{"id":107019,"date":"2020-12-12T04:30:00","date_gmt":"2020-12-12T09:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/mohamed-el-aziz-ben-achour-un-palais-emblematique-du-despotisme-oriental-al-qasr-al-said\/"},"modified":"2020-12-12T04:30:00","modified_gmt":"2020-12-12T09:30:00","slug":"mohamed-el-aziz-ben-achour-un-palais-emblematique-du-despotisme-oriental-al-qasr-al-said","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/mohamed-el-aziz-ben-achour-un-palais-emblematique-du-despotisme-oriental-al-qasr-al-said\/","title":{"rendered":"Mohamed-El Aziz Ben Achour: Un palais embl\u00e9matique du despotisme oriental Al Qasr al Sa\u00efd"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><em><strong><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Aziz-Ben-Achour(22).jpg\" alt=\"\" width=\"20%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"left\"\/>Par Mohamed-El Aziz Ben Achour &#8211;<\/strong><\/em><\/span><\/span> <strong>A quelques dizaines de m\u00e8tres de l\u2019enceinte du palais du Bardo, se dresse un b\u00e2timent imposant connu sous le nom d\u2019al Qasr al Sa\u00efd ou, plus commun\u00e9ment, Kassar-Sa\u00efd ou Kasr Sa\u00efd. Nimb\u00e9s de myst\u00e8res d\u00fbment entretenus par le go\u00fbt populaire de la l\u00e9gende et de l\u2019exag\u00e9ration, les r\u00e9cits relatifs \u00e0 son histoire ont longtemps \u00e9t\u00e9 d\u2019autant plus opaques qu\u2019il abrita de 1950 \u00e0 1981 un h\u00f4pital. En hommage au bey Mohamed Lamine 1er qui, \u00e0 l\u2019initiative de son gendre le Docteur Hamadi Ben Salem, en fit don \u00e0 la Sant\u00e9 publique, il porta le nom de centre puis h\u00f4pital Lamine 1er. Longtemps dirig\u00e9 par le docteur Brahim Gharbi, il accueillait les Tunisiens atteints de maladies pulmonaires (d\u2019o\u00f9 le nom d\u2019Abou al Qacem Chebbi, grand po\u00e8te et poitrinaire, qui fut donn\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital quand, la r\u00e9publique proclam\u00e9e, il fallut faire oublier l\u2019\u0153uvre du dernier Bey\u2026). Pour g\u00e9n\u00e9reuse qu\u2019elle f\u00fbt, la donation de Lamine Bey porta un coup s\u00e9v\u00e8re \u00e0 la valeur patrimoniale du palais.\u00a0 Son architecture \u00e0 forte empreinte italienne et son d\u00e9cor alliant la gracieuse sculpture sur pl\u00e2tre \u00e0 la tunisienne (naqshhadida) aux splendides carreaux de fabrication europ\u00e9enne (plus fran\u00e7aise qu\u2019italienne d\u2019ailleurs, contrairement \u00e0 ce que pensent certains) furent conserv\u00e9s ainsi que son parc et son orangeraie. Le palais perdit cependant son mobilier, ses tentures, ses lustres\u00a0 et ses bibelots, qui furent dispers\u00e9s.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>A l\u2019origine, ce qui allait devenir plus tard Al Qasr al Sa\u00efd \u00e9tait une r\u00e9sidence de dimensions plus modestes et d\u2019architecture diff\u00e9rente, connue sous le nom de bortal. Ce terme, synonyme de r\u00e9sidence de plaisance (il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en usage au XIVe si\u00e8cle au palais de l\u2019Alhambra de Grenade), se retrouve employ\u00e9 au moins dans une autre r\u00e9sidence de vill\u00e9giature qui abrite aujourd\u2019hui l\u2019Ecole d\u2019Etat-major \u00e0 proximit\u00e9 de La Manouba, connue sous le nom de Bortal Hayder. Dot\u00e9s d\u2019un portique, les pavillons de ce type venaient enrichir le vocabulaire architectural et d\u00e9coratif des r\u00e9sidences d\u2019agr\u00e9ment o\u00f9 princes, dignitaires et citadins ais\u00e9s aimaient s\u00e9journer \u00e0 La Manouba et environs au printemps et dans la banlieue nord en \u00e9t\u00e9.\u00a0<img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Qsar-Said-1.