{"id":110675,"date":"2021-02-05T09:54:00","date_gmt":"2021-02-05T14:54:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/aziz-krichen-en-soutien-aux-mouvements-sociaux-en-tunisie-quatre-grandes-propositions-concretes-pour-lemploi-des-jeunes\/"},"modified":"2021-02-05T09:54:00","modified_gmt":"2021-02-05T14:54:00","slug":"aziz-krichen-en-soutien-aux-mouvements-sociaux-en-tunisie-quatre-grandes-propositions-concretes-pour-lemploi-des-jeunes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/aziz-krichen-en-soutien-aux-mouvements-sociaux-en-tunisie-quatre-grandes-propositions-concretes-pour-lemploi-des-jeunes\/","title":{"rendered":"Aziz Krichen &#8211; En soutien aux mouvements sociaux en Tunisie: Quatre grandes propositions concr\u00e8tes pour l\u2019emploi des jeunes"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019une des principales revendications du soul\u00e8vement de 2010-2011 portait sur l\u2019emploi, en particulier celui des jeunes. Une d\u00e9cennie plus tard, c\u2019est encore cette revendication que l\u2019on retrouve au c\u0153ur des manifestations qui d\u00e9ferlent sur le pays. Pourquoi ? Parce que le probl\u00e8me n\u2019est toujours pas r\u00e9solu et qu\u2019il tend dramatiquement \u00e0 s\u2019aggraver depuis l\u2019an dernier, en raison de la pand\u00e9mie Covid et de la succession des dispositifs de restrictions sanitaires impos\u00e9es par les pouvoirs publics.<\/p>\n<p>Pour apporter une solution radicale \u00e0 l\u2019incapacit\u00e9 du syst\u00e8me \u00e9conomique actuel \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer de l\u2019emploi en quantit\u00e9 (et en qualit\u00e9) suffisante, il semble \u00e9vident qu\u2019il faut sortir de ce syst\u00e8me et aller vers un mode de d\u00e9veloppement diff\u00e9rent, qui soit en m\u00eame temps cr\u00e9ateur de richesses, durable et inclusif \u2013 capable, en d\u2019autres mots, de promouvoir les aptitudes de la populationdans sa globalit\u00e9, tout en mobilisant la totalit\u00e9 de nos ressources.<\/p>\n<p>La r\u00e9alisation d\u2019un tel objectif se situe dans le moyen et le long terme, car elle exige de nombreuses conditions pr\u00e9alables \u2013 notamment politiques \u2013, qui sont loin d\u2019\u00eatre r\u00e9unies. Mais que pourrait-on faire <span class=\"c2\"><strong>imm\u00e9diatement,<\/strong><\/span> que devrait-on faire <span class=\"c2\"><strong>tout de suite,<\/strong><\/span> sinon pour supprimer le ch\u00f4mage, du moins pour le r\u00e9duire de mani\u00e8re significative ? Le gouvernement en place, comme ceux qui l\u2019ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, n\u2019a pas de r\u00e9ponse \u00e0 cette question essentielle. Dans sa bo\u00eete \u00e0 outils, il ne dispose que de deux instruments, tous les deux inop\u00e9rants et lourds de menaces virtuelles:<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> La r\u00e9pression \u00e0 outrance, qui risque de lui \u00eatre fatale s\u2019il s\u2019ent\u00eate sur cette voie;<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> L\u2019application des \u00ab r\u00e9formes \u00bb (sic !) exig\u00e9es par le FMI et l\u2019Union europ\u00e9enne<span class=\"c2\"><sup><strong>(1)<\/strong><\/sup><\/span>, dont l\u2019ex\u00e9cution entra\u00eenerait immanquablement une nouvelle envol\u00e9e de la pauvret\u00e9 et du ch\u00f4mage et, par cons\u00e9quent, une escalade suppl\u00e9mentaire dans la confrontation sociale.<\/p>\n<p>Les r\u00e9ponses positives existent pourtant. Pour les concevoir, il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de sortir des grandes \u00e9coles, il suffit d\u2019un minimum de patriotisme et de bon sens. Ces r\u00e9ponses \u2013nous les passerons en revue avant d\u2019examiner les conditions de leur financement \u2013 permettraient de d\u00e9bloquer une \u00e9nergie jusqu\u2019ici \u00e9touff\u00e9e,tout en d\u00e9barrassant la machine \u00e9conomique nationale de quelques-uns de ses verrous les plus absurdes et archa\u00efques. Elles nous donneraient la possibilit\u00e9 de lib\u00e9rer un potentiel productif d\u2019une ampleur insoup\u00e7onn\u00e9e.