{"id":107716,"date":"2020-12-21T15:57:33","date_gmt":"2020-12-21T20:57:33","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/femmes-deplacees-internes-a-kaya-elles-se-vendent-pour-survivre\/"},"modified":"2020-12-21T15:57:33","modified_gmt":"2020-12-21T20:57:33","slug":"femmes-deplacees-internes-a-kaya-elles-se-vendent-pour-survivre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/femmes-deplacees-internes-a-kaya-elles-se-vendent-pour-survivre\/","title":{"rendered":"Femmes d\u00e9plac\u00e9es internes : \u00e0 Kaya, elles \u00ab se vendent \u00bb pour survivre"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1-40.jpg\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"391\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1-40-696x391.jpg\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1-40-696x391.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1-40-300x168.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1-40-768x431.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1-40-150x84.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1-40-748x420.jpg 748w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1-40.jpg 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" alt=\"\" title=\"1\"\/><\/a><\/div>\n<p><strong>Elles ont fui leurs villages, abandonnant derri\u00e8re elles tous leurs biens. Sans v\u00e9ritable prise en charge alimentaire, des femmes d\u00e9plac\u00e9es par la crise s\u00e9curitaire qui frappe le Burkina Faso depuis avril 2015, ne sachant \u00e0 quel saint se vouer, sont oblig\u00e9es de se prostituer pour leur survie. A Kaya, chef-lieu de la r\u00e9gion du Centre \u2013 Nord, \u00e0 100km de Ouagadougou, aux abords des sites d\u2019accueil des d\u00e9plac\u00e9s internes, des espaces vides et des maisons abandonn\u00e9es sont transform\u00e9s en chambres de passe. Dans ces lieux, les passes sont sans prix : 2 000 FCFA, 1 000 FCFA, 500 FCFA, 300 FCFA ou tout simplement de quoi se mettre sous la dent. Des montants donn\u00e9s en fonction des humeurs ou de la poche des clients qui abusent de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de ces femmes.<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-30836 size-medium\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/2-7-300x168.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"168\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/2-7-300x168.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/2-7-768x431.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/2-7-150x84.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/2-7-696x391.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/2-7-748x420.jpg 748w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/2-7.jpg 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"\/>Pour la survie de leur prog\u00e9niture, les deux \u00ab co\u00e9pouses \u00bb, Sawadogo, Fatou et Awa, sont devenues des coll\u00e8gues du trottoir.<\/p>\n<p>Fatou Sawadogo (nom d\u2019emprunt) est m\u00e8re de deux enfants. De teint noir et de taille moyenne, un peu timide, cela fait moins d\u2019un an que cette femme vit dans la zone non lotie du secteur n\u00b02 de Kaya, chef- lieu de la r\u00e9gion du Centre -Nord, \u00e0 100 kilom\u00e8tres de Ouagadougou. Il y a onze ans, elle s\u2019\u00e9tait mari\u00e9e \u00e0 B.S \u00e0 Rouf\u00e9n\u00e9ga, un village situ\u00e9 \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres de Kaya. De cette union sont n\u00e9s deux enfants : un petit gar\u00e7on de 6 ans et une fillette de 2 ans et demi. La jeune dame attendait un 3e enfant, mais malheureusement, sa grossesse de six mois a coul\u00e9, il y a deux mois. Avant son arriv\u00e9e \u00e0 Kaya, Fatou vivait de son petit commerce de beignets \u00e0 base de farine de bl\u00e9 appel\u00e9s \u00ab bourmassa \u00bb, en langue nationale moor\u00e9 et des retomb\u00e9es des activit\u00e9s agricoles de son \u00e9poux. Ce couple vivait modestement pr\u00e8s des siens, \u00e0 quelques encablures du th\u00e9\u00e2tre des attaques des groupes arm\u00e9s. Une situation que vit le Burkina Faso, depuis avril 2015. Conscient du danger qui r\u00f4de \u00e0 leurs portes, la famille et bien d\u2019autres habitants sont quand bien m\u00eame rest\u00e9s sur place, jusqu\u2019\u00e0 ce que leur village soit la cible d\u2019une attaque terroriste. C\u2019\u00e9tait dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 janvier 2020.