{"id":106454,"date":"2020-12-03T18:04:29","date_gmt":"2020-12-03T23:04:29","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-paradoxe-de-linclusion-financiere-au-burkina-faso-quand-les-pauvres-financent-les-riches\/"},"modified":"2020-12-03T18:04:29","modified_gmt":"2020-12-03T23:04:29","slug":"le-paradoxe-de-linclusion-financiere-au-burkina-faso-quand-les-pauvres-financent-les-riches","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-paradoxe-de-linclusion-financiere-au-burkina-faso-quand-les-pauvres-financent-les-riches\/","title":{"rendered":"Le paradoxe de l\u2019inclusion financi\u00e8re au Burkina Faso : Quand les pauvres financent les riches"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\" readability=\"32\"><a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/paradox.jpg\" data-caption=\"YAMEOGO Cl&#xE9;ment Roger D&#xE9;mographe Economiste Cabinet CERYA\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"476\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/paradox-696x476.jpg\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/paradox-696x476.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/paradox-300x205.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/paradox-768x525.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/paradox-150x103.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/paradox-218x150.jpg 218w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/paradox-615x420.jpg 615w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/paradox.jpg 780w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" alt=\"\" title=\"paradox\"\/><\/a>YAMEOGO Cl\u00e9ment Roger D\u00e9mographe Economiste Cabinet CERYA<\/div>\n<p><strong>L\u2019\u00e9conomiste-d\u00e9mographe, Cl\u00e9ment Yam\u00e9ogo, \u00e0 travers les lignes qui suivent, donne sa lecture sur l\u2019inclusion financi\u00e8re au Burkina Faso. Il constate que dans un pays sous contraintes de financements des op\u00e9rateurs \u00e9conomiques, le Burkina d\u00e9gage paradoxalement des exc\u00e9dents de liquidit\u00e9s au profit des autres banques de l\u2019UEMOA.<\/strong><\/p>\n<p>Ces derniers temps, l\u2019inclusion financi\u00e8re est revenue au sein du d\u00e9bat \u00e9conomique. C\u2019est un moyen par lequel une masse critique de population pauvre peut acc\u00e9der \u00e0 la monnaie et aux services financiers pour mener des activit\u00e9s \u00e9conomiques et sortir ainsi de la pauvret\u00e9. En effet, l\u2019\u00e9tat de pauvret\u00e9 est une situation de personnes ou de groupe de personnes d\u00e9pourvues de ressources minimales pour vivre. Cette cat\u00e9gorie se retrouve hors du circuit \u00e9conomique, soit par manque de ressources financi\u00e8res, soit par manque de ressources relationnelles, soit par manque de talents ou qualifications professionnelles valorisables sur le march\u00e9 du travail permettant d\u2019obtenir des revenus mon\u00e9taires.<\/p>\n<p>La masse des pauvres grandissant, pourrait, \u00e0 terme, \u00eatre source de conflits sociaux pr\u00e9judiciables \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre social d\u2019o\u00f9 l\u2019id\u00e9e de d\u00e9veloppement de l\u2019inclusion financi\u00e8re afin de favoriser une participation de tous \u00e0 l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique. La Banque mondiale1, la BCEAO et la coop\u00e9ration bi ou multi lat\u00e9rale, les \u00e9conomistes se sont investis dans cette probl\u00e9matique. Seulement, ces nombreuses approches mettent l\u2019accent sur les indicateurs comme le taux de bancarisation, l\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit, le r\u00f4le de la micro finance, le transfert des fonds, toute approches qui font le point de l\u2019\u00e9tat des lieux.<\/p>\n<p>De cette probl\u00e9matique, nous estimons qu\u2019il faut \u00e9galement rechercher les bases de l\u2019inclusion financi\u00e8re dans la th\u00e9orie \u00e9conomique. Cela permettra non seulement d\u2019am\u00e9liorer sensiblement les politiques, mais aussi de se rendre compte qu\u2019au Burkina Faso, c\u2019est plut\u00f4t, le syst\u00e8me bancaire qui nous exclut, par les exc\u00e9dents structurels de liquidit\u00e9s qu\u2019il g\u00e9n\u00e8re au profit des autres pays. Dans ces conditions que faire ?