{"id":108476,"date":"2020-12-30T15:47:48","date_gmt":"2020-12-30T20:47:48","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/exactions-des-groupes-terroristes-les-hommes-armes-non-identifies-violent-les-femmes-a-mort\/"},"modified":"2020-12-30T15:47:48","modified_gmt":"2020-12-30T20:47:48","slug":"exactions-des-groupes-terroristes-les-hommes-armes-non-identifies-violent-les-femmes-a-mort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/exactions-des-groupes-terroristes-les-hommes-armes-non-identifies-violent-les-femmes-a-mort\/","title":{"rendered":"Exactions des groupes terroristes  : les hommes arm\u00e9s non identifi\u00e9s violent  les femmes \u00e0 mort"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1-58.jpg\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"595\" height=\"334\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1-58.jpg\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1-58.jpg 595w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1-58-300x168.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/1-58-150x84.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 595px) 100vw, 595px\" alt=\"\" title=\"1\"\/><\/a><\/div>\n<p><strong>Avant la tuerie des 31 femmes d\u2019Arbinda (Nord du Burkina), le 24 d\u00e9cembre 2019, les Hommes arm\u00e9s non identifi\u00e9s (HANI) avaient jusque-l\u00e0 \u00e9pargn\u00e9 la vie des femmes et des jeunes filles. Mais depuis, celles-ci deviennent de plus en plus leurs cibles. Pendant que les unes sont emmen\u00e9es et mari\u00e9es de force et utilis\u00e9es comme des objets sexuels, les autres sont battues, s\u00e9questr\u00e9es et viol\u00e9es sur place, parfois jusqu\u2019\u00e0 ce que mort s\u2019ensuive. Celles appr\u00e9ci\u00e9es tr\u00e8s laides re\u00e7oivent dans leurs parties intimes, le canon de leurs armes \u00e0 feu, des objets contondants et m\u00eame des couteaux. T\u00e9moignages de quelques rescap\u00e9es de l\u2019enfer des HANI, rencontr\u00e9es entre septembre et octobre 2020 \u00e0 Kaya, chef-lieu de la r\u00e9gion du Centre-Nord, \u00e0 100 kilom\u00e8tres de Ouagadougou.<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-31151 alignright\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/3-8-300x203.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"203\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/3-8-300x203.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/3-8-150x102.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/3-8.jpg 595w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"\/>Dans la matin\u00e9e du dimanche 12 mai 2019, l\u2019\u00e9glise paroissiale de la commune de Dablo, \u00e0 84 kilom\u00e8tres de Kaya, chef-lieu de la r\u00e9gion du Centre-Nord, a \u00e9t\u00e9 la cible d\u2019une attaque d\u2019un groupe d\u2019hommes arm\u00e9s. Le drame s\u2019est produit pendant la messe aux environs de 9h00. Six personnes ont perdu la vie dont le jeune pr\u00eatre, P\u00e8re Sim\u00e9on Yampa, \u00e2g\u00e9 de 34 ans. Les assaillants, une vingtaine, ont fait irruption et incendi\u00e9 l\u2019\u00e9glise, des boutiques et des d\u00e9bits de boissons. Au Centre de sant\u00e9 et de promotion sociale (CSPS) de la ville, le v\u00e9hicule de l\u2019infirmier-chef de poste a aussi subi le courroux de ces hommes. Cette attaque macabre a entra\u00een\u00e9 un d\u00e9placement massif des populations vers d\u2019autres localit\u00e9s dont Barsalogho et Kaya. Mais les terroristes ont pris en chasse quelques rescap\u00e9s, dont M.S.<br \/>Traqu\u00e9 \u00e0 moult reprises apr\u00e8s l\u2019attaque, il finira par s\u2019exiler \u00e0 Kaya. Il perdra sa moto et son cheptel. Apr\u00e8s sa cavale, sa t\u00eate sera mise \u00e0 prix \u00e0 Dablo. Il finira par succomber en septembre 2020 \u00e0 Kaya, nous apprend l\u2019une de ses filles, A.S ; que nous avons rencontr\u00e9e le 4 octobre 2020 dans cette ville.