{"id":107587,"date":"2020-12-20T09:27:07","date_gmt":"2020-12-20T14:27:07","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/%ef%bb%bfla-success-story-de-salman-un-migrant-syrien-qui-a-reconstruit-sa-vie\/"},"modified":"2020-12-20T09:27:07","modified_gmt":"2020-12-20T14:27:07","slug":"%ef%bb%bfla-success-story-de-salman-un-migrant-syrien-qui-a-reconstruit-sa-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/%ef%bb%bfla-success-story-de-salman-un-migrant-syrien-qui-a-reconstruit-sa-vie\/","title":{"rendered":"\ufeffLa success story de Salman, un migrant syrien qui a reconstruit sa vie"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-text-color has-vivid-red-color c2\"><strong>De Damas \u00e0 K\u00e9nitra<\/strong><\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>Par Samia Boufous (MAP)<\/strong><\/p>\n<p class=\"has-text-color has-vivid-cyan-blue-color\"><strong>En foulant pour la premi\u00e8re fois de sa vie le sol marocain, en d\u00e9cembre 2011, Salman n\u2019esp\u00e9rait pas rencontrer, aussi vite, autant de r\u00e9ussite dans le domaine de la restauration et imposer en si peu de temps, la cuisine syrienne qu\u2019il repr\u00e9sente si parfaitement, dans la ville de K\u00e9nitra.<\/strong><\/p>\n<p>Du haut de ses 34 ans, ce r\u00e9fugi\u00e9 syrien a choisi la ville de K\u00e9nitra pour s\u2019y installer il y a neuf ans, en encha\u00eenant les petits boulots par-ci et par-l\u00e0 pour survivre et joindre les deux bouts. \u00abMes premiers mois \u00e0 K\u00e9nitra, je les ai pass\u00e9s \u00e0 aller d\u2019un m\u00e9canicien \u00e0 un deuxi\u00e8me, d\u2019une boulangerie \u00e0 une autre, d\u2019un restaurant \u00e0 son voisin, dans l\u2019ultime espoir de trouver un travail d\u00e9cent \u00e0 m\u00eame de me permettre d\u2019assouvir mes besoins les plus vitaux\u00bb, ra conte-t-il avec un ton nostalgique empreint d\u2019amertume.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quelques mois de \u00abpetits-jobs\u00bb de pas plus de dix jours, notre ami s\u2019y rien, qui a quitt\u00e9 son \u00abCham\u00bb, avec pour seul bagage, ses souvenirs et les secrets des recettes familiales, a enfin pu trouver un boulot au sein d\u2019un snack, situ\u00e9 dans une petite rue bruyante d\u2019un quartier populaire, o\u00f9 il devait pr\u00e9parer des sandwichs \u00e0 base de thon et des salades compos\u00e9es pour la client\u00e8le.<\/p>\n<p>\u00abJ\u2019\u00e9tais tr\u00e8s enthousiaste \u00e0 l\u2019id\u00e9e de travailler dans ce snack, d\u2019autant plus qu\u2019il venait tout juste d\u2019ouvrir et nous \u00e9tions \u00e0 peine deux \u00e0 y travailler, ce qui me rassurait un peu\u00bb a-t-il confi\u00e9 \u00e0 la MAP, ajoutant qu\u2019il a toujours \u00e9t\u00e9 passionn\u00e9 par l\u2019art culinaire, mais qu\u2019il n\u2019a jamais pens\u00e9 \u00e0 en faire sa vocation un jour, lui qui \u00e9tait commercial en mat\u00e9riel informatique, \u00abdans une vie ant\u00e9rieure\u00bb, comme il l\u2019a si bien dit, avec un air plut\u00f4t amus\u00e9.<\/p>\n<p>\u00abLes premiers mois \u00e9taient \u00e0 la fois p\u00e9nibles et plaisants, les heures de travail \u00e9taient interminables, le patron \u00e9tait rigide, mais j\u2019avais d\u00e9couvert que je me d\u00e9brouillais plut\u00f4t pas mal en cuisine et j\u2019ai m\u00eame propos\u00e9 de nouveaux repas au patron qui ne pouvait que r\u00e9pondre favorablement \u00e0 ma demande\u00bb a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 ce passionn\u00e9 de la cuisine damasienne.<\/p>\n<p>\u00abMon plus grand moment de satisfaction \u00e9tait quand je lui avais propos\u00e9 d\u2019attaquer quelques plats typiquement syriens, notamment la Basboussa, le Houmous, la Kenafeh ou encore la fameuse Chawarma que je cuisinais si soigneusement lors de mes ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes universitaires en Syrie. En quelques mois uniquement, le nombre des clients a d\u00e9cupl\u00e9 et le patron a d\u00e9cid\u00e9 de me faire une augmentation qui fut assez significative \u00e0 mes yeux\u00bb, a-t-il pr\u00e9cis\u00e9, avec des yeux le moins que l\u2019on puisse dire, p\u00e9tillants.<\/p>\n<p>Cette augmentation, a-t-il poursuivi, \u00e9tait mon \u00e9pargne, vu qu\u2019il vivait assez bien avec son ancien salaire. Cinq ans apr\u00e8s, ce jeune syrien a pu disposer d\u2019une somme suffisante pour louer un espace et ouvrir un petit restaurant syrien dans un quartier cossu de K\u00e9nitra et c\u2019est l\u00e0, o\u00f9 il d\u00e9cid\u00e9 de prendre son envol et donner libre cours \u00e0 sa passion culinaire qui ne faisait que fleurir, jour apr\u00e8s jour.