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p class=\"c4\">Le Bortal, objet de notre \u00e9tude \u00e9tait ainsi la r\u00e9sidence de printemps d\u2019un dignitaire mamelouk du nom d\u2019Isma\u00efl, gendre de Husse\u00efn II Bey, beau-fr\u00e8re des beys Mhammed, Sadok et Ali et grand-p\u00e8re maternel du futur Moncef Bey. Titulaire de la dignit\u00e9 de saheb-el-t\u00e2baa, il \u00e9tait aussi g\u00e9n\u00e9ral de division (am\u00eer oumara) de la cour beylicale et fut nomm\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rents postes dont le ca\u00efdat de Djerba. Fort pieux, d\u2019o\u00f9 son surnom d\u2019Al Sunn\u00ee (le Sunnite), il n\u2019en demeurait pas moins un mamelouk bon teint, capable de r\u00e9actions aussi intempestives que despotiques. Il fut d\u2019ailleurs, nous apprend son contemporain l\u2019historien et ministre Ahmed Ben Dhiaf, un farouche adversaire des r\u00e9formes engag\u00e9es \u00e0 partir de 1857 et d\u00e9fendit aussi la proposition du vizir Mustapha Khaznadar de doubler purement et simplement l\u2019imp\u00f4t de capitation, afin de r\u00e9duire le d\u00e9ficit abyssal des finances. Mesure sc\u00e9l\u00e9rate qui fut \u00e0 l\u2019origine du soul\u00e8vement de 1864.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c5\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Qsar-Said-2.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>Pris dans la tourmente de cette \u00e9poque troubl\u00e9e, Isma\u00efl Saheb Ettabaa fut, pour son malheur, soup\u00e7onn\u00e9 (\u00e0 tort ou raison, nous ne le saurons jamais) de complicit\u00e9 dans la r\u00e9volte du Prince Adel Bey contre son fr\u00e8re Sadok, en 1867 (voir notre La Tunisie, la M\u00e9diterran\u00e9e et l\u2019Orient au miroir de l\u2019histoire, Leaders, \u00e9d. 2019, pp.190-199). Il fut arr\u00eat\u00e9 chez lui au Bortal, tra\u00een\u00e9 au palais voisin du Bardo et ex\u00e9cut\u00e9 sans autre forme de proc\u00e8s le 4 octobre 1867. Son ex\u00e9cution(comme celle du g\u00e9n\u00e9ral Rachid, survenu le m\u00eame jour) \u00e9tait l\u2019expression sanglante d\u2019un pouvoir beylical aux abois. Elle \u00e9tait aussi l\u2019illustration de la toute-puissance du vizir Mustapha Khaznadar, contre lequel s\u2019\u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 organis\u00e9e cette r\u00e9bellion patricienne. En prince oriental accompli, Sadok Bey proc\u00e9da \u00e0 la confiscation de tous les biens d\u2019Isma\u00efl, dont le Bortal, voisin des palais du Bardo. Entre 1867 et 1869, alors m\u00eame que le pays \u00e9tait exsangue et que seules les spoliations inflig\u00e9es aux populations \u00e0 la suite de l\u2019insurrection de 1864 avaient \u00e0 peine r\u00e9duit le d\u00e9ficit des finances, le bey, avec une incroyable indiff\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la d\u00e9tresse de ses sujets, fit proc\u00e9der \u00e0 d\u2019importants et co\u00fbteux travaux dans ce qui fut la r\u00e9sidence d\u2019Isma\u00efl. Superstitieux, il donna \u00e0 la nouvelle version de la r\u00e9sidence, dans un but propitiatoire, le nom d\u2019al Qasr al sa\u00efd, le \u00abPalais qui porte bonheur\u00bb. Sans doute, gardait-il pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019esprit la fin tragique du premier propri\u00e9taire du palais assassin\u00e9 sur son ordre\u2026<\/p>\n<p class=\"c5\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Qsar-Said-3.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p class=\"c4\">Signe d\u2019une \u00e9poque marqu\u00e9e par l\u2019ostentation et le go\u00fbt du luxe \u00e0 l\u2019europ\u00e9enne alors m\u00eame que l\u2019Etat \u00e9tait quasiment en faillite, pour la premi\u00e8re fois dans le vocabulaire architectural tunisien, apparut le terme jusque-l\u00e0 peu appr\u00e9ci\u00e9 de Qasr. On sait, en effet, que les r\u00e9sidences princi\u00e8res et aristocratiques \u00e9taient qualifi\u00e9es de d\u00e2r-s (Dar el Bey de Tunis et Dar al Taj de La Marsa) plus rarement de sr\u00e2y\u00e2-s ; et \u00e0 la campagne, de borj-s ou s\u00e9nia-s. Meubl\u00e9 \u00e0 l\u2019italienne et richement d\u00e9cor\u00e9 dans le style en vogue