<br \/>A 35 ans et m\u00e8re de sept enfants, A.S. a pay\u00e9 un lourd tribu apr\u00e8s la fuite de son p\u00e8re en juillet 2020. Partie \u00e0 Kelbo, \u00e0 11 Kilom\u00e8tres de son village en compagnie de six autres femmes \u00e0 la recherche de bois de chauffe, chemin faisant, elles rencontreront quatre hommes arm\u00e9s, tous enturbann\u00e9s.<\/p>\n<p>Leur tenative de fuir fut de courte dur\u00e9e. L\u2019un d\u2019eux pointe son arme sur A.S. et la palpe pour lui prendre son t\u00e9l\u00e9phone portable. N\u2019ayant pas eu gain de cause,il lui demanda o\u00f9 elle cachait son appareil. Et lorsqu\u2019elle r\u00e9pondit qu\u2019elle n\u2019en poss\u00e9dait pas, son agresseur lui r\u00e9plique : \u00ab Mensonge! Tu ne peux pas appartenir \u00e0 une telle famille et ne pas disposer d\u2019un portable \u00bb, parlant ainsi de son p\u00e8re.<br \/>Avant d\u2019interroger l\u2019infortun\u00e9e \u00ab O\u00f9 est ton p\u00e8re ? \u00bb, menace l\u2019homme en arme avec d\u00e9termination : \u00ab Nous sommes \u00e0 ces trousses depuis belle lurette pour le tuer. Malheureusement rien ne fit fait, ainsi donc tu paieras \u00e0 sa place \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Battue \u00e0 la place de son p\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p>S\u2019ensuivent alors des bastonnades, dont les traces en disent long \u00e0 cause de son corps l\u00e9zard\u00e9. \u00ab Mon bras droit s\u2019est fractur\u00e9. Il m\u2019a aussi griff\u00e9e le menton avec les ongles, il a d\u00e9chir\u00e9 mon pagne et attach\u00e9 mes mains avec \u00bb, pr\u00e9cise- t- elle, entre deux silences qui laissent toujours transpara\u00eetre sa hantise. C\u2019\u00e9tait sous le regard complice de trois autres acolytes, assis sous un arbre. \u00ab Il a laiss\u00e9 les autres femmes partir et il a cogn\u00e9 mon visage avec le bout de son arme. Ensuite, avec son b\u00e2ton, il m\u2019a frapp\u00e9e aux pieds et \u00e0 la t\u00eate \u00bb, poursuit A.S.<\/p>\n<p>Exasp\u00e9r\u00e9s par l\u2019acharnement de leur compagnon, les trois hommes interpellent celui-ci. \u00ab Tu veux la tuer ou quoi ? Laisse-la et viens on va partir \u00bb, se rappelle-t-elle encore, confuse. Son bourreau ob\u00e9it et rejoint le groupe. Ils partent, laissant A.S. dans un bain de sang. Son agresseur lui ordonne : \u00ab L\u00e8ve-toi et rentre chez toi. Je ne veux pas coucher avec toi. Je voulais seulement te tuer \u00bb.<\/p>\n<p>La victime perdit connaissance, avant que des passants ne la conduisent au CSPS de Dablo \u00e0 bord d\u2019une charrette. Apr\u00e8s deux jours dans ledit centre, elle poursuivra ses soins \u00e0 Barsalogho, Kaya puis \u00e0 Ouagadougou. Au service ophtalmologique du Centre hospitalier universitaire Yalgado- Ou\u00e9draogo (CHU-YO), elle a pass\u00e9 huit jours hospitalis\u00e9e.<br \/>\u00ab Actuellement, ma sant\u00e9 va de mieux en mieux et j\u2019arrive \u00e0 voir un peu. Au d\u00e9but, je ne voyais rien du tout \u00bb, confie-t-elle avant d\u2018ajouter que c\u2019est ainsi que les \u00ab hommes de la brousse \u00bb (appellation donn\u00e9e aux terroristes) traitent les femmes \u00e0 Dablo.<\/p>\n<p><strong>Des femmes enceintes battues et viol\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>A.S. n\u2019est pas la seule femme victime d\u2019agression de la part des hommes arm\u00e9s \u00e0 Dablo et dans bien d\u2019autres contr\u00e9es du Burkina en proie aux attaques terroristes, depuis avril 2015. Une des ressortissantes de Dablo, presqu\u2019 \u00e0 terme, a \u00e9t\u00e9 battue au niveau du ventre et du bassin. Aujourd\u2019hui, son nourrisson, un gar\u00e7on de 4 mois, porte les s\u00e9quelles de cette sauvagerie. \u00ab Son enfant est n\u00e9 avec une fracture au bras gauche. Une partie de sa t\u00eate s\u2019est affaiss\u00e9e du m\u00eame c\u00f4t\u00e9 \u00bb, raconte une compagne de A.S. une autre femme d\u00e9plac\u00e9e interne de Dablo, assise juste \u00e0 sa droite.