<\/p>\n<p>1 En rappel, l\u2019inclusion \u00e9conomique a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e par les diff\u00e9rents courants de pens\u00e9es \u00e9conomiques2 dont physiocrates, les \u00e9conomistes classiques, Karl Marx et surtout les post-Keyn\u00e9siens3.<\/p>\n<p>Chez les physiocratiques (Fran\u00e7ois Quesnay) et les classiques de la tradition de Adam Smith-David Ricardo, le fonctionnement de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique \u00e9tait anim\u00e9 sch\u00e9matiquement par trois classes \u00e0 savoir, les propri\u00e9taires fonciers, les entrepreneurs, les ouvriers :<br \/>\u00b7 Les propri\u00e9taires fonciers pour la location de leur terre aux entrepreneurs re\u00e7oivent en contrepartie une rente fonci\u00e8re tir\u00e9e de la production ;<br \/>\u00b7 Les ouvriers per\u00e7oivent des entrepreneurs un salaire naturel qui leur permet de vivre et reproduire la force de travail ;<br \/>\u00b7 Les entrepreneurs-capitalistes per\u00e7oivent le profit de l\u2019activit\u00e9. Ainsi, tout le monde serait inclus dans l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Seulement, le mod\u00e8le connait des limites. La croissance de la population entraine une augmentation de la demande de produit alimentaire. Cette demande additionnelle est satisfaire par la mise en valeur de terres marginales ou moins fertiles, avec pour cons\u00e9quence une baisse des taux de profit et partant de la croissance \u00e9conomique en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>2 Karl Mark fut un critique de l\u2019\u00e9cole classique et de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, mais fondamentalement sur le plan \u00e9conomique, il resta proche d\u2019eux. Il distingue dans le fonctionnement \u00e9conomique principalement deux classes, ceux qui poss\u00e8dent les moyens de productions ou capitalistes, de ceux qui ne poss\u00e8dent que leur force de travail \u00e0 vendre pour vivre, les ouvriers. Dans le processus de production, les capitalistes r\u00e9mun\u00e8rent les ouvriers au salaire naturel tout juste bon pour la reproduction de la force de travail.<\/p>\n<p>La diff\u00e9rence avec la production globale appel\u00e9e plus-value est accapar\u00e9e par les capitalistes pour r\u00e9investir et en tirer plus de profit. La plus-value \u00e9tant concentr\u00e9e entre les mains d\u2019une minorit\u00e9 de capitalistes face \u00e0 une majorit\u00e9 de salari\u00e9s sans pouvoir d\u2019achat suffisant, il s\u2019en suit donc des crises de surproduction. La paup\u00e9risation des travailleurs les conduit \u00e0 s\u2019organiser pour prendre par la force ou la r\u00e9volution les moyens de production. Ainsi, ils instaureront la dictature du prol\u00e9tariat ou l\u2019organisation de la soci\u00e9t\u00e9 sans classe.<\/p>\n<p>A l\u2019Etat r\u00e9volutionnaire d\u2019organiser la production abondamment pour tous, o\u00f9 \u00e0 terme chacun sera satisfait selon ses besoins. A l\u2019exp\u00e9rience, le pessimisme de Karl Marx et des classiques fut vaincu : le capitalisme a montr\u00e9 une extraordinaire capacit\u00e9 de r\u00e9silience aux crises \u00e9conomiques ; \u00e0 l\u2019inverse un si\u00e8cle d\u2019exp\u00e9rience du socialo-communisme a conduit \u00e0 l\u2019effondrement du syst\u00e8me communiste qui s\u2019est \u00e9loign\u00e9 de la terre promise de Karl Max.<\/p>\n<p>3 Les post-keyn\u00e9siens ont repris le flambeau de John Maynard Keynes pour avancer que c\u2019est moins l\u2019antagonisme des classes sociales qui bloque la croissance, mais plut\u00f4t le r\u00f4le et jeux des principaux acteurs \u00e9conomiques qui sont en cause ; c\u2019est ainsi qu\u2019ils distinguent<\/p>\n<p>4 intervenants principaux :<br \/>\u00b7 les entrepreneurs qui prennent l\u2019initiative de la production des biens et services sur la base d\u2019un profit positif anticip\u00e9 ;<br \/>\u00b7 les banquiers qui ont le monopole de la finance et dont le r\u00f4le majeur est de financer les demandes d\u2019avances des entrepreneurs;<br \/>\u00b7 les travailleurs qui louent leur talent aux entrepreneurs pour la production ;<br \/>\u00b7 l\u2019Etat qui a une fonction de r\u00e9gulation mais qui doit intervenir en cas de crise qui menacent le syst\u00e8me \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Il apparait \u00e9vident que l\u2019inclusion financi\u00e8re passe par des p\u00f4les de d\u00e9cisions \u00e9conomiques qui