v\u00e8le Mohamed Salah Chedly, fervent admirateur des forces allemandes, de leur droiture et de leur sens inn\u00e9 de l\u2019organisation et de la discipline : \u00ab ils nous rendaient justice chaque fois qu\u2019un soldat italien maltraitait un Monastirien ou lui vole un bien quelconque. Et c\u2019\u00e9tait tr\u00e8s fr\u00e9quent \u00bb.<\/p>\n<p>Pour celui qui avait pouss\u00e9 les choses jusqu\u2019\u00e0 apprendre des bribes de la langue allemande, le comportement des soldats italiens laissait \u00e0 d\u00e9sirer. \u2018\u2019Maltraitant la population locale, volant poules et autres biens, ils avaient vite fait d\u2019exasp\u00e9rer une population d\u00e9j\u00e0 martyris\u00e9e par les forces de l\u2019occupation, dit-il ajoutant que \u00ab la justice rendue par les officiers allemands faisait appara\u00eetre ces derniers comme des sauveurs en puissance \u00bb.<\/p>\n<p>Parmi les exactions des soldats Italiens, citons l\u2019affaire du village de Ksibet Medouini, village \u00e0 quelques encablures de Monastir. Le 14 avril 1943,\u00a0 des soldats Italiens compl\u00e8tement ivres tent\u00e8rent de forcer l\u2019entr\u00e9e de la maison d\u2019un citoyen et d\u2019intenter \u00e0 la pudeur de sa femme. Il parvint avec beaucoup de difficult\u00e9s \u00e0 les faire sortir. Mais en m\u00eame temps une fausse nouvelle se propagea dans la ville faisant \u00e9tat de violences contre trois soldats allemands par la population locale. Sans v\u00e9rifier la v\u00e9racit\u00e9 de cette information, le chef militaire de la localit\u00e9 ordonna \u00e0 ses soldats d\u2019encercler le village et de mener des actions de repr\u00e9sailles. Bilan : 8 morts et 16 bless\u00e9s. Le lendemain, une grande manifestation de soutien aux citoyens de la ville de Ksibet Mediouni fut organis\u00e9e avec la participation des populations du village voisin de Ksibet M\u00e9diouni. Une importante d\u00e9l\u00e9gation de la ville de Monastir conduite par le Pr\u00e9sident de la Cellule Destourienne, Chedly Gh\u00e9dira \u00e9tait pr\u00e9sente \u00e0 cette manifestation.<\/p>\n<p>Celui qui avait d\u00e8s le d\u00e9part insist\u00e9 sur la neutralit\u00e9 du N\u00e9o Destour vis-\u00e0-vis des Alli\u00e9s et de l\u2019Axe, profita de l\u2019occasion pour r\u00e9it\u00e9rer ses positions en envoyant dos \u00e0 dos les deux forces en pr\u00e9sence. C\u2019\u00e9tait dans un discours prononc\u00e9 au si\u00e8ge de la Cellule Destourienne de Monastir en r\u00e9ponse \u00e0 des tentatives d\u2019exploitation de quelques jeunes Monastiriens par les forces allemandes.<\/p>\n<p>La Cellule Destourienne de Monastir \u00e9tait en perp\u00e9tuel \u00e9veil. Et quand l\u2019affaire du trafic de bl\u00e9 \u00e9clata au grand jour, dans la ville de Monastir, le Pr\u00e9sident de la Cellule Destourienne n\u2019h\u00e9sita \u00e0 demander audience \u00e0 Moncef Bey, intronis\u00e9 le 9 novembre 1942. Il s\u2019y pr\u00e9senta \u00e0 la t\u00eate d\u2019une d\u00e9l\u00e9gation et lui expliqua, en pr\u00e9sence de son ministre de l\u2019Int\u00e9rieur qui n\u2019\u00e9tait autre que Dr. Habib Thameur, la situation difficile que vivaient les citoyens de la ville de Monastir et l\u2019ampleur du trafic de bl\u00e9 qui, tout en privant la population de son d\u00fb, privil\u00e9giaient quelques gens v\u00e9reux de l\u2019administration et leurs sbires.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<br \/>Bref, l&rsquo;arriv\u00e9e des allemands a tout simplement cr\u00e9\u00e9 une scission au sein du Parti. Le nombre des monastiriens sympathisant avec les forces allemandes n&rsquo;\u00e9tait pas n\u00e9gligeable et allait en s&rsquo;agrandissant. H\u00e9di Ben Amira Makhlouf, Khalifa Ben Khalifa Bou Ali, Abdessalam Ben Mohamed Bourguiba, Ameur et Ibrahim Ben M\u2019Hammed Triki, Mansour Ben Hmida Baghdadi, Mohamed Ben M\u2019Hamed Chaouch, Salah Ben Mohamed Salah Zoukar et Abdessalam et Kacem Ben Salem Gaddour.