{"id":108560,"date":"2021-01-02T12:12:00","date_gmt":"2021-01-02T17:12:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lhistoire-mouvementee-du-carre-libres-penseurs-du-cimetiere-municipal-de-tunis\/"},"modified":"2021-01-02T12:12:00","modified_gmt":"2021-01-02T17:12:00","slug":"lhistoire-mouvementee-du-carre-libres-penseurs-du-cimetiere-municipal-de-tunis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lhistoire-mouvementee-du-carre-libres-penseurs-du-cimetiere-municipal-de-tunis\/","title":{"rendered":"L\u2019Histoire mouvement\u00e9e  du carr\u00e9 \u00ablibres  penseurs\u00bb du cimeti\u00e8re municipal de Tunis"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><em><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/C\u00e9r\u00e9monie-de-fin-de-mandat-(nov-2017).jpg\" alt=\"\" width=\"30%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"right\"\/>Par Habib Kazdaghli &#8211;<\/em><\/span><\/span> Une foule nombreuse de femmes, d\u2019hommes, de jeunes et de moins jeunes a\u00a0 accompagn\u00e9, mercredi 30 d\u00e9cembre, Gilbert Nacache \u00e0 sa derni\u00e8re demeure. Une ambiance plut\u00f4t triste, mais sereine, se lisait sur ce qu\u2019on pouvait voir des visages plus ou moins cach\u00e9s par les masques. Chants de l\u2019hymne national tunisien, de l\u2019Internationale (dans sa version en langue arabe). La c\u00e9r\u00e9monie fut aussi meubl\u00e9e par des oraisons fun\u00e8bres rendant hommage \u00e0 \u00abPapi\u00bb, prononc\u00e9es, successivement, par son fils Slim, par Mohamed Salah Fliss, par Habib Marsit ainsi que par une jeune fille au nom des bless\u00e9s de la r\u00e9volution. Le corps du d\u00e9funt a ensuite \u00e9t\u00e9 inhum\u00e9 au carr\u00e9 des \u00ablibres penseurs\u00bb du cimeti\u00e8re municipal du Borgel \u00e0 Tunis.<\/p>\n<p>En guise de r\u00e9ponse aux interrogations de plusieurs ami (e)s pr\u00e9sents, ce jour- l\u00e0, au cimeti\u00e8re, nous avons cru utile d\u2019apporter ici quelques \u00e9l\u00e9ments de clarification sur les origines historiques du carr\u00e9 o\u00f9 fut inhum\u00e9 \u00abPapi\u00bb et comment\u00a0\u00a0 ce carr\u00e9 a \u00e9t\u00e9 ressuscit\u00e9, en 1996, apr\u00e8s une longue p\u00e9riode de fermeture.\u00a0 Il faut pr\u00e9ciser, de prime abord, que cette\u00a0 c\u00e9r\u00e9monie fun\u00e9raire s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e au cimeti\u00e8re municipal dit \u00abchr\u00e9tien\u00bb et non au cimeti\u00e8re juif qui, lui est limitrophe.<\/p>\n<p><span class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong>Le cimeti\u00e8re juif du Borgel<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>En effet, le cimeti\u00e8re juif hayt ha hayyim (la maison des vivants) dit \u00abdu Borgel\u00bb, est beaucoup plus ancien, puisqu\u2019il avait commenc\u00e9 \u00e0 accueillir les morts en 1890. Le terrain qui va servir de lieu d\u2019inhumation de la population juive\u00a0 fut achet\u00e9 le 29 juillet 1889, il appartient toujours\u00a0 \u00e0 la communaut\u00e9 juive. Ouvert au du temps du Rabbin Elie Borgel (1814-1898), ce dernier lui donna son nom. Pendant longtemps, le nom \u00abBorgel\u00bb a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement donn\u00e9 \u00e0 une station du T.G.M qui passait jadis par l\u00e0, ainsi qu\u2019\u00e0 tout le quartier entourant le cimeti\u00e8re, plus connu aujourd\u2019hui sous le nom de Montplaisir.<\/p>\n<p>Ce cimeti\u00e8re est toujours tenu et g\u00e9r\u00e9 par la communaut\u00e9 juive de Tunis. Il renferme plus de 25.000 tombes, dont la majorit\u00e9 sont dans un \u00e9tat de conservation d\u00e9solant. Le cimeti\u00e8re juif du Borgel n\u2019a pas disparu, des Hiloulas sont m\u00eame organis\u00e9es annuellement autour de la tombe du Rabbin Hai Taieb.