{"id":107319,"date":"2020-12-16T06:07:00","date_gmt":"2020-12-16T11:07:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/faiza-mzali-slama-une-vie-de-courage-de-militantisme-et-de-realisations\/"},"modified":"2020-12-16T06:07:00","modified_gmt":"2020-12-16T11:07:00","slug":"faiza-mzali-slama-une-vie-de-courage-de-militantisme-et-de-realisations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/faiza-mzali-slama-une-vie-de-courage-de-militantisme-et-de-realisations\/","title":{"rendered":"Fa\u00efza Mzali-Slama, une vie de courage, de militantisme et de r\u00e9alisations"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><em><strong><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Hal\u00e9-Chadli.jpg\" width=\"15%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"left\" alt=\"\"\/>Par Hal\u00e9 Chadli &#8211;<\/strong><\/em><\/span><\/span> Fa\u00efza Mzali appartient \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration qui a assist\u00e9 \u00e0 la lutte nationale, qui a v\u00e9cu la lib\u00e9ration du pays du joug colonial et qui a apport\u00e9 sa pierre \u00e0 l\u2019\u00e9dification d\u2019un \u00c9tat ind\u00e9pendant.<\/p>\n<p>R\u00e9serv\u00e9e, toujours \u00e9gale \u00e0 elle-m\u00eame, perfectionniste, bien ancr\u00e9e dans la tradition mais en m\u00eame temps profond\u00e9ment moderniste, dou\u00e9e d\u2019une qualit\u00e9 d\u2019\u00e9coute exceptionnelle, patriote jusqu\u2019au fond de l\u2019\u00e2me, Fa\u00efza a eu un parcours singulier, parfait exemple de militantisme, de t\u00e9nacit\u00e9 et de droiture.<\/p>\n<p>N\u00e9e \u00e0 Monastir dans une famille traditionaliste, elle r\u00e9ussit \u00e0 l\u2019examen d\u2019entr\u00e9e aux \u00e9tudes secondaires avec des r\u00e9sultats excellents qui lui ouvrent la possibilit\u00e9 d\u2019obtenir une bourse pour poursuivre ses \u00e9tudes. Malgr\u00e9 les grandes r\u00e9ticences d\u2019un conseil de famille r\u00e9uni en urgence, qui ne pouvait admettre l\u2019id\u00e9e qu\u2019une fille puisse un jour quitter son foyer pour une raison autre que le mariage, elle est la premi\u00e8re monastirienne \u00e0 vivre une telle exp\u00e9rience. Inscrite \u00e0 Tunis, au Lyc\u00e9e Armand Falli\u00e8res (aujourd\u2019hui Lyc\u00e9e de la rue de Russie) en tant qu\u2019interne, la petite fille de 12 ans, transplant\u00e9e hors du cocon familial pour de longues p\u00e9riodes (elle ne rentre \u00e0 Monastir qu\u2019\u00e0 la fin de chaque trimestre), ne connaissant personne, est confront\u00e9e \u00e0 un mode de vie tout \u00e0 fait nouveau et d\u00e9routant. L\u2019adaptation est difficile mais r\u00e9v\u00e8le et forge ses qualit\u00e9s de t\u00e9nacit\u00e9 et de courage. Assidue dans ses \u00e9tudes, elle s\u2019int\u00e8gre dans son nouveau milieu et noue des relations d\u2019amiti\u00e9 avec ses camarades, qu\u2019elles soient musulmanes, juives ou fran\u00e7aises.<\/p>\n<p class=\"c4\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/1(83).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><br \/><span class=\"c2\"><em>1945, les internes du lyc\u00e9e Armand Falli\u00e8res. Fa\u00efza est la 1\u00e8re assise \u00e0 gauche<\/em><\/span><\/p>\n<p>Arrivent les ann\u00e9es chaudes de r\u00e9pression du nationalisme et les manifestations de r\u00e9volte \u00e0 travers tout le pays, d\u00e9clench\u00e9es par l\u2019arrestation de Habib Bourguiba par les forces coloniales en janvier 1952. Fa\u00efza est en \u00ab philo \u00bb (ann\u00e9e terminale de la section Lettres). Elle raconte : \u00ab A l\u2019internat, l\u2019ambiance se d\u00e9t\u00e9riorait entre nos camarades fran\u00e7aises et nous, tunisiennes musulmanes. Aux escarmouches