{"id":106949,"date":"2020-12-11T06:02:00","date_gmt":"2020-12-11T11:02:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/tourisme-alternatif-et-durable-la-voie-royale-a-qui-veut-bien-lemprunter-album-photos\/"},"modified":"2020-12-11T06:02:00","modified_gmt":"2020-12-11T11:02:00","slug":"tourisme-alternatif-et-durable-la-voie-royale-a-qui-veut-bien-lemprunter-album-photos","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/tourisme-alternatif-et-durable-la-voie-royale-a-qui-veut-bien-lemprunter-album-photos\/","title":{"rendered":"Tourisme alternatif et durable: La voie royale, \u00e0 qui veut bien l\u2019emprunter (Album Photos)"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><em><strong><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Yosri-Bannour.jpg\" width=\"20%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"left\" alt=\"\"\/>Par Yosri Bannour &#8211;<\/strong><\/em><\/span><\/span> Il est un fait que le tourisme de masse, notamment baln\u00e9aire, a fait son temps. Ce constat date d\u2019un bon bout de temps, mais la crise du coronavirus a eu pour avantage d\u2019y ramener tout le beau monde qui ne voulait rien savoir et s\u2019\u00e9vertuait \u00e0 promouvoir le m\u00eame sch\u00e9ma \u00e9cul\u00e9. A quelque chose, malheur est bon, en d\u00e9finitive.<\/p>\n<p>Cela \u00e9tant dit, quelles solutions alternatives s\u2019offrent \u00e0 un pays comme la Tunisie pour lui permettre de rebondir et d\u2019aller de l\u2019avant, malgr\u00e9 la conjoncture ? La r\u00e9alit\u00e9 du terrain laisse appara\u00eetre une grande disparit\u00e9 de formes touristiques nouvelles quoique peu organis\u00e9es et, en fin de compte, d\u00e9sordonn\u00e9es, \u00e0 l\u2019image du pays tout entier. Un rapide coup d\u2019\u0153il sur les r\u00e9seaux sociaux et sur Internet r\u00e9v\u00e8le une cacophonie d\u2019appellations qui recouvrent des r\u00e9alit\u00e9s disparates.<\/p>\n<p>Ainsi, les h\u00f4tels de charme, les g\u00eetes, les maisons d\u2019h\u00f4tes et autres Dar se disputent les faveurs d\u2019une client\u00e8le de plus en plus tourn\u00e9e vers la nature, l\u2019authenticit\u00e9, le contact avec l\u2019habitant, le recours \u00e0 des circuits culturels parall\u00e8les qui ne font pas dans l\u2019image d\u2019Epinal et dans les clich\u00e9s du sable, du dromadaire et du bronzage idiot. Le secteur demeure, ainsi, assez sauvage, souffrant d\u2019un manque flagrant de structuration et de r\u00e8glementation en provenance de la tutelle. Le chantier est d\u2019importance, dont il faudrait actionner les m\u00e9canismes le plus rapidement possible. Parti d\u2019initiatives priv\u00e9es, somme toute louables, le r\u00e9seau du tourisme alternatif s\u2019\u00e9tend, et plus il se ramifie sans harmonisation ni cahiers des charges sp\u00e9cifiques, plus le probl\u00e8me consistant \u00e0 d\u00e9m\u00ealer le bon grain de l\u2019ivraie devient inextricable.<\/p>\n<p>Les professionnels du secteur, longtemps demeur\u00e9s \u00e0 la marge du mouvement, seraient bien inspir\u00e9s de s\u2019engouffrer dans la br\u00e8che et d\u2019adapter leur savoir-faire \u00e0 un secteur qui en redemande et ce, d\u2019autant que le pays regorge en potentialit\u00e9s en rapport avec la culture, l\u2019histoire, la mus\u00e9ographie, les arts culinaires, l\u2019\u00e9cologie ou l\u2019\u00e9v\u00e9nementiel. A ce sujet, nombreuses sont les initiatives de particuliers qui, \u00e0 l\u2019origine, ne connaissent ce secteur prometteur ni d\u2019Adam ni d\u2019Eve et qui s\u2019y sont lanc\u00e9s, \u00e0 leur corps d\u00e9fendant, pour ouvrir la voie, peut-\u00eatre prochainement, vers la mise au point de labellisations conformes aux besoins. Ainsi, en est-il, par exemple, de l\u2019exp\u00e9rience men\u00e9e avec beaucoup de doigt\u00e9 et d\u2019\u00e9l\u00e9gance par M. Mongi Bouras qui, en natif de Tamezret, a d\u00e9cid\u00e9, depuis vingt ans, de s\u2019y \u00e9tablir et de cr\u00e9er, dans les murs de la demeure parentale, un mus\u00e9e, une sorte de maison du patrimoine en vue