<\/p>\n<p>Si leur vie est \u00e9pargn\u00e9e, elles sont nombreuses, ces femmes et filles qui, en plus des barbaries, sont quotidiennement s\u00e9questr\u00e9es, ligot\u00e9es et viol\u00e9es \u00e0 sang et certaines \u00e0 mort. Le 3 octobre 2020, dans les environs de la mairie de Kaya, S.O. , une autre femme d\u00e9plac\u00e9e interne, habitante de Dablo, \u00e9voque le cas de deux femmes viol\u00e9es dans son village. Enlev\u00e9es devant leurs concessions pendant qu\u2019elles ramassaient du bois et s\u00e9questr\u00e9es plus tard, les deux victimes ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es dans la brousse, trois jours apr\u00e8s, dans de piteux \u00e9tats. La premi\u00e8re, Safi (nom d\u2019emprunt), m\u00e8re de sept enfants, est toujours en soins. Quant \u00e0 Bintou (nom d\u2019emprunt), 36 ans et m\u00e8re de cinq enfants, serait \u00e9galement toujours \u00e0 Nagr\u00e9ongo pour des soins chez le c\u00e9l\u00e8bre gu\u00e9risseur Sa\u00efdou de ladite localit\u00e9.<\/p>\n<p>S.O. poursuit son r\u00e9cit : \u00ab Ma propre petite s\u0153ur de 18 ans a \u00e9t\u00e9 aussi viol\u00e9e. Apr\u00e8s le viol, ses agresseurs ont d\u00e9chir\u00e9 son sexe. Elle va aussi mieux et elle est retourn\u00e9e au village \u00bb, explique- t- elle en larmes. Trois femmes secouent la t\u00eate, en soutenant ensemble : \u00ab Ils (les HANI) nous fatiguent tous les jours comme \u00e7a dans la brousse. Et c\u2019est triste \u00bb.<br \/>M\u00eame enceintes et des nourrissons dans les bras, ces femmes du Centre-Nord ont subi le m\u00eame sort \u00e0 Bawenn\u00e9, Bintiou, Dou, Dak, Konkin, Lado, Yelkodo, Bini, Rofi Perko, Rabakouda\u2026 Parmi elles, Z. S. ; 28 ans m\u00e8re de quatre enfants, a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e alors qu\u2019elle portait la grossesse de son quatri\u00e8me enfant. Selon les dires de S.0. ; la victime a tout de m\u00eame pu donner naissance au b\u00e9b\u00e9 qui a aujourd\u2019hui sept mois. Apr\u00e8s un s\u00e9jour d\u2019\u00e0 peine un mois \u00e0 Ouagadougou pour des soins, Z.S est de retour \u00e0 Dablo.<br \/>Son homonyme parfait, Z. S. de 33 ans a connu le m\u00eame sort , \u00e0 Bintiou. Le 29 octobre 2020 \u00e0 Kaya, elle nous raconte comment \u00e0 plus de 8 mois de grossesse, elle a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e au lendemain de l\u2019assassinat de son mari. \u00ab Apr\u00e8s le drame, je suis repartie avec mes quatre co\u00e9pouses pour prendre nos effets. J\u2019ai trouv\u00e9 un groupe d\u2019hommes arm\u00e9s chez nous \u00e0 la maison. L\u2019un deux m\u2019a crois\u00e9e \u00e0 la porte, il m\u2019a tra\u00een\u00e9e de force dans la broussaille et m\u2019a viol\u00e9e avec ma grossesse de 8 mois et 28 jours \u00bb, avoue- t- elle, tout en ber\u00e7ant son nourrisson, de 12 mois. Apr\u00e8s le viol, la victime a souffert de douleurs pelviennes. Elle a pu accoucher le surlendemain \u00e0 domicile, \u00e0 Dablo.<\/p>\n<p>A 42 ans et m\u00e8re de onze enfants, Zalissa (nom d\u2019emprunt) de la m\u00eame localit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 aussi viol\u00e9e, il y a neuf mois. C\u2019\u00e9tait au 7e mois de la grossesse de son dernier- n\u00e9. Son agression a eu lieu trois jours apr\u00e8s l\u2019attaque de son village, Bintiou, \u00e0 une dizaine de kilom\u00e8tres de Dablo. Elle \u00e9tait repartie avec un groupe de femmes pour chercher leurs effets. \u00ab J\u2019ai crois\u00e9 six hommes arm\u00e9s et l\u2019un d\u2019eux m\u2019a viol\u00e9e. J\u2019\u00e9tais enceinte de sept mois \u00bb, confie- t- elle, le 28 novembre 2020. Sa chance, poursuit-elle, lorsque les cinq autres s\u2019appr\u00eataient \u00e0 rejoindre son agresseur pour la violer \u00e0 leur tour, ils ont aper\u00e7u un groupe de jeunes femmes. \u00ab Viens on va partir chez les autres et laisse cette vieille femme \u2013 l\u00e0 \u00bb, ont-ils demand\u00e9 \u00e0 leur coll\u00e8gue, selon les dires de la victime.