\u00a0 Il est compos\u00e9 de deux parties : une\u00a0 partie plus vaste,\u00a0 celle des juifs tawansas et\u00a0 la seconde, moins spacieuse, est\u00a0 r\u00e9serv\u00e9e aux juifs dit granas, d\u2019origine italienne,\u00a0 venus s\u2019installer dans la r\u00e9gence \u00e0\u00a0 partir du XVIII si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Ainsi, \u00e0 dater du 15 avril 1890, les juifs ont \u00e9t\u00e9 tenus d\u2019inhumer, exclusivement, leurs morts au nouveau cimeti\u00e8re, tout en gardant sous le contr\u00f4le de la communaut\u00e9 l\u2019ancien cimeti\u00e8re juif situ\u00e9 dans la zone du Passage.\u00a0 Faut-il rappeler que la d\u00e9saffectation de ce cimeti\u00e8re a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e, en 1957, au lendemain de l\u2019ind\u00e9pendance, par le Gouverneur-Maire de Tunis ? A sa place, un jardin public (Jardin Thameur) est cr\u00e9\u00e9.<\/p>\n<p><span class=\"c4\"><span class=\"c5\"><strong>Le cimeti\u00e8re chr\u00e9tien de Bab El Khadra<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>De leurs c\u00f4t\u00e9s, les chr\u00e9tiens avaient mis en place un cimeti\u00e8re situ\u00e9 sur le flanc de la colline du Belv\u00e9d\u00e8re, \u00e0 700 m, \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, de l\u2019une des portes de la m\u00e9dina; c\u2019est pour cette raison qu\u2019il\u00a0\u00a0 \u00e9tait\u00a0 aussi connu sous l\u2019appellation de\u00a0 \u00abcimeti\u00e8re de Bab El Khadra\u00bb.\u00a0<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation de ce nouveau cimeti\u00e8re remonte \u00e0 1882, \u00e0 peine\u00a0 quelques mois apr\u00e8s l\u2019\u00e9tablissement du protectorat fran\u00e7ais en Tunisie. Son site\u00a0 se trouvait sur l\u2019emplacement actuel du complexe de l\u2019h\u00f4tel El Mechtel (Avenue Ouled Haffouz). La proposition faite par le Ministre-R\u00e9sident Roustan d\u00e8s le mois de novembre 1881 fut accept\u00e9e par le pr\u00e9lat, car, ce dernier, outre les raisons sanitaires qui lui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9s, avait pens\u00e9\u00a0 utiliser les lieux, une fois d\u00e9barrass\u00e9s du cimeti\u00e8re,\u00a0 pour la construction d\u2019une \u00e9glise qui servirait de Cath\u00e9drale, en plein centre du nouveau quartier europ\u00e9en.<\/p>\n<p>Ainsi au d\u00e9part, le cimeti\u00e8re de Bab El Khadra, avait un caract\u00e8re religieux catholique, puisque les terrains furent achet\u00e9s par le cardinal Lavigerie lui-m\u00eame. Les travaux de transfert des tombes et d\u2019am\u00e9nagement du nouveau cimeti\u00e8re dur\u00e8rent trois mois (de la mi-d\u00e9cembre 1881 \u00e0 la mi-mars 1882), vite\u00a0 il a \u00e9t\u00e9 entour\u00e9 par des murs et une chapelle catholique\u00a0 a \u00e9t\u00e9 b\u00e2tie \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. L\u2019inauguration eut lieu le dimanche 26 mars 1882 et la premi\u00e8re inhumation a\u00a0 eu lieu, le lendemain, 27 mars. Cependant, apr\u00e8s trois ann\u00e9es d\u2019existence, le nouveau cimeti\u00e8re fut rachet\u00e9 par la municipalit\u00e9 de Tunis, le contrat de vente fut sign\u00e9 le 26 juillet 1885, entre le Cardinal Lavigerie et le vice-pr\u00e9sident de la municipalit\u00e9 de Tunis Raymond Valensi. La municipalisation du cimeti\u00e8re allait ouvrir la voie \u00e0 la naissance d\u2019un espace la\u00efque aux cot\u00e9s du cimeterre catholique de Bab El Khadra.