<\/p>\n<p>Selon nos estimations, la mise en \u0153uvre des mesures propos\u00e9es permettrait de fournir du travail, d\u00e8s la premi\u00e8re ann\u00e9e, \u00e0 plus de 200 000 mille demandeurs d\u2019emploi. Et pas dans l\u2019administration, comme c\u2019est le cas avec le discours d\u00e9magogique ambiant, mais d\u2019emplois directement li\u00e9s \u00e0 l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique et \u00e0 la cr\u00e9ation effective de richesses.<\/p>\n<p>L\u2019affaire suppose, bien entendu, une vraie volont\u00e9 politique. Celle-ci faisant d\u00e9faut au niveau des partis au pouvoir, il faudra proc\u00e9der autrement, en cr\u00e9ant un rapport de force favorable, qui s\u2019appuiera r\u00e9solument sur les luttes sociales et sur leurs soutiens parmi les associations, les syndicats et les partis d\u2019opposition.<\/p>\n<p>Examinons ces propositions l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre.<\/p>\n<p><span class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong>En direction de la paysannerie et de la jeunesse rurale<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong><em>Les terres domaniales.<\/em><\/strong><\/span> A l\u2019origine, ce patrimoine foncier couvrait une superficie d\u2019environ 800 000 ha, comptant parmi les terres les plus fertiles du pays, arrach\u00e9es \u00e0 leurs propri\u00e9taires l\u00e9gitimes par le protectorat fran\u00e7ais. Apr\u00e8s la loi de nationalisation de 1964, les fermes coloniales n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 rendues \u00e0 la paysannerie, mais sont rest\u00e9es propri\u00e9t\u00e9 d\u2019Etat. Elles ont depuis servi \u00e0 entretenir une corruption bureaucratique effr\u00e9n\u00e9e. Au fil des ans, une grosse moiti\u00e9 de l\u2019ensemble a \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9e au profit de divers destinataires : une partie a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e \u00e0 des ing\u00e9nieurs et techniciens agricoles ; une seconde allou\u00e9e \u00e0 des affairistes proches du pouvoir ; une troisi\u00e8me frauduleusement d\u00e9tourn\u00e9e. Au final, les terres domaniales demeurent aujourd\u2019hui largement sous-exploit\u00e9es et n\u2019emploient qu\u2019une fraction infime de la main-d\u2019\u0153uvre agricole : moins de 20 000 personnes d\u2019apr\u00e8s nos recoupements, ce qui est d\u00e9risoire.<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong><em>Les terres collectives.<\/em><\/strong><\/span> Ce second volet concerne deux millions d\u2019ha de terres agricoles et de zones de parcours (pastoralisme), surtout localis\u00e9es dans le Sud et le Centre. Leur gestion a ob\u00e9i au m\u00eame traitement irresponsable, puisque le statut juridique des terres collectives n\u2019est pas \u00e9pur\u00e9, pr\u00e8s de 70 ans apr\u00e8s le r\u00e9tablissement de l\u2019Etat tunisien. En raison d\u2019une cette carence, un territoire immenseest laiss\u00e9 \u00e0 l\u2019abandon et ne peut \u00eatre l\u00e9galement mis en valeur, ni selon le mod\u00e8le traditionnel, ni selon un mod\u00e8le moderne de remplacement.<\/p>\n<p>Notre pays dispose d\u2019environ 6 millions d\u2019ha de terres agricoles utiles. En additionnant les terres domaniales et les terres collectives, on obtient pr\u00e8s de 3 millions d\u2019ha, soit 50% du total g\u00e9n\u00e9ral. Pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de nos ressources fonci\u00e8res sont ainsi inexploit\u00e9es ou sous-exploit\u00e9es et restent, aujourd\u2019hui encore, inaccessibles \u00e0 nos paysans. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un scandale intol\u00e9rable \u2013 un gigantesque r\u00e9servoir de travail, de production et d\u2019emploi,ignor\u00e9 et n\u00e9glig\u00e9 par les groupes au pouvoir depuis des d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>Comment rem\u00e9dier \u00e0 cette situation ? La solution existe. Et elle n\u2019a rien de th\u00e9orique. En prenant appui sur les pistes ouvertes par la loi sur l\u2019\u00e9conomie sociale et solidaire r\u00e9cemment adopt\u00e9e, on pourrait transformer un grand nombre de fermes domaniales et de terres collectives en coop\u00e9ratives de production et de services(g\u00e9r\u00e9es par des coop\u00e9rateurs et non pars la bureaucratie centrale comme dans les ann\u00e9es 1960). L\u2019exp\u00e9rience de la palmeraie de Jemna prouve que la solution est parfaitement r\u00e9alisable et qu\u2019elle permet, tout en augmentant la production, de fournir des