<\/p>\n<p><strong>Que d\u2019 avortements et des d\u00e9c\u00e8s<\/strong><\/p>\n<p>Az\u00e8ta (nom d\u2019emprunt), 33 ans, a \u00e9galement subi le supplice des HANI. Elle a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e alors qu\u2019elle avait son b\u00e9b\u00e9 de 2 mois dans les bras. Ce jour-l\u00e0, raconte-t-elle, son mari a aussi \u00e9t\u00e9 tu\u00e9. \u00ab Apr\u00e8s avoir tu\u00e9 mon mari, ils sont partis, me laissant avec deux \u00e9l\u00e9ments. L\u2019un deux sugg\u00e8re de m\u2019emmener avec eux, et l\u2019autre pr\u00e9ferait le viol \u00bb, relate Az\u00e8ta, le 29 octobre. Finalement, elle a \u00e9t\u00e9 tra\u00een\u00e9e dans la broussaille et viol\u00e9e par les deux hommes, non loin de la d\u00e9pouille de son mari et sous le regard de ses enfants.<br \/>La voix tremblotante, elle partage volontiers le cas de sa ni\u00e8ce et d\u2019une autre femme qui ont toutes succomb\u00e9 quelque temps apr\u00e8s leur viol. \u00ab Elles \u00e9taient enceintes et apr\u00e8s les avoir viol\u00e9es, ils ont enfonc\u00e9 des piles dans leur vagin \u00bb, relate Az\u00e8ta,en sanglots. Malgr\u00e9 les soins, elles ont fini par rendre l\u2019\u00e2me \u00e0 leur retour \u00e0 Dablo, \u00e0 l\u2019entendre.<br \/>Au d\u00e9l\u00e0 de ces cas macabres, certaines femmes enceintes qui ont surv\u00e9cu \u00e0 l\u2019issue de leur viol, ont cependant perdu leur grossesse. Sont de celles-l\u00e0, R. M. la quarantaine, m\u00e8re de cinq enfants. Voil\u00e0 sept mois de cela, elle a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e \u00e0 D\u00e9ou, dans la commune d\u2019Arbinda, r\u00e9gion du Sahel, quelques jours apr\u00e8s l\u2019assassinat de son \u00e9poux. \u00ab Il a tellement mis du temps sur moi et cela a provoqu\u00e9 des vomissements \u00bb, explique-t-elle, toutjours dans la matin\u00e9e du 29 octobre 2020. Compl\u00e8tement affaiblie, elle ne retrouvera ses esprits que trois heures plus tard. Durant la m\u00eame semaine, elle perdra sa grossesse et s\u2019en ira \u00e0 la sauvette pour Kaya. Jusqu\u2019\u00e0 notre rencontre, la victime se plaignait toujours de douleurs pelviennes et d\u2019un dysfonctionnement de son cycle.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 F.B., que nous avons rencontr\u00e9e le 30 octobre 2020, elle explique avoir \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e en mars par deux individus arm\u00e9s alors qu\u2019elle portait une grossesse de trois mois. \u00ab Nous \u00e9tions en groupe et je n\u2019ai pas r\u00e9ussi \u00e0 m\u2019enfuir comme les autres femmes, parce que je portais une grossesse de trois mois, avec mon enfant de 15 mois au dos \u00bb, explique- t- elle, en montrant sa fille de deux ans dans ses bras. Son \u00e9poux, I.B., rest\u00e9 \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s durant ces douloureux moments, est toujours sous le choc. \u00ab Lorsque j\u2019ai eu l\u2019information, je suis parti \u00e0 sa recherche, en compagnie des FDS. Nous l\u2019avons conduite au centre de sant\u00e9 o\u00f9 elle a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de soins. C\u2019est trop dur \u00e0 supporter et \u00e0 oublier \u00bb, indique- t-il \u00e9prouv\u00e9. Aujourd\u2019hui, il tente p\u00e9niblement de surmonter cette double \u00e9preuve.