<br \/>Ce jour-l\u00e0, les assaillants ont incendi\u00e9 l\u2019\u00e9cole primaire publique dudit village et assassin\u00e9 17 civils. L\u2019\u00e9poux de Fatou fut tu\u00e9 dans cette attaque mais ce n\u2019est que trois jours plus tard que son corps a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9.<\/p>\n<p>Elle confie avoir par devers elle la carte d\u2019identit\u00e9 nationale de son d\u00e9funt mari. \u00ab A chaque fois que je regarde son visage, je n\u2019arr\u00eate pas de fondre en larmes\u00bb, raconte-t-elle, toute larmoyante, dans l\u2019apr\u00e8s-midi du 2 octobre 2020, \u00e0 son nouveau domicile. Ce fut le sauve-qui-peut. Fatou a d\u00fb fuir son village avec ses deux enfants, son beau-p\u00e8re, son beau-fr\u00e8re ainsi que l\u2019\u00e9pouse Awa Sawadogo (nom d\u2019emprunt) et les deux enfants, un gar\u00e7onnet de 5 ans et une fillette de 3 ans de ce dernier. \u00ab Nous n\u2019avons pas eu le temps d\u2019emporter des effets. Notre priorit\u00e9, c\u2019\u00e9tait d\u2019abord nos enfants \u00bb, raconte Fatou, le regard attrist\u00e9, avant de poursuivre : \u00ab Chaque femme avec le 1er fils qu\u2019elle tra\u00eene de la main, et le 2e enfant au dos, a march\u00e9 une dizaine de Kilom\u00e8tres jusqu\u2019\u00e0 Sanrgo \u00bb. De l\u00e0- bas, chaque adulte a d\u00e9bours\u00e9 500 FCFA pour \u00eatre transport\u00e9 \u00e0 Kaya en tricycle. Dans leur fuite, la famille n\u2019a pas rejoint un site d\u2019accueil des Personnes d\u00e9plac\u00e9es internes (PDI), une fois arriv\u00e9e \u00e0 Kaya. Elle est juste rest\u00e9e sous l\u2019ombrage des arbres devant une cour en construction. Un endroit o\u00f9 Fatou et les siens ont dormi \u00e0 la belle \u00e9toile, pendant trois nuits. Avant que le propri\u00e9taire des lieux, un vieil homme ayant aussi fui les violences dans sa localit\u00e9 d\u2019origine, accepte de leur louer deux maisons, \u00e0 raison de 5 000 FCFA chacune le mois. Quelques temps apr\u00e8s avoir trouv\u00e9 le logement, leur beau- p\u00e8re retourne au village, pendant que le mari de Awa Sawadogo, avec qui, elle a partag\u00e9 six ann\u00e9es de sa vie, s\u2019est \u00e9clips\u00e9, laissant ainsi les deux femmes et leurs quatre enfants dans la pr\u00e9carit\u00e9 \u00e0 Kaya.<\/p>\n<p>Abandonn\u00e9es d\u00e9sormais \u00e0 elles-m\u00eames, les nouvelles locataires, venues les mains vides, manquent de tout. Pour leur survie, elles d\u00e9cident alors de parcourir la cit\u00e9 de Kaya pour se faire enregistrer dans les rangs des PDI. \u00ab Il y a plus de trois mois, nous nous sommes inscrites une premi\u00e8re fois sur une liste et une 2e fois sur un appareil portable tactile, mais depuis lors, nous n\u2019avons re\u00e7u aucune puce t\u00e9l\u00e9phonique du PAM, encore moins une dotation quelconque de l\u2019action sociale ou de tout autre structure humanitaire\u00bb, d\u00e9plore Fatou Sawadogo.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-30837 size-medium\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/3-2-300x168.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"168\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/3-2-300x168.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/3-2-150x84.