<\/p>\n<p><span class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong>Les juifs de Monastir et l&rsquo;arriv\u00e9e des Allemands<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Poursuivant notre enqu\u00eate sur ce pan d&rsquo;une histoire peu voire mal connue, on a fini par atterrir \u00e0 Paris sur les traces d&rsquo;un \u00e9minent journaliste juif d&rsquo;origine monastirienne. J&rsquo;ai nomm\u00e9 le c\u00e9l\u00e8bre Guy Sitbon, l&rsquo;un des fondateurs et \u00e9ditorialiste du c\u00e9l\u00e8bre hebdomadaire fran\u00e7ais le \u00ab\u00a0Nouvel Observateur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En ce jour de novembre 1942, la paisible ville de Monastir savait que les soldats allemands allaient arriver sous peu. Certains pensaient qu&rsquo;ils ne pouvaient \u00eatre pires que les gendarmes fran\u00e7ais. Et on \u00e9tait partag\u00e9 entre l&rsquo;appr\u00e9hension et l&rsquo;espoir. Cela n&rsquo;\u00e9tait pas le cas de la vingtaine des familles juives qui vivaient toujours \u00e0 Monastir. Une communaut\u00e9 de pr\u00e8s de 200 personnes.<\/p>\n<p>Et Guy Sitbon de poursuivre : \u00ab\u00a0Non seulement on savait qu&rsquo;ils allaient embarquer mais on savait aussi qu&rsquo;ils allaient investir la salle de f\u00eate (juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du march\u00e9 municipal) en face de chez nous, pour en faire leur quartier g\u00e9n\u00e9ral en m\u00eame temps que disposer leur logistique. Je n&rsquo;avais que 10 ans et suivais leur installation \u00e0 travers la fen\u00eatre de ma\u00a0 chambre en restant un long moment sur la pointe des pieds\u00a0\u00bb, ajoutant : \u00ab\u00a0Juste apr\u00e8s ce spectacle je suis tomb\u00e9 malade en attrapant une jaunisse vraisemblablement cons\u00e9cutive \u00e0 cette grande peur qui m&rsquo;avait saisie et secoua tout mon \u00eatre\u00a0\u00bb. Dans sa petite t\u00eate d&rsquo;enfant fr\u00e9quentant l&rsquo;\u00e9cole fran\u00e7aise de Monastir, le petit Guy savait de quoi il retournait et voyait l&rsquo;arriv\u00e9e des allemands \u00e0 Monastir comme un mauvais signe. Tous les juifs de Monastir s&rsquo;attendaient au pire.<\/p>\n<p>Les monastiriens savaient \u00e9galement de quoi il retournait avec les allemands qui ne manqueraient pas de r\u00e9server aux juifs monastiriens le m\u00eame sort que les\u00a0 juifs d&rsquo;Europe. Mais que pouvait cette vingtaine de familles juives de Monastir devant la machine allemande bien huil\u00e9e et avan\u00e7ant inexorablement selon les plans bien \u00e9tablis et scrupuleusement appliqu\u00e9s l\u00e0 o\u00f9 ils passaient.<\/p>\n<p>Autant les allemands \u00e9taient pleins d&rsquo;\u00e9gards et d&rsquo;amabilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;endroit des monastiriens musulmans et europ\u00e9ens autant ils commen\u00e7aient par appliquer leurs dictats envers les juifs. \u00ab\u00a0Sans violence aucune\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise Guy Sitbon. La premi\u00e8re mesure \u00e9tait de faire payer des amendes aux juifs et de leur prendre les joailleries de leurs femmes : \u00ab\u00a0Mon p\u00e8re a pay\u00e9 \u00e9tant assez ais\u00e9\u00a0\u00bb, dit-il ajoutant que son oncle \u00ab\u00a0Victor Sebag, l&rsquo;homme le plus riche de Monastir parce que faisant l&rsquo;usurier, a pay\u00e9 une grosse somme sans compter\u00a0\u00bb. Pour les juifs pauvres et ils l&rsquo;\u00e9taient pour la plupart, c&rsquo;est la Banque qui a pay\u00e9 sur ordre du P\u00e9tainiste, l&rsquo;Amiral Esteva, R\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral de France \u00e0 Tunis.