<br \/>La liste des victimes des viols est longue. Mais les atrocit\u00e9s subies diff\u00e8rent d\u2019une personne \u00e0 une autre. Fanta (nom d\u2019emprunt) est une jeune fille de 17 ans et fianc\u00e9e \u00e0 un jeune de son village, aux encablures de Dablo. En ce d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e 2020, son fianc\u00e9 avait m\u00eame entam\u00e9 des d\u00e9marches pour la c\u00e9l\u00e9bration de leur mariage. Mais vu la situation d\u2019ins\u00e9curit\u00e9, son futur beau-p\u00e8re lui aurait demander de patienter. C\u2019est dans l\u2019attente de cette hypoth\u00e9tique union que Fanta va passer les pires moments de sa vie, il y a environ six mois de cela.<\/p>\n<p>Ce 4 octobre 2020, M.S., une femme d\u00e9plac\u00e9e \u00e0 Kaya, explique : \u00ab La famille de Fanta a re\u00e7u des \u00e9trang\u00e8res. Le lendemain, l\u2019une d\u2019elle a demand\u00e9 \u00e0 Fanta de l\u2019accompagner en brousse pour ramasser du bois parce qu\u2019elle ne voulait pas y aller toute seule. Initialement, Fanta ne voulait pas s\u2019y rendre. Mais devant l\u2019insistance de son h\u00f4te, elle finira par accepter en amenant avec elle une petite fille \u00bb.<\/p>\n<p>Selon ses propos, une fois dans les champs, l\u2019\u00e9trang\u00e8re et la petite ont remarqu\u00e9 la pr\u00e9sence d\u2019hommes arm\u00e9s. Elles ont fui sans allerter Fanta. Pris entre deux \u00e9taux elle tente en vain de s\u2019\u00e9chapper. Et c\u2019est l\u00e0 que le pire advient. Toute \u00e9peur\u00e9e, elle s\u2019est mise \u00e0 crier tout en les suppliant de l\u2019\u00e9pargner. Pour \u00e9touffer ses cris, ses agresseurs ont d\u00e9chir\u00e9 ses v\u00eatements qu\u2019ils ont utilis\u00e9s pour bander ses yeux, attacher sa bouche et ses mains. \u00ab Ils ont d\u2019abord introduit un bois dans son vagin. Constatant qu\u2019elle ne saigne pas, ils ont r\u00e9cidiv\u00e9, cette fois, \u00e0 l\u2019aide d\u2019un couteau qu\u2019ils remuaient et le sang a coul\u00e9. C\u2019\u00e9tait horrible\u00bb, s\u2019indigne notre interlocutrice. \u00ab Si tu \u00e9tais belle, on allait utiliser nos sexes. C\u2019est parce que tu es vilaine qu\u2019on te traite comme \u00e7a \u00bb, s\u2019adressaient les agresseurs \u00e0 leur victime ahurie, selon les t\u00e9moignages, pour justifier leur barbarie.<br \/>Et c\u2019est apr\u00e8s l\u2019avoir tortur\u00e9e, qu\u2019ils lui ont demand\u00e9 d\u2019o\u00f9 elle venait. Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e, l\u2019un d\u2019entre eux qui connaissait ses parents a regrett\u00e9 en ces termes : \u00ab Si tu nous avais dit que tu \u00e9tais de cette famille, on n\u2019allait pas te faire \u00e7a \u00bb. Et la victime de r\u00e9torquer : \u00ab Est- ce que vous m\u2019avez laiss\u00e9e parler ? Lorsque je vous ai suppli\u00e9s, vous m\u2019avez attach\u00e9 la bouche. Comment pourrais-je donc parler ? A pr\u00e9sent, je pr\u00e9f\u00e8re mourir \u00bb.<\/p>\n<p>Apparemment touch\u00e9s par ces paroles, ses agresseurs l\u2019ont transport\u00e9e et laiss\u00e9e dans les environs du village, toute nue. Elle a \u00e9t\u00e9 conduite au centre de sant\u00e9 du village. \u00ab J\u2019\u00e9tais au centre de sant\u00e9 pour une consultation avec mon enfant, lorsque des femmes de sa cour l\u2019ont emmen\u00e9e dans un bain de sang en charrette \u00bb, pr\u00e9cise M.S. Elle ajoute que la majorit\u00e9 de personnes pr\u00e9sentes ce jour-l\u00e0 \u00e9taient dibutatives quant \u00e0 la survie de Fanta. Gr\u00e2ce aux FDS, Fanta a \u00e9t\u00e9 r\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 Barsalogho, puis \u00e0 Ouagadougou o\u00f9 elle a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de soins ad\u00e9quats.<br \/>Le seul tort de Fanta, c\u2019est d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 per\u00e7ue comme une fille laide, aux yeux de ses bourreaux.<\/p>\n<p>Pourtant, les femmes du village estiment le contraire par rapport \u00e0 la beaut\u00e9 de Fanta. \u00ab C\u2019est une jeune fille de taille moyenne, un peu mince. De teint noir, avec de gros yeux, elle ressemble \u00e0 une fille des pays c\u00f4tiers \u00bb, maintiennent trois de nos interlocutrices.