permettent inclusion de tous. En effet, les entrepreneurs ne s\u2019endettent pas pour adopter le comportement de l\u2019ouvrier de la Bible 4 qui apr\u00e8s avoir pris le talent du Seigneur, l\u2019a enterr\u00e9 et le lui a remis intact \u00e0 son prochain passage. Les entrepreneurs s\u2019endettent pour faire circuler la monnaie. Si un boulanger obtient de sa banque 500 millions de F CFA, cette somme sera convertie en loyers, en \u00e9quipements, en salaires, en somme en revenus distribu\u00e9s tout le long du circuit \u00e9conomique. Les salari\u00e9s utilisent les revenus de leur travail pour racheter en retour les biens produits et offerts sur le march\u00e9.<\/p>\n<p>Les entrepreneurs font ainsi des recettes, remboursent le cr\u00e9dit avec les int\u00e9r\u00eats aux banquiers et gardent le profit pour l\u2019ouverture d\u2019un nouveau cycle de production.<br \/>Ainsi au c\u0153ur du circuit \u00e9conomique et de l\u2019inclusion post-keyn\u00e9sienne, se trouve le syst\u00e8me bancaire dont la validation des anticipations des entrepreneurs dynamise l\u2019\u00e9conomie ; \u00e0 l\u2019inverse si la banque refuse les avances, il va de soi que l\u2019\u00e9conomie sera en panne.<\/p>\n<p>4 Dans ce cadre quelle est la situation au Burkina Faso ?<br \/>Les banques burkinab\u00e8 participent \u00e0 l\u2019investissement national certes ; seulement, leur jeu au sein du march\u00e9 interbancaire de l\u2019UEMOA, laisse percevoir des possibilit\u00e9s additionnelles de financement au profit de l\u2019\u00e9conomie nationale. En effet, les banques du Burkina s\u2019illustrent par leurs surliquidit\u00e9s structurelles. Ces exc\u00e9dents du Burkina Faso sont valoris\u00e9s dans les autres pays de l\u2019UEMOA, paradoxalement dans un pays sous contraintes de financements des op\u00e9rateurs \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>En effet, sur les compartiments au jour le jour, \u00e0 une semaine, un mois, un trimestre etc; le Burkina d\u00e9gage des exc\u00e9dents de liquidit\u00e9s au profit des autres banques de l\u2019UEMOA. A titre indicatif en 2020 :<br \/>dans la semaine du 28 septembre 05 octobre, il est enregistr\u00e9 57 milliards 009 millions d\u2019exc\u00e9dents ;<br \/>dans la semaine du 30 juin au 06 juillet, 80, milliards 800 millions d\u2019exc\u00e9dents ;<br \/>dans la semaine du 2 juin au 8 juin, 111 milliards 800 millions d\u2019exc\u00e9dents ;<br \/>dans la semaine du 26 mai au juin au 8 juin, 143 milliards 300 millions d\u2019exc\u00e9dents.<br \/>Le tableau ci-apr\u00e8s donne une petite id\u00e9e des exc\u00e9dents de quelques semaines du Burkina entre 2020 et 2017 :<br \/>En compulsant les statistiques du march\u00e9 mon\u00e9taire sur les 134 semaines d\u2019activit\u00e9s de septembre 2020 \u00e0 octobre 2017, il apparait que c\u2019est sur seulement 7 semaines que le Burkina est d\u00e9ficitaire de quelques milliards de F CFA.<\/p>\n<p>Dans 95% des cas, les banques burkinab\u00e8 d\u00e9gagent des exc\u00e9dents de liquid\u00e9s qui profitent plus \u00e0 la croissance des autres pays qu\u2019au Burkina Faso. Cela est une constante structurelle du syst\u00e8me bancaire burkinab\u00e8 depuis plus de 40 ans que le march\u00e9 mon\u00e9taire existe. Comment un pays peut-il se d\u00e9velopper, si au jour le jour, il \u00ab exporte \u00bb sa force de travail1 et ses liquidit\u00e9s au profit des autres pays ?<\/p>\n<p>5 Or le d\u00e9veloppement \u00e9conomique c\u2019est-\u00e0-dire le bien-\u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 pour tous avec comme support une transformation des mentalit\u00e9s suppose :<br \/>-une croissance \u00e9conomique soutenue par une augmentation de la cr\u00e9ation des richesses ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e.<br \/>-une croissance soutenue suppose \u00e0 son tour l\u2019investissement c\u2019est-\u00e0-dire une transformation des liquidit\u00e9s en cr\u00e9ation des biens et services. Or, si toutes les surliquidit\u00e9s nationales ne sont pas utilis\u00e9es par l\u2019investissement national, toute croissance devient illusoire ou du moins se maintient \u00e0 un niveau en de\u00e7\u00e0 de son potentiel.