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/3-2.jpg 595w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"\/>Le pr\u00e9sident de l\u2019Association Bon Samaritain, Karim Sawadogo, demande aux autorit\u00e9s de prendre la prostitution des femmes PDI au s\u00e9rieux et de punir les hommes qui abusent de leur vuln\u00e9rabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans l\u2019espoir de tomber sur une distribution de vivres ou un enregistrement quelconque, Fatou et sa \u00ab co\u00e9pouse \u00bb Awa qui vivait \u00e9galement de son petit commerce de \u00ab bourmassa \u00bb et de \u00ab koura-koura \u00bb (croquettes d\u2019arachides), en langue nationale moor\u00e9 explorent chaque jour les diff\u00e9rents sites de distribution de vivres, comme la mairie, la place de la Nation, le site du secteur n\u00b07 et les services de l\u2019action sociale. C\u2019est d\u2019ailleurs dans l\u2019enceinte de la direction provinciale du minist\u00e8re en charge de l\u2019action humanitaire du Centre -Nord que nous avons rencontr\u00e9 les deux femmes dans la matin\u00e9e, du 3 octobre 2020, avant de les rejoindre plus tard \u00e0 leur domicile dans la soir\u00e9e. Aux premi\u00e8res heures de leur aventure citadine, les deux co\u00e9pouses ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 du voisinage. \u00ab Au d\u00e9but, les voisins nous ont apport\u00e9 des v\u00eatements pour les enfants. Ils nous ont souvent donn\u00e9 de la nourriture\u00bb, confie Fatou. \u00ab Je n\u2019ai pas une dotation mensuelle mais souvent l\u2019OCADES me donne des vivres. Aussi, je fais le tour de la ville et partage les vivres avec elles. Elles sont devenues ma famille et ce sont elles qui me pr\u00e9parent \u00e0 manger \u00bb, t\u00e9moigne le vieux propri\u00e9taire de la maison dans laquelle vivent Fatou et les siens.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, pr\u00e9cise Awa Sawadogo, leur seule marmite est un don du bailleur, avec laquelle, elles cuisinent alternativement le t\u00f4 et la sauce. En plus de ces appuis ponctuels, les deux dames s\u2019adonnent souvent aux travaux domestiques dans les quartiers environnants. \u00ab Pour la vaisselle, on nous paie entre 250 et 500 FCFA et une journ\u00e9e de lessive entre 750 et 1 000F CF A\u00bb, poursuit Awa Sawadogo. Malheureusement, ce sont de petits boulots occasionnels qui ne permettent pas \u00e0 ces six d\u00e9plac\u00e9s de survivre et de faire face \u00e0 certains besoins fondamentaux : le loyer, la nourriture, les soins, l\u2019habillement, etc. Pour la survie de leur petite famille, les deux nouveaux d\u00e9sormais chefs de m\u00e9nage, Fatou la veuve et Awa la femme abandonn\u00e9e, ont toutes trouv\u00e9 une alternative : le sexe contre la nourriture. \u00ab Souvent, les voisins n\u2019ont rien \u00e0 nous donner. Quant tu rentres bredouille des sites de distribution de vivres et tu trouves tes enfants en pleurs, tu fais comment ? \u00bb, s\u2019interroge Fatou, le regard tourn\u00e9, vers sa fillette, en train de fouiller son petit panier \u00e0 la recherche d\u2019une pitance, puisqu\u2019elle venait de rentrer de la ville.<\/p>\n<p><strong>Elles s\u2019offrent contre toutes sortes de services<\/strong><\/p>\n<p>T\u00eate baiss\u00e9e, elle essaie de fuir notre regard. Toutefois, avec un l\u00e9ger sourire, elle continue : \u00ab Pour nous les adultes, on peut supporter la faim par moments. Et les enfants ? Si tu n\u2019as rien \u00e0 leur donner, tu es oblig\u00e9e d\u2019accepter de donner ton corps pour gagner un peu d\u2019argent afin de leur pr\u00e9parer \u00e0 manger\u00bb.<br \/>Elle raconte sa premi\u00e8re exp\u00e9rience : \u00ab Un jour, je revenais d\u2019un site de distribution de vivres sans gain de cause. Un monsieur m\u2019a propos\u00e9 de l\u2019argent contre du sexe et j\u2019ai accept\u00e9. Il m\u2019a emmen\u00e9e dans une chambre en zone non lotie et apr\u00e8s l\u2019acte il m\u2019a remis 1 000 FCFA \u00bb.<\/p>\n<p>La seconde fois, c\u2019\u00e9tait encore un soir sans un sous, alors qu\u2019elle revenait d\u2019un site. Un autre monsieur l\u2019a accost\u00e9e et lui a propos\u00e9 une partie de sexe moyennant de l\u2019argent. \u00ab D\u2019abord, j\u2019ai d\u00e9clin\u00e9 son offre, mais entre- temps, j\u2019ai c\u00e9d\u00e9 parce que je n\u2019avais que faire pour mes enfants\u00bb, confie-t-elle. Ce dernier l\u2019a emmen\u00e9e aussi dans une maison abandonn\u00e9e contre 1 000 F CFA. La troisi\u00e8me fois, se souvient-elle, c\u2019\u00e9tait vers Sandaogo (Quartier de Kaya), dans une chambre de passe non loin d\u2019un site de distribution de vivres. \u00ab Ce jour- l\u00e0, je