{"id":105640,"date":"2020-11-24T10:32:45","date_gmt":"2020-11-24T15:32:45","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/croissance-economique-et-rationalisation-des-choix-budgetaires-cas-du-maroc-tribune\/"},"modified":"2020-11-24T10:32:45","modified_gmt":"2020-11-24T15:32:45","slug":"croissance-economique-et-rationalisation-des-choix-budgetaires-cas-du-maroc-tribune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/croissance-economique-et-rationalisation-des-choix-budgetaires-cas-du-maroc-tribune\/","title":{"rendered":"Croissance \u00e9conomique et rationalisation des choix budg\u00e9taires : cas du Maroc [Tribune]"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le Projet de Loi de Finances 2021 vient d\u2019\u00eatre adopt\u00e9, exprimant la volont\u00e9 de l\u2019\u00c9tat dans toutes ses composantes \u00e0 en faire un budget de relance \u00e9conomique et de r\u00e9formes sociales.<\/strong><\/p>\n<div class=\"c10\"\/>\n<p>La cr\u00e9ation du \u00ab\u00a0Fonds Mohammed VI pour l\u2019investissement\u00a0\u00bb, dot\u00e9 d\u2019un budget de 45 milliards de DH et d\u2019une personnalit\u00e9 morale constituera le principal levier de la r\u00e9alisation des choix budg\u00e9taires et des orientations socio-\u00e9conomiques. Toutefois, on est en droit de s\u2019interroger sur l\u2019impact r\u00e9el des choix budg\u00e9taires sur la dynamique de la croissance \u00e9conomique et son corollaire : l\u2019emploi.<\/p>\n<p>Force est de constater que souvent, l\u2019allocation des ressources publiques s\u2019inscrit dans un cadre de r\u00e9action \u00e0 une conjoncture donn\u00e9e et rarement dans un plan d\u2019action visant \u00e0 stimuler la croissance et \u00e0 tendre vers le plein emploi. Il est vrai que les conditions exceptionnelles g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par la pand\u00e9mie Covid-19, imposent des mesures exceptionnelles pour endiguer les cons\u00e9quences socio-\u00e9conomiques n\u00e9fastes (engendr\u00e9es notamment par un arr\u00eat brutal de la production et de la consommation durant plus de trois mois de l\u2019ann\u00e9e). Toute politique \u00e9conomique cherche \u00e0 circonscrire ses p\u00e9rim\u00e8tres de contagion et \u00e0 relancer la consommation et la production. Ces mesures sont traduites all\u00e8grement dans les choix budg\u00e9taires. N\u00e9anmoins, au-del\u00e0 de cette conjoncture \u00e9conomique exceptionnelle subie en cons\u00e9quence de la crise sanitaire universelle, la politique de l\u2019allocation des ressources publiques doit ob\u00e9ir \u00e0 un syst\u00e8me multicrit\u00e8re de rationalisation des d\u00e9penses publiques en \u00e9troite relation avec les objectifs socio-\u00e9conomiques fix\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi | <a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/microcredit-un-fonds-de-garantie-sera-bientot-lance-166415\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Microcr\u00e9dit : un fonds de garantie sera bient\u00f4t lanc\u00e9<\/a><\/strong><\/p>\n<p>Aussi, l\u2019analyse \u00e9conomique du budget de Loi de Finances doit \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9e \u00e0 la lumi\u00e8re des trois dimensions suivantes\u00a0:<\/p>\n<p><strong>1- Quel budget pour quelle \u00e9conomie\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 chaque type d\u2019\u00e9conomie doit correspondre un \u00ab\u00a0budget optimal\u00a0\u00bb refl\u00e9tant la taille, les caract\u00e9ristiques de chaque \u00e9conomie et toutes les dimensions socio-\u00e9conomiques inh\u00e9rentes \u00e0 cette \u00c9conomie. Sous l\u2019angle quantitatif, le budget doit \u00eatre corr\u00e9l\u00e9, voire, \u00eatre le miroir r\u00e9fl\u00e9chissant la valeur de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle. Or, l\u2019in\u00e9quation de la valeur quantitative du Budget dans une \u00e9conomie o\u00f9 l\u2019informel est pr\u00e9pond\u00e9rant semble \u00e0 priori une \u00e9vidence\u00a0!