de promouvoir la culture et le savoir-vivre d\u2019un des derniers villages berb\u00e9rophones de Tunisie. Sans ce genre d\u2019initiative priv\u00e9e \u00e0 m\u00eame de baliser le terrain vers l\u2019\u00e9tablissement de circuits parall\u00e8les, un pr\u00e9cieux savoir ethnique et architectural partirait \u00e0 vau-l\u2019eau. Depuis pr\u00e8s de deux d\u00e9cennies, il accueille des voyageurs du monde entier dans sa maison authentique, les surprenant au passage, par ses connaissances encyclop\u00e9diques de la culture, du patrimoine et de la langue amazighes. Il fid\u00e9lise, de la sorte, une client\u00e8le f\u00e9rue de culture et d\u2019\u00e9changes et ne demande qu\u2019\u00e0 faire profiter d\u2019\u00e9ventuels int\u00e9ress\u00e9s par ce mode de vie et ce nouveau mod\u00e8le \u00e9conomique, de son exp\u00e9rience.<\/p>\n<p>Autre exemple, qui nous vient aussi du village de Tamezret, situ\u00e9 \u00e0 une dizaine de kilom\u00e8tres de Matmata, celui de Kaouther ben Jemaa, originaire \u00e9galement de la localit\u00e9 qui, apr\u00e8s avoir roul\u00e9 sa bosse dans le secteur touristique classique, passant par de nombreuses unit\u00e9s h\u00f4teli\u00e8res tunisiennes ou \u00e9trang\u00e8res, finit par y poser ses valises, en 2019, en vue de rouvrir le caf\u00e9 familial sis au sommet du village, fond\u00e9 en 1932 par ses arri\u00e8re-grands-parents. Elle a \u00e9t\u00e9 attir\u00e9e sur place et subjugu\u00e9e par l\u2019activisme de M. Mongi Bouras en qui elle a trouv\u00e9 le meilleur interlocuteur et vis-\u00e0-vis pour r\u00e9nover le caf\u00e9 et monter son projet et pour, prochainement, finaliser l\u2019id\u00e9e d\u2019un projet de commercialisation des produits issus du village et du terroir. Il s\u2019agit d\u2019un projet int\u00e9gr\u00e9 associant diverses disciplines et sp\u00e9cialit\u00e9s tournant autour de l\u2019activit\u00e9 du village et susceptible de favoriser l\u2019embauche d\u2019une main-d\u2019\u0153uvre locale et r\u00e9gionale. Le r\u00e9sultat serait la cr\u00e9ation d\u2019une synergie et d\u2019un cycle vertueux qui b\u00e9n\u00e9ficie \u00e0 tous.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me exemple allant dans le sens de l\u2019exploitation des nouvelles potentialit\u00e9s du tourisme alternatif, celui du couple Patrick et Sabrine Bourseaux, \u00e9tabli sur les m\u00eames lieux. Venu des horizons de la p\u00e2tisserie, de la restauration et de l\u2019h\u00f4tellerie, le duo a d\u00e9cid\u00e9 de laiss\u00e9 en rade leurs exp\u00e9riences professionnelles respectives, au national ou \u00e0 l\u2019international, suite \u00e0 la crise de l\u2019h\u00f4tellerie classique, et de plaquer leur vie citadine et convenue pour cr\u00e9er une maison d\u2019h\u00f4tes dans la r\u00e9gion de Matmata. Il s\u2019agit, en fait, d\u2019une unit\u00e9 compos\u00e9e de trois chambres, d\u00e9nomm\u00e9e \u00ab L\u2019Auberge \u00bb, creus\u00e9e \u00e0 m\u00eame la montagne et proposant, ainsi, des habitats troglodytes agenc\u00e9s selon le style du mobilier local. M\u00fb par une curiosit\u00e9 pour tout ce qui a trait aux produits du terroir, le duo propose, \u00e0 sa table, une carte recherch\u00e9e et originale dont les produits locaux sont les vedettes. Une table courue et appr\u00e9ci\u00e9e par une client\u00e8le principalement tunisienne mais qui est appel\u00e9e \u00e0 se diversifier. A signaler, finalement, que la Tunisie, depuis le 20 janvier 2020, propose le village de Tamezret pour un futur classement dans la liste du patrimoine mondial de l\u2019Unesco, ce qui, \u00e0 coup s\u00fbr, rejaillira sur la nature et la qualit\u00e9 des activit\u00e9s de toute la r\u00e9gion et sur l\u2019implication d\u2019\u00e9ventuels investisseurs tunisiens ou internationaux. Il en ressortira un tourisme durable respectueux de la nature et des traditions tout en fournissant des d\u00e9bouch\u00e9s \u00e9conomiques viables. Du gagnant-gagnant, en somme.