suis arriv\u00e9e au moment du partage des vivres. Lorsque je me suis approch\u00e9e, on m\u2019a fait savoir que c\u2019\u00e9tait pour des anciens inscrits. Comme d\u2019habitude, je n\u2019ai rien eu. Sur le chemin du retour, non loin du site, un homme m\u2019a fait la proposition ind\u00e9cente. Sans h\u00e9siter, j\u2019ai dit oui \u00bb, t\u00e9moigne dame Fatou. Contrairement aux pr\u00e9c\u00e9dents, ce 3e \u00ab client \u00bb a \u00e9t\u00e9 plus g\u00e9n\u00e9reux. \u00ab Il m\u2019a donn\u00e9 2 000 FCFA \u00bb, confie-t-elle. Sa liste est dor\u00e9navant longue, car cela fait plus de quatre mois, qu\u2019elle pratique ce m\u00e9tier. Elle avoue enregistrer en moyenne trois passes par semaine.<br \/>Pour la plupart de ses sorties, sa \u00ab co\u00e9pouse \u00bb, Awa Sawadogo, \u00e9tait l\u00e0. M\u00eame si elles re\u00e7oivent le m\u00eame cachet, c\u2019est \u00e0 chacune son partenaire. \u00ab Si les hommes viennent vers nous, nous les acceptons. Souvent c\u2019est nous-m\u00eames qui leur faisons la proposition \u00bb, souligne Awa Sawadogo.<\/p>\n<p><strong>\u00ab Co\u00e9pouses \u00bb et coll\u00e8gues du trottoir<\/strong><\/p>\n<p>Pour accomplir l\u2019acte sexuel, certains clients sollicitent des maisons de leurs connaissances dans les alentours et d\u2019autres dans des maisons inhabit\u00e9es des zones non loties.<br \/>\u00ab Parfois, ils nous emm\u00e8nent dans les chambres de passe vers le march\u00e9\u00bb, indique- t- elle. Pour les chambres de passe, elles ont d\u2019abord droit \u00e0 un petit pot et 2 000 FCFA apr\u00e8s la passe. \u00ab Si je gagne un peu d\u2019argent la nuit, j\u2019ach\u00e8te de la farine de ma\u00efs, du gombo et du bois pour la cuisine \u00bb, justifie Awa Sawadogo, la nouvelle \u00ab professionnelle du sexe \u00bb.<br \/>Ainsi sans le vouloir, Fatou et Awa, les deux \u00ab co\u00e9pouses \u00bb, sont devenues des coll\u00e8gues du trottoir. Par moments, elles tra\u00eenent en solo. \u00abLorsque nous voulons sortir toutes les deux, et que les enfants ne pleurent pas, nous les enfermons dans la maison. S\u2019ils pleurent, une d\u2019entre- nous reste avec eux. A son retour, elle prend le relais de la garde des enfants afin de permettre \u00e0 l\u2019autre de retrouver ses clients \u00bb, explique dame Awa. Dans la nuit, du 26 octobre 2020, elles n\u2019ont pas pu rejoindre des clients. La raison, la fillette de Fatou Sawadogo, souffrante, a refus\u00e9 de se s\u00e9parer de sa g\u00e9nitrice. Nous avons assist\u00e9 les deux femmes devant leur domicile, de 20h00 \u00e0 23h00. Pendant ce temps, leurs t\u00e9l\u00e9phones ne cessaient de cr\u00e9piter. Elles racontent aussi que certains hommes viennent tardivement frapper \u00e0 leur porte. \u00ab Nous fermons la porte \u00e0 cl\u00e9. Comme le bailleur est l\u00e0, nous ne les recevons pas dans nos chambres. Pour ceux qui n\u2019ont pas o\u00f9 aller, \u00e7a se passe dans la nature, \u00e0 l\u2019air libre \u00bb, d\u00e9voile Awa Sawadogo.<\/p>\n<p>Ce \u00ab nouveau job\u00bb, Fatou et Awa ne sont pas les seules femmes PDI de Kaya, \u00e0 l\u2019exercer. Antou (nom d\u2019emprunt), une fille-m\u00e8re de 21 ans, en fait son gagne-pain. Venue de Dablo, commune rurale situ\u00e9e \u00e0 84 kilom\u00e8tres de Kaya, apr\u00e8s l\u2019assassinat de son oncle paternel, la jeune fille a trouv\u00e9 refuge au secteur n\u00b04 de Kaya. Avec sa fillette de 25 mois, Antou partage une maison chambre- salon de 12 t\u00f4les, lou\u00e9e \u00e0 10 000 F CFA le mois, avec son p\u00e8re, sa m\u00e8re et quatre autres fr\u00e8res et s\u0153urs. Arriv\u00e9e depuis pr\u00e8s de neuf mois, sa famille a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e. \u00ab Nous avons re\u00e7u de l\u2019action sociale une natte, un seau et une bouilloire\u00bb, confie Antou, dans la nuit du 1er octobre 2020. Quant aux vivres, la m\u00e8re de la jeune fille, qui fait son petit commerce de \u00ab bikalgo \u00bb (bouillon des graines d\u2019oseille), confie avoir re\u00e7u un geste de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de l\u2019\u00e9glise protestante du quartier. Son p\u00e8re, qui a exerc\u00e9 comme vigile, pendant six mois dans deux structures diff\u00e9rentes, et r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 \u00e0 35 000 F CFA le mois, est actuellement sans emploi.