<\/p>\n<p>\u00abJe ne vais pas nier que la proc\u00e9dure \u00e9tait assez parsem\u00e9e d\u2019emb\u00fbches, parce que je ne parlais pas Darija et connaissais tr\u00e8s peu de monde \u00e0 l\u2019\u00e9poque !\u00bb, dit-il. Mais plein d\u2019optimisme et de volont\u00e9 de reprendre sa vie en main, il n\u2019a pas baiss\u00e9 les bras et y est all\u00e9 jusqu\u2019au bout, notamment avec l\u2019appui de plusieurs organisations de d\u00e9fense des droits des migrants, qui l\u2019ont soutenu sur tous les niveaux, pour pouvoir monter son projet.<\/p>\n<p>Le jeune p\u00e8re de deux enfants, dont les yeux bleus irradient de fiert\u00e9, n\u2019a pas manqu\u00e9 de faire savoir que son restaurant, berc\u00e9 par la musique orientale et d\u00e9cor\u00e9 avec des tableaux rappelant la Syrie, a connu un tr\u00e8s grand succ\u00e8s aupr\u00e8s des habitants de la ville qui venaient r\u00e9galer leurs pupilles et papilles avec les v\u00e9ritables plats syriens, parfaitement concoct\u00e9s par ce jeune f\u00e9ru de la gastronomie moyen-orientale.<\/p>\n<p>\u00abLe K\u00e9nafeh, c\u2019est toute mon enfance,\u00bb raconte-t-il, dressant une assiette de cette p\u00e2tisserie syrienne r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 base de Kadaif (cheveux d\u2019ange), de fromage, de beurre et napp\u00e9e de pistache et de sirop. La quarantaine de convives pr\u00e9sents dans le restaurant, en redemande. \u00abMa m\u00e8re me le cuisinait tout le temps. Je l\u2019ai appel\u00e9e pour lui dire que je pr\u00e9parais ce plat aujourd\u2019hui : elle \u00e9tait tr\u00e8s fi\u00e8re de moi\u00bb, confie Salmane, redevenu un gar\u00e7on timide \u00e0 l\u2019\u00e9vocation de sa m\u00e8re.<\/p>\n<p>C\u2019est avec un air impassible et un regard plein d\u2019assurance, qu\u2019il a d\u00e9clar\u00e9 avoir ouvert un second restaurant, situ\u00e9 de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la ville et servant \u00e9galement de la cuisine syrienne, allant de \u00abla Baklava\u00bb au \u00abKebab Halabi\u00bb, en passant par la succulente \u00abMhlabia\u00bb.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, une dizaine de personnes travaille dans les 2 restaurants de Salmane, dont une bonne partie de Syriens. Au fil du temps, l\u2019adresse est devenue une r\u00e9f\u00e9rence qui ne d\u00e9semplit pas. \u00abC\u2019est vrai qu\u2019on est un peu devenu le resto syrien pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des Kenitris\u00bb, rembobine-t-il, naviguant entre la cuisine et le comptoir pour pr\u00e9parer et servir des saveurs venues de Syrie et que nombre d\u2019habitants de K\u00e9nitra ne connaissaient pas, il y a seulement quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Cela fait maintenant neuf ans, que Salman s\u2019est fray\u00e9 son chemin, non sans obstacles, dans la restauration syrienne. Neuf ann\u00e9es b\u00e9nies, selon lui. Salman, qui parle aujourd\u2019hui parfaitement marocain, gagne tr\u00e8s bien sa vie et se dit combl\u00e9 et veinard d\u2019avoir pu reconstruire sa vie dans un pays aussi chaleureux que le Maroc.<\/p>\n<p>Auteur: M&rsquo;hammed rahal<br \/>\n<a href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/101170.html\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Damas \u00e0 K\u00e9nitra Par Samia Boufous (MAP) En foulant pour la premi\u00e8re fois de sa vie le sol marocain, en d\u00e9cembre 2011, Salman n\u2019esp\u00e9rait pas rencontrer, aussi vite, autant de r\u00e9ussite dans le domaine de la restauration et imposer en si peu de temps, la cuisine syrienne qu\u2019il repr\u00e9sente si parfaitement, dans la ville [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1760,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,54],"tags":[],"class_list":["post-107587","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-maroc"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107587","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1760"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=107587"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107587\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=107587"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=107587"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=107587"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}