<\/p>\n<p>L\u2019utilisation des liquidit\u00e9s nationales participe de l\u2019inclusion financi\u00e8re ch\u00e8re \u00e0 la BCEAO, moyen par lequel tous les acteurs au passage peuvent capturer un revenu mon\u00e9taire par int\u00e9gration \u00e0 l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique. Seulement, dans la pratique, le syst\u00e8me bancaire burkinab\u00e8 semble exclure ou du moins int\u00e8gre les op\u00e9rateurs \u00e9conomiques \u00e0 un niveau en de\u00e7\u00e0 de son potentiel, si bien qu\u2019on ne peut pas r\u00e9sorber le ch\u00f4mage grandissant.<\/p>\n<p>6 Dans ce contexte, qui sont les gagnants et les perdants ?<br \/>Les b\u00e9n\u00e9ficiaires des surliquidit\u00e9s burkinab\u00e8 sont les banques nationales exc\u00e9dentaires, les autres banques de l\u2019UEMOA, les op\u00e9rateurs \u00e9conomiques des autres pays de l\u2019UEMOA.<br \/>En effet, les banques burkinab\u00e8 en pla\u00e7ant leurs surliquidit\u00e9s r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es garanties par la BCEAO, re\u00e7oivent des int\u00e9r\u00eats moyens pond\u00e9r\u00e9s pouvant aller de 2,5% \u00e0 6,5% selon les situations, les ann\u00e9es et les termes. Ce qui constitue une rente sans risque pour les banques burkinab\u00e8.<br \/>Les autres banques de l\u2019UEMOA qui ont acc\u00e8s aux ressources exc\u00e9dentaires des banques du Burkina augmentent leur capacit\u00e9 d\u2019intervention, contre naturellement des int\u00e9r\u00eats qu\u2019elles tirent de ces op\u00e9rations. Leurs offres auraient \u00e9t\u00e9 moins importantes sans l\u2019apport des Burkinab\u00e8, et elles auraient r\u00e9alis\u00e9 moins de profits. Les op\u00e9rateurs \u00e9conomiques des autres pays de l\u2019UEMOA per\u00e7oivent plus d\u2019avances de leurs banques ; ils dynamisent leurs affaires sur les fonds burkinab\u00e8.<\/p>\n<p>Les contributions des liquidit\u00e9s burkinab\u00e9 accroissent l\u2019offre de monnaie dans leur pays et de ce fait peut avoir pour effet, soit une stabilisation des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat au profit des op\u00e9rateurs \u00e9trangers, soit m\u00eame une baisse de ces taux. A l\u2019inverse, les perdants sont les op\u00e9rateurs \u00e9conomiques du Burkina et de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale l\u2019\u00e9conomie nationale burkinab\u00e8.<\/p>\n<p>En effet, la surliquidit\u00e9 nationale neutralis\u00e9e au profit des autres pays, r\u00e9duit l\u2019offre de fonds pr\u00eatables, et de ce fait peut conduire \u00e0 une hausse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat d\u00e9biteurs \u00e0 la charge des op\u00e9rateurs \u00e9conomiques nationaux. Cette hausse probable des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat aura pour cons\u00e9quence une augmentation de la charge de la dette, se r\u00e9percutant sur une augmentation des prix des produits nationaux, et conduisant par ricochet \u00e0 une perte de comp\u00e9titivit\u00e9 nationale. Au niveau national, tous les acteurs \u00e9conomiques perdent au change \u00e0 l\u2019exception des banques nationales.<\/p>\n<p>Dans ces conditions, un proverbe moaaga dit que m\u00eame si l\u2019enfant ne pleure pas, il a besoin de sa m\u00e8re. Si on compile le nombre de m\u00e9moires, th\u00e8ses, articles de presse, s\u00e9minaires, ateliers sur les contraintes de financement au Burkina Faso, on peut avoir facilement la taille d\u2019au moins trois \u00e9l\u00e9phants superpos\u00e9s. Comme le dit si bien le Pr Bado Laurent, au Burkina Faso, on meurt de soif au milieu de l\u2019eau ; au Pr Ra-Sablga Seydou Ou\u00e9draogo de l\u2019Institut FREE AFRIK de souligner la faiblesse de la qualit\u00e9 du d\u00e9bat public.<\/p>\n<p>Ils ont tous raison. Concernant la monnaie, un auteur disait \u00ab la monnaie est comme le sexe, quelque chose qu\u2019on utilise tous les jours, mais dont on a honte d\u2019en parler \u00bb. Les Camerounais, avec tout l\u2019humour dont ils ont le secret, disent que l\u2019argent n\u2019aime pas le bruit. Cette posture sociale honteuse vis-\u00e0-vis de la monnaie par la communaut\u00e9 humaine, semble avoir \u00e9cart\u00e9 la monnaie du d\u00e9bat public.<\/p>\n<p>Or, vu son importance dans une \u00e9conomie mon\u00e9taire comme l\u2019essence de toute activit\u00e9 \u00e9conomique et des biens et services, il y a lieu d\u2019en d\u00e9battre, car les surliquidit\u00e9s bancaires du Burkina sont en dernier ressort et en grande partie la propri\u00e9t\u00e9 des d\u00e9posants, et non uniquement compos\u00e9es du capital des banques. On est en droit de s\u2019attendre \u00e0 une utilisation maximale des surliquidit\u00e9s au profit de l\u2019\u00e9conomie nationale d\u2019abord.