<\/p>\n<p>Pour all\u00e9ger sa charge, Antou a \u00e9t\u00e9 serveuse dans un bar, dans la zone non lotie du secteur n\u00b06 de Kaya avant d\u2019\u00eatre remerci\u00e9e par le g\u00e9rant. \u00abJ\u2019ai travaill\u00e9 pendant deux mois. J\u2019\u00e9tais pay\u00e9e \u00e0 20 000 FCFA le mois \u00bb, pr\u00e9cise l\u2019ex-serveuse. Son ex-coll\u00e8gue, Alice, explique les raisons de son d\u00e9part : \u00ab Le patron l\u2019a laiss\u00e9e parce que lorsqu\u2019elle est assise avec un client, elle ne veut plus se lever pour servir les autres\u00bb. A c\u00f4t\u00e9 de ce petit boulot, selon les dires de son amie, Antou se livrait aux hommes. \u00ab Si on ne fait pas cela, comment on va manger ? C\u2019est dans \u00e7a seulement qu\u2019on mange. Je gagne souvent 5 000 FCFA ou 10 000 FCFA \u00bb, admet-elle. Elle a m\u00eame eu un partenaire r\u00e9gulier, un convoyeur \u00e0 la gare routi\u00e8re de Kaya, devenu son \u00ab copain \u00bb. \u00ab Comme je connais chez lui, s\u2019il veut seulement je pars l\u00e0-bas\u00bb, ajoute-t-elle.<br \/>Sa petite fille est r\u00e9guli\u00e8rement malade et pour elle, la jeune maman est pr\u00eate \u00e0 tout. \u00ab Si tout de suite un homme te propose 15 000 F CFA, tu fais comment ? \u00bb. Voici sa r\u00e9ponse : \u00ab \u00c7a, c\u2019est vite fait, quelque chose qui ne d\u00e9passe m\u00eame pas 30 mn \u00bb, dit-elle en riant \u00e0 gorge d\u00e9ploy\u00e9e. Elle a fait comprendre \u00e0 sa m\u00e8re qu\u2019elle travaille dans un kiosque pour justifier l\u2019argent qu\u2019elle ram\u00e8ne.<\/p>\n<p>En plus de Fatou, de Awa et de Antou, de nombreuses femmes PDI s\u2019adonnent \u00e0 la prostitution. Rencontr\u00e9, le 3 octobre 2020, le pr\u00e9sident de l\u2019Association Bon Samaritain pour l\u2019\u00e9panouissement de la jeunesse (ABSEJ) de Kaya, Karim Sawadogo, estime qu\u2019il s\u2019agit du \u00ab sexe de survie \u00bb. Il soutient que de juin \u00e0 septembre 2020, sa structure, par l\u2019entremise du projet de lutte contre les Violences bas\u00e9es sur le genre (VBG) avec l\u2019appui de l\u2019UNFPA dans les r\u00e9gions du Centre-Nord, du Nord et du Sahel, a recens\u00e9 89 femmes et filles PDI prostitu\u00e9es. \u00ab Dans ce lot, 74 femmes et filles ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9f\u00e9r\u00e9es aux services sociaux de leurs zones respectives\u00bb, confie M. Sawadodgo.<\/p>\n<p>Joint au t\u00e9l\u00e9phone dans la nuit du 11 novembre 2020, le maire de Dablo, Ousmane Zango, qui accueille 447 420 PDI dans sa commune, confie que cela fait pr\u00e8s de cinq mois que sa localit\u00e9 ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de vivres de la part des partenaires humanitaires. Ainsi, pour la survie de leurs prog\u00e9nitures, des femmes devenues chefs de m\u00e9nage sont contraintes au plus vieux m\u00e9tier du monde. A l\u2019\u00e9couter, certaines viennent avouer leur pratique au service social de la localit\u00e9. Et pour att\u00e9nuer leurs souffrances, des stocks d\u2019urgence sont disponibles \u00e0 l\u2019Action sociale pour ces types de cas. A notre passage, \u00e0 l\u2019H\u00f4tel administratif de Kaya, les 26 et 30 octobre 2020, du fait de l\u2019absence du directeur r\u00e9gional du minist\u00e8re en charge de l\u2019action sociale du Centre-Nord, nous n\u2019avons pas trouv\u00e9 d\u2019interlocuteurs.<\/p>\n<p><strong>Ils profitent de leur mis\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p>A tous les niveaux, leurs clients sont des hommes PDI et des populations h\u00f4tes. \u00abIls savent que nous sommes des femmes d\u00e9plac\u00e9es. Ils nous le demandent \u00e0 chaque fois avant de faire leur proposition \u00bb, soutient dame Fatou. A la gare routi\u00e8re de Kaya, un convoyeur se dit d\u00e9j\u00e0 lass\u00e9 de coucher avec elles. Selon ce jeune routier, avec 5 000 FCFA, tu peux coucher avec une dizaine de femmes PDI. \u00ab Si tu leur donnes 1 000 FCFA, le lendemain, ce sont elles-m\u00eames qui vont t\u2019appeler \u00bb, ahuri Karim Sawadogo de l\u2019Association Bon Samaritain, rapportant les propos du jeune homme.