dans toute l\u2019aristocratie ottomane du XIXe si\u00e8cle, le palais de Kassar-Sa\u00efd, en d\u00e9pit de la majest\u00e9 de ses proportions, a quelque chose d\u2019oppressant qui le distingue fondamentalement de l\u2019exub\u00e9rance des palais du Bardo ou des r\u00e9sidences de La Manouba comme le superbe palais de la Rose (Mus\u00e9e national militaire). De sorte que le visiteur d\u2019aujourd\u2019hui peut imaginer assez facilement l\u2019ambiance cr\u00e9pusculaire qui entourait l\u2019Etat beylical \u00e0 la veille de la conqu\u00eate coloniale. Malgr\u00e9 toutes les \u00abpr\u00e9cautions\u00bb, le malheur s\u2019abattit sur le palais un jour pluvieux de mai 1881. Le 12, un g\u00e9n\u00e9ral fran\u00e7ais, Jules Br\u00e9art, qui quelques jours auparavant avait d\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Bizerte \u00e0 la t\u00eate d\u2019une puissante colonne de 6 000 hommes, appuy\u00e9e par des troupes venues d\u2019Alg\u00e9rie et des navires de guerre, se pr\u00e9senta au palais de Qasr Sa\u00efd et fixa au malheureux Sadok un ultimatum \u00e0 l\u2019issue duquel il devait signer un document diplomatique qui placerait la Tunisie sous domination fran\u00e7aise.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c5\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Qsar-Said-4.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>A son corps d\u00e9fendant et apr\u00e8s consultation des dignitaires, le bey finit par se soumettre. Il avait d\u2019autant moins le choix que le consul de France, Th\u00e9odore Roustan, avait pr\u00e9vu une solution de rechange en faisant venir aux abords du palais le tr\u00e8s complaisant prince Ta\u00efeb, fr\u00e8re de Sadok et second dans l\u2019ordre de succession (Ali, prince h\u00e9ritier, \u00e9tant alors hostile\u00a0 \u00e0 l\u2019intervention fran\u00e7aise) pour le placer sur le tr\u00f4ne au cas o\u00f9 le souverain l\u00e9gitime aurait oppos\u00e9 une r\u00e9sistance ferme. Ce document instaurant le protectorat fran\u00e7ais sur la Tunisie sign\u00e9 stipule en son article 2 que \u00abS.A. le Bey de Tunis consent \u00e0 ce que l\u2019autorit\u00e9 militaire fran\u00e7aise fasse occuper les points qu\u2019elle jugera n\u00e9cessaires pour le r\u00e9tablissement de l\u2019ordre et la s\u00e9curit\u00e9 de la fronti\u00e8re et du littoral. Cette occupation cessera lorsque les autorit\u00e9s militaires fran\u00e7aises et tunisiennes auront reconnu d\u2019un commun accord que l\u2019administration locale est en \u00e9tat de garantir l\u2019ordre.\u00bb\u00a0 Ce trait\u00e9 est connu dans l\u2019histoire sous les noms de Trait\u00e9 de Kassar Sa\u00efd ou Qasr Sa\u00efd, en r\u00e9f\u00e9rence au palais lui-m\u00eame,\u00a0 ou de Trait\u00e9 du Bardo, \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019emplacement du palais.<\/p>\n<p class=\"c5\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Qsar-Said-5.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>A la mort de Sadok Bey, le palais fut d\u00e9laiss\u00e9 par Ali Bey qui, durant son long r\u00e8gne (1882 \u00e0 1902), r\u00e9sidait toute l\u2019ann\u00e9e \u00e0 La Marsa, dans le Dar el Taj,\u00a0 domaine magnifique malheureusement d\u00e9moli dans les premi\u00e8res ann\u00e9es de la R\u00e9publique. Bien de la Couronne, Qasr Sa\u00efd continua d\u2019\u00eatre entretenu et confi\u00e9 \u00e0 la gestion d\u2019un oukil, intendant appartenant g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 la Garde beylicale.\u00a0 A la fin du XIXe si\u00e8cle, cette vaste r\u00e9sidence royale donna son nom \u00e0 l\u2019hippodrome voisin puis \u00e0 la petite agglom\u00e9ration construite entre le Bardo et La Manouba.<\/p>\n<p class=\"c5\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Qsar-Said-6.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>Mohammed-El H\u00e9di Bey, qui succ\u00e9da \u00e0 son p\u00e8re Ali, quittait, l\u2019hiver venu, sa r\u00e9sidence de Carthage-Dermech pour s\u00e9journer \u00e0 Qasr Sa\u00efd jusqu\u2019\u00e0 la fin du printemps.