{"id":110422,"date":"2021-02-01T09:19:14","date_gmt":"2021-02-01T14:19:14","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/decentralisation-peril-sur-les-100-000-km-de-routes-communales\/"},"modified":"2021-02-01T09:19:14","modified_gmt":"2021-02-01T14:19:14","slug":"decentralisation-peril-sur-les-100-000-km-de-routes-communales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/decentralisation-peril-sur-les-100-000-km-de-routes-communales\/","title":{"rendered":"D\u00e9centralisation : p\u00e9ril sur les 100 000 km de routes communales"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est l\u2019heure de la grande \u00ab toilette \u00bb actuellement dans la commune de B\u00e9tar\u00e9 Oya. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019acquisition r\u00e9cente d\u2019un engin de g\u00e9nie civil, cette commune du d\u00e9partement du Lom-et-Djerem, r\u00e9gion de l\u2019Est, am\u00e9nage d\u00e9j\u00e0 elle-m\u00eame ses routes. Selon un responsable au minist\u00e8re des Travaux Publics, 20 km de route en terre sont d\u00e9j\u00e0 entretenues depuis cette acquisition. La commune qui jusqu\u2019ici n\u2019avait pas encore vu un engin de g\u00e9nie civil, b\u00e9n\u00e9ficie de l\u2019accompagnement de l\u2019usine avec notamment un conducteur qui encadre l\u2019\u00e9quipe de la commune. Outre la commune de B\u00e9tar\u00e9 Oya, les mairies de Bamenda et Dschang ont \u00e9galement acquis des engins de g\u00e9nie civil pour les m\u00eames fins. En fait, Tractafric Equipment Cameroun, filiale du groupe Optorg, a conclu avec les collectivit\u00e9s territoriales d\u00e9centralis\u00e9es (CTD) et le fonds sp\u00e9cial d\u2019\u00e9quipement et d\u2019intervention intercommunale (Feicom), un accord pour fournir les mairies en \u00e9quipement pour la construction et l\u2019entretien de leurs infrastructures routi\u00e8res. Il \u00e9tait temps.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : <a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/entretien-des-routes-en-terre-nganou-djoumessi-lance-la-fabrication-des-stabilisants-locaux\/\">Entretien des routes en terre : Nganou Djoumessi lance la fabrication des stabilisants locaux<\/a><\/p>\n<p>En effet, au cours de la conf\u00e9rence annuelle des services centraux et d\u00e9concentr\u00e9es du minist\u00e8re des Travaux Publics au titre de l\u2019exercice 2021 tenue du 18 au 20 janvier dernier, le conseiller technique n\u00b01, L\u00e9opold Akono Mvondo, a indiqu\u00e9 que le patrimoine routier national est estim\u00e9 \u00e0 121 424 km dont 9370 km de routes nationales, 13 924 km de routes r\u00e9gionales et 98 130 km de routes communales. Si 54% des routes nationales et r\u00e9gionales sont en mauvais \u00e9tat, \u00ab l\u2019\u00e9tat du r\u00e9seau routier des routes communales pourra clairement \u00eatre \u00e9valu\u00e9 apr\u00e8s la finalisation de l\u2019\u00e9tude sur l\u2019inventaire des routes communales \u00bb, explique le Conseiller technique. N\u00e9anmoins, on peut supposer que les routes communales ne sont pas en meilleur \u00e9t\u00e9 puisque ce r\u00e9seau est compos\u00e9 \u00e0 98,4% des routes en terre. C\u2019est donc 79,5% du patrimoine routier national qui est dans un mauvais \u00e9tat. Ce qui pose la question de son entretien.<\/p>\n<p><strong>Ressources transf\u00e9r\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>Dans la mouvance de la d\u00e9centralisation, la cr\u00e9ation et l\u2019entretien des routes rurales non class\u00e9es, ainsi que la construction, l\u2019entretien et la gestion des bacs de franchissement incombe d\u00e9sormais aux Communes. Les maires h\u00e9ritent ainsi de la responsabilit\u00e9 de 80,82% du r\u00e9seau routier national. Malheureusement, ces \u00e9lus locaux peinent \u00e0 mobiliser les ressources n\u00e9cessaires pour un entretien efficace. Au Mintp, on rappelle que s\u2019agissant des ressources financi\u00e8res, le financement des projets \u00e0 gestion par les CTD se fait soit par le budget d\u2019investissement public (BIP), depuis 2013; soit par le Fonds Routier, depuis 2018.