<br \/>Le maire de la commune de Dablo, Ousmane Zango, joint au t\u00e9l\u00e9phone dans la nuit du 11 novembre 2020, atteste l\u2019ampleur des agressions sexuelles. \u00ab Courant mai- juin 2020, nous avons fait \u00e9vacuer sept femmes \u00e0 Kaya, dont une dans un \u00e9tat tr\u00e8s grave. S\u00e9questr\u00e9e pendant deux jours, elle a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e dans le coma \u00bb, soutient- t-il. Il \u00e9voque \u00e9galement le cas d\u2019une autre jeune fille de Kelbo. S\u00e9questr\u00e9e pendant trois jours, elle a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e par 13 hommes arm\u00e9s, qui passaient sur elle l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre toutes les deux heures.<br \/>\u00ab C\u2019est lorsqu\u2019ils se sont rendu compte qu\u2019ils ne pouvaient plus la p\u00e9n\u00e9trer, que ces hommes l\u2019ont lib\u00e9r\u00e9e \u00bb, d\u00e9plore le bourgmestre.<\/p>\n<p><strong>Des b\u00e9b\u00e9s \u00ab terroristes \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Toute r\u00e9volt\u00e9e, face \u00e0 ces pratiques, une responsable d\u2019association f\u00e9minine du Centre-Nord qui a recquis l\u2019anonymat rel\u00e8ve que les cas d\u2019agressions physiques et sexuelles des femmes sont plus nombreux qu\u2019on peut l\u2019imaginer. Il y a beaucoup de victimes parmi les t\u00e9moins. \u00ab Elles sont aussi viol\u00e9es, mais la plupart pr\u00e9f\u00e8rent citer les cas des autres \u00bb, soutient-elle. Pour Zalissa, la majeure partie des femmes est agress\u00e9e physiquement et sexuellement.<\/p>\n<p>\u00ab Une femme ne peut pas aller en brousse deux jours de suite sans \u00eatre battue ou viol\u00e9e \u00bb, jure Zalissa qui, en plus du viol, a \u00e9t\u00e9 battue \u00e0 deux reprises.<br \/>A son tour, le maire de Barsalogho (commune situ\u00e9e \u00e0 45 kilom\u00e8tres de Kaya), Abdoulaye Pafadnam, soutient qu\u2019il s\u2019agit le plus souvent de viols collectifs car les \u00e9l\u00e9ments arm\u00e9s se d\u00e9placent toujours en groupe. Ce qui, selon lui, expliquerait la gravit\u00e9 des blessures.<br \/>Pour cette ann\u00e9e 2020, le Centre hospitalier r\u00e9gional (CHR) de Kaya a re\u00e7u cinq victimes, dont des cas graves. \u00ab Elles arrivent dans un \u00e9tat psychologique lamentable. Il y a eu de graves l\u00e9sions vaginales qui ont n\u00e9cessit\u00e9 de sutures \u00bb, explique le gyn\u00e9cologue- obst\u00e9tricien et chef de service de la maternit\u00e9 du CHR, Dr Honor\u00e9 Ting\u00e9ri.<br \/>\u00ab Nous avons d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u une victime avec une grossesse de plusieurs mois \u00bb, d\u00e9plore Dr Ting\u00e9ri.<\/p>\n<p>Des chiffres qui ne refl\u00e8tent pas l\u2019ampleur du ph\u00e9nom\u00e8ne, selon lui car la plupart des victimes restent silencieuses dans les zones sous contr\u00f4le des groupes arm\u00e9s.<br \/>L\u2019Est du Burkina, l\u2019une des r\u00e9gions les plus touch\u00e9es, des femmes \u00e9galement \u00e0 la recherche d\u2019eau, de bois, dans les champs, tombent nez \u00e0 nez sur des terroristes. Elles sont s\u00e9questr\u00e9es et viol\u00e9es en file indienne. Rencontr\u00e9 \u00e0 Ouagadougou, le 9 octobre 2020, le maire de la commune de Fada N\u2019Gourma, Jean-Claude Louari, explique que reparties dans les villages environnants pour emporter quelques effets, cinq femmes d\u2019une m\u00eame famille, dont une m\u00e8re et ses deux filles ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9questr\u00e9es de 9h00 \u00e0 19h et viol\u00e9es \u00e0 la cha\u00eene par 30 hommes arm\u00e9s. Il ajoute que des dizaines de cas de viols ont \u00e9t\u00e9 \u00e9galement enregistr\u00e9es avec des cas de grossesses.