{"id":106381,"date":"2020-12-03T16:18:02","date_gmt":"2020-12-03T21:18:02","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/covid-19-comment-lafrique-a-dejoue-les-pronostics\/"},"modified":"2020-12-03T16:18:02","modified_gmt":"2020-12-03T21:18:02","slug":"covid-19-comment-lafrique-a-dejoue-les-pronostics","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/covid-19-comment-lafrique-a-dejoue-les-pronostics\/","title":{"rendered":"Covid-19 : comment l\u2019Afrique a d\u00e9jou\u00e9 les pronostics ?"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019Afrique peut jusque-l\u00e0 se targuer de bons r\u00e9sultats vu sa r\u00e9silience face au nouveau coronavirus.Au d\u00e9but de la pand\u00e9mie, l\u2019OMS et plusieurs autres organisations internationales pr\u00e9disaient le \u00ab pire \u00bb pour le continent. Mais dix mois apr\u00e8s l\u2019apparition du premier cas, pr\u00e9cis\u00e9ment en Egypte, l\u2019Afrique enregistre un peu plus de deux millions de patients et pr\u00e8s de 52.000 d\u00e9c\u00e8s. Le bilan mondial s\u2019\u00e9tablit \u00e0 64 millions de cas et pr\u00e8s de 1,5 million de morts.<\/p>\n<p>Ces scores contrastent avec les syst\u00e8mes de sant\u00e9 fragiles des pays d\u2019Afrique subsaharienne. Ces derniers se r\u00e9jouissent pourtant d\u2019une tendance baissi\u00e8re des cas ces derniers mois. Au m\u00eame moment, plusieurs pays europ\u00e9ens sont entr\u00e9s dans leur deuxi\u00e8me vague de contaminations, certains m\u00eame ayant reconfin\u00e9 leurs populations.<\/p>\n<p>Expert en sant\u00e9 publique, le S\u00e9n\u00e9galais Pape Moussa Thior a longtemps d\u00e9fendu la th\u00e9orie du \u00ab laisser le virus circuler \u00bb\u00a0dans la soci\u00e9t\u00e9 pour obtenir une \u00ab immunit\u00e9 collective \u00bb.\u00a0Il croit aujourd\u2019hui que ce ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019installe progressivement dans cette partie du continent, d\u2019o\u00f9 l\u2019att\u00e9nuation de la virulence de la Covid-19.\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab Probablement, les populations vivant dans ces zones de l\u2019Afrique subsaharienne ont \u00e9t\u00e9 pendant longtemps, et certainement bien avant l\u2019arriv\u00e9e du coronavirus, en contact avec des microbes ayant une parent\u00e9 antig\u00e9nique avec le coronavirus. Une situation qui favoriserait une immunit\u00e9 crois\u00e9e qui a d\u00fb beaucoup contribuer \u00e0 l\u2019atteinte de cet \u00e9tat d\u2019immunit\u00e9 collective \u00bb, explique \u00e0 APA l\u2019ancien coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) du S\u00e9n\u00e9gal dont les sorties ont soulev\u00e9 derni\u00e8rement une arm\u00e9e de contradicteurs.<\/p>\n<p>Plusieurs hypoth\u00e8ses<\/p>\n<p>En plus de la pr\u00e9sence miroitante sur le continent de maladies comme le paludisme et la tuberculose, l\u2019existence en Afrique de familles de coronavirus pourraient constituer des \u00e9l\u00e9ments explicatifs de la r\u00e9sistance des Africains face \u00e0 l\u2019\u00e9pid\u00e9mie, selon le docteur Thior. Selon lui, la jeunesse de la population, le climat, l\u2019ensoleillement et l\u2019environnement peuvent \u00e9galement \u00eatre des \u00ab \u00e9l\u00e9ments contributifs de cette faible virulence \u00bb.