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : <a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/inventaire-les-communes-evaluent-les-routes-a-leur-charge\/\">Inventaire : les communes \u00e9valuent les routes \u00e0 leur charge<\/a><\/p>\n<p>Pour le cas du BIP, les ressources sont transf\u00e9r\u00e9es aux communes qui proc\u00e8dent \u00e0 la passation des march\u00e9s ou \u00e0 la r\u00e9gie (\u00e0 partir de 2016), pour ex\u00e9cuter les travaux dans leur zone de comp\u00e9tence. Ils sont donc depuis lors Ma\u00eetres d\u2019Ouvrage. Quant au Fonds routier, les ressources sont affect\u00e9es aux communes suivant le Guichet \u00ab Entretien \u00bb. Ces ressources sont plafonn\u00e9es dans les textes du Fonds. \u00ab Ce qui est tr\u00e8s contraignant au regard des besoins d\u2019interventions sur ce r\u00e9seau \u00bb, reconnait L\u00e9opold Akono Mvondo. Bien plus, poursuit le Conseiller technique, \u00ab le r\u00e9seau des routes communales \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9 en mauvais \u00e9tat dans sa globalit\u00e9, il s\u2019av\u00e8re donc n\u00e9cessaire et imp\u00e9rieux d\u2019augmenter les ressources y relatives, pour leur remise \u00e0 niveau optimal. \u00bb<\/p>\n<p>En 2021, le BIP a pr\u00e9vu une enveloppe de 12 milliards de Fcfa \u00e0 transf\u00e9rer aux communes pour l\u2019entretien des routes communales (autant qu\u2019en 2020) tandis que le Fonds routier va y allouer 12,5 milliards de Fcfa (contre 12,25 milliards de Fcfa en 2020). A ces ressources, il faut ajouter 3 milliards de Fcfa d\u00e9di\u00e9s au cantonnage au profit de 140 communes dont les routes traversent les routes bitum\u00e9es ne faisant pas l\u2019objet de travaux de construction, de r\u00e9habilitation ou d\u2019entretien lourd.<\/p>\n<p><strong>Entretien routier\u00a0: la voix pr\u00e9pond\u00e9rante des maires<\/strong><\/p>\n<p>S\u2019appuyant sur la devise du Congr\u00e8s mondial de la route de 2003 \u00e0 Durban en Afrique du Sud pour qui \u00ab la route du d\u00e9veloppement passe par le d\u00e9veloppement de la route \u00bb le gouvernement camerounais a lanc\u00e9 depuis une d\u00e9cennie un vaste programme de construction des infrastructures routi\u00e8res. M\u00eame si, l\u2019entretien ne suit pas au m\u00eame rythme.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : <a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/le-matgenie-innove-dans-lassainissement-routier\/\">Le Matgenie innove dans l\u2019assainissement routier<\/a><\/p>\n<p>Essentiellement en terre (98,41%), les routes communales constituent le r\u00e9seau routier le plus mal entretenu. Ce qui constitue un obstacle au d\u00e9veloppement et au transport de la production agricole vers les zones, les march\u00e9s et les consommateurs. Or, une \u00e9valuation ind\u00e9pendante du Programme national de r\u00e9habilitation et de construction de routes rurales (Pn2r) au Cameroun a conclu qu\u2019\u00abun r\u00e9seau de routes rurales peu d\u00e9velopp\u00e9 et mal entretenu dans un pays avec une population rurale important comme le Cameroun, contribue \u00e0 l\u2019aggravation de la vuln\u00e9rabilit\u00e9, la pauvret\u00e9 de ses populations et aussi retarde le d\u00e9veloppement\u00bb.