<br \/>Pour nous r\u00e9sumer :<br \/>Au c\u0153ur de la croissance \u00e9conomique se trouve l\u2019investissement ;<br \/>L\u2019investissement est la transformation des liquidit\u00e9s mon\u00e9taires en biens et services ;<br \/>le premier facteur permissif de l\u2019investissement est la mise des liquidit\u00e9s aux entrepreneurs par les banques apr\u00e8s avoir estim\u00e9 leur risque partag\u00e9.<br \/>Au Burkina Faso, les banques financent l\u2019\u00e9conomie nationale certes ; seulement, les surliquidit\u00e9s bancaires structurelles sur le long terme ne sont pas de nature \u00e0 favoriser une pleine inclusion financi\u00e8re.<\/p>\n<p>Au contraire, on assiste \u00e0 une sorte d\u2019exclusion mon\u00e9taire par l\u2019importance des montants plac\u00e9s sur les autres pays, alors que les op\u00e9rateurs \u00e9conomiques nationaux en souffrent.<br \/>Le choix est entre :<br \/>-soit le laisser aller laisser faire, qui consiste \u00e0 enrichir les autres et r\u00e9duire les opportunit\u00e9s de croissance au Burkina et augmenter la pauvret\u00e9 au Burkina,<br \/>-soit entreprendre des actions de l\u2019introversion financi\u00e8re au profit de l\u2019\u00e9conomie nationale.<br \/>Dans ces conditions, revient la grande question de L\u00e9nine : \u00ab Que faire ? \u00bb Tel sera l\u2019objet de notre prochaine analyse.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone wp-image-30277\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/er-300x122.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"248\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/er-300x122.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/er-1024x416.jpg 1024w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/er-768x312.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/er-150x61.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/er-696x283.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/er-1033x420.jpg 1033w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/er.jpg 1065w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\"\/><\/p>\n<hr\/>\n<p>1 Web site World Bank: Overview: National Financial Inclusion Strategies<\/p>\n<p>2 Mark Blaug : La pens\u00e9e \u00e9conomique, origine et d\u00e9veloppement Ed ECONOMICA 1981<br \/>3 J. Leonard : Monnaie, production et circuit, Proposition pour une interpr\u00e9tation th\u00e9orique, Economie et Soci\u00e9t\u00e9, s\u00e9rie monnaie et production N \u00b01, 1984, p73-111<br \/>4 Mathieu 25 verset 24-25<br \/>1 https:\/\/countrymeters.info\/fr\/Burkina_Faso<\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom tdi_32_cb3 td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-27454\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/PUB-Bandeau-paiement-mobile-siteweb.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2020\/12\/03\/le-paradoxe-de-linclusion-financiere-au-burkina-faso-quand-les-pauvres-financent-les-riches\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>YAMEOGO Cl\u00e9ment Roger D\u00e9mographe Economiste Cabinet CERYA L\u2019\u00e9conomiste-d\u00e9mographe, Cl\u00e9ment Yam\u00e9ogo, \u00e0 travers les lignes qui suivent, donne sa lecture sur l\u2019inclusion financi\u00e8re au Burkina Faso. Il constate que dans un pays sous contraintes de financements des op\u00e9rateurs \u00e9conomiques, le Burkina d\u00e9gage paradoxalement des exc\u00e9dents de liquidit\u00e9s au profit des autres banques de l\u2019UEMOA. Ces derniers [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/paradox-696x476.jpg","fifu_image_alt":"Le paradoxe de l\u2019inclusion financi\u00e8re au Burkina Faso : Quand les pauvres financent les riches","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-106454","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106454","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=106454"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106454\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=106454"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=106454"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=106454"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}