<br \/>M. Sawadogo soutient que des femmes d\u00e9plac\u00e9es se donnent \u00e0 500 FCFA, voire 300 FCFA et souvent contre un plat de riz et de soupe.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sidente d\u2019une association f\u00e9minine \u00e0 Kaya, qui a requis l\u2019anonymat se dit, elle aussi, choqu\u00e9e par les propos d\u2019un jeune de son quartier. \u00ab Tout enthousiaste un jour, il est venu nous dire qu\u2019il venait d\u2019avoir du moins cher \u00bb, rapporte-t-elle. La raison est que ce jeune commer\u00e7ant, mari\u00e9, venu de Ouagadougou, pour son activit\u00e9, a fini par interner chez lui, une femme PDI. Donc, il n\u2019a plus besoin de payer pour chaque partie de jambes en l\u2019air.<br \/>K. M. m\u00e8re de cinq enfants, en a eu pour son compte. Venue de Kelbo, elle est sans nouvelles de son \u00e9poux depuis deux ans. \u00ab Il a perdu ses fr\u00e8res et ses enfants dans les attaques. Il est devenu comme un fou, et il a quitt\u00e9 le village pour une destination inconnue \u00bb, explique K.M, le jeudi 29 octobre 2020. Avec sa prog\u00e9niture, elle cohabite avec sa m\u00e8re et quatre autres membres de la famille dans une maison de 18 t\u00f4les au secteur n\u00b06 de Kaya qu\u2019elle loue \u00e0 5 000 FCFA. Elle dit ne pas \u00eatre enregistr\u00e9e encore moins b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une quelque prise en charge alimentaire. En plus des aides de ses proches, elle vit de la lessive et des petits boulots de ses enfants. K.M. a \u00e9t\u00e9 abus\u00e9e par un d\u00e9plac\u00e9 de son village, Salam Ou\u00e9draogo. Un jour, lorsqu\u2019elle \u00e9tait sans ressources, ce dernier lui propose de coucher avec elle. En \u00e9change, il s\u2019engageait \u00e0 s\u2019occuper d\u2019elle. Salam lui avait m\u00eame promis le mariage, si tout se passait bien. \u00ab J\u2019ai accept\u00e9 coucher avec lui dans une maison dans les non- lotis. Et il m\u2019a remis 2 000 FCFA ce jour- l\u00e0 \u00bb, d\u00e9taille-t- elle.<br \/>D\u00e9senchant\u00e9e, son pr\u00e9tendant, un polygame, ne pouvait pas respecter sa promesse. \u00ab A part les 2 000 F CFA, je n\u2019ai rien eu d\u2019autres. J\u2019ai cru en sa bonne foi et je me suis fait avoir\u00bb, regrette- t- elle. Pire, Salam a disparu des radars, alors que \u00ab sa dulcin\u00e9e d\u2019une nuit\u00bb attend un enfant de lui. \u00ab Je suis enceinte de quatre mois. Je n\u2019ai m\u00eame pas son contact pour lui annoncer la nouvelle \u00bb, se lamente K.M. s\u2019interrogeant sur son propre sort et celui de son futur b\u00e9b\u00e9.<\/p>\n<p>A Barsalogho, commune situ\u00e9e \u00e0 45 kilom\u00e8tres de Kaya, c\u2019est aussi le terrain qui commande la man\u0153uvre chez les femmes PDI. \u00ab Des femmes se monnaient contre toutes sortes de besognes\u00bb, d\u00e9plore le maire, Abdoulaye Pafadnam, le 30 octobre 2020. Il avance m\u00eame que la pratique s\u2019est invit\u00e9e dans l\u2019humanitaire. \u00ab On nous a rapport\u00e9 que des femmes se sont donn\u00e9es juste pour pouvoir \u00eatre enregistr\u00e9es et d\u2019autres pour b\u00e9n\u00e9ficier des vivres \u00bb, renseigne le maire. M\u00eame s\u2019il reconna\u00eet qu\u2019il n\u2019a personnellement pas v\u00e9rifi\u00e9 l\u2019information, le maire soutient que ces femmes ne le font pas de gaiet\u00e9 de c\u0153ur. \u00ab Elles ne d\u00e9cident pas de se prostituer. C\u2019est pour avoir de quoi nourrir leurs familles, et lorsque des occasions se pr\u00e9sentent, elles n\u2019h\u00e9sitent point \u00bb, insiste Abdoulaye Pafadnam.<br \/>La pr\u00e9sidente de l\u2019association \u00ab Cri du c\u0153ur pour le soutien des veuves et orphelins et des d\u00e9munis dans la commune de Kaya \u00bb, Roselyne Ou\u00e9draogo, s\u2019inqui\u00e8te de l\u2019ampleur du ph\u00e9nom\u00e8ne. \u00ab La prostitution va grandissante dans les rangs des femmes PDI et des filles mineures risquent d\u2019embrasser le m\u00eame m\u00e9tier \u00bb, craint- elle.