<\/p>\n<p>Pour le praticien s\u00e9n\u00e9galais, l\u2019exp\u00e9rience africaine dans la gestion des \u00e9pid\u00e9mies a sans doute \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminante dans la lutte contre la maladie. \u00ab Les techniciens et experts de l\u2019Afrique sont constamment sollicit\u00e9s par les \u00e9pid\u00e9mies et situations d\u2019urgence complexes. Ils ont de ce fait d\u00e9velopp\u00e9 au fil du temps des comp\u00e9tences remarquables dans la gestion des \u00e9pid\u00e9mies \u00bb, argumente t-il.\u00a0<\/p>\n<p>Souleymane Mboup, \u00e9minent microbiologiste s\u00e9n\u00e9galais et pr\u00e9sident de l\u2019Institut de recherche en sant\u00e9, de surveillance \u00e9pid\u00e9miologique et de formation (Iressef) prend toutefois le contre-pied de son coll\u00e8gue m\u00e9decin. Pour lui, si le continent a \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9 par la premi\u00e8re vague c\u2019est parce qu\u2019il \u00ab a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience des pays d\u2019Asie et d\u2019Europe \u00bb, en plus des strat\u00e9gies mises en place par les Etats \u00ab qui ont bien fonctionn\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Mais si plusieurs pays d\u2019Afrique subsaharienne entrevoient l\u2019espoir, d\u2019autres en Afrique du nord sont toujours inquiets face \u00e0 la progression du virus. Hormis l\u2019Afrique du Sud qui a d\u00e9nombr\u00e9 plus d\u2019un tiers des d\u00e9c\u00e8s (+21.000) sur le continent, le tableau montre que les pays maghr\u00e9bins comptent le plus de cas et de morts dus \u00e0 la pand\u00e9mie. L\u2019Alg\u00e9rie, l\u2019Egypte, la Lybie, le Maroc et la Tunisie totalisent \u00e0 eux seuls pr\u00e8s de 740.000 contamin\u00e9s et plus de 19.000 d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p>Contraste \u00e9pid\u00e9miologique<\/p>\n<p>L\u2019explication, selon Dr Thior, est que ces pays de m\u00eame que l\u2019Afrique australe \u00ab n\u2019appartiennent pas au m\u00eame bloc \u00e9pid\u00e9miologique que l\u2019Afrique au sud du Sahara. Le climat y est tr\u00e8s diff\u00e9rent et certaines maladies tropicales comme le paludisme y sont beaucoup moins pr\u00e9valentes. Cela dit, il faut aussi noter que le niveau d\u2019infection de ces zones d\u2019Afrique sont tr\u00e8s loin de ceux observ\u00e9s en Europe et en Am\u00e9rique \u00bb, insiste t-il.\u00a0<\/p>\n<p>Mais en d\u00e9pit de la tendance baissi\u00e8re, la maladie rebondit l\u00e9g\u00e8rement dans certains pays \u00e0 l\u2019image du S\u00e9n\u00e9gal. Ces derniers jours, ce pays d\u2019Afrique de l\u2019ouest enregistre entre 20 et 60 cas positifs quotidiens, contre une dizaine les derni\u00e8res semaines. Cette situation inqui\u00e8te le pr\u00e9sident Macky Sall, notant que l\u2019arriv\u00e9e d\u2019une \u00e9ventuelle seconde vague serait \u00ab insupportable pour l\u2019\u00e9conomie \u00bb\u00a0nationale. Malgr\u00e9 les r\u00e9sultats \u00ab appr\u00e9ciables \u00bb\u00a0(16.000 cas sur plus de 330 d\u00e9c\u00e8s), le chef d\u2019Etat appelle \u00e0 un meilleur respect des gestes barri\u00e8res.<\/p>\n<p>Pourtant obligatoire dans plusieurs endroits, le port du masque par exemple n\u2019est pas respect\u00e9 par une grande partie de la population. Le non-respect de la distanciation physique est venu s\u2019ajouter au rel\u00e2chement constat\u00e9 dans les espaces qui accueillent du monde, notamment les transports en commun et les march\u00e9s. C\u2019est d\u2019ailleurs un facteur de l\u2019augmentation des nouvelles contaminations dans le pays, nonobstant les conditions climatiques favorables, note Pr Oumar Faye, ancien directeur de la Sant\u00e9 