verbales, aux provocations, succ\u00e9d\u00e8rent des corps \u00e0 corps, notamment pour l\u2019\u00e9coute de l\u2019unique radio de la salle de jeux. Nous voulions \u00e9couter les nouvelles et certaines fanatiques cherchaient \u00e0 nous en emp\u00eacher. Puis un jour de f\u00e9vrier 1952 eu lieu notre grande manifestation. Internes et externes musulmanes r\u00e9unies dans la cour du lyc\u00e9e, nous criions \u00ab Vive Bourguiba \u00bb, \u00ab A bas Paye \u00bb (cri de ralliement des \u00e9coliers et lyc\u00e9ens, Lucien Paye \u00e9tait le directeur de l\u2019Instruction Publique). La directrice, conform\u00e9ment aux directives donn\u00e9es par l\u2019administration, nous somma trois fois de rejoindre nos classes puis nous mit \u00e0 la porte du Lyc\u00e9e. N\u2019\u00e9tant pas habitu\u00e9e \u00e0 sortir seule, je me sentais perdue. \u00bb Les parents d\u00fbment avertis vinrent r\u00e9cup\u00e9rer les jeunes internes qui furent renvoy\u00e9es du Lyc\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 la fin du trimestre. \u00bb<\/p>\n<p class=\"c4\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/2(79).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><br \/><span class=\"c2\"><em>1981 \u00e0 Alger: Fa\u00efza repr\u00e9sentante de la Tunisie au Congr\u00e8s de l&rsquo;Organisation Panafricaine des Femmes<\/em><\/span><\/p>\n<p>Apr\u00e8s une r\u00e9ussite brillante au baccalaur\u00e9at, elle s\u2019inscrit \u00e0 l\u2019Institut des Hautes \u00c9tudes (qui d\u00e9pendait de la Sorbonne) en Prop\u00e9deutique Lettres et, en parall\u00e8le, en Classe de Lettres sup\u00e9rieures au lyc\u00e9e Carnot. Ses deux ann\u00e9es d&rsquo;\u00e9tudes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9galement pour Fa\u00efza, des ann\u00e9es de militantisme, tant au sein de l\u2019Union G\u00e9n\u00e9rale des Etudiants Tunisiens que de l\u2019Union D\u00e9mocratique des Femmes. Elles lui ont \u00e9galement permis de vivre les \u00e9v\u00e9nements privil\u00e9gi\u00e9s qui ont marqu\u00e9 le grand tournant de l\u2019histoire en Tunisie : le retour \u00e0 Tunis de Habib Bourguiba le 1er juin 1955 et l\u2019immense liesse populaire dans les rues pavois\u00e9es du drapeau national, le 20 mars 1956, lors de la signature \u00e0 Paris, du Trait\u00e9 de l\u2019Ind\u00e9pendance qui marquait l\u2019abrogation du trait\u00e9 du Bardo du 12 mai 1881.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s 3 ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes \u00e0 Paris, munie du dipl\u00f4me de psychologie de l\u2019INETOP (Institut National d\u2019\u00c9tudes Techniques et d\u2019Orientation Professionnelle), mari\u00e9e et m\u00e8re d\u2019une petite fille, Fa\u00efka, elle rentre en Tunisie en 1969 et entame sa vie professionnelle au Secr\u00e9tariat d\u2019Etat \u00e0 la Sant\u00e9 Publique et aux Affaires sociales. Une deuxi\u00e8me petite fille, Fayrouz, viendra bient\u00f4t agrandir le cercle familial.<\/p>\n<p class=\"c4\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/3(55).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><br \/><span class=\"c2\"><em>1981 \u00e0 Alger: Fa\u00efza repr\u00e9sentante de la Tunisie au Congr\u00e8s de l&rsquo;Organisation Panafricaine des Femmes<\/em><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c6\"><span class=\"c5\"><strong>Le Centre de Planning familial<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Fa\u00efza Mzali-Slama est d\u2019abord affect\u00e9e au Centre du Planning familial. Tout \u00e9tait \u00e0 cr\u00e9er.