<\/p>\n<p><span class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong>Naissance du cimeti\u00e8re\u00a0 la\u00efque \u00e0 Bab El Khadra<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Etant propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019Eglise catholique, les r\u00e8gles de gestion du cimeti\u00e8re furent dict\u00e9es par celle-ci. En effet, durant les premi\u00e8res ann\u00e9es de son existence, les autorit\u00e9s religieuses, contrairement \u00e0 la l\u00e9gislation en vigueur en France, refus\u00e8rent toute inhumation des non catholiques dans le p\u00e9rim\u00e8tre du cimeti\u00e8re. Les familles protestantes ou celles dont de l\u2019un des membres se\u00a0\u00a0 d\u00e9clarait \u00ab non catholique\u00bb \u00e9taient oblig\u00e9es d\u2019inhumer leurs morts en dehors des murs du cimeti\u00e8re. M\u00eame si l\u2019acte de vente du cimeti\u00e8re fut conditionn\u00e9 par la p\u00e9rennit\u00e9 de l\u2019inhumation aux seuls catholiques, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des murs cl\u00f4tur\u00e9s existants \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la vente, la municipalisation du cimeti\u00e8re avait donn\u00e9 l\u2019occasion aux non catholiques (protestants et la\u00efcs) de se battre pour \u00eatre enterr\u00e9s sur les m\u00eames lieux. Une campagne de presse d\u00e9non\u00e7ant \u00abl\u2019intol\u00e9rance catholique\u00bb est men\u00e9e pendant plus d\u2019une ann\u00e9e sur les colonnes de Tunis-Journal, premier journal de la ville de Tunis, ayant vu le jour en 1884 avec l\u2019encouragement du R\u00e9sident Paul Cambon, dont la femme \u00e9tait elle-m\u00eame\u00a0 protestante.<\/p>\n<p class=\"c6\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Un-monument-du-cimeti\u00e8re-laique-1920.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>La campagne pour la reconnaissance d\u2019un carr\u00e9 la\u00efque au cimeti\u00e8re fut\u00a0 l\u2019\u0153uvre de Jules Montels, (1843- 1916). Il d\u2019un s\u2019agit d\u2019un ancien communard, condamn\u00e9 \u00e0 mort en 1872,\u00a0 r\u00e9fugi\u00e9 pendant dix ans en Suisse ; apr\u00e8s avoir\u00a0 \u00e9t\u00e9 graci\u00e9 en 1882, il est autoris\u00e9 \u00e0 venir\u00a0 s\u2019installer au cours de la m\u00eame ann\u00e9e,\u00a0 \u00e0 Tunis. Le but de cette campagne \u00e9tait d\u2019obliger la municipalit\u00e9 de Tunis \u00e0\u00a0 \u00abrespecter les exigences de neutralit\u00e9 en mati\u00e8re d\u2019inhumation\u00bb.<\/p>\n<p class=\"c6\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Plan-su-cimeti\u00e8re-de-Bab-El-Khadra.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>C\u2019est dans ce contexte que la municipalit\u00e9 s\u2019est trouv\u00e9e dans l\u2019obligation d\u2019 am\u00e9nager, en dehors du cimeti\u00e8re catholique, un cimeti\u00e8re protestant, dit \u00ab\u00e9vang\u00e9lique\u00bb, o\u00f9 la premi\u00e8re inhumation eut lieu le 17 octobre 1885, et un cimeti\u00e8re r\u00e9serv\u00e9 aux \u00absans cultes\u00bb, appel\u00e9 plus tard \u00abcarr\u00e9 la\u00efque\u00bb, o\u00f9 la premi\u00e8re inhumation date du 3 mai 1886. Ces trois cimeti\u00e8res \u00e9taient distincts et s\u00e9par\u00e9s par des murs, mais tous les trois se trouvaient sur le m\u00eame site de Bab El Khadra (comme le montre le plan ci-joint \u00e9tablit par Pierre Soumille en 1971, dans son \u00e9tude remarquable qui immortalisa le cimeti\u00e8re avant sa disparition d\u00e9finitive, \u00e9tude qui fut publi\u00e9e dans Les Cahiers de Tunisie N\u00b0 75-76, 1975, pp. 129-182).<\/p>\n<p>Ce premier cimeti\u00e8re europ\u00e9en avait servi de lieu d\u2019enterrement du 27 mars 1882 au 24 janvier 1965.