<\/p>\n<p>Il appert de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que la voie du tourisme alternatif ne demande qu\u2019\u00e0 \u00eatre balis\u00e9e, comme seraient inspir\u00e9s d\u2019\u00eatre balis\u00e9s et r\u00e9pertori\u00e9s les chemins de terre de l\u2019arri\u00e8re-pays. Pour cela, il convient d\u2019abord, avant de se lancer dans quelque projet, quelle que soit sa plus-value, ni d\u2019encourager quelque investisseur, de cr\u00e9er la f\u00e9d\u00e9ration nationale du tourisme alternatif, affili\u00e9e \u00e0 la tutelle, charg\u00e9e de centraliser les besoins et d\u2019harmoniser les appellations afin que le public se retrouve dans les diff\u00e9rentes d\u00e9nominations dont certaines, \u00e0 ce stade, sont totalement farfelues. Pour cela, des cahiers des charges pr\u00e9cis doivent \u00eatre \u00e9tablis et distribu\u00e9s, bien en amont, \u00e0 tous les int\u00e9ress\u00e9s afin de tenir compte des contraintes inh\u00e9rentes \u00e0 chaque appellation avant m\u00eame d\u2019entamer les projets. Il ne s\u2019agit pas de r\u00e9parer ni de rafistoler mais de concevoir des projets int\u00e9gr\u00e9s et harmonieux \u00e9tablis sur des bases solides. Il convient, aussi, de cr\u00e9er une synergie nouvelle et de nouvelles strat\u00e9gies marketing capables d\u2019attirer \u00e0 la fois la client\u00e8le et les investisseurs \u00e9trangers. Il y va de la promotion efficace et cibl\u00e9e du secteur qui devrait, \u00e0 terme, prendre le relai du secteur moribond du tourisme de masse. A ce sujet, une coordination de tous les instants entre les diff\u00e9rents d\u00e9partements int\u00e9ress\u00e9s, comme le tourisme, la culture ou l\u2019\u00e9cologie, est vivement appel\u00e9e de nos v\u0153ux.<\/p>\n<p>Si des organismes chevronn\u00e9s comme l\u2019US AID am\u00e9ricain (entre 30 et 50 millions de dollars, dans le cadre du programme \u00ab Visit Tunisia \u00bb), l\u2019Union europ\u00e9enne, le GIZ et la coop\u00e9ration suisse, \u00e0 hauteur de 50 millions d\u2019euros, dans le cadre de la diversification du tourisme et du d\u00e9veloppement des cha\u00eenes de valeur de l\u2019artisanat, expriment leur volont\u00e9 de venir proposer des aides d\u2019appoint au tourisme durable et alternatif tunisien, c\u2019est que ce secteur est plus que prometteurnotamment au niveau de l\u2019image de marque du pays et \u00e0 celui de l\u2019embauche de la jeunesse, qui reste le probl\u00e8me le plus d\u00e9licat et insoluble du moment. Le moment est, donc, venu pour qu\u2019enfin, la volont\u00e9 politique se manifeste clairement et que l\u2019intendance tunisienne suive. L\u2019investisseur, qu\u2019il soit local ou \u00e9tranger, est attir\u00e9 par les incitations fiscales et par les encouragements de toutes natures que devrait accorder l\u2019Etat tunisien si tant est qu\u2019il soit int\u00e9ress\u00e9 par le d\u00e9veloppement du secteur ou bien qu\u2019il trouve quelque int\u00e9r\u00eat \u00e0 le structurer. Replacer l\u2019humain et le vertueux au centre de la probl\u00e9matique \u00e9conomique, tel doit \u00eatre l\u2019objectif pr\u00e9sent et futur de toute r\u00e9flexion prospective tenant compte des d\u00e9fis nombreux auxquels on se doit de faire face. Le mod\u00e8le de d\u00e9veloppement avec lequel on n\u2019a de cesse de renouer, est largement d\u00e9pass\u00e9 et surann\u00e9. Un nouveau mod\u00e8le s\u2019impose et il doit voir le jour incessamment, sans quoi aucun progr\u00e8s ne sera envisag\u00e9 et aucune am\u00e9lioration de la situation ne sera enregistr\u00e9e, avec les toutes les cons\u00e9quences que cela produira, \u00e0 terme. Un homme averti en vaut deux\u2026<\/p>\n<p class=\"c5\"><strong>Yosri Bannour<\/strong><br \/><span class=\"c3\"><em>Professionnel du secteur<\/em><\/span><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/31072-tourisme-alternatif-et-durable-la-voie-royale-a-qui-veut-bien-l-emprunter\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Yosri Bannour &#8211; Il est un fait que le tourisme de masse, notamment baln\u00e9aire, a fait son temps. 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