{"id":110188,"date":"2021-01-28T05:00:00","date_gmt":"2021-01-28T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/les-andalouses-le-27-janvier-2021-1\/"},"modified":"2021-01-28T05:00:00","modified_gmt":"2021-01-28T10:00:00","slug":"les-andalouses-le-27-janvier-2021-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/les-andalouses-le-27-janvier-2021-1\/","title":{"rendered":"Les Andalouses, le 27 janvier 2021&#8230; (1)"},"content":{"rendered":"<p class=\"c4\">A chaque fois que les vents du large me larguent \u00e0 l&rsquo;autre bout du pays, dans ce paradis lov\u00e9 entre les premi\u00e8res collines du Murdjadjo et la mer, un flot imp\u00e9tueux de souvenirs imp\u00e9rissables remonte \u00e0 la surface et je ne sais plus quoi saisir dans cet envol d\u00e9sordonn\u00e9 de moments marquants, les uns plus savoureux que les autres. Me revoil\u00e0 encore aux Andalouses mais avec cet \u00e9trange go\u00fbt d&rsquo;amertume que renforce cette impression de fin du monde, laiss\u00e9e par la tra\u00een\u00e9e d&rsquo;une pand\u00e9mie qui n&rsquo;en finit pas. Me revoil\u00e0 arpentant la longue plage de sable fin, le regard tourn\u00e9 vers le large. Et quand on regarde le large \u00e0 partir d&rsquo;ici, l&rsquo;\u00eele Habibas se met au garde-\u00e0-vous, avec son phare blanc lev\u00e9 comme un point d&rsquo;exclamation&#8230;<br \/>Il y a trois mois, j&rsquo;ai boucl\u00e9 mes sept d\u00e9cennies et, en cette fin janvier 2021, assis sur une chaise comme tout bon vieux qui regarde une mer d\u00e9mont\u00e9e et \u00e9cumeuse, j&rsquo;essaye de me rem\u00e9morer les premiers moments qui m&rsquo;ont mis en contact avec cette merveille de la nature&#8230;<br \/>J&rsquo;avais 23 ans et les cheveux noirs dans le vent des Andalouses, face \u00e0 la m\u00eame \u00eele et son immanquable phare, au bout d&rsquo;une mer toujours d\u00e9mont\u00e9e et \u00e9cumeuse. C&rsquo;\u00e9tait le 16 juin 1973. Et c&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois que je d\u00e9couvrais le site des Andalouses, magnifique cr\u00e9ation du g\u00e9nie Pouillon, qui venait d&rsquo;\u00eatre achev\u00e9. D&rsquo;ailleurs, j&rsquo;\u00e9tais l\u00e0 pour la couverture de la visite pr\u00e9sidentielle avec, au programme, l&rsquo;inauguration du complexe du m\u00eame nom. L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement passait toutefois en seconde position puisque la principale actualit\u00e9 se d\u00e9roulait dans la wilaya de Tlemcen, toute proche par la route de A\u00efn T\u00e9mouchent : le lancement de la seconde phase de la r\u00e9volution agraire, avec l&rsquo;inauguration du village agricole de A\u00efn Nehala.<br \/>Le lendemain, sous un soleil de plomb, la plaine d&rsquo;El Fhoul, inond\u00e9e d&rsquo;une masse compacte de paysans aux ch\u00e8ches \u00e9tincelants, vivait cet \u00e9v\u00e9nement avec un discours flamboyant du Pr\u00e9sident Boumedi\u00e8ne. Cependant, ce qui nous enflammait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque me para\u00eet aujourd&rsquo;hui beaucoup moins rose car cette propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e qu&rsquo;on faisait passer au domaine public n&rsquo;\u00e9tait pas en r\u00e9alit\u00e9 la grosse propri\u00e9t\u00e9 terrienne. Cette derni\u00e8re, appartenant aux \u00abcollabos\u00bb, avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 nationalis\u00e9e par Ben Bella. Des bureaucrates, cach\u00e9s dans des salles enfum\u00e9es \u00e0 Alger, avaient \u00e9tabli de leur propre chef que poss\u00e9der plus de 50 hectares faisait du propri\u00e9taire un \u00abbourgeois\u00bb \u00e0 nationaliser. En r\u00e9alit\u00e9, cela est juste bon pour ne pas basculer dans la pauvret\u00e9 si, toutefois, la s\u00e9cheresse n&rsquo;\u00e9tait pas de la partie ! Je savais tout cela car j&rsquo;avais justement&#8230; 50 hectares. Avant d&rsquo;\u00e9crire une seul ligne sur la r\u00e9volution agraire en laquelle je croyais et je crois toujours (mais avec une autre tournure); avant d&rsquo;\u00e9crire donc sur ce sujet, je pris ma plus belle plume pour r\u00e9diger une lettre \u00e0 la Commission nationale de la r\u00e9volution agraire dans laquelle j&rsquo;offrais toute ma propri\u00e9t\u00e9 terrienne aux nouvelles coop\u00e9ratives. Pr\u00e9cision : cette terre que j&rsquo;ai donn\u00e9e de bon c\u0153ur et que je pensais perdue \u00e0 jamais, m&rsquo;est revenue malgr\u00e9 moi avec les changements introduits par Chadli.