<\/p>\n<p>Remettons-nous dans le contexte de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 le pays, au sortir d\u2019un r\u00e9gime qui l\u2019avait laiss\u00e9 exsangue, mettait toutes ses forces vives au service de la r\u00e9alisation d\u2019objectifs de d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomiques ambitieux : scolarisation de tous les enfants, construction d\u2019\u00e9coles, de dispensaires, d\u00e9veloppement de l\u2019agriculture et des infrastructures, notamment hydrauliques, dans toutes les r\u00e9gions du pays \u2026 Mais parall\u00e8lement aux efforts gigantesques r\u00e9alis\u00e9s sous le slogan \u00ab La promotion de l\u2019homme au centre des plans de d\u00e9veloppement \u00bb, force \u00e9tait de constater que le taux de croissance de la population accusait une hausse (2,7% en 1966). Les raisons donn\u00e9es \u00e9taient la baisse importante de la mortalit\u00e9 due \u00e0 une meilleure hygi\u00e8ne et une redistribution des revenus, favorable aux populations modestes. Prenant connaissance de cette nouvelle donn\u00e9e, le Pr\u00e9sident Bourguiba clame haut et fort son inqui\u00e9tude : \u00ab Nous nous trouvons, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 devant une natalit\u00e9 sans cesse croissante et de l&rsquo;autre, il est de notre devoir d&rsquo;assurer la subsistance \u00e0 la population dans un pays au potentiel agricole et industriel insuffisant et dont le d\u00e9veloppement est lent. Nous ne pouvons nous d\u00e9fendre contre un sentiment d&rsquo;appr\u00e9hension devant la mar\u00e9e humaine qui monte \u00e0 une vitesse qui d\u00e9passe de beaucoup celle de l&rsquo;augmentation des subsistances car, \u00e0 quoi servirait l&rsquo;accroissement de notre production agricole et de nos richesses mini\u00e8res, si la population doit continuer \u00e0 s&rsquo;accro\u00eetre d&rsquo;une mani\u00e8re anarchique. Nous n&rsquo;aurions rien fait car nous risquons de nous trouver ramen\u00e9s, malgr\u00e9 tous nos efforts, \u00e0 un niveau inf\u00e9rieur \u00e0 celui du point de d\u00e9part. \u2026. Produire, produire davantage, moins pro cr\u00e9er car nous risquons d&rsquo;\u00eatre engloutis par la vague provoqu\u00e9e par l&rsquo;explosion d\u00e9mographique et la famille ne pourrait plus accomplir ses devoirs premiers, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e9lever, \u00e9duquer et former ses enfants \u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00c9tat tunisien prend le taureau par les cornes et met en place, progressivement, des mesures de planification des naissances. Pour lever les obstacles, le Pr\u00e9sident Bourguiba va prendre le temps d\u2019expliquer les d\u00e9cisions, en les reliant toujours aux plans de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques. Si d\u00e9rangeantes, si d\u00e9licates \u00e0 faire assimiler par la population, elles ont quand m\u00eame pu \u00eatre appliqu\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 la p\u00e9dagogie et \u00e0 la personnalit\u00e9 charismatique du leader.<\/p>\n<p>Fa\u00efza participe \u00e0 l\u2019\u00e9pop\u00e9e. Elle raconte : \u00ab Le travail au service du planning familial consistait \u00e0 \u00e9tablir des programmes d\u2019\u00e9ducation de la population pour l\u2019amener \u00e0 limiter les naissances. Il fallait changer les mentalit\u00e9s et les comportements, et en premier lieu ceux du personnel de la sant\u00e9 publique \u2013 m\u00e9decins et param\u00e9dicaux \u2013 des PMI et des dispensaires sur tout le territoire tunisien. Des cours de psychologie furent \u00e9galement introduits dans le programme de formation des \u00e9l\u00e8ves sages-femmes. Trois ann\u00e9es de travail intense et exaltant qui consistait \u00e0 la fois \u00e0 \u00e9tablir des programmes, \u00e0 donner