du S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<p>Cette nouvelle situation \u00e9pid\u00e9miologique a fait \u00e9galement r\u00e9agir le patron de de l\u2019Iressef, Souleymane Mboup, dont l\u2019\u00e9tablissement est un des laboratoires choisis pour faire les tests virologiques. Invit\u00e9 samedi dernier \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision nationale RTS, l\u2019\u00e9pid\u00e9miologiste a d\u00e9clar\u00e9 que \u00ab le S\u00e9n\u00e9gal doit se pr\u00e9parer s\u00e9rieusement \u00e0 une seconde vague \u00bb, conseillant d\u2019embl\u00e9e \u00e0 son pays de renforcer les mesures prises jusqu\u2019ici pour mieux faire face \u00e0 cette \u00e9ventualit\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019Afrique et la 2e vague<\/p>\n<p>C\u2019est une hypoth\u00e8se qui ne doit pas \u00eatre \u00e9cart\u00e9e pour lui. Il fonde son inqui\u00e9tude, notamment, \u00a0sur le mouvement des populations qui arrivent parfois avec de \u00ab faux tests \u00bb,\u00a0la circulation du virus dans la sous-r\u00e9gion et le d\u00e9but d\u2019une seconde vague dans certains pays d\u2019Afrique. La presse locale rapporte d\u2019ailleurs que le contr\u00f4le sanitaire de l\u2019A\u00e9roport international Blaise Diagne (AIBD), pr\u00e8s de Dakar, a d\u00e9tect\u00e9 le 28 novembre dernier, \u00ab 23 faux tests sur des passagers de nationalit\u00e9s nig\u00e9riane et ivoirienne \u00bb. Ils ont \u00e9t\u00e9 par la suite interpell\u00e9s par la police a\u00e9roportuaire.<\/p>\n<p>Le docteur Thior, lui, \u00ab ne croit pas \u00e0 l\u2019av\u00e8nement \u00bb\u00a0d\u2019une seconde vague, comme une grande partie des citoyens africains. Mais il conseille de \u00ab continuer \u00e0 rester vigilant \u00bb et \u00ab renforcer la surveillance \u00e9pid\u00e9miologique \u00bb vu qu\u2019on peut assister \u00e0 une mutation du coronavirus \u00ab qui remettrait en cause beaucoup de certitudes de nos jours \u00bb.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019au d\u00e9but de la pand\u00e9mie des Etats africains avaient pris des mesures fortes comme la fermeture de leurs fronti\u00e8res, l\u2019instauration d\u2019un couvre-feu ou d\u2019un confinement pour freiner la propagation de la Covid-19, le sp\u00e9cialiste s\u00e9n\u00e9galais avait carr\u00e9ment marqu\u00e9 son opposition. Aujourd\u2019hui, le mot d\u2019ordre pour les pays africains doit \u00eatre, selon lui, de tirer profit de leur avantage comparatif.<\/p>\n<p>Ainsi, pr\u00e9conise-t-il, \u00ab l\u2019\u00e9conomie ne doit en aucun cas souffrir plus que de raison de cette situation. La Covid-19 est d\u00e9j\u00e0 assez appauvrissante comme maladie. Si cette situation d\u2019immunit\u00e9 collective se confirme, on n\u2019aura pas besoin de se ruiner pour acheter des vaccins \u00bb\u00a0dont le co\u00fbt de l\u2019acquisition est estim\u00e9 par l\u2019OMS \u00e0 5,7 milliards de dollars, soit plus de 3000 milliards FCFA.<\/p>\n<p>Auteur: APA News<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.journalducameroun.com\/covid-19-comment-lafrique-a-dejoue-les-pronostics\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Afrique peut jusque-l\u00e0 se targuer de bons r\u00e9sultats vu sa r\u00e9silience face au nouveau coronavirus.Au d\u00e9but de la pand\u00e9mie, l\u2019OMS et plusieurs autres organisations internationales pr\u00e9disaient le \u00ab pire \u00bb pour le continent. 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