emplois stables \u00e0 un nombre relativement \u00e9lev\u00e9 de paysans pauvres et de jeunes ruraux. En d\u00e9multipliant l\u2019exp\u00e9rience, on d\u00e9multipliera ses r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>La m\u00eame m\u00e9thode pourrait \u00eatre utilis\u00e9e avec succ\u00e8s dans les zones de parcours, lourdement d\u00e9grad\u00e9es du fait de l\u2019insuffisance de structures publiques d\u2019entretien (plantation de fourrages adapt\u00e9s au climat, maintenance des syst\u00e8mes de retenue d\u2019eau, etc.). Dans ce cas, les coop\u00e9ratives seraient compos\u00e9es par les propri\u00e9taires de troupeaux et les bergers et couvriraient les itin\u00e9raires de d\u00e9placement. La diff\u00e9rence, sur ce plan, ne se mesurera pas simplement en termes d\u2019emplois, mais aussi en termes de production de viande, autant quantitativement que qualitativement.<\/p>\n<p><span class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong>En direction des entreprises<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>On compte plus de 400 000 entreprises d\u00e9clar\u00e9es en Tunisie. La majorit\u00e9 \u00e9crasante \u2013 pr\u00e8s de 90% \u2013 est compos\u00e9e de soci\u00e9t\u00e9s unipersonnelles et de tr\u00e8s petites entreprises (TPE, entre 1 et 9 salari\u00e9s). Le reste \u2013 pr\u00e8s de 10% \u2013 est constitu\u00e9 d\u2019entreprises de taille moyenne, employant de 10 \u00e0 50 salari\u00e9s. Les grandes entreprises (grandes \u00e0 l\u2019\u00e9chelle tunisienne : plus de 50 salari\u00e9s) sont le plus souvent d\u00e9tenues par des groupes rentiers et forment moins de 1% du total.<\/p>\n<p>Dans le syst\u00e8me actuel, les micros, petites et moyennes entreprises sont \u00e9trangl\u00e9es de multiples mani\u00e8res. Par trois acteurs principaux :<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>1 \u2013<\/strong><\/span> Elles sont \u00e9trangl\u00e9es par l\u2019Etat, qui les pressure et les soumet \u00e0 d\u2019interminables tracasseries administratives et r\u00e9glementaires ;<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>2 \u2013<\/strong><\/span> Elles sont \u00e9trangl\u00e9es par les groupes rentiers, qui monopolisent les cr\u00e9neaux les plus rentables et accaparent l\u2019essentiel du cr\u00e9dit bancaire ;<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>3 \u2013<\/strong><\/span> Et elles sont \u00e9trangl\u00e9es par les importateurs clandestins, qui leur bouchent l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 int\u00e9rieur par la concurrence in\u00e9gale et d\u00e9loyale qu\u2019ils leur imposent.<\/p>\n<p>C\u2019est dire combien leurs conditions sont fragiles et incertaines. Depuis 2020, avec la pand\u00e9mie, la situation est devenue intenable pour beaucoup d\u2019entre elles. Ce qui s\u2019est traduit, selon les cas, soit par des licenciements, soit par le repli vers le secteur informel, soit par une cessation pure et simple d\u2019activit\u00e9.<\/p>\n<p>En Europe, pour faire face aux effets \u00e9conomiques et sociaux de la crise sanitaire, les gouvernements ont d\u00e9cid\u00e9 des mesures de sauvegarde en faveur de l\u2019outil de production, l\u2019Etat prenant en charge le r\u00e8glement de tout ou partie des salaires des travailleurs \u00e0 l\u2019arr\u00eat \u2013 proc\u00e9dure dite de ch\u00f4mage technique \u2013, cela, durant toute la dur\u00e9e des restrictions li\u00e9es \u00e0 la pand\u00e9mie.<\/p>\n<p>Par r\u00e9alisme, le dispositif de sauvegarde que nous proposons est plus modeste et limit\u00e9 dans ses objectifs. Dans un contexte de forte contraction de l\u2019\u00e9conomie, il ne concerne pas les petites et moyennes entreprises arr\u00eat\u00e9es, mais vise celles en activit\u00e9 et cherche \u00e0 les soutenir suffisamment pour qu\u2019elles ne soient pas contraintes de licencier. Comment y parvenir ? En suspendant les pr\u00e9l\u00e8vements publics sur les salaires.