<\/p>\n<p><strong>2- Quelle cl\u00e9 de r\u00e9partition de la richesse nationale<\/strong> <strong>doit-on choisir dans l\u2019allocation entre le secteur priv\u00e9 et le secteur public\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Richard Musgrave, dans son ouvrage \u00ab\u00a0La Th\u00e9orie des Finances Publiques\u00a0\u00bb, \u00e9voquait la notion de \u00ab\u00a0taille optimale\u00a0\u00bb dans cette politique d\u2019allocation. Ceci nous renvoie directement au d\u00e9bat doctrinal de la pens\u00e9e \u00e9conomique qui divise les doctrines lib\u00e9rales et n\u00e9o-lib\u00e9rales de la doctrine des interventionnistes dans l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9. Ainsi, les choix budg\u00e9taires expriment l\u2019orientation de la politique \u00e9conomique vers plus ou moins d\u2019interventionnisme dans les ajustements des r\u00e8gles du march\u00e9.<\/p>\n<p><strong>3- Quelle politique d\u2019affectation des ressources publiques aux postes des d\u00e9penses budg\u00e9taires et pour quels objectifs\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Certes, les objectifs sont multiples et vari\u00e9s (fonctionnement, redistribution, investissement, appuis sectoriels, socio-\u00e9conomiques, etc.), mais la politique \u00e9conomique impose une hi\u00e9rarchisation des priorit\u00e9s de certains objectifs par rapport \u00e0 d\u2019autres. Face \u00e0 ces multitudes de choix d\u2019objectifs (parfois contradictoires), l\u2019\u00e9tat se trouve devant des choix d\u2019arbitrage difficiles, comme d\u00e9crit dans le \u00ab\u00a0Th\u00e9or\u00e8me d\u2019impossibilit\u00e9\u00a0\u00bb de Kenneth Arrow, ou dans le \u00ab\u00a0Paradoxe de Condorcet\u00a0\u00bb. Cependant, quelle que soit la nature des choix retenus dans cette nu\u00e9e de contraintes li\u00e9es \u00e0 la raret\u00e9 des ressources (revenus propres de l\u2019\u00e9tat limit\u00e9s, pression fiscale \u00e9lev\u00e9e et seuil d\u2019endettement public largement franchi) et la pr\u00e9pond\u00e9rance des besoins, il est primordial de pr\u00e9server, d\u2019entretenir et de d\u00e9velopper le moteur de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 qui se cristallise dans la consommation et donc l\u2019emploi.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi | <a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/damane-oxygene-137-milliards-de-dh-decaisses-au-profit-de-41-142-entreprises-a-fin-octobre-166394\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Damane Oxyg\u00e8ne : 13,7 milliards de DH d\u00e9caiss\u00e9s au profit de 41.142 entreprises \u00e0 fin octobre<\/a><\/strong><\/p>\n<p>Ainsi, tous les choix sont \u00ab\u00a0d\u00e9fendables\u00a0\u00bb, sauf celui qui conduit \u00e0 la compression de la consommation et donc \u00e0 l\u2019augmentation du sous-emploi, car ceci conduira in\u00e9luctablement \u00e0 l\u2019\u00e9touffement du moteur de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 et \u00e0 la r\u00e9cession \u00e9conomique \u00e0 terme. Dans cette analyse relative \u00e0 l\u2019un des aspects \u00e9conomiques de la Loi de Finances 2021, on se limitera \u00e0 la troisi\u00e8me dimension relative \u00e0 l\u2019allocation des ressources publiques, et en particulier \u00e0 la proportion affect\u00e9e aux investissements en mettant en exergue son impact sur le dynamisme de la croissance \u00e9conomique de l\u2019\u00e9conomie marocaine \u00e0 l\u2019aune de la relance post pand\u00e9mie.<\/p>\n<p><strong>I- Allocation de la richesse nationale en investissements (FBCF) et emploi\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>En effet, sur le plan macro-\u00e9conomique, le Royaume du Maroc a d\u00e9ploy\u00e9 des efforts consid\u00e9rables pour maintenir les indicateurs de son \u00e9conomie \u00e0 des niveaux tr\u00e8s appr\u00e9ciables tant \u00e0 la pr\u00e9servation des \u00e9quilibres macro-\u00e9conomiques, qu\u2019\u00e0 la ma\u00eetrise des d\u00e9ficits budg\u00e9taires. Cependant, les efforts n\u2019ont pas eu d\u2019impacts significatifs sur la relance de la croissance, ni sur l\u2019\u00e9mergence d\u2019une dynamique vertueuse pour la production, ni sur l\u2019emploi.<\/p>\n<p>Le volume des investissements exprim\u00e9s par l\u2019indicateur macro-\u00e9conomique, la Formation Brute du Capital Fixe (FBCF), demeure \u00e0 des niveaux tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s et dans une constance in\u00e9gal\u00e9e en comparaison avec des \u00e9conomies similaires. Ainsi, tout au long de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, plus de 30% du PIB ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s<\/p>\n<p>\u00e0 la FBCF. En 2018, ce taux \u00e9tait de 33,4% et de 32,2% en 2019. Partant de l\u2019axiome que la relance d\u2019une \u00e9conomie donn\u00e9e passe \u00e0 priori par les chemins de la consommation, et que ceux-ci sont balis\u00e9s par la cr\u00e9ation d\u2019emplois additionnels (dans une \u00e9conomie de sous-emploi), on est en droit de se demander si ces efforts d\u2019investissements ont permis la cr\u00e9ation d\u2019une dynamique dans la cr\u00e9ation des emplois.