\u00a0 Ce prince au caract\u00e8re bien tremp\u00e9 et soucieux de r\u00e9tablir l\u2019autorit\u00e9 beylicale face aux pouvoirs du R\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral mourut en 1906 dans la force de l\u2019\u00e2ge, au bout de quatre ans de r\u00e8gne, et le bruit courut qu\u2019il fut victime d\u2019un empoisonnement. Ses successeurs y s\u00e9journaient aussi, sans vraiment \u00e9prouver l\u2019attachement que lui manifest\u00e8rent nagu\u00e8re les beys Sadok et Mohamed-El H\u00e9di.<\/p>\n<p class=\"c5\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Qsar-Said-7.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>Au plan protocolaire, Qasr Sa\u00efd jouait un r\u00f4le important lors des fun\u00e9railles beylicales. Depuis la mort de Sadok Bey, lorsque le souverain venait \u00e0 mourir, la d\u00e9pouille mortelle \u00e9tait transport\u00e9e au palais de Kassar-Sa\u00efd. Une fois les pr\u00e9paratifs mortuaires termin\u00e9s, le nouveau bey r\u00e9gnant donnait l\u2019ordre au cort\u00e8ge fun\u00e8bre qui accompagnait le corbillard, connu sous le nom de \u00ab Qab\u00e8q \u00bb, de se diriger vers la Kasbah o\u00f9 les hauts magistrats religieux proc\u00e9daient \u00e0 la pri\u00e8re au mort, en pr\u00e9sence du Bey, du R\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral, des dignitaires et de la foule. Puis les condol\u00e9ances re\u00e7ues, le souverain regagnait sa r\u00e9sidence, cependant que le cercueil \u00e9tait port\u00e9 \u00e0 bout de bras \u00e0 travers les rues de la m\u00e9dina jusqu\u2019\u00e0 Tourbet El bey, le tombeau de la famille husse\u00efnite. Les derni\u00e8res fun\u00e9railles \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es selon cette \u00e9tiquette furent celles d\u2019Ahmed Bey II (1929-1942). On sait en effet que la d\u00e9pouille de\u00a0 Moncef Bey, mort en exil \u00e0 Pau en 1948, fut ramen\u00e9e \u00e0 bord d\u2019un b\u00e2timent de guerre et qu\u2019il fut enterr\u00e9 au Djellaz, selon, para\u00eet-il, sa volont\u00e9. Quant au dernier souverain husse\u00efnite, Mohamed Lamine Bey, d\u00e9chu de son tr\u00f4ne par la R\u00e9publique, il fut enterr\u00e9 discr\u00e8tement de son petit appartement de la rue de Cologne \u00e0 Tunis au cimeti\u00e8re Sidi-Abdelaziz \u00e0 La Marsa.<\/p>\n<p class=\"c5\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Qsar-Said-8.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>En 1981, dans la perspective du centenaire du Trait\u00e9 du Bardo,le Pr\u00e9sident Habib Bourguiba voulut redonner au palais sa dimension historique. J\u2019eus alors l\u2019honneur, en ma qualit\u00e9 de responsable du patrimoine husse\u00efnite \u00e0 l\u2019Institut national d\u2019arch\u00e9ologie et d\u2019art, de r\u00e9cup\u00e9rer le monument aupr\u00e8s du minist\u00e8re de la Sant\u00e9 et d\u2019y organiser une exposition autour du th\u00e8me du protectorat et de la lutte de lib\u00e9ration nationale. Le \u2018\u2019Combattant supr\u00eame\u2019\u2019, f\u00e9ru d\u2019histoire, soucieux aussi de mettre en valeur son r\u00f4le historique de lib\u00e9rateur du pays, aurait aim\u00e9 inaugurer cette exposition, mais il semble que ses conseillers, ayant sans doute jug\u00e9 la manifestation inopportune, l\u2019en dissuad\u00e8rent. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990,quand furent achev\u00e9s,sous ma direction,\u00a0 les travaux de restauration du monument, Je fis transporter et regrouper \u00e0 Kassar Sa\u00efd les tr\u00f4nes, les tableaux (dont la superbe tapisserie des Gobelins offerte en 1846 par Louis Philippe \u00e0 Ahmed Bey, le portrait \u00e9questre du g\u00e9n\u00e9ral Kh\u00e9r\u00e9dine ou le tableau repr\u00e9sentant la rencontre entre Napol\u00e9on III et Sadok bey \u00e0 Alger en1860) ainsi que divers mobiliers, objets, armes et d\u00e9corations des collections beylicales qui \u00e9taient entrepos\u00e9s au palais de Carthage. Je r\u00e9cup\u00e9rai, \u00e0 cette occasion, la statue de Jules Ferry et ses \u00e9l\u00e9ments annexes qui dormaient dans un coin du port de Tunis.