des cours et \u00e0 assurer le suivi par des d\u00e9placements sur le terrain \u00e0 Tunis et dans les r\u00e9gions o\u00f9 nous n\u2019\u00e9tions pas toujours bien re\u00e7ues, surtout par les hommes. \u00bb Il faut ajouter que parall\u00e8lement \u00e0 l\u2019hostilit\u00e9 masculine, une r\u00e9ticence des femmes \u00e9tait souvent constat\u00e9e, bas\u00e9e sur l\u2019ignorance (le taux d&rsquo;analphab\u00e9tisme f\u00e9minin \u00e9tait de 96% \u00e0 l\u2019\u00e9poque, selon le CREDIF) et la crainte de se voir d\u00e9valoris\u00e9es par leur mari, malgr\u00e9 la charge \u00e9norme repr\u00e9sent\u00e9e par une famille nombreuse (les familles \u00e0 7 et 8 enfants \u00e9taient loin d\u2019\u00eatre rares).<\/p>\n<p><span class=\"c6\"><span class=\"c5\"><strong>Un d\u00e9tachement \u00e0 l\u2019\u00c9ducation nationale<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>En 1972, d\u00e9tach\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00c9ducation nationale, pour une plus large diffusion du programme de planification des naissances aupr\u00e8s des enseignants et des lyc\u00e9ens, elle est la premi\u00e8re femme \u00e0 rejoindre un cabinet minist\u00e9riel. \u00ab Mon travail consistait \u00e0 \u00e9laborer un programme d\u2019introduction de la notion de planification familiale dans l\u2019enseignement secondaire, ce qui ne recueillait pas l\u2019adh\u00e9sion des responsables du d\u00e9partement \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00bb disait Fa\u00efza.<\/p>\n<p class=\"c4\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/4(38).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><br \/><span class=\"c2\"><em>Fa\u00efza en visite dans un centre d\u2019apprentissage pour jeunes filles<\/em><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c6\"><span class=\"c5\"><strong>Directrice du Service des \u00c9coles de formation du personnel param\u00e9dical<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>En 1973, Fa\u00efza a r\u00e9int\u00e9gr\u00e9 son minist\u00e8re d\u2019origine, \u00e0 la t\u00eate du Service des \u00c9coles de formation du personnel param\u00e9dical. \u00ab Ces \u00c9coles, au nombre de 9 (B\u00e9ja, Gab\u00e8s, Kairouan, Le Kef, Mahdia, Monastir, Sfax, Sousse et Tunis) formaient des aides-soignantes et des infirmi\u00e8res. Les cours th\u00e9oriques \u00e9taient donn\u00e9s par des m\u00e9decins et la pratique se passait dans les services hospitalierssans aucune pr\u00e9paration du personnel d&rsquo;encadrement \u00bb.<\/p>\n<p>La formation pratique laissait donc \u00e0 d\u00e9sirer. Or, les cadres param\u00e9dicaux, rompus \u00e0 la pratique par une longue exp\u00e9rience, pouvaient \u00eatre recrut\u00e9s avec avantage parmi le personnel enseignant, apr\u00e8s avoir suivi une formation p\u00e9dagogique ad\u00e9quate \u00ab pour leur permettre de transmettre leur savoir et leur savoir-faire \u00bb. L&rsquo;id\u00e9e de cr\u00e9er un centre de formation des cadres param\u00e9dicaux s&rsquo;impose.<\/p>\n<p>\u00ab Je dus batailler pendant des ann\u00e9es pour faire \u00e9voluer la formation et am\u00e9liorer la situation du personnel param\u00e9dical. Il a fallu deux ans, gr\u00e2ce \u00e0 la compr\u00e9hension et l\u2019encouragement des directeurs des Instituts de l\u2019enfance (Dr B\u00e9chir Hamza), de neurologie (Dr Mongi Ben Hamida), de Nutrition (Dr Zouheir Kallel), ainsi que de l\u2019aide du doyen de la Facult\u00e9 de m\u00e9decine (Dr Hassouna Ben Ayed) pour aboutir \u00e0 la constitution d\u2019une Commission de formation du personnel de la Sant\u00e9 publique. J\u2019ai demand\u00e9 au Dr Naceur Haddad, estim\u00e9 et respect\u00e9 de tous pour sa comp\u00e9tence, son int\u00e9grit\u00e9 et son d\u00e9vouement aux malades, de bien vouloir en accepter la pr\u00e9sidence et il n&rsquo;h\u00e9sita pas. \u00bb&#8230;<\/p>\n<p>Compos\u00e9e de repr\u00e9sentants du personnel administratif, m\u00e9dical et param\u00e9dical, la Commission recommande la cr\u00e9ation d\u2019un Centre de recherche et de formation p\u00e9dagogique au minist\u00e8re de la Sant\u00e9 publique.