<\/p>\n<p><strong>Concurrence avec les professionnelles du sexe<\/strong><\/p>\n<p>Avec cette \u00ab quasi gratuit\u00e9 du sexe \u00bb, les clients ne se bousculent plus dans les maisons closes o\u00f9 il faut payer la passe et la chambre. Une pratique qui semble handicaper le \u00ab travail \u00bb des professionnelles du sexe. Les prostitu\u00e9es venues des pays voisins sont ainsi des concurrentes potentielles pour les femmes PDI. Au \u00ab Kimse bar \u00bb ou \u00ab bar des fant\u00f4mes \u00bb, au secteur n\u00b04, o\u00f9 se trouve un lupanar, des professionnelles et amatrices du sexe se partagent la client\u00e8le.<\/p>\n<p>Dans la nuit du 30 septembre 2020, une praticienne de la prostitution confirme que les hommes viennent au compte- gouttes dans les maisons closes. La plupart de ceux qui y viennent aussi, arrivent d\u00e9j\u00e0 accompagn\u00e9s.<br \/>Dans l\u2019exerce de leur nouveau m\u00e9tier, beaucoup ne ma\u00eetrisent pas les rouages du plus vieux m\u00e9tier du monde. A Kaya, Antou dit se prot\u00e9ger contre les grossesses non d\u00e9sir\u00e9es, le VIH\/SIDA et les Infections sexuellement transmissibles (IST). Pour ce faire, \u00e0 chaque rapport sexuel, elle exige le port syst\u00e9matique du pr\u00e9servatif. Elle a opt\u00e9 pour l\u2019injectable comme m\u00e9thode contraceptive. Ce qui n\u2019est pas le cas des deux \u00ab co\u00e9pouses \u00bb Sawadogo, Fatou et Awa. Elles n\u2019exigent pas le port du condom \u00e0 leurs partenaires. \u00ab Ils ne se prot\u00e8gent pas. Souvent, ils disent qu\u2019ils le font, mais nous ne savons pas si c\u2019est la v\u00e9rit\u00e9 parce que nous ne v\u00e9rifions pas\u00bb, reconna\u00eet Awa. Leur seule protection, c\u2019est la pilule. Elles se cotisent pour s\u2019en procurer une plaquette \u00e0 200 FCFA chez les vendeurs ambulants. A chaque sortie, chacune avale un comprim\u00e9. \u00ab Nous prenons chacune deux comprim\u00e9s, lorsque nos menstrues n\u2019apparaissent pas. Et \u00e7a marche \u00bb, explique, Fatou.<\/p>\n<p><strong>Attention aux maladies infectieuses !<\/strong><\/p>\n<p>Toutes ces femmes qui se sentent oblig\u00e9es de se prostituer pour survivre et subvenir aux besoins de leurs familles sont expos\u00e9es aux grossesses non d\u00e9sir\u00e9es, aux IST, au VIH\/SIDA et bien d\u2019autres pathologies. D\u00e9j\u00e0, les chiffres parlent d\u2019eux-m\u00eames au niveau du VIH\/SIDA. Une campagne de d\u00e9pistage du VIH\/SIDA a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur 13 des 14 sites de PDI que compte la commune de Kaya. Financ\u00e9e par le SP\/CNLS-IST, la campagne a \u00e9t\u00e9 port\u00e9e par cinq associations locales, dont le R\u00e9seau africain jeunesse sant\u00e9 et d\u00e9veloppement au Burkina Faso (RAJS\/BF). Des cas positifs ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pist\u00e9s. \u00ab Il \u00e9tait pr\u00e9vu une cible de 6 300 PDI mais nous n\u2019avons pu d\u00e9pister que 765. Il y a des cas positifs de VIH\/SIDA. Ils ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9f\u00e9r\u00e9s aux services de sant\u00e9 pour une prise en charge. Il y a \u00e9galement des cas ind\u00e9termin\u00e9s\u00bb, d\u00e9plore le coordonnateur r\u00e9gional du RAJS\/BF, Timoth\u00e9e Sawadogo, le 2 octobre 2020. Le d\u00e9pistage a aussi concern\u00e9 des PDI dans des familles d\u2019accueil et certaines zones de la commune.