{"id":108640,"date":"2021-01-04T09:38:07","date_gmt":"2021-01-04T14:38:07","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/%ef%bb%bflhistoire-vraie-derriere-oloture\/"},"modified":"2021-01-04T09:38:07","modified_gmt":"2021-01-04T14:38:07","slug":"%ef%bb%bflhistoire-vraie-derriere-oloture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/%ef%bb%bflhistoire-vraie-derriere-oloture\/","title":{"rendered":"\ufeffL\u2019histoire vraie derri\u00e8re Olotur\u00e9"},"content":{"rendered":"<p class=\"c2\"><strong>Le film de Netflix sur la traite nig\u00e9riane<\/strong><\/p>\n<p><strong>A l\u2019\u00e9cran, Olotur\u00e9, h\u00e9ro\u00efne du film \u00e9ponyme de Netflix, est une t\u00e9m\u00e9raire journaliste qui infiltre un r\u00e9seau de prostitution et de traite d\u2019\u00eatres humains. Dans la vraie vie, Tobore, dont l\u2019histoire a inspir\u00e9 cette production nig\u00e9riane \u00e0 succ\u00e8s, n\u2019est plus que \u00ab\u00a0l\u2019ombre\u00a0\u00bb d\u2019elle-m\u00eame.<\/strong><\/p>\n<p>Avec sa robe vichy qui tombe en dessous des genoux, difficile d\u2019imaginer cette journaliste nig\u00e9riane arpenter les trottoirs pauvres de Lagos, la capitale \u00e9conomique du Nigeria, en tenue courte et escarpins.<br \/>C\u2019est en 2013 que Tobore Ovuorie se fait passer pour une travailleuse du sexe, apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s d\u2019une amie, partie se prostituer en Europe sous la coupe d\u2019un r\u00e9seau mafieux.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai voulu lui rendre justice, et raconter l\u2019histoire derri\u00e8re ces femmes exploit\u00e9es\u00a0\u00bb en Occident, raconte \u00e0 l\u2019AFP la reporter aujourd\u2019hui \u00e2g\u00e9e de 39 ans.<\/p>\n<p>Son objectif: \u00ab\u00a0gagner la confiance des prostitu\u00e9es\u00a0\u00bb pour qu\u2019elles lui pr\u00e9sentent une \u00ab\u00a0Madame\u00a0\u00bb, une de ces trafiquantes prox\u00e9n\u00e8tes qui envoient des dizaines de filles travailler pour elles en Europe.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s huit mois d\u2019enqu\u00eate sous couverture, Tobore Ovuorie revient avec un r\u00e9cit effarant sur les actes de maltraitance commis \u00e0 l\u2019encontre des jeunes filles, mais aussi d\u2019orgies organis\u00e9es par des politiciens locaux et des trafic d\u2019organes pour des crimes rituels.<\/p>\n<p>Son r\u00e9cit, publi\u00e9 en 2014 par le quotidien nig\u00e9rian Premium Times et le magazine d\u2019investigation n\u00e9erlandais, Zam Chronicles, a inspir\u00e9 une soci\u00e9t\u00e9 de production au Nigeria qui l\u2019a adapt\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran.<\/p>\n<p>Sorti en octobre sur Netflix, Olotur\u00e9 est un immense succ\u00e8s international pour un film nig\u00e9rian, qui s\u2019exporte d\u2019habitude rarement au-del\u00e0 du continent africain.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Olotur\u00e9 parle de ces journalistes qui vont si loin dans leur enqu\u00eate qu\u2019ils finissent par en devenir le sujet\u00a0\u00bb, explique \u00e0 l\u2019AFP le r\u00e9alisateur du film Kenneth Gyang. \u00ab\u00a0Mais Olotur\u00e9 est surtout un coup de projecteur sur ces femmes victimes des trafics\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Car la traite de femmes pour l\u2019exploitation sexuelle est un v\u00e9ritable fl\u00e9au au Nigeria, notamment \u00e0 Benin City, ville du sud du pays, devenue la plaque-tournante du recrutement des femmes transport\u00e9es en Europe par des r\u00e9seaux criminels.<\/p>\n<p>Leur nombre est difficile \u00e0 estimer, mais rien qu\u2019en Italie, entre 10.000 et 30.000 Nig\u00e9rianes se prostituent, selon les autorit\u00e9s.<\/p>\n<p>Des dizaines de milliers d\u2019autres n\u2019ont jamais pu traverser la M\u00e9diterran\u00e9e et sont toujours bloqu\u00e9es en Libye ou dans d\u2019autres pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, o\u00f9 leurs passeurs les exploitent, leur faisant toujours miroiter le r\u00eave europ\u00e9en.