\u00a0 Durant les 83 ans de son existence, il avait re\u00e7u 74 881 inhumations. Toujours d\u2019apr\u00e8s l\u2019\u00e9tude de Pierre Soumille, le\u00a0 cimeti\u00e8re de Bab El Khadra avait contenu 9000 concessions, dont 325 pour la section\u00a0\u00a0 la\u00efque\u00a0\u00a0 et 295 pour la section \u00e9vang\u00e9lique.\u00a0 Le carr\u00e9 la\u00efque\u00a0 avait\u00a0\u00a0 rassembl\u00e9 les s\u00e9pultures des personnalit\u00e9s qui, en ces temps de luttes anticl\u00e9ricales, avaient\u00a0 fait\u00a0 profession de non-croyance et exprim\u00e9 par testament le d\u00e9sir d\u2019avoir des \u00abobs\u00e8ques civiles. \u00aben dehors de toute c\u00e9r\u00e9monie relevant d\u2019un culte quelconque\u00a0\u00bb. Ils \u00e9taient form\u00e9s de lib\u00e9raux, de francs-ma\u00e7ons, de personnes appartenant \u00e0 la gauche socialiste et communiste.<\/p>\n<p>Mais d\u00e9j\u00e0, au tournant du si\u00e8cle, on avait commenc\u00e9 \u00e0 penser que le cimeti\u00e8re ne pouvait plus continuer \u00e0 lui seul d\u2019accueillir les morts d\u2019une population europ\u00e9enne en augmentation permanente. La cr\u00e9ation d\u2019un nouveau cimeti\u00e8re, \u00e0 cot\u00e9 du cimeti\u00e8re juif du Borgel, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e lors de la s\u00e9ance du\u00a0 conseil municipal du 27 janvier 1909. Mais son ouverture r\u00e9elle date de 1927.<\/p>\n<p>Dix ans apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, et dans le cadre de l\u2019am\u00e9nagement urbain de la capitale, le gouverneur-Maire de la ville de Tunis avait d\u00e9cid\u00e9, au mois de septembre 1966, la d\u00e9saffectation de l\u2019ensemble des trois cimeti\u00e8res europ\u00e9ens, Un appel est lanc\u00e9 \u00e0 tous les propri\u00e9taires de concessions pour transf\u00e9rer les restes mortels de leurs parents vers le cimeti\u00e8re municipal du Borgel.<\/p>\n<p>L\u2019op\u00e9ration avait dur\u00e9 pendant plus de six ann\u00e9es, de 1966 \u00e0 1972, il semble qu\u2019elle s\u2019\u00e9tait d\u00e9roul\u00e9e dans des conditions chaotiques. Beaucoup de familles europ\u00e9ennes, ayant d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9 la Tunisie, n\u2019avaient pas pris part au transfert des restes des corps. La configuration, existante jadis dans\u00a0 l\u2019ancien cimeti\u00e8re, n\u2019allait pas \u00eatre reproduite dans le nouveau cimeti\u00e8re. La\u00a0\u00a0 plaque, toujours visible aujourd\u2019hui au fond du cimeti\u00e8re, indiquant l\u2019ossuaire des restes des corps en provenance du cimeti\u00e8re du Belv\u00e9d\u00e8re, montre que le transfert s\u2019est fait sans la conservation des traces mat\u00e9rielles de l\u2019appartenance des tombes aux diff\u00e9rents cultes. Ainsi, le \u00abcarr\u00e9 la\u00efque\u00bb avait cess\u00e9 d\u2019exister pendant plus de 30 ans. C\u2019est le d\u00e9c\u00e8s de Gladys Adda en 1995 qui favorisa sa r\u00e9surgence.<\/p>\n<p class=\"c6\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Tombe-des-Adda.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p><span class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong>Gladys Adda redonne vie au \u00abcarr\u00e9\u00a0 des libres penseurs\u00bb<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Gladys-Adda-(1921-1995)(1).jpg\" alt=\"\" width=\"30%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"right\"\/>C\u2019est la mort de Gladys Adda (1921-1995), militante f\u00e9ministe et communiste, qui ouvre la voie \u00e0 la r\u00e9surrection du \u00abcarr\u00e9 des libres penseurs\u00bb, cette fois-ci, au sein\u00a0 du\u00a0 cimeti\u00e8re municipal du Borgel.\u00a0 La lev\u00e9e du corps de Gladys Adda a \u00e9t\u00e9 faite le\u00a0\u00a0 29 d\u00e9cembre 1995.