<\/p>\n<p>\u00ab Nous n\u2019avons pas \u00e9valu\u00e9 le nombre de grossesses, mais nous avons entam\u00e9 une approche dans ce sens \u00bb, confie le maire.<br \/>M\u00eame r\u00e9alit\u00e9 dans le Sahel, l\u2019autre r\u00e9gion la plus touch\u00e9e. Le Mouvement burkinab\u00e8 des droits de l\u2019homme et des peuples (MBDHP) a aussi eu vent des cas de viols dans le village de Bouro, commune de Nassoumbo, province du Soum. C\u2019\u00e9tait le 11 septembre 2020. \u00ab Ce jour-l\u00e0, les hommes arm\u00e9s ont agress\u00e9 physiquement les femmes qui ne portaient pas le voile en les intimant de s\u2019ex\u00e9cuter. Ils ont viol\u00e9 trois d\u2019entre elles, une dame de 23 ans et deux filles de 14 et 17 ans \u00bb, confirme le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du MBDHP, Aly Sanou, le 9 novembre 2020, \u00e0 Ouagadougou.<\/p>\n<p>Pour sa part, une pr\u00e9sidente d\u2019association communautaire intervenant au Sahel, qui a recquis l\u2019anonymat convainc le 10 octobre 2020 \u00e0 Ouagadougou, qu\u2019\u00e0 Gorom- Gorom dans la province de l\u2019Oudalan, beaucoup de femmes sont aussi enlev\u00e9es et viol\u00e9es dans le silence. Elle conna\u00eet cinq cas qui ont \u00e9t\u00e9 orient\u00e9s vers une ONG exer\u00e7ant dans le domaine des Violences bas\u00e9es sur le genre (VBG). \u00ab Il y a d\u00e9j\u00e0 beaucoup de grossesses, mais les parents de peur d\u2019\u00eatre stigmatis\u00e9s disent que leurs filles sont mari\u00e9es \u00bb, r\u00e9v\u00e8le- t- elle.<\/p>\n<p><strong>Un drame silencieux<\/strong><\/p>\n<p>En l\u2019absence des directeurs r\u00e9gionaux de l\u2019Action sociale et de la Sant\u00e9 du Centre-Nord, \u00e0 notre passage les 26 et 30 octobre 2020 dans leurs services, nous n\u2019avons pas eu d\u2019interlocuteurs, pour se prononcer sur l\u2019ampleur du ph\u00e9nom\u00e8ne. Mais, bien avant, dans un communiqu\u00e9, le 16 novembre 2019, l\u2019arm\u00e9e burkinab\u00e8 a annonc\u00e9 la lib\u00e9ration de plusieurs femmes des mains des terroristes dans le Nord du pays, \u00e0 Yorsala (d\u00e9partement de Titao). Celles-ci \u00e9taient retenues par les terroristes et utilis\u00e9es comme esclaves sexuelles. Cette op\u00e9ration, bien que salutaire, est rest\u00e9e silencieuse quant au nombre et au traitement inflig\u00e9 aux femmes. Une sortie m\u00e9diatique de l\u2019arm\u00e9e qui conforte l\u2019ampleur du ph\u00e9nom\u00e8ne. Le hic est qu\u2019\u00e0 l\u2019exception de celles qui sont toujours en soins, la plupart de ces victimes sont retourn\u00e9es aupr\u00e8s des leurs et sont de nouveau \u00e0 la merci de leurs bourreaux. Les plus malheureuses succombent dans la douleur et le silence.<br \/>Ce silence coupable n\u2019est pas sans cons\u00e9quence sur la sant\u00e9 des victimes, de leur conjoint et de la population.<\/p>\n<p>Le maire de Barsalogho, Abdoulaye Pafadnam, craint surtout pour les Maladies sexuellement transmissibles (MST) : \u00ab Il n\u2019y a pas de doute, avec ces viols collectifs, les taux du VIH \/SIDA et des MST vont s\u2019accro\u00eetre \u00bb. Et pour \u00e9viter le pire, des campagnes de sensibilisation sur le SIDA, les MST et bien d\u2019autres pathologies li\u00e9es \u00e0 l\u2019hygi\u00e8ne sont d\u00e9j\u00e0 men\u00e9es dans sa commune. Lors des \u00e9changes, les initiateurs invitent les victimes \u00e0 se rendre le plus t\u00f4t possible aux services de sant\u00e9 afin de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une prise en charge ad\u00e9quate. Au CHR de Kaya, les victimes de viols b\u00e9n\u00e9ficient syst\u00e9matiquement d\u2019un traitement pr\u00e9ventif pour \u00e9viter les h\u00e9patites virales, le VIH\/SIDA, les Infections sexuellement transmissibles (IST) et aussi les grossesses. Pour ce faire, dit-il, des agents de sant\u00e9 ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de formations pour la prise en charge des victimes des Violences bas\u00e9es sur le genre (VBG) de la part de l\u2019OMS. Des kits sont disponibles \u00e0 cet effet.