{"id":109580,"date":"2021-01-18T13:09:07","date_gmt":"2021-01-18T18:09:07","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/prospecter-dautres-voies-pour-la-gestion-de-la-dette-publique\/"},"modified":"2021-01-18T13:09:07","modified_gmt":"2021-01-18T18:09:07","slug":"prospecter-dautres-voies-pour-la-gestion-de-la-dette-publique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/prospecter-dautres-voies-pour-la-gestion-de-la-dette-publique\/","title":{"rendered":"Prospecter d\u2019autres voies pour la gestion de la dette publique"},"content":{"rendered":"<p class=\"rtejustify\">L\u2019encours de la dette du Tr\u00e9sor a atteint 747,2 milliards de DH \u00e0 fin d\u00e9cembre 2019, dont pr\u00e8s de 80% pour la dette int\u00e9rieure et 20% pour la dette ext\u00e9rieure. Cet encours s\u2019est accru de 3,4% par rapport \u00e0 son niveau de 2018, taux de progression mod\u00e9r\u00e9 par rapport aux ann\u00e9es ant\u00e9rieures (8,3% en moyenne entre 2010 et 2018). Rapport\u00e9 au PIB, l\u2019encours de la dette publique a enregistr\u00e9 une l\u00e9g\u00e8re baisse continuant n\u00e9anmoins \u00e0 repr\u00e9senter 65% du PIB.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Mais si le r\u00e9sultat en termes de stocks peut pousser \u00e0 l\u2019optimisme, une approche en termes de flux incite \u00e0 quelques questionnements. En effet, les charges de la dette du Tr\u00e9sor ont augment\u00e9 durant l\u2019ann\u00e9e 2019 de 9%, hausse qui r\u00e9sulta de l\u2019augmentation \u00e0 la fois des charges en principal (+8,7 milliards de DH) et du service de la dette proprement dit, \u00e0 savoir les charges en int\u00e9r\u00eats (+ 2,5 milliards de DH). Ces derni\u00e8res se sont ainsi \u00e9tablies \u00e0 30,5 milliards de DH, soit l\u2019\u00e9quivalent de 2,6% du PIB et de plus de 12% des recettes ordinaires de l\u2019ann\u00e9e 2019. Ces charges ont absorb\u00e9 la totalit\u00e9 des taxes int\u00e9rieures de consommation (29,5 milliards de DH). Elles ont largement d\u00e9pass\u00e9 les d\u00e9penses de compensation (18,3 milliards de DH) et repr\u00e9sent\u00e9 l\u2019\u00e9quivalent de 61 % des d\u00e9penses d\u2019investissement des minist\u00e8res (49,2 milliards de DH). C\u2019est dire que les charges d\u2019int\u00e9r\u00eats absorbent une part importante des d\u00e9penses publiques grevant ainsi, chaque ann\u00e9e davantage, la marge de man\u0153uvre budg\u00e9taire des autorit\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Pourtant, les analystes s\u2019int\u00e9ressent beaucoup plus \u00e0 l\u2019examen de la situation de la dette en termes de stocks, c\u2019est-\u00e0-dire au rapprochement de l\u2019encours de la dette avec le PIB. Ceci r\u00e9sulte du fait que de la m\u00eame mani\u00e8re que, pour les entreprises et les particuliers, les capacit\u00e9s de remboursement sont garanties aussi bien par leurs revenus que par des titres de propri\u00e9t\u00e9, le PIB constitue l\u2019assiette des revenus futurs de l\u2019Etat, donc sa ressource financi\u00e8re potentielle.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">C\u2019est ce qui explique que les gouvernements se fixent des objectifs d\u2019\u00e9volution du rapport dette\/PIB. Mais pour \u00e9valuer la soutenabilit\u00e9 de la dette publique, cette \u00e9volution est conjugu\u00e9e avec d\u2019autres param\u00e8tres dont notamment le taux de croissance nominale de l\u2019\u00e9conomie, le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat moyen de la dette et le niveau du solde primaire. Lorsque le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de la dette est sup\u00e9rieur au taux de croissance et que le solde primaire est n\u00e9gatif, la dette augmente m\u00e9caniquement, plus vite que le PIB. Dans ce cas, la situation de la dette risque de devenir non soutenable.