<\/p>\n<p>Au cours de cette p\u00e9riode, le bruit courut que les allemands allaient faire le soir m\u00eame une rafle pour arr\u00eater tous les juifs et les conduire vers les camps de concentrations. Et l\u00e0, pr\u00e9cise-t-il, avec un large sourire de satisfaction qui lui donnait encore chaud au c\u0153ur : \u00ab\u00a0un grand nombre de familles monastiriennes nous propos\u00e8rent de venir passer la nuit chez eux afin d&rsquo;\u00e9viter l&rsquo;in\u00e9vitable. Personne n&rsquo;a boug\u00e9 de chez lui et les allemands n&rsquo;avaient rien fait, poursuivant que la situation \u00e9tait confuse et que les derniers bombardements de Sousse par les Alli\u00e9s prouvaient que l&rsquo;ennemi est toujours l\u00e0, plus pr\u00e9sent que jamais\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pour Guy Sitbon, Monastir \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque \u00e9tait une petite ville douillette et chaleureuse o\u00f9 \u00ab\u00a0l&rsquo;autorit\u00e9 religieuse n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 importante\u00a0\u00bb et o\u00f9 \u00ab\u00a0les notables de la ville n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 per\u00e7us en fonction de leur appartenance religieuse\u00a0\u00bb. Les fran\u00e7ais \u00e9taient quasiment inexistants \u00e0 part quelques gendarmes et quelques fonctionnaires. Par contre il y avait beaucoup de maltais et d&rsquo;italiens. Quant aux juifs, ils exer\u00e7aient pour la plupart dans les petits commerces.<\/p>\n<p>Au lendemain des bombardements, les allemands qui avaient d\u00e9j\u00e0 am\u00e9nag\u00e9 un camp pour les juifs de Monastir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du port, les\u00a0 envoy\u00e8rent \u00e0 Sousse pour d\u00e9blayer le port et enlever les gravas occasionn\u00e9s par les bombardements de la veille ; sachant que biens de soussiens avaient fui Sousse pour venir s&rsquo;installer \u00e0 Monastir. La t\u00e2che \u00e9tait ardue mais les allemands \u00e9taient r\u00e9glo, dit-il.Ils \u00e9taient \u00e9galement polis particuli\u00e8rement avec son p\u00e8re dont la fabrique de savon r\u00e9pondait avec constance aux commandes des militaires allemands. Ces derniers venaient chercher mon p\u00e8re du camp d&#8217;emprisonnement o\u00f9 il \u00e9tait avec les autres juifs. Ils le sortaient\u00a0 juste le temps de faire son travail et d&rsquo;\u00eatre pay\u00e9 avant de revenir au camp\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>A la question de savoir si on obligeait les juifs de Monastir \u00e0 porter une \u00e9toile, Guy Sitbon r\u00e9pondit :\u00a0\u00bbNon. En tous cas pas \u00e0 ma connaissance. D&rsquo;ailleurs, votre question me rappelle une sc\u00e8ne fort amusante qui se passa devant toute la famille. Un soldat allemand dessina un jour une croix gamm\u00e9e sur le revers de la veste de mon p\u00e8re mais l&rsquo;effa\u00e7a tout de suite apr\u00e8s tout en riant et en\u00a0 tapotant sur l&rsquo;\u00e9paule de mon p\u00e8re. Tout le monde riait et l&rsquo;incident \u2013si on pouvait parler d&rsquo;incident- \u00e9tait clos\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Bref, l&rsquo;ambiance \u00e9tait bon enfant. Rien ou presque n&rsquo;indiquait que quelque chose se pr\u00e9parait ou qu&rsquo;une guerre se d\u00e9roulait : \u00ab\u00a0Les soldats allemands d\u00e9ambulaient en ville. Maman, comme \u00e0 chaque f\u00eate du Sabbat