<\/p>\n<p>Le plus inqui\u00e9tant, selon M. Sawadogo, est que les nouveaux cas d\u2019infections sont largement sup\u00e9rieurs aux anciens. En attente de l\u2019atelier de validation des r\u00e9sultats, nous n\u2019avons pas eu acc\u00e8s aux chiffres. Toujours dans le Sanmatenga, l\u2019Association Bon Samaritain a d\u00e9pist\u00e9 trois cas positifs de VIH\/SIDA sur 700 PDI \u00e0 Pibaor\u00e9 et deux cas \u00e0 Pissila sur 700 autres PDI. \u00ab Ce sont des gens qui font le test pour la premi\u00e8re fois \u00bb, raconte Karim Sawadogo. A Gorom-Gorom, aussi, selon la responsable d\u2019une association locale qui a requis l\u2019anonymat, en d\u00e9cembre 2019, cinq cas de VIH\/SIDA ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pist\u00e9s sur 700 PDI. \u00ab En juin 2020, sur 700 PDI sur les sites aurif\u00e8res de Essakane, neuf personnes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pist\u00e9es positives. Une vingtaine de personnes perdues de vue ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es et prises en charge. Plusieurs cas de tuberculose ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s\u00bb, pr\u00e9cise-t-elle, le 10 octobre dernier, \u00e0 Ouagadougou.<\/p>\n<p><strong>Eviter une fin tragique<\/strong><\/p>\n<p>Tr\u00e8s inquiets de l\u2019ampleur de la prostitution parmi les PDI avec pour corolaires les maladies qu\u2019elle entra\u00eene dans la r\u00e9gion du Centre-Nord, des responsables d\u2019associations locales amplifient leur cri du c\u0153ur. Ils appellent le gouvernement burkinab\u00e8 \u00e0 prendre \u00e0 bras- le- corps le ph\u00e9nom\u00e8ne afin d\u2019\u00e9viter le pire. \u00ab J\u2019invite les autorit\u00e9s et les structures humanitaires \u00e0 agir le plus vite possible. Ce sont des vies humaines en danger. Si rien n\u2019est fait, le pays fera de nouveau face \u00e0 la pand\u00e9mie du SIDA\u00bb, pr\u00e9vient Karim Sawadogo, de l\u2019Association Bon Samaritain. Quant aux femmes PDI, il leur rappelle que la dignit\u00e9 humaine n\u2019a pas de prix. \u00ab La souffrance li\u00e9e \u00e0 la faim est fatale, mais celle li\u00e9e \u00e0 la maladie n\u2019a pas de fin. C\u2019est mieux de mendier que de s\u2019adonner \u00e0 la prostitution et avoir une fin tragique \u00bb, soutient-il. A l\u2019endroit des hommes qui abusent de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des femmes d\u00e9plac\u00e9es, il leur demande de faire preuve d\u2019humanisme, car le malheur n\u2019arrive pas seulement qu\u2019aux autres.<\/p>\n<p>A la mairie de Kaya, on tente de sauver les meubles. Gr\u00e2ce aux partenaires, la commune, selon le 2e adjoint au maire, Abdoul Aziz Sawadogo, a retenu 174 femmes pour une formation en vue de leur r\u00e9insertion \u00e0 travers des activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus. Pour, l\u2019Association \u00ab Cri du c\u0153ur \u00bb, au del\u00e0 de la sensibilisation au VIH\/SIDA, aux IST et aux VBG, ainsi que des soutiens ponctuels en vivres, elle vient d\u2019int\u00e9grer 40 femmes PDI dans sa structure.<\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>Mariam OUEDRAOGO<\/strong><br \/><strong>mesmira14@gmail.com<\/strong><\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom tdi_33_319 td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-27454\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/PUB-Bandeau-paiement-mobile-siteweb.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p>Auteur: BM. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2020\/12\/21\/femmes-deplacees-internes-a-kaya-elles-se-vendent-pour-survivre\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elles ont fui leurs villages, abandonnant derri\u00e8re elles tous leurs biens. Sans v\u00e9ritable prise en charge alimentaire, des femmes d\u00e9plac\u00e9es par la crise s\u00e9curitaire qui frappe le Burkina Faso depuis avril 2015, ne sachant \u00e0 quel saint se vouer, sont oblig\u00e9es de se prostituer pour leur survie. A Kaya, chef-lieu de la r\u00e9gion du Centre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1-40-696x391.jpg","fifu_image_alt":"Femmes d\u00e9plac\u00e9es internes : \u00e0 Kaya, elles \u00ab se vendent \u00bb pour survivre","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-107716","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107716","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=107716"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107716\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=107716"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=107716"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=107716"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}