<br \/>Revenons aux Andalouses. Je suis revenu en 1992. Je m&rsquo;en rappelle tr\u00e8s bien parce que c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;ann\u00e9e de la m\u00e9daille d&rsquo;or de Boulmerka aux JO de Barcelone. J&rsquo;avais ramen\u00e9 avec moi un vieux poste TV portatif en noir et blanc, juste pour suivre Morceli et Boulmerka. Le champion du monde avait rat\u00e9 le coche mais la belle gazelle constantinoise nous fit vivre des sensations intenses. Tout le complexe f\u00eata l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement mais la fausse note g\u00e9n\u00e9rale, c&rsquo;\u00e9tait la d\u00e9gradation terrible des installations : murs d\u00e9labr\u00e9s, gazon dess\u00e9ch\u00e9, bungalows en piteux \u00e9tat, odeurs naus\u00e9abondes, carrelages d\u00e9fonc\u00e9s et j&rsquo;en passe.<br \/>J&rsquo;y suis revenu \u00e0 plusieurs reprises et ce n&rsquo;est que vers la mi-d\u00e9cennie 2010 que les choses ont commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;am\u00e9liorer. Petit \u00e0 petit et sans grand bruit. Le nouveau directeur, M. Bahloul Hac\u00e8ne, un vieux de la vieille du tourisme national, avait son id\u00e9e : l&rsquo;am\u00e9lioration se fera sur budget propre. Aujourd&rsquo;hui, les bungalows ont \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement r\u00e9\u00e9quip\u00e9s et toutes les infrastructures remises \u00e0 neuf. Il y a m\u00eame un plus : ce superbe centre de thalassoth\u00e9rapie qui ambitionne, selon le jeune docteur Abden Mohamed, de transformer les simples cures de jadis, pour all\u00e9ger les douleurs rhumatismales, en un programme de bien-\u00eatre inscrit dans les tendances de la m\u00e9decine moderne de remise en forme et de lutte contre le stress. Le centre au nom si appropri\u00e9 de \u00abPatio\u00bb est \u00e0 d\u00e9couvrir.\u00a0<br \/>Une histoire dans l&rsquo;histoire : ce directeur qui pr\u00e9sente un bilan financier positif, m\u00eame en cette ann\u00e9e de Covid (j&rsquo;ai discut\u00e9 avec le comptable et je ne comprends toujours pas comment ils ont fait); ce directeur que je connaissais du temps o\u00f9 il g\u00e9rait l&rsquo;h\u00f4tel Riadh de Sidi Fredj et o\u00f9 nous nous rendions dans les ann\u00e9es 80 pour des cures d&rsquo;un tout autre genre, a eu un parcours singulier. Lui aussi d\u00e9couvrira les Andalouses, comme moi, le&#8230; 16 juin 1973. L&rsquo;avant-veille, il avait \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 avec un groupe d&rsquo;\u00e9tudiants chez le directeur de l&rsquo;Ecole de tourisme de Tizi-Ouzou qu&rsquo;il fr\u00e9quentait. On leur demanda de faire rapidement leurs valises. Direction : Alger, h\u00f4tel Aletti. Un tour au magasin Bon March\u00e9 pour s&rsquo;\u00e9quiper en effets vestimentaires de circonstance. Un autre car et un voyage de 12 heures. Avec ses coll\u00e8gues, il d\u00e9couvrit le tout nouveau complexe et la mission pour laquelle ils \u00e9taient venus : servir le d\u00eener pr\u00e9sidentiel. Le gar\u00e7on de salle qu&rsquo;il \u00e9tait voulait garder de ces moments un souvenir \u00e0 vie : \u00e0 la fin du repas, il tenta de faire signer le menu de ce grand jour par Boumedi\u00e8ne. Il fut stopp\u00e9 net par le chef du protocole pr\u00e9sidentiel, M. Abdelmadjid Allahoum, qui finit par apposer sa propre signature en bas du document. Ce dernier tr\u00f4ne toujours sur le mur plein de photos situ\u00e9 derri\u00e8re le bureau directorial. Le gar\u00e7on de salle est devenu directeur g\u00e9n\u00e9ral&#8230;<br \/><em><strong>M. F.<\/strong><br \/>A suivre<\/em><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.lesoirdalgerie.com\/les-choses-de-la-vie\/les-andalouses-le-27-janvier-2021-1-55365\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A chaque fois que les vents du large me larguent \u00e0 l&rsquo;autre bout du pays, dans ce paradis lov\u00e9 entre les premi\u00e8res collines du Murdjadjo et la mer, un flot imp\u00e9tueux de souvenirs imp\u00e9rissables remonte \u00e0 la surface et je ne sais plus quoi saisir dans cet envol d\u00e9sordonn\u00e9 de moments marquants, les uns plus [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1741,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,53],"tags":[],"class_list":["post-110188","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-algerie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/110188","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1741"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=110188"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/110188\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=110188"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=110188"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=110188"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}