servait le couscous \u00e0 tous ceux qui passaient par notre rue (rue Gabriel Medina aujourd&rsquo;hui rue Chedly Gh\u00e9dira). Et un grad\u00e9 allemand et son adjoint passaient par l\u00e0. Maman les invita \u00e0 go\u00fbter \u00e0 son couscous. Je me rappelle encore de leurs noms, dit-il en souriant : \u00ab\u00a0Herbert et Hans avaient aim\u00e9 ce couscous et ma m\u00e8re qui \u00e9tait belle ainsi que ma s\u0153ur ain\u00e9e furent aussi ravies de cette rencontre. Ils mang\u00e8rent \u00e0 sati\u00e9t\u00e9 et quitt\u00e8rent les lieux avec le sourire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;entente \u00e9tait quasi-totale \u00e0 telle enseigne \u00ab\u00a0qu&rsquo;un chauffeur allemand avait pris en sympathie mon fr\u00e8re cadet Alain qui n&rsquo;avait que 5 ans et insistait pour le prendre avec lui au cours de sa tourn\u00e9e. Maman acquies\u00e7a \u2013pouvait-elle dire non- et le man\u00e8ge se poursuivit \u00e0 plusieurs reprises jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 Alain ne rentrait pas malgr\u00e9 l&rsquo;heure bien tardive. Ma m\u00e8re pensa que son fils \u00e9tait kidnapp\u00e9 et versa de chaudes larmes avant de le voir arriver en sautillant bien apr\u00e8s minuit. Le chauffeur allemand s&rsquo;excusa. Il avait et une panne qu&rsquo;il avait mis beaucoup de temps \u00e0 r\u00e9parer.<\/p>\n<p><span class=\"c4\"><span class=\"c5\"><strong>Et les glas sonn\u00e8rent pour les soldats allemands<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Avec Guy Sitbon, le r\u00e9cit n&rsquo;est pas pr\u00e8s de s&rsquo;achever. Truff\u00e9 d&rsquo;anecdotes, il ne peut traduire qu&rsquo;une seule et unique chose : \u00ab La vie \u00e0 Monastir \u00e9tait plus agr\u00e9able sans les fran\u00e7ais qui opprimaient toute une population. Au risque de vous \u00e9tonner,une bonne proportion des monastiriens vivaient l&rsquo;arriv\u00e9e des allemands comme une victoire \u00bb, dit-il poursuivant : \u00ab Je me rappelle qu&rsquo;il y avait quatre voitures louages pimpantes neuves dont l&rsquo;une avait sur son pare-brise la photo d&rsquo;Hitler d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 et la croix gamm\u00e9e de l&rsquo;autre \u00bb.<\/p>\n<p>Comment pouvait-il en \u00eatre autrement pour une population qui a subi bien d&rsquo;exactions d&rsquo;un colonisateur qui a d\u00e9j\u00e0 bless\u00e9 et tu\u00e9 bien de monastiriens sans compter l&rsquo;envoi en prison de dizaines d&rsquo;autres les arrachant \u00e0 leurs familles et enfants?<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cette bonne entente des soldats allemands avec les monastiriens mais aussi avec les Juifs de Monastir, ces derniers s&rsquo;attendaient toujours au pire. Tous savaient que cette entente n&rsquo;est que provisoire. Et pour cause : Walter Ross, l&rsquo;architecte allemand des camps de concentration \u00e9tait bel et bien arriv\u00e9 \u00e0 Monastir avant d&rsquo;avoir visit\u00e9 Sousse. La v\u00e9ritable usine de la mort telle que projet\u00e9e par cet architecte que le R\u00e9sident G\u00e9n\u00e9ral de Tunisie, l&rsquo;Amiral Esteva, un P\u00e9tainiste, avait autoris\u00e9 \u00e0 venir, devait \u00eatre construite du c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;Enfidha loin des villes. Comme il \u00e9tait de triste tradition de l&rsquo;Allemagne nazie.<\/p>\n<p>A cette p\u00e9riode, l&rsquo;Allemagne \u00e9tait en perte de vitesse. Ses d\u00e9faites sur bien de fronts bloquaient toute poursuite d\u2019ex\u00e9cution de leur plan \u00e0 Monastir jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 leurs soldats re\u00e7urent l&rsquo;ordre de se replier et de revenir en Allemagne. Ils avaient perdus la guerre. Une page est tourn\u00e9e. Pas tout \u00e0 fait.