<\/p>\n<p>Force est de constater l\u2019absence de corr\u00e9lation entre ces deux indicateurs, telle calcul\u00e9e sur une p\u00e9riode de 2007 \u00e0 2018, o\u00f9 la droite de r\u00e9gression d\u00e9montre une droite invers\u00e9e, <strong>Y = -034 x + 188<\/strong>, avec un coefficient de corr\u00e9lation de <strong>0,06<\/strong>, donc insignifiant.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Tableau-BMCE.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-166409\" width=\"799\" height=\"442\" srcset=\"https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Tableau-BMCE.jpg 704w, https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Tableau-BMCE-300x166.jpg 300w, https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Tableau-BMCE-360x199.jpg 360w\" sizes=\"auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px\"\/><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Tableau-BMCE-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-166411\" width=\"746\" height=\"405\" srcset=\"https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Tableau-BMCE-1.jpg 631w, https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Tableau-BMCE-1-300x163.jpg 300w, https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Tableau-BMCE-1-360x196.jpg 360w\" sizes=\"auto, (max-width: 746px) 100vw, 746px\"\/><\/p>\n<p>Il en d\u00e9coule que les efforts nationaux en termes d\u2019investissements ont probablement des effets positifs sur l\u2019\u00e9conomie en g\u00e9n\u00e9ral par ailleurs, mais certainement pas d\u2019effets d\u2019entra\u00eenement directs sur l\u2019emploi, ni d\u2019effets multiplicateur (au sens Keyn\u00e9sien) induisant la relance, voir la croissance \u00e9conomique. Ce constat nous conduit \u00e0 la conclusion que ces investissements concernent en grande partie des infrastructures g\u00e9n\u00e9ratrices de tr\u00e8s peu d\u2019emplois. \u00c0 cet \u00e9gard, il serait l\u00e9gitime de revoir le mod\u00e8le de d\u00e9veloppement et de r\u00e9viser les principes r\u00e9gissant l\u2019allocation des ressources nationales attribu\u00e9es aux investissements en modifiant leur mode d\u2019affectation sectorielle. Il est ind\u00e9niable que les investissements en infrastructure sont n\u00e9cessaires et fondamentaux dans une \u00e9conomie, mais il est vital pour la p\u00e9rennit\u00e9 de la croissance \u00e9conomique de soutenir les investissements cr\u00e9ateurs de nombre d\u2019emplois le plus \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<p>La difficult\u00e9 se trouve dans la recherche du seuil d\u2019inflexion optimal entre les investissements dans l\u2019infrastructure fortement capitalistique et les investissements dans les secteurs \u00e9conomiques \u00e0 tr\u00e8s fort effet multiplicateur d\u2019emploi. En d\u2019autres termes, nous pouvons dire qu\u2019\u00e0 chaque niveau d\u2019\u00e9conomie correspond un niveau optimal d\u2019infrastructures qu\u2019il ne faut gu\u00e8re d\u00e9passer, sans tomber dans les pi\u00e8ges de l\u2019irrationalit\u00e9 \u00e9conomique de l\u2019allocation des ressources nationales.\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p><strong>II- Allocation des d\u00e9penses publiques et rationalisation des choix budg\u00e9taires<\/strong><\/p>\n<p>Avec un PIB de plus 1000 milliards de DH atteint en 2019, le Maroc aura doubl\u00e9 son PIB en dix ans\u00a0! Le budget des finances publiques pour la m\u00eame ann\u00e9e affiche 290 milliards de DH, soit 29% du PIB. D\u2019aucuns estiment que la Loi de Finances fixant le budget des finances publiques est soumise strictement aux r\u00e8gles et lois comptables, avec le respect du sacro-saint \u00e9quilibre entre les ressources et les emplois avec une tol\u00e9rance d\u2019un taux de d\u00e9ficit budg\u00e9taire soutenable pour une \u00e9conomie donn\u00e9e.