<\/p>\n<p class=\"c5\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Qsar-Said-9.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p class=\"c4\">J\u2019avais \u00e9galement r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 et regroup\u00e9 \u00e0\u00a0 Qasr Sa\u00efd les carrosses et voitures hippomobiles\u00a0 (ou plus exactement ce qui en restait apr\u00e8s tous les outrages subis durant trente ann\u00e9es)\u00a0 qui \u00e9taient entrepos\u00e9s dans une grange d\u00e9labr\u00e9e de La Marsa.\u00a0 Afin de faire conna\u00eetre la richesse et l\u2019importance historique des collections, j\u2019avais organis\u00e9 en mai 1993, \u00e0 l\u2019occasion du mois du patrimoine, une exposition sur le th\u00e8me \u00ab Les hommes d\u2019Etat du XIXe si\u00e8cle \u00e0 travers les collections de Kassar-Sa\u00efd \u00bb.\u00a0 A cette occasion, deux g\u00e9n\u00e9reux donateurs, Si B\u00e9hi Ladgham, ancien Premier ministre, et Si Mohamed Krifa, grand connaisseur d\u2019art, avaient contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019enrichissement des collections de l\u2019Etat, le premier en faisant don d\u2019un ensemble d\u2019assiettes de porcelaine repr\u00e9sentant des sc\u00e8nes de l\u2019occupation de la Tunisie ; et le second, en offrant deux tableaux de peinture, l\u2019un repr\u00e9sentant Ahmed II Bey et l\u2019autre Mohamed-El H\u00e9di Bey en visite \u00e0 Paris.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c5\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Qsar-Said-10.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>Il n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9 facile depuis l\u2019av\u00e8nement de la R\u00e9publique de prot\u00e9ger le patrimoine husse\u00efnite et, \u00e0 plus forte raison, de le faire conna\u00eetre. Il semble qu\u2019aujourd\u2019hui, les choses \u00e9voluent. Dieu merci, nos efforts n\u2019auront pas \u00e9t\u00e9 vains. Je saisis cette occasion pour rendre hommage \u00e0 la m\u00e9moire de Si Ahmed Djellouli dont la connaissance parfaite de la dynastie beylicale et de ses usages m\u2019a toujours \u00e9t\u00e9 d\u2019un grand secours.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Mohamed-El Aziz Ben Achour<\/strong><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/31079-mohamed-el-aziz-ben-achour-un-palais-emblematique-du-despotisme-oriental-al-qasr-al-said\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Mohamed-El Aziz Ben Achour &#8211; A quelques dizaines de m\u00e8tres de l\u2019enceinte du palais du Bardo, se dresse un b\u00e2timent imposant connu sous le nom d\u2019al Qasr al Sa\u00efd ou, plus commun\u00e9ment, Kassar-Sa\u00efd ou Kasr Sa\u00efd. Nimb\u00e9s de myst\u00e8res d\u00fbment entretenus par le go\u00fbt populaire de la l\u00e9gende et de l\u2019exag\u00e9ration, les r\u00e9cits relatifs [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1772,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"\/uploads\/FCK_files\/Aziz-Ben-Achour(22).jpg","fifu_image_alt":"Mohamed-El Aziz Ben Achour: Un palais embl\u00e9matique du despotisme oriental Al Qasr al Sa\u00efd","footnotes":""},"categories":[73,55],"tags":[],"class_list":["post-107019","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107019","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1772"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=107019"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107019\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=107019"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=107019"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=107019"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}