<\/p>\n<p>Ceux qui avaient suivi les allemands doivent payer. Des tribunaux fran\u00e7ais se dress\u00e8rent et la peine de mort fut prononc\u00e9e contre eux. H\u00e9di Makhlouf fut ex\u00e9cut\u00e9. Grand, blond et au physique d\u2019athl\u00e8te, les monastiriens qui ne le connaissaient pas le prenaient souvent pour un soldat allemand dont il aimait porter la tenue.<\/p>\n<p>Abdessalam Bourguiba prit la fuite \u00e0 travers le Sahara libyen et Mohamed Salah Chadly eut la chance d&rsquo;aller \u00e0 Berlin avec les troupes allemandes en suivant un itin\u00e9raire fort risqu\u00e9. Avait-il un autre choix pour sauver sa peau ? Il se devait d&rsquo;accepter la proposition de ses amis allemands contre une arrestation et un verdict \u00e9vident pour \u00ab collaboration avec l\u2019ennemi durant l\u2019occupation \u00bb comme plusieurs centaines de ses compatriotes ayant subi le m\u00eame sort.<\/p>\n<p>Son itin\u00e9raire, il nous le racontait lui-m\u00eame dans une longue interview qu&rsquo;il nous accorda, en avril 2007, peu avant son d\u00e9c\u00e8s. Le voil\u00e0 :<\/p>\n<p class=\"c6\"><span class=\"c3\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> De Monastir \u00e0 Sousse : Rien que 20 km qu&rsquo;il traversa en Jeep avec des officiers allemands.<\/p>\n<p class=\"c6\"><span class=\"c3\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> De Sousse \u00e0 Tunis : En Jeep militaire. Un voyage qui a dur\u00e9 plusieurs heures afin d&rsquo;\u00e9viter les pi\u00e8ges pos\u00e9s par les forces alli\u00e9s qui commen\u00e7aient \u00e0 prendre le dessus gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e des am\u00e9ricains principalement.<\/p>\n<p class=\"c6\"><span class=\"c3\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> Du port de La Goulette \u00e0 Messine en Italie par bateau<\/p>\n<p class=\"c6\"><span class=\"c3\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> Et enfin de l&rsquo;Italie \u00e0 Berlin \u00e0 bord d&rsquo;un avion militaire.<\/p>\n<p>\u00ab J&rsquo;\u00e9tais le seul et unique tunisien avec des grad\u00e9s allemands \u00bb, pr\u00e9cise-t-il, ajoutant, \u00e9tonn\u00e9 lui-m\u00eame du courage qu&rsquo;il avait et de l&rsquo;absence de soucis des dangers qu&rsquo;il encourait : \u00ab Nous \u00e9tions tous dans la soute o\u00f9 il y avait des bombes que les militaires devaient larguer si le besoin se faisait sentir \u00bb.<\/p>\n<p>A Berlin, Mohamed Salah Chedly rencontra bon nombre de fran\u00e7ais qui avaient collabor\u00e9 avec les allemands. \u00ab Tout le monde \u00e9tait log\u00e9 \u00e0 la m\u00eame enseigne \u00bb, dit-il soulignant le \u00ab bon accueil \u00bb des allemands qui \u00ab nous pr\u00e9sent\u00e8rent le Mufti de Palestine, l&rsquo;Emir Husseini \u00bb. Ce dernier leur promis des sommes d&rsquo;argent pour peu qu&rsquo;ils suivent des cours pratiques d&rsquo;apprentissage de la t\u00e9l\u00e9graphie sans fil dans le but inavou\u00e9 de \u00ab nous enr\u00f4ler dans d&rsquo;autres pays pour servir de relais pour les allemands \u00bb.<\/p>\n<p>Devant le refus de ce groupe de se soumettre aux ordres des allemands, ces derniers nous envoy\u00e8rent \u00ab\u00a0dans un camp de concentration aux environs de Berlin et plus pr\u00e9cis\u00e9ment au D\u00e9partement de la \u00ab Saxen Hausen \u00bb. \u00ab Il y avait quelques tunisiens mais essentiellement des fran\u00e7ais, des polonais et des russes. A un certain moment notre camp a re\u00e7u un convoi de 600 juifs environ qui, 3 jours plus tard, ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s vers la Tch\u00e9coslovaquie. On les reconnaissait facilement \u00e0 l&rsquo;\u00e9toile jaune qu&rsquo;ils \u00e9taient oblig\u00e9s de porter \u00bb.