{"id":106531,"date":"2020-12-06T04:30:00","date_gmt":"2020-12-06T09:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/en-mal-de-fonds\/"},"modified":"2020-12-06T04:30:00","modified_gmt":"2020-12-06T09:30:00","slug":"en-mal-de-fonds","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/en-mal-de-fonds\/","title":{"rendered":"En mal de fonds"},"content":{"rendered":"<div id=\"originalText\" readability=\"131\">\n<p><strong>Le secteur bancaire national reste marqu\u00e9 par l\u2019archa\u00efsme de la gestion, les mauvaises cr\u00e9ances et les crises r\u00e9currentes de liquidit\u00e9s. \u00c0 d\u00e9faut de r\u00e9formes structurelles, le gouvernement pr\u00e9voit de privatiser partiellement deux banques d\u2019\u00c9tat \u00e0 travers la Bourse d\u2019Alger. Une option complexe et \u00e0 l\u2019issue incertaine.<\/strong><\/p>\n<p>Le gouvernement remet sur le tapis l\u2019ouverture du capital des banques publiques. Cette op\u00e9ration se fera \u00e0 travers le march\u00e9 boursier tout compte fait et concernera deux \u00e9tablissements bancaires seulement. Ces pr\u00e9cisions, apport\u00e9es la semaine derni\u00e8re par le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, sont de taille car, rappelons-le, les critiques pleuvaient comme \u00e0 Gravelotte, invoquant tant\u00f4t un choix \u00e0 risque eu \u00e9gard aux cr\u00e9ances qui gr\u00e8vent la tr\u00e9sorerie des banques, tant\u00f4t une qu\u00eate d\u2019une alternative \u00e0 la planche \u00e0 billets capable de remettre les banques \u00e0 flot.<\/p>\n<p>D\u2019autres \u00e9conomistes y voyaient plut\u00f4t une alternative incontournable compte tenu de la situation alarmante dans laquelle se d\u00e9battent les banques publiques. Cette id\u00e9e de mettre en Bourse les \u00e9tablissements bancaires et les entreprises publiques remonte \u00e0 2015, au lendemain du crash p\u00e9trolier de la mi-2014, lorsque l\u2019\u00c9tat \u00e9tait tourn\u00e9 vers le march\u00e9 financier, qu\u00eatant de l\u2019argent frais et un second souffle en mati\u00e8re de management.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait urgent de donner des perspectives sur la gestion des \u00e9tablissements \u00e9conomiques et bancaires publics, alors que la liquidit\u00e9 bancaire \u00e9voluait \u00e0 la baisse et la marge de man\u0153uvre budg\u00e9taire de l\u2019Ex\u00e9cutif se r\u00e9tr\u00e9cissait comme une peau de chagrin. Aussit\u00f4t le ciel du march\u00e9 p\u00e9trolier s\u2019\u00e9claircit, aussit\u00f4t l\u2019id\u00e9e d\u2019introduire huit entreprises publiques en Bourse \u2014 le CPA et la Caar en faisaient partie \u2014 fut abandonn\u00e9e.<\/p>\n<p>Quelques ann\u00e9es plus tard, alors que la crise de liquidit\u00e9 ressurgissait d\u00e8s la mise en veilleuse de la planche \u00e0 billets, qui avait permis, pour rappel, de renflouer nombre d\u2019\u00e9tablissements financiers et non financiers, le gouvernement Djerad reprend \u00e0 son compte les recettes des pr\u00e9c\u00e9dents Ex\u00e9cutifs et propose d\u2019ouvrir, via la Bourse, le capital de deux banques publiques. Omar Berkouk, analyste financier, contact\u00e9 par Libert\u00e9, qualifie de \u201clouable\u201d cet objectif de diversification des ressources financi\u00e8res que l\u2019Ex\u00e9cutif s\u2019est fix\u00e9 depuis peu. Cela est possible, selon lui, \u201cen redonnant vie \u00e0 la Bourse d\u2019Alger (march\u00e9 des capitaux), en d\u00e9veloppant la finance islamique (financement, \u00e9pargne et assurance) et en ouvrant le capital des banques publiques (privatisation partielle)\u201d.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, il s\u2019agit l\u00e0 \u201cd\u2019un challenge difficile en raison de l\u2019\u00e9tat dans lequel se trouve ce secteur cl\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie nationale, laiss\u00e9 en jach\u00e8re volontairement par les autorit\u00e9s durant toutes les p\u00e9riodes o\u00f9 les hydrocarbures constituaient des ressources suffisantes pour couvrir les besoins du pays\u201d, soutient Omar Berkouk.