<\/p>\n<p>Dans le film, Olotur\u00e9, tout comme Tobore lors de son enqu\u00eate, part pour le B\u00e9nin voisin avec une dizaine de filles. C\u2019est depuis ce pays, lui promet sa Madame, qu\u2019elles commenceront leur voyage pour l\u2019Europe en \u00e9change d\u2019une dette (jusqu\u2019\u00e0 70.000 euros) qu\u2019elles devront rembourser une fois arriv\u00e9es en Italie.<\/p>\n<p>Mais rapidement, le p\u00e9riple se r\u00e9v\u00e8le bien plus dangereux qu\u2019imagin\u00e9. Au lieu de filer droit vers la fronti\u00e8re, leur minibus fait escale dans un lugubre camp d\u2019entra\u00eenement en banlieue de Lagos.<br \/>L\u00e0, les filles sont violent\u00e9es et class\u00e9es entre les \u00ab\u00a0forza strada\u00a0\u00bb, les prostitu\u00e9es pour la rue, et les \u00ab\u00a0forza speziale\u00a0\u00bb, celles qui accompagneront les clients les plus fortun\u00e9s.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9cran, le personnage le plus poignant est celui de Linda, une jeune fille peu \u00e9duqu\u00e9e originaire d\u2019un village rural et pauvre, qui se lie d\u2019amiti\u00e9 avec Olotur\u00e9.Linda \u00ab\u00a0repr\u00e9sente ces femmes, qui pensent que leur vie sera meilleure en Europe avant de connaitre la d\u00e9sillusion\u00a0\u00bb, affirme Tobore, qui a \u00ab\u00a0crois\u00e9 beaucoup de femmes comme Linda\u00a0\u00bb, au cours de son enqu\u00eate.<\/p>\n<p>Plus encore qu\u2019en Europe, le r\u00e9alisateur du film se r\u00e9jouit du succ\u00e8s du film au Nigeria: \u00ab\u00a0Nous essayons de voir comment projeter ce film dans les villages o\u00f9 les filles sont susceptibles de partir\u00a0\u00bb, selon M. Gyang.<\/p>\n<p>Sur les r\u00e9seaux sociaux, le film a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s d\u00e9battu. En particulier son d\u00e9nouement tragique.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pour la plupart de ces femmes, il n\u2019y pas de lumi\u00e8re au bout du tunnel, alors pourquoi terminer sur un happy end ?\u00a0\u00bb, se d\u00e9fend le r\u00e9alisateur.<br \/>Dans la vraie vie, Tobore, a r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019enfuir \u00e0 la fronti\u00e8re b\u00e9ninoise, \u00e9chappant \u00e0 la surveillance de ses trafiquants au milieu d\u2019une foule.<\/p>\n<p>Sept ans ont pass\u00e9, mais pour Tobore, l\u2019histoire n\u2019a jamais vraiment pris fin. La journaliste tente aujourd\u2019hui de retrouver les femmes avec qui elle devait partir pour l\u2019Europe, et raconter leur vie apr\u00e8s le d\u00e9part.<\/p>\n<p>La lutte contre ces r\u00e9seaux est devenue le combat de sa vie. Mais au prix d\u2019un lourd tribut. \u00ab\u00a0Quel effet cette enqu\u00eate a eu sur moi ? Je ne suis plus que l\u2019ombre de moi-m\u00eame\u00a0\u00bb, confie-t-elle, la gorge serr\u00e9e. \u00ab\u00a0J\u2019essaye de sourire, d\u2019\u00eatre rayonnante, mais la v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est que la plupart du temps, je me bats pour me raccrocher \u00e0 la vie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Auteur: M&rsquo;hammed rahal<br \/>\n<a href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/%EF%BB%BFlhistoire-vraie-derriere-oloture.html\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le film de Netflix sur la traite nig\u00e9riane A l\u2019\u00e9cran, Olotur\u00e9, h\u00e9ro\u00efne du film \u00e9ponyme de Netflix, est une t\u00e9m\u00e9raire journaliste qui infiltre un r\u00e9seau de prostitution et de traite d\u2019\u00eatres humains. Dans la vraie vie, Tobore, dont l\u2019histoire a inspir\u00e9 cette production nig\u00e9riane \u00e0 succ\u00e8s, n\u2019est plus que \u00ab\u00a0l\u2019ombre\u00a0\u00bb d\u2019elle-m\u00eame. 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