<\/p>\n<p>Poursuivant son r\u00e9cit, Mohamed Salah Chedly (90 ans en 2007), pr\u00e9cise que le camp auquel il \u00e9tait affect\u00e9 \u00ab \u00e9tait compos\u00e9 de prisonniers qui avaient refus\u00e9 de travailler sous la banni\u00e8re allemande \u00bb. Dans ce camp, ils \u00e9taient affect\u00e9s au nettoyage des zones bombard\u00e9es autrement dit retirer les cadavres, \u00e9vacuer les bless\u00e9s et rendre \u00e0 la ville sa propret\u00e9 en d\u00e9gageant les routes et balayant les gravats et autres d\u00e9chets. \u00ab Nous \u00e9tions log\u00e9s, nourris et blanchis \u00bb, pr\u00e9cisant que ceux qui veillaient \u00e0 la bonne marche de notre camp \u00e9taient \u00ab des allemands r\u00e9fractaires au r\u00e9gime Nazi qu&rsquo;on appelait les \u00ab f\u00b5rarbeiter \u00bb.<br \/>Ce camp, comptant entre 600 et 700 personnes, travaillait dur. \u00ab Au moment des alertes \u00e0 la bombe, tout le monde se pr\u00e9cipitait dans les tranch\u00e9es afin de sauver sa t\u00eate. On mangeait mal. Du pain noir et des sauces qui ne ressemblaient \u00e0 rien \u00bb, se rappelle-t-il.<\/p>\n<p>Cette situation dura plusieurs mois. Et il a fallu attendre mai 1945 pour voir les russes arriver \u00e0 Berlin et lib\u00e9rer tous les prisonniers. Mohamed Salah Chedly qui, avait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise gr\u00e2ce aux allemands, se trouva ramener \u00e0 Paris et remis \u00e0 la police fran\u00e7aise. Soulag\u00e9 mais non confiant, on l&#8217;embarqua \u00e0 Lyon avant de passer en Alg\u00e9rie et de l\u00e0 \u00e0 Tunis par train.<\/p>\n<p>Nullement inquiet et inqui\u00e9t\u00e9 au cours de ce long voyage, il appr\u00e9hendait pourtant son retour \u00e0 Monastir o\u00f9 il se cacha \u00e0 titre pr\u00e9ventif et apprit qu&rsquo;il \u00e9tait jug\u00e9 par contumace \u00e0 la peine capitale. Il entra dans la clandestinit\u00e9 pendant deux longues ann\u00e9es pass\u00e9es entre Monastir, Tunis et B\u00e9ja o\u00f9 il se cacha chez sa s\u0153ur. A l&rsquo;issue de cette p\u00e9riode, il se rendit \u00e0 la police fran\u00e7aise non sans avoir charg\u00e9 un avocat de renom. Cette nouvelle proc\u00e9dure lui permit de sauver sa t\u00eate et d&rsquo;\u00e9coper de 5 ans de travaux forc\u00e9s.<\/p>\n<p>En conclusion je dirai tout simplement que ma ville Monastir a eu de la chance\u2026 beaucoup de chance. Et pour cause : l\u2019arriv\u00e9e des soldats allemands co\u00efncidait avec leur d\u00e9b\u00e2cle annonc\u00e9e. Tout compte fait ils ne rest\u00e8rent \u00e0 Monastir que huit mois seulement. L\u2019entr\u00e9e en jeu des forces am\u00e9ricaines sonn\u00e8rent les glas d\u2019une arm\u00e9e allemande d\u00e9ploy\u00e9es sur plusieurs fronts \u00e0 la fois.<\/p>\n<p class=\"c7\"><strong>Mohamed Bergaoui<\/strong><br \/><span class=\"c2\"><em>Journaliste-Ecrivain<\/em><\/span><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/30943-conference-a-l-occasion-de-la-commemoration-du-75eme-anniversaire-de-la-fin-de-la-seconde-guerre-mondiale-comment-monastir-a-vecu-la-2eme-guerre-mondiale\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Mohamed Bergaoui &#8211; Comment Monastir a v\u00e9cu la 2\u00e8me guerre mondiale ? D&rsquo;abord, un bref rappel de quelques dates afin de bien pr\u00e9ciser le contexte socio-\u00e9conomico-politique dans lequel vivait Monastir que bien de voyageurs ont visit\u00e9 tout le long de sa longue histoire. 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