<br \/>Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 mis \u00e0\u00a0 la disposition\u00a0 de la m\u00e9decine pendant\u00a0 quelques mois, une c\u00e9r\u00e9monie d\u2019inhumation du corps\u00a0\u00a0 fut organis\u00e9e le 28 novembre 1996, en pr\u00e9sence des membres de sa famille.\u00a0 La municipalit\u00e9 de Tunis, a bien accept\u00e9 d\u2019exaucer les v\u0153ux de la famille Adda, un contrat de vente d\u2019un terrain a \u00e9t\u00e9 bien sign\u00e9, permettant l\u2019enterrement du corps de Gladys\u00a0 dans l\u2019espace d\u00e9fini comme \u00e9tant r\u00e9serv\u00e9 aux libres penseurs, qui se trouve, non loin de l\u2019ossuaire renfermant,\u00a0 des\u00a0 restes du cimeti\u00e8re du Belv\u00e9d\u00e8re.\u00a0 Par cet acte, l\u2019institution municipale, organisme civil de gestion de la citoyennet\u00e9 au quotidien, redonnait\u00a0 une nouvelle\u00a0 vie \u00e0 l\u2019ancien \u00abcarr\u00e9 des libres penseurs\u00bb qui avait exist\u00e9 au sein du cimeti\u00e8re de Bab El Khadr.<\/p>\n<p class=\"c6\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Georges-Adda-(avec-la-pipe)-avec-d'autres--%C3%A9loign%C3%A9s--communistes--Avril-1952-%C3%A0-Remada.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Serge-Adda-(1948-2004).jpg\" alt=\"\" width=\"20%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"left\"\/>La \u00abr\u00e9surrection\u00bb du carr\u00e9\u00a0 des libres penseurs, en 1996, ne sera pas un acte solitaire, il sera suivi par l\u2019inhumation du fils de\u00a0 Gladys, Serge (1948-\u00a0 2004) puis de son \u00e9poux, Georges (1916-2008).. D\u2019autres tombes\u00a0 portant les noms de Lucia Memmi, d\u2019Eug\u00e9nie Foueta, d\u2019Andr\u00e9 Bijaoui, Suzanne Meimon Jerad, Elie Finzi etc. meublent aujourd\u2019hui\u00a0 un espace r\u00e9-ouvert \u00e0 la suite du d\u00e9c\u00e8s de\u00a0 Gladys. C\u2019est\u00a0 dans cette\u00a0\u00a0\u00a0 partie du sol tunisien\u00a0 qu\u2019a choisi\u00a0 Gilbert Naccache\u00a0 de se joindre \u00e0 eux et de l\u2019\u00e9lire comme derni\u00e8re demeure.<\/p>\n<p>Cependant, Gilbert, ainsi que tous les autres, continueront \u00e0 vivre avec nous dans le\u00a0 partage\u00a0 des valeurs de libert\u00e9, de justice et de tol\u00e9rance.<\/p>\n<p class=\"c6\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Tombe-de-Lucia-Memmi-(1936-2015).jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>Paix \u00e0 leurs \u00e2mes ! Ils ont montr\u00e9 que\u00a0 les citoyens tunisiens peuvent d\u00e9cider, en toute libert\u00e9,\u00a0 du lieu de leur inhumation, continuant ainsi une tradition de libert\u00e9 de conscience existante dans ce pays et \u00e0 laquelle la constitution de 2014 a donn\u00e9 des bases\u00a0 l\u00e9gales, marquant par l\u00e0\u00a0 une\u00a0 r\u00e9elle avanc\u00e9e m\u00eame si la mise en pratique de tels\u00a0 principes et valeurs, peuvent rencontrer encore r\u00e9serves et\u00a0 r\u00e9sistances.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c7\"><strong>Habib Kazdaghli<\/strong><br \/><span class=\"c3\"><em>Historien universitaire<\/em><\/span><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/31181-l-histoire-mouvementee-du-carre-libres-penseurs-du-cimetiere-municipal-de-tunis\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Habib Kazdaghli &#8211; Une foule nombreuse de femmes, d\u2019hommes, de jeunes et de moins jeunes a\u00a0 accompagn\u00e9, mercredi 30 d\u00e9cembre, Gilbert Nacache \u00e0 sa derni\u00e8re demeure. Une ambiance plut\u00f4t triste, mais sereine, se lisait sur ce qu\u2019on pouvait voir des visages plus ou moins cach\u00e9s par les masques. 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