<\/p>\n<p>Charg\u00e9s d\u2019impulser le d\u00e9veloppement socio\u00e9conomique au niveau local, les maires ont d\u00e9sormais leur mot \u00e0 dire et m\u00eame une voix pr\u00e9pond\u00e9rante en mati\u00e8re d\u2019entretien routier, explique le directeur de l\u2019Entretien et de la protection du patrimoine routier au Mintp, Michel Mbem Ngombe. Voici le sch\u00e9ma : \u00ab la commune, sur la base de son plan communal, saisit les services comp\u00e9tents du Mintp (d\u00e9l\u00e9gation d\u00e9partementale). Une descente est faite et une \u00e9valuation cons\u00e9quemment et au besoin, une \u00e9tude pour \u00e9valuer les travaux \u00e0 faire et estimer le budget. C\u2019est la somme de ces op\u00e9rations qui permettent d\u2019effectuer la programmation et en tenant compte du programme de connectivit\u00e9. Les maires ont \u00e9galement un r\u00f4le \u00e0 jouer dans l\u2019identification des axes \u00e0 am\u00e9nager, les routes \u00e0 ouvrir, etc. \u00bb, pr\u00e9cise le responsable du Mintp. Ce qui est conforme au transfert des comp\u00e9tences et des ressources, en faveur des collectivit\u00e9s territoriales d\u00e9centralis\u00e9es (CTD), engag\u00e9 depuis 2010.<\/p>\n<p><strong>Renforcement des capacit\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Actuellement, poursuit Michel Mbem Ngombe, \u00ab nous avons amorc\u00e9 la ma\u00eetrise d\u2019\u0153uvre communale. Lorsque le maire dit cet axe est prioritaire par rapport \u00e0 tel autre, le Mintp ne peut pas faire objection. Certains maires se font de plus en plus la main, d\u2019autres non. \u00bb M\u00eame si, ajoute-t-il, il faut aussi un autre type de personnel dans les mairies, ne serait-ce que des techniciens, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019ing\u00e9nieurs. En attendant, soutien-t-on au Mintp, les sessions de renforcement de capacit\u00e9s, entam\u00e9es depuis quelques ann\u00e9es, ont progressivement conduit \u00e0 une bonne compr\u00e9hension des proc\u00e9dures du Fonds routier o\u00f9 des maires sont d\u00e9sormais ordonnateurs.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : <a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/entretien-des-routes-communales-des-precisions-sur-les-modalites-dexecution-des-travaux-en-regie\/\">Entretien des routes communales: des pr\u00e9cisions sur les modalit\u00e9s d\u2019ex\u00e9cution des travaux en r\u00e9gie<\/a><\/p>\n<p>Le Mintp n\u2019a donc plus de r\u00f4le dans la programmation des travaux sur les routes communales sinon l\u2019accompagnement. Avec la nouvelle nomenclature routi\u00e8re, \u00ab les 384 maires du pays sont tout aussi ordonnateurs que le Mintp \u00bb, insiste le directeur. Ceci, dans la limite des ressources allou\u00e9es aux op\u00e9rations. Un maire peut donc monter son projet d\u2019entretien routier, \u00e9laborer le dossier d\u2019appel d\u2019offre, passer le march\u00e9 et le faire payer.<\/p>\n<p>Des sources proches du Fonds routier, cette situation se traduit par le volume significatif de paiements li\u00e9s aux prestations d\u2019entretien des routes communales effectu\u00e9s par exemple en 2019 (3,4 milliards FCFA en 2019 contre 0 FCFA en 2018). Les actions d\u2019accompagnement des collectivit\u00e9s territoriales d\u00e9centralis\u00e9es vont se poursuivre au cours des ann\u00e9es \u00e0 venir, compte tenu de l\u2019int\u00e9r\u00eat sans cesse croissant d\u00e9volu \u00e0 ces acteurs par les pouvoirs publics. En effet, en ce qui concerne l\u2019entretien des routes communales, les dotations budg\u00e9taires sont pass\u00e9es de 13,5% du budget du Fonds routier, soit 8 milliards en 2018 \u00e0 25% dudit budget, soit 15 milliards en 2019.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : <a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/la-covid-19-et-la-bureaucratie-freinent-lexecution-des-projets-routiers-au-cameroun\/\">La Covid-19 et la bureaucratie freinent l\u2019ex\u00e9cution des projets routiers au Cameroun<\/a><\/p>\n<p>Auteur: Philipe NSOA<br \/>\n<a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/decentralisation-peril-sur-les-100-000-km-de-routes-communales\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est l\u2019heure de la grande \u00ab toilette \u00bb actuellement dans la commune de B\u00e9tar\u00e9 Oya. 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