\u00a0<\/p>\n<p><strong>G\u00e9rer les mauvaises cr\u00e9ances<\/strong><br \/>S\u2019agissant de la privatisation partielle des banques publiques par augmentation du capital en Bourse d\u2019Alger, la difficult\u00e9 sera la d\u00e9termination de la valeur de ces banques, c\u2019est-\u00e0-dire la qualit\u00e9 de leurs bilans, estime l\u2019expert. \u201cCompte tenu de l\u2019importance de leurs mauvaises cr\u00e9ances et de leur faible rentabilit\u00e9, cette augmentation du capital sera tr\u00e8s dilutive pour l\u2019\u00c9tat\u201d, explique-t-il. Cette op\u00e9ration est un tr\u00e8s bon \u201cargument\u201d de dynamisation de la Bourse d\u2019Alger, soutient, en revanche, Omar Berkouk, pr\u00e9cisant qu\u2019elle pourrait lui fournir les volumes de transactions et le surcro\u00eet de capitalisation qui la rendrait attractive pour les \u00e9pargnants.<\/p>\n<p>Contact\u00e9 \u00e0 ce propos, le DG de la Bourse d\u2019Alger, Yazid Benmouhoub, n\u2019a pas voulu s\u2019exprimer, assurant qu\u2019il \u201cne disposait pas d\u2019informations \u00e0 ce sujet\u201d. Frapp\u00e9es par la crise de liquidit\u00e9 et le poids des cr\u00e9ances sur les grandes entreprises publiques et priv\u00e9es, deux banques de la place finiraient en Bourse en 2021. Se tourner vers la Bourse pour lever des fonds pourrait, n\u00e9anmoins, ne pas int\u00e9resser les \u00e9pargnants parmi les m\u00e9nages et les entreprises, dont la crise a fini par \u00e9roder le pouvoir d\u2019achat.<\/p>\n<p>D\u2019autant que cette privatisation via la Bourse n\u2019est aucunement un gage pour l\u2019am\u00e9lioration de la gestion des banques publiques. Un banquier de la place sugg\u00e8re que l\u2019\u00c9tat fasse \u201cun toilettage\u201d au sein de ses banques propos\u00e9es pour une privatisation, en mettant les cr\u00e9ances qui font courir d\u2019importants risques \u00e0 ces banques dans une entit\u00e9 pour faciliter leur rachat par l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>\u201cL\u2019\u00c9tat pourrait les racheter en injectant des liquidit\u00e9s qu\u2019il devrait cr\u00e9er au moyen de la planche \u00e0 billets\u201d, estime notre interlocuteur. Quoi qu\u2019il en co\u00fbte et quoi qu\u2019il en soit, la neutralisation des cr\u00e9ances est une condition sine qua non \u00e0 cette ouverture du capital via la Bourse car les banques publiques sont peu vendables en l\u2019\u00e9tat.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Ali Titouche<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"text_core\" readability=\"131\">\n<p><strong>Le secteur bancaire national reste marqu\u00e9 par l\u2019archa\u00efsme de la gestion, les mauvaises cr\u00e9ances et les crises r\u00e9currentes de liquidit\u00e9s. \u00c0 d\u00e9faut de r\u00e9formes structurelles, le gouvernement pr\u00e9voit de privatiser partiellement deux banques d\u2019\u00c9tat \u00e0 travers la Bourse d\u2019Alger. Une option complexe et \u00e0 l\u2019issue incertaine.<\/strong><\/p>\n<p>Le gouvernement remet sur le tapis l\u2019ouverture du capital des banques publiques. Cette op\u00e9ration se fera \u00e0 travers le march\u00e9 boursier tout compte fait et concernera deux \u00e9tablissements bancaires seulement. Ces pr\u00e9cisions, apport\u00e9es la semaine derni\u00e8re par le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, sont de taille car, rappelons-le, les critiques pleuvaient comme \u00e0 Gravelotte, invoquant tant\u00f4t un choix \u00e0 risque eu \u00e9gard aux cr\u00e9ances qui gr\u00e8vent la tr\u00e9sorerie des banques, tant\u00f4t une qu\u00eate d\u2019une alternative \u00e0 la planche \u00e0 billets capable de remettre les banques \u00e0 flot.<\/p>\n<p>D\u2019autres \u00e9conomistes y voyaient plut\u00f4t une alternative incontournable compte tenu de la situation alarmante dans laquelle se d\u00e9battent les banques publiques. Cette id\u00e9e de mettre en Bourse les \u00e9tablissements bancaires et les entreprises publiques remonte \u00e0 2015, au lendemain du crash p\u00e9trolier de la mi-2014, lorsque l\u2019\u00c9tat \u00e9tait tourn\u00e9 vers le march\u00e9 financier, qu\u00eatant de l\u2019argent frais et un second souffle en mati\u00e8re de management.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait urgent de donner des perspectives sur la gestion des \u00e9tablissements \u00e9conomiques et bancaires publics, alors que la liquidit\u00e9 bancaire \u00e9voluait \u00e0 la baisse et la marge de man\u0153uvre budg\u00e9taire de l\u2019Ex\u00e9cutif se r\u00e9tr\u00e9cissait comme une peau de chagrin. Aussit\u00f4t le ciel du march\u00e9 p\u00e9trolier s\u2019\u00e9claircit, aussit\u00f4t l\u2019id\u00e9e d\u2019introduire huit entreprises publiques en Bourse \u2014 le CPA et la Caar en faisaient partie \u2014 fut abandonn\u00e9e.