<\/p>\n<p><strong>La triple peine<\/strong><\/p>\n<p>En plus des maladies, les victimes risquent la stigmatisation et la r\u00e9pudiation. L\u2019\u00e9dile de Fada N\u2019Gourma d\u00e9clare que les viols demeurent toujours un sujet tabou et sont per\u00e7us comme une honte sous nos cieux.<\/p>\n<p>\u00ab Ce ne sont pas des choses que l\u2019on peut crier sur tous les toits. \u00bb \u00ab C\u2019est tr\u00e8s difficile, car une fois l\u2019histoire connue, les victimes, en plus de l\u2019absence d\u2019une prise en charge ad\u00e9quate, sont stigmatis\u00e9es et m\u00eames abandonn\u00e9es \u00bb, pr\u00e9vient-il. A Dablo, une jeune femme qui a accouch\u00e9 neuf mois apr\u00e8s son viol a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e par son mari. \u00ab Elle a accouch\u00e9 il y a deux mois. Son \u00e9poux qui ignore si l\u2019enfant est le sien les a abandonn\u00e9s \u00bb, raconte S.S, l\u2019une de ses connaissances du village. L.P a d\u00fb aussi quitter Dablo pour Kaya, apr\u00e8s le viol de sa femme, S.K, 26 ans et m\u00e8re de cinq enfants, s\u00e9questr\u00e9e et viol\u00e9e toute une journ\u00e9e, dans un village de Dablo.<\/p>\n<p>\u00ab Il fallait que je parte. Ma famille a v\u00e9cu un drame. C\u2019\u00e9tait trop dur pour moi de rester l\u00e0-bas \u00bb, insiste \u2013 t- il, mais, sans mentionner le viol de S.K, sa 2e \u00e9pouse. Selon Zalissa, la femme a eu la vie sauve gr\u00e2ce \u00e0 la bravoure de sa belle- m\u00e8re. Partie \u00e0 sa recherche, elle a \u00e9t\u00e9 alert\u00e9e par les supplications de sa belle- fille, retenue dans une maisonnette. \u00ab Aidez- moi. J\u2019ai soif. Aidez- moi avec de l\u2019eau \u00bb, pouvait-elle entendre. M\u00eame les coups de feu de l\u2019agresseur n\u2019ont pas frein\u00e9 l\u2019abn\u00e9gation de la sexag\u00e9naire d\u00e9sempar\u00e9e.<\/p>\n<p>La voyant avancer, il partit \u00e0 sa rencontre et la jeune femme a profit\u00e9 s\u2019\u00e9chapper.<br \/>Le maire de la commune de Dablo, Ousmane Zango, confirme que dans sa commune, plusieurs femmes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 r\u00e9pudi\u00e9es \u00e0 la suite du viol qu\u2019elles ont subi. Pourtant pour son coll\u00e8gue de Barsalogho, Abdoulaye Pafadnam, ces victimes ont besoin d\u2019\u00eatre accompagn\u00e9es. \u00ab C\u2019est votre amour qui va l\u2019aider \u00e0 surmonter cet obstacle. Quant aux femmes, il faut qu\u2019elles aient le courage d\u2019en parler pour b\u00e9n\u00e9ficier des soins appropri\u00e9s \u00bb, lance-t-il \u00e0 leurs familles et \u00e0 la population burkinab\u00e8. Toute chose selon lui, qui n\u00e9cessite la mise en place d\u2019un dispositif national afin de pr\u00e9venir la victimisation secondaire de ces femmes, triplement victimes du terrorisme.<\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>Mariam OUEDRAOGO<\/strong><br \/><strong>mesmira14@gmail.com<\/strong><\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom tdi_33_488 td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-27454\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/PUB-Bandeau-paiement-mobile-siteweb.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p>Auteur: BM. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2020\/12\/30\/exactions-des-groupes-terroristes-les-hommes-armes-non-identifies-violent-les-femmes-a-mort\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avant la tuerie des 31 femmes d\u2019Arbinda (Nord du Burkina), le 24 d\u00e9cembre 2019, les Hommes arm\u00e9s non identifi\u00e9s (HANI) avaient jusque-l\u00e0 \u00e9pargn\u00e9 la vie des femmes et des jeunes filles. Mais depuis, celles-ci deviennent de plus en plus leurs cibles. 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