<\/p>\n<p>Ceci \u00e9tant dit, cette d\u00e9finition est tr\u00e8s r\u00e9ductrice de la port\u00e9e r\u00e9elle et profonde du r\u00f4le du budget de l\u2019\u00e9tat dans une \u00e9conomie. L\u2019\u00e9tat est un agent \u00e9conomique, \u00e0 l\u2019instar des entreprises, du m\u00e9nage ou du reste du monde, agit \u00e0 la fois en tant qu\u2019agent mais aussi, en tant que r\u00e9gulateur, gendarme et protecteur. Ce sont ces pr\u00e9rogatives exclusives et intrins\u00e8ques \u00e0 la fonction de l\u2019\u00e9tat agent \u00e9conomique, qui conf\u00e8rent \u00e0 chaque choix budg\u00e9taire une variante d\u2019objectifs impactant les autres agents \u00e9conomiques et orientant l\u2019\u00e9conomie dans toutes ses composantes.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi | <a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/polyester-les-producteurs-locaux-sinsurgent-contre-labrogation-de-la-hausse-des-droits-de-douane-166367\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Polyester : les producteurs locaux s\u2019insurgent contre l\u2019abrogation de la hausse des droits de douane<\/a><\/strong><\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, la Loi des Finances ne peut en aucun cas \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9e sous le prisme des r\u00e8gles comptables. \u00c0 titre d\u2019exemple, le ratio de d\u00e9ficit budg\u00e9taire a nourri bien des d\u00e9bats au sein des membres de l\u2019Union Europ\u00e9enne avant le trait\u00e9 de Maastricht pour arriver \u00e0 un consensus du seuil de 3% du PIB. D\u2019autres doctrines \u00e9conomiques consid\u00e8rent qu\u2019il y a lieu d\u2019observer une tol\u00e9rance vis-\u00e0-vis du d\u00e9ficit budg\u00e9taire d\u00e8s lors qu\u2019il est affect\u00e9 pour des investissements productifs\u00a0! En tous cas, la singularit\u00e9 de l\u2019agent \u00e9conomique \u00c9tat, n\u00e9cessite une singularit\u00e9 de traitement de ses choix budg\u00e9taires.<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019\u00e9laboration de la Loi de Finance est plus que jamais soumise \u00e0 la rigueur de la logique de la rationalisation des choix budg\u00e9taires, au regard de la raret\u00e9 des ressources et la croissance des besoins de d\u00e9penses publiques. Cette rationalisation impose des choix difficiles et d\u2019arbitrages parfois douloureux, ce qui implique une grande rigueur et une ma\u00eetrise des objectifs fix\u00e9s.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/BMCE.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-166413\" width=\"698\" height=\"396\" srcset=\"https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/BMCE.jpg 595w, https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/BMCE-300x170.jpg 300w, https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/BMCE-360x205.jpg 360w\" sizes=\"auto, (max-width: 698px) 100vw, 698px\"\/><\/p>\n<p>La \u00ab\u00a0r\u00e8gle de Tinbergen\u00a0\u00bb, d\u00e9crite par l\u2019\u00e9conomiste n\u00e9erlandais Jan Tinbergen, stipulait qu\u2019il y a autant d\u2019instruments que d\u2019objectifs fix\u00e9s en politique \u00e9conomique. L\u2019essentiel demeure dans la fixation des objectifs et leur hi\u00e9rarchisation. \u00c0 la lecture des agr\u00e9gats du budget des finances publiques du Maroc, les d\u00e9penses ordinaires s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 224 milliards de DH, soit plus de 77% des d\u00e9penses budg\u00e9taires en 2019, alors que le Poste investissements repr\u00e9sente pour le m\u00eame exercice 67 milliards de DH, soit 23% des d\u00e9penses totales, ce qui est fort appr\u00e9ciable mais non suffisant pour une vraie relance de l\u2019\u00e9conomie avec une croissance p\u00e9renne.<\/p>\n<p>Celle-ci ne peut \u00eatre envisag\u00e9e dans une \u00e9conomie telle que celle du Maroc, que dans le cadre d\u2019un \u00e9largissement de l\u2019assiette de la demande int\u00e9rieure et donc de l\u2019emploi. D\u2019ailleurs, nous constatons une baisse relative du taux d\u2019activit\u00e9 au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, amplifi\u00e9e par la pand\u00e9mie en 2020, comme le montre le tableau ci-dessous.