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Cependant, avec 250% du PIB, le ratio de la dette du Japon, qui en fait le pays le plus endett\u00e9 au monde, n\u2019en est pas moins soutenable. Et depuis la fin des ann\u00e9es 90, le d\u00e9ficit budg\u00e9taire de ce pays d\u00e9passe 6% du PIB. Dans ce contexte, et comme le souligne Fr\u00e9d\u00e9ric Burgui\u00e8re, sp\u00e9cialiste des march\u00e9s asiatiques, \u00abla Banque du Japon a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re, en mars 2001, \u00e0 mettre en \u0153uvre une politique mon\u00e9taire non conventionnelle, et d\u00e9tient, \u00e0 la fin de 2017, plus de 40% de l\u2019encours des dettes de l\u2019Etat\u00bb (in Les dettes publiques \u00e0 la d\u00e9rive, Editions Eyrolles, Paris, 2018, P.25)<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">En Europe, le Pacte de stabilit\u00e9 et de croissance, qui a \u00e9cart\u00e9 cette mon\u00e9tisation de la dette, a fix\u00e9 \u00e0 60% le ratio maximum de la dette au PIB, taux qui, pour \u00eatre stabilis\u00e9, requiert, de la part des Etats concern\u00e9s, le non-d\u00e9passement d\u2019un d\u00e9ficit de 3%. Ces limites ont toutefois \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9es par plusieurs auteurs et la plupart des autorit\u00e9s de la zone euro n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 les respecter. En effet, l\u2019endettement public de ces pays a atteint un niveau \u00e9lev\u00e9 suscitant des inqui\u00e9tudes relatives \u00e0 la soutenabilit\u00e9 et m\u00eame \u00e0 la solvabilit\u00e9 de certains parmi eux. Parall\u00e8lement, la politique mon\u00e9taire a atteint un niveau proche de la borne z\u00e9ro des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat, ce qui limita la marge de man\u0153uvre de la Banque centrale europ\u00e9enne (BCE).<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Il n\u2019en reste pas moins que des initiatives ont \u00e9t\u00e9 prises qui fr\u00f4lent la mon\u00e9tisation (voir encadr\u00e9). Concernant notre pays, Roberto Cardarelli, qui a expos\u00e9 les r\u00e9sultats de sa visite au Maroc au titre de l\u2019article IV du FMI, a indiqu\u00e9 que, sur cette question, la position de Bank Al-Maghrib \u00e9tait la bonne. D\u2019abord, parce que les statuts de cette derni\u00e8re ne lui permettent pas de mon\u00e9tiser la dette et, ensuite, parce que la dette publique int\u00e9rieure serait soutenable. L\u2019\u00e9pargne que le Maroc peut mobiliser dans un contexte de taux bas fait qu\u2019il \u201cn\u2019a pas besoin d\u2019avoir recours \u00e0 ces mesures extr\u00eames\u201d, a-t-il clarifi\u00e9, concluant que cela a m\u00eame permis de renforcer la cr\u00e9dibilit\u00e9 de la banque centrale. Et d\u2019ajouter que la dette publique marocaine est soutenable tant que les taux sont bas et que les projections de croissance retenues pour l\u2019ann\u00e9e prochaine sont r\u00e9alis\u00e9es.<\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation atom-align-right\" contenteditable=\"false\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper\">\n<div class=\"image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/roberto-cardarelli-028.jpg\" width=\"282\" height=\"340\" alt=\"roberto-cardarelli-028.jpg\" title=\"roberto-cardarelli-028.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">Mais si la faiblesse relative des taux d\u2019int\u00e9r\u00eats peut autoriser \u00e0 l\u2019optimisme, rien ne garantit la p\u00e9rennit\u00e9 de ce niveau. Ce dernier serait d\u00e9termin\u00e9, depuis le consensus de Washington, par le jeu du march\u00e9, th\u00e9orie qui est fond\u00e9e davantage sur une croyance que sur un raisonnement scientifique. Elle est le fruit de ce que \u00c9ric Toussaint a qualifi\u00e9 de religion du march\u00e9 (in la dette ou la vie, \u00e9ditions Aden, Paris, 2011).