<\/p>\n<p>La Commission charg\u00e9e de l&rsquo;\u00e9laboration des Cinqui\u00e8me plan (1977-1981) et Sixi\u00e8me plan (1982-1986) de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social dont Fa\u00efza est membre, adopte finalement le projet de cr\u00e9ation d\u2019un Centre de Recherche et de Formation P\u00e9dagogique de la Sant\u00e9 Publique (actuellement Centre national de Formation p\u00e9dagogique), ainsi que celui de la cr\u00e9ation des sections de techniciens sup\u00e9rieurs de la Sant\u00e9 publique.<\/p>\n<p>\u00ab Je fus charg\u00e9e de la mise en train de ce Centre : recherche d\u2019un local, recrutement du personnel, installation des bureaux et des salles d\u2019enseignement. Le Dr Taoufiq Nacef fut affect\u00e9 au poste de directeur et moi \u00e0 celui de sous-directeur.Apr\u00e8s l\u2019\u00e9laboration des statuts, de l&rsquo;organigramme et des programmes de formation, les cours d\u00e9marr\u00e8rent d\u00e8s octobre 1978. \u00bb, disait-elle, ajoutant : \u00ab Ces deux r\u00e9alisations dont je suis fi\u00e8re, sans fausse modestie, n&rsquo;all\u00e8rent pas sans difficult\u00e9s, face \u00e0 l&rsquo;esprit routinier de certains responsables hostiles \u00e0 tout changement et toute innovation, surtout venant d&rsquo;une femme, de surcro\u00eet non m\u00e9decin. \u00bb<\/p>\n<p>Dix ans plus tard, le statut de professeur d\u2019enseignement param\u00e9dical est publi\u00e9 au journal officiel.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un lourd probl\u00e8me de sant\u00e9 qu\u2019elle assume longtemps en silence puis qui l\u2019\u00e9loigne de ses activit\u00e9s pendant quelques mois, Fa\u00efza reprend vaillamment son travail \u00e0 la t\u00eate du Centre, pour la cr\u00e9ation duquel elle avait livr\u00e9 tant de batailles. Elle assure le suivi de la formation dans les \u00c9coles, organise l\u2019ouverture d&rsquo;autres \u00c9coles \u00e0 Gafsa, K\u00e9bili, M\u00e9denine, et Tozeur et dispense des cours de psychop\u00e9dagogie au Centre, de 1978 \u00e0 1983.<\/p>\n<p>Ses responsabilit\u00e9s augmentent apr\u00e8s sa nomination, en 1989, en tant que Directrice coordinatrice du Projet de M\u00e9decine de Sant\u00e9 Communautaire Rurale de la Tunisie centrale, puis de Conseill\u00e8re aupr\u00e8s du Directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Office national de la Famille et de la Population. L\u00e0, deux ann\u00e9es de collaboration fructueuse aux c\u00f4t\u00e9s de MM. Mohamed Moncef Boukhris et Dali Jazi cl\u00f4turent sa belle carri\u00e8re professionnelle.<\/p>\n<p><span class=\"c6\"><span class=\"c5\"><strong>A l\u2019Union Tunisienne des Femmes<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La riche carri\u00e8re professionnelle de Fa\u00efza ne l\u2019emp\u00eacha pas de militer avec constance pour les droits des femmes. Membre de l\u2019Union Tunisienne des Femmes d\u00e8s sa cr\u00e9ation, elle fut, aux c\u00f4t\u00e9s de Mme Fathia Mzali, membre du Bureau Ex\u00e9cutif de cette organisation puis Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale de 1976 \u00e0 1986. Elle pr\u00e9sida aux activit\u00e9s de l\u2019Organisation li\u00e9es \u00e0 la sant\u00e9 et \u00e0 la planification familiale en \u00e9troite collaboration avec les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9es r\u00e9gionales de toute la R\u00e9publique et repr\u00e9senta la Tunisie \u00e0 plusieurs conf\u00e9rences internationales sur la Femme.