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/BMCE-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-166414\" width=\"749\" height=\"398\" srcset=\"https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/BMCE-2.jpg 672w, https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/BMCE-2-300x159.jpg 300w, https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/BMCE-2-360x191.jpg 360w\" sizes=\"auto, (max-width: 749px) 100vw, 749px\"\/><\/p>\n<p>Le budget doit traduire cette politique \u00e9conomique incitatrice \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019emploi dans le secteur priv\u00e9. Le taux de ch\u00f4mage oscille entre 9% et 10% de la population active, soit environ 1,2 million de personnes sur 12 millions d\u2019actifs. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un gisement de croissance auquel nous pouvons ajouter les 3 millions d\u2019actifs recens\u00e9s dans le secteur informel, c\u2019est alors 4,2 millions d\u2019actifs, soit 35% de la population active\u00a0! La priorit\u00e9 \u00e0 toutes les priorit\u00e9s doit \u00eatre accord\u00e9e \u00e0 cette probl\u00e9matique, car elle est nodale pour l\u2019\u00e9conomie marocaine.<\/p>\n<div class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/El-halaissi-Mfadel.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-166426\" width=\"263\" height=\"165\" srcset=\"https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/El-halaissi-Mfadel.jpg 550w, https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/El-halaissi-Mfadel-300x189.jpg 300w, https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/El-halaissi-Mfadel-360x226.jpg 360w\" sizes=\"auto, (max-width: 263px) 100vw, 263px\"\/><\/div>\n<p><strong>Par M\u2019fadel El Halaissi, directeur g\u00e9n\u00e9ral d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 en charge de l\u2019Ing\u00e9nierie, Recouvrement, D\u00e9veloppement Strat\u00e9gique et Missions Sp\u00e9cifiques de Bank of Africa .<\/strong><\/p>\n<div class=\"vw-sticky-sidebar-wrapper vw-sticky-sidebar widget_text awac-wrapper widget_text awac widget custom_html-4 textwidget custom-html-widget\">\n<p class=\"has-background c12\"><span class=\"widget-title c11\">Tribune et D\u00e9bats<\/span><\/p>\n<p>La tribune qui vous parle d\u2019une actu, d\u2019un sujet qui fait d\u00e9bat, les traite et les analyse. \u00c9conomistes et autres experts, patrons d\u2019entreprises, d\u00e9cideurs, acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile, s\u2019y prononcent et contribuent \u00e0 sa grande richesse. Vous avez votre opinion, convergente ou diff\u00e9rente. Exprimez-la et mesurez-vous ainsi \u00e0 nos tribuns et d\u00e9batteurs.<\/p>\n<p>Envoyez vos analyses \u00e0 : <a href=\"\/cdn-cgi\/l\/email-protection#563539382237352216353e373a3a33383133783b37\"><span class=\"__cf_email__\" data-cfemail=\"b2d1dddcc6d3d1c6f2d1dad3deded7dcd5d79cdfd3\">[email\u00a0protected]<\/span><\/a>, en pr\u00e9cisant votre nom, votre pr\u00e9nom et votre m\u00e9tier.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: challenge<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/croissance-economique-et-rationalisation-des-choix-budgetaires-cas-du-maroc-tribune-166405\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Projet de Loi de Finances 2021 vient d\u2019\u00eatre adopt\u00e9, exprimant la volont\u00e9 de l\u2019\u00c9tat dans toutes ses composantes \u00e0 en faire un budget de relance \u00e9conomique et de r\u00e9formes sociales. La cr\u00e9ation du \u00ab\u00a0Fonds Mohammed VI pour l\u2019investissement\u00a0\u00bb, dot\u00e9 d\u2019un budget de 45 milliards de DH et d\u2019une personnalit\u00e9 morale constituera le principal levier [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1787,"featured_media":105641,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[78,54],"tags":[],"class_list":["post-105640","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-economie","category-maroc"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/105640","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1787"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=105640"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/105640\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=105640"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=105640"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=105640"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}