<\/p>\n<p>Quelques ann\u00e9es plus tard, alors que la crise de liquidit\u00e9 ressurgissait d\u00e8s la mise en veilleuse de la planche \u00e0 billets, qui avait permis, pour rappel, de renflouer nombre d\u2019\u00e9tablissements financiers et non financiers, le gouvernement Djerad reprend \u00e0 son compte les recettes des pr\u00e9c\u00e9dents Ex\u00e9cutifs et propose d\u2019ouvrir, via la Bourse, le capital de deux banques publiques. Omar Berkouk, analyste financier, contact\u00e9 par Libert\u00e9, qualifie de \u201clouable\u201d cet objectif de diversification des ressources financi\u00e8res que l\u2019Ex\u00e9cutif s\u2019est fix\u00e9 depuis peu. Cela est possible, selon lui, \u201cen redonnant vie \u00e0 la Bourse d\u2019Alger (march\u00e9 des capitaux), en d\u00e9veloppant la finance islamique (financement, \u00e9pargne et assurance) et en ouvrant le capital des banques publiques (privatisation partielle)\u201d.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, il s\u2019agit l\u00e0 \u201cd\u2019un challenge difficile en raison de l\u2019\u00e9tat dans lequel se trouve ce secteur cl\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie nationale, laiss\u00e9 en jach\u00e8re volontairement par les autorit\u00e9s durant toutes les p\u00e9riodes o\u00f9 les hydrocarbures constituaient des ressources suffisantes pour couvrir les besoins du pays\u201d, soutient Omar Berkouk.\u00a0<\/p>\n<p><strong>G\u00e9rer les mauvaises cr\u00e9ances<\/strong><br \/>S\u2019agissant de la privatisation partielle des banques publiques par augmentation du capital en Bourse d\u2019Alger, la difficult\u00e9 sera la d\u00e9termination de la valeur de ces banques, c\u2019est-\u00e0-dire la qualit\u00e9 de leurs bilans, estime l\u2019expert. \u201cCompte tenu de l\u2019importance de leurs mauvaises cr\u00e9ances et de leur faible rentabilit\u00e9, cette augmentation du capital sera tr\u00e8s dilutive pour l\u2019\u00c9tat\u201d, explique-t-il. Cette op\u00e9ration est un tr\u00e8s bon \u201cargument\u201d de dynamisation de la Bourse d\u2019Alger, soutient, en revanche, Omar Berkouk, pr\u00e9cisant qu\u2019elle pourrait lui fournir les volumes de transactions et le surcro\u00eet de capitalisation qui la rendrait attractive pour les \u00e9pargnants.<\/p>\n<p>Contact\u00e9 \u00e0 ce propos, le DG de la Bourse d\u2019Alger, Yazid Benmouhoub, n\u2019a pas voulu s\u2019exprimer, assurant qu\u2019il \u201cne disposait pas d\u2019informations \u00e0 ce sujet\u201d. Frapp\u00e9es par la crise de liquidit\u00e9 et le poids des cr\u00e9ances sur les grandes entreprises publiques et priv\u00e9es, deux banques de la place finiraient en Bourse en 2021. Se tourner vers la Bourse pour lever des fonds pourrait, n\u00e9anmoins, ne pas int\u00e9resser les \u00e9pargnants parmi les m\u00e9nages et les entreprises, dont la crise a fini par \u00e9roder le pouvoir d\u2019achat.<\/p>\n<p>D\u2019autant que cette privatisation via la Bourse n\u2019est aucunement un gage pour l\u2019am\u00e9lioration de la gestion des banques publiques. Un banquier de la place sugg\u00e8re que l\u2019\u00c9tat fasse \u201cun toilettage\u201d au sein de ses banques propos\u00e9es pour une privatisation, en mettant les cr\u00e9ances qui font courir d\u2019importants risques \u00e0 ces banques dans une entit\u00e9 pour faciliter leur rachat par l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>\u201cL\u2019\u00c9tat pourrait les racheter en injectant des liquidit\u00e9s qu\u2019il devrait cr\u00e9er au moyen de la planche \u00e0 billets\u201d, estime notre interlocuteur. Quoi qu\u2019il en co\u00fbte et quoi qu\u2019il en soit, la neutralisation des cr\u00e9ances est une condition sine qua non \u00e0 cette ouverture du capital via la Bourse car les banques publiques sont peu vendables en l\u2019\u00e9tat.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Ali Titouche<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.liberte-algerie.com\/economie\/en-mal-de-fonds-350208\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le secteur bancaire national reste marqu\u00e9 par l\u2019archa\u00efsme de la gestion, les mauvaises cr\u00e9ances et les crises r\u00e9currentes de liquidit\u00e9s. \u00c0 d\u00e9faut de r\u00e9formes structurelles, le gouvernement pr\u00e9voit de privatiser partiellement deux banques d\u2019\u00c9tat \u00e0 travers la Bourse d\u2019Alger. Une option complexe et \u00e0 l\u2019issue incertaine. 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