<\/p>\n<p>Plus tard, durant ses ann\u00e9es de retraite, elle consacra une grande partie de son temps \u00e0 l\u2019Association des Anciennes du Lyc\u00e9e de la rue de Russie. Elle fut heureuse de retrouver d\u2019anciennes camarades d\u2019\u00e9tudes. L\u2019une d\u2019elles, Monique Audi fret, a, gr\u00e2ce \u00e0 Fa\u00efza Mzali, renou\u00e9, comme beaucoup d\u2019autres amies fran\u00e7aises, avec la Tunisie. Fa\u00efza lui offrait le g\u00eete et organisait autour d\u2019elle des rencontres avec des amies tunisiennes. Ensemble, elles partirent \u00e0 la d\u00e9couverte de contr\u00e9es lointaines et de paysages imprenables. La disparition tragique de Monique fut un choc pour elle et pour toutes les membres. Fid\u00e8le en amiti\u00e9, elle tint \u00e0 les r\u00e9unir pour lui rendre un dernier hommage. Une amiti\u00e9 ind\u00e9fectible la lia \u00e9galement \u00e0 Olga Panassik qu\u2019elle connut sur les bancs du lyc\u00e9e. Les contacts \u00e9pistolaires puis par messagerie se poursuivirent sans interruption pendant plus de 60 ans, malgr\u00e9 l\u2019\u00e9loignement, Olga s\u2019\u00e9tant install\u00e9e \u00e0 Tahiti.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moignages de Fayza K\u00e9fi et de Samira Torjeman, membres de l\u2019Association des Anciennes de la Rue de Russie, confirment les hautes qualit\u00e9s de la regrett\u00e9e. Sa discr\u00e9tion et sa gentillesse toutes naturelles, sa disponibilit\u00e9, sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et sa sagesse exemplaires en faisait le recours incontournable pour r\u00e9soudre les situations conflictuelles au sein de l\u2019association. \u00ab Son intelligence, sa sensibilit\u00e9 et son humilit\u00e9 nous impressionnaient, disent-elles en ch\u0153ur \u00bb.<\/p>\n<p>Puisse son \u00e2me reposer en paix et son souvenir demeurer un lien fort entre tous ceux et celles qui l\u2019ont connue.<\/p>\n<p class=\"c7\"><strong>Hal\u00e9 Chadli<\/strong><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/31109-faiza-mzali-slama-une-vie-de-courage-de-militantisme-et-de-realisations\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Hal\u00e9 Chadli &#8211; Fa\u00efza Mzali appartient \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration qui a assist\u00e9 \u00e0 la lutte nationale, qui a v\u00e9cu la lib\u00e9ration du pays du joug colonial et qui a apport\u00e9 sa pierre \u00e0 l\u2019\u00e9dification d\u2019un \u00c9tat ind\u00e9pendant. R\u00e9serv\u00e9e, toujours \u00e9gale \u00e0 elle-m\u00eame, perfectionniste, bien ancr\u00e9e dans la tradition mais en m\u00eame temps profond\u00e9ment moderniste, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1772,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"\/uploads\/FCK_files\/Hal\u00e9-Chadli.jpg","fifu_image_alt":"Fa\u00efza Mzali-Slama, une vie de courage, de militantisme et de r\u00e9alisations","footnotes":""},"categories":[73,55],"tags":[],"class_list":["post-107319","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107319","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1772"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=107319"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107319\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=107319"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=107319"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=107319"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}