\u00a0<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">A ce propos, Lord Ader Turner, homme d\u2019affaires britannique, ancien dirigeant d\u2019une banque am\u00e9ricaine, de la conf\u00e9d\u00e9ration des industries britanniques et d\u2019autres organismes anglais, nous apprend que \u00abtous les march\u00e9s financiers sont, \u00e0 des degr\u00e9s divers, imparfaits et sujets \u00e0 des pouss\u00e9es d\u2019exub\u00e9rance puis de d\u00e9pression qui \u00e9loignent les prix de tout niveau d\u2019\u00e9quilibre rationnel et peuvent entra\u00eener une affectation non efficiente des ressources en capital\u00bb (in Reprendre le contr\u00f4le de la dette, pour une r\u00e9forme radicale du syst\u00e8me financier, Editions de l\u2019atelier, Paris, 2017, P.35).<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Dans un autre contexte, o\u00f9 les taux d\u2019int\u00e9r\u00eats \u00e9taient plus \u00e9lev\u00e9s, j\u2019avais fait une modeste proposition qui reste d\u2019actualit\u00e9, dans cet article publi\u00e9 le 18 septembre 2001, par le quotidien fran\u00e7ais Le Monde, intitul\u00e9: La taxe Tobin, une opportunit\u00e9 pour le Maroc, consistant en un traitement sp\u00e9cifique du service de la dette int\u00e9rieure marocaine.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Le traitement sugg\u00e9r\u00e9 consistait en l\u2019utilisation de 30% du diff\u00e9rentiel entre les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat et d\u2019inflation, pour alimenter un Fonds public pour le financement de projets d\u2019investissement, notamment port\u00e9s par de jeunes promoteurs. Cela devait amener les banques \u00e0 prendre des risques et partant \u00e0 s\u2019impliquer pleinement dans l\u2019op\u00e9ration d\u2019investissement pour des capitaux dont elles auraient re\u00e7u \u00e0 la fois le capital, l\u2019int\u00e9r\u00eat nominal et les 2\/3 du diff\u00e9rentiel entre le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat moyen pond\u00e9r\u00e9 et le taux d\u2019inflation.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Le manque \u00e0 gagner en termes de d\u00e9penses d\u2019investissement, dont la charge des int\u00e9r\u00eats a emp\u00each\u00e9 la budg\u00e9tisation, aurait pu \u00eatre rattrap\u00e9 par la r\u00e9alisation de ces projets qui auraient \u00e9galement r\u00e9sorb\u00e9 une partie du ch\u00f4mage des jeunes, notamment dipl\u00f4m\u00e9s. D\u2019autres voies peuvent \u00eatre tent\u00e9es pour mieux g\u00e9rer la dette publique et cr\u00e9er une dynamique nouvelle dans le secteur financier.\u00a0<\/p>\n<p class=\"rtecenter\"><strong><u>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/u><\/strong><\/p>\n<p class=\"rtecenter\"><strong>SMP<\/strong><\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Le programme SMP (Securities Market Program), lanc\u00e9 en mai 2010, consistait \u00e0 racheter sur le march\u00e9 secondaire les obligations souveraines des Etats de la zone euro qui n\u2019avaient plus la pleine confiance des investisseurs (Portugal, Irlande, Italie, Gr\u00e8ce et Espagne pour environ 220 milliards d\u2019euros). Ce programme a \u00e9t\u00e9 relay\u00e9 le 22 janvier 2015 par le lancement d\u2019un autre dit d\u2019assouplissement quantitatif (Quantitative Easing) portant sur le rachat sur le march\u00e9 secondaire de titres obligataires souverains et priv\u00e9s d\u2019un montant de plus de 2.600 milliards d\u2019euros \u00e9chelonn\u00e9s entre mars 2015 et d\u00e9cembre 2018.o<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">\u00a0<\/p>\n<p>Auteur: hlafriqi<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/article\/1072133-prospecter-d-autres-voies-pour-la-gestion-de-la-dette-publique\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019encours de la dette du Tr\u00e9sor a atteint 747,2 milliards de DH \u00e0 fin d\u00e9cembre 2019, dont pr\u00e8s de 80% pour la dette int\u00e9rieure et 20% pour la dette ext\u00e9rieure. 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