<\/p>\n<p>Chez nous, dans la plupart des branches du secteur \u00ab formel \u00bb, l\u2019\u00e9cart entre salaire brut et salaire net est sup\u00e9rieur \u00e0 60%. Un exemple pour fixer les id\u00e9es : lorsqu\u2019un travailleur per\u00e7oit un net de 1000 DT, son employeur d\u00e9bourse, en outre, plus de 600 DT \u00e0 l\u2019Etat, en charges fiscales et sociales li\u00e9es au travail\u2013 charges distinctes de celles qui p\u00e8sent sur les revenus de l\u2019entreprise en tant que tels. Pareil taux de pr\u00e9l\u00e8vement est abusif, surtout en comparaison avec la qualit\u00e9 des prestations obtenues en contrepartie ; c\u2019est l\u2019un des plus \u00e9lev\u00e9s au monde. Mais la ponction n\u2019est pas qu\u2019abusive, elle est aussi irrationnelle : dans un pays retardataire, qui souffre structurellement de ch\u00f4mage de masse, elle prend la forme d\u2019une barri\u00e8re objective \u00e0 l\u2019emploi. Elle dissuade les entreprises d\u2019embaucher \u2013 tout en encourageant le travail au noir.<\/p>\n<p>En attendant que cette politique anti-emploi l\u00e9gal soit un jour corrig\u00e9e et que les pr\u00e9l\u00e8vements soient ramen\u00e9s \u00e0 des taux raisonnables,nous estimons qu\u2019il incombe aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019Etat d\u2019assumer lui-m\u00eame la responsabilit\u00e9 du paiement de l\u2019imp\u00f4t et des cotisations sociales des travailleurs. Et d\u2019en dispenser les entreprises de moins de 50 salari\u00e9s, tant que la pand\u00e9mie s\u00e9vira. Dans l\u2019imm\u00e9diat, cela ne cr\u00e9era sans doute pas beaucoup d\u2019emplois nouveaux, mais contribuera certainement \u00e0 pr\u00e9server les emplois existants.<\/p>\n<p><span class=\"c4\"><span class=\"c5\"><strong>En direction du peuple de l\u2019informel<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La Tunisie de l\u2019informel est le produit direct de la ruine de l\u2019agriculture et de l\u2019exode rural que celle-ci a provoqu\u00e9. La probl\u00e9matique de d\u00e9part est donc celle d\u2019une paysannerie d\u00e9class\u00e9e, quittant la campagne, mais ne trouvant pas de travail d\u00e9clar\u00e9 en ville. Entam\u00e9 dans les ann\u00e9es 1970 apr\u00e8s le d\u00e9mant\u00e8lement des coop\u00e9ratives de Ben Salah, le processus de repli sur l\u2019informel a connu une brutale acc\u00e9l\u00e9ration avec le PAS (programme d\u2019ajustement structurel) \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, le secteur non d\u00e9clar\u00e9 englobe plus de la moiti\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle. C\u2019est devenu une v\u00e9ritable n\u00e9buleuse, en m\u00eame temps tentaculaire et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, renvoyant \u00e0 des conditions sociologiques et mat\u00e9rielles extr\u00eamement contrast\u00e9es:<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>1 \u2013<\/strong><\/span> Les barons des importations clandestines (\u00e0 ne pas confondre avec les contrebandiers transfrontaliers, qui agissent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 une petite \u00e9chelle) occupent le sommet de la pyramide ;<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>2 \u2013<\/strong><\/span> A la base, on trouve une multitude de travailleurs pr\u00e9caires, sans statut salari\u00e9 l\u00e9gal et, le plus souvent, sans aucune esp\u00e8ce de couverture sociale ;<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>3 \u2013<\/strong><\/span> Au milieu, on rencontre une masse innombrable de micros et petits entrepreneurs de fait (entre 150 et 200 mille). Ces derniers ne sont pas seulement actifs dans le commerce de d\u00e9tail, ils sont pr\u00e9sents dor\u00e9navant dans la plupart des secteurs de la production et des services et ne manquent ni d\u2019imagination ni de capacit\u00e9s d\u2019innovation.<\/p>\n<p>Dans leur grande majorit\u00e9, ces petits et micro-entrepreneurs de fait poss\u00e8dent, par ailleurs, leurs propres logements, mais n\u2019ont ni titres de propri\u00e9t\u00e9 ni autorisations de b\u00e2tir \u00e0 faire pr\u00e9valoir. C\u2019est le ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019habitat dit \u00ab spontan\u00e9 \u00bb ou \u00ab sauvage \u00bb, qui concerne plus de 60% de l\u2019ensemble du parc immobilier national, une proportion proprement effarante.<\/p>\n<p>La question essentielle qui se pose \u00e0 propos de l\u2019\u00e9conomie informelle, c\u2019est son int\u00e9gration dans l\u2019\u00e9conomie l\u00e9gale, de sorte, notamment, qu\u2019elle lui insuffle son dynamisme et son esprit d\u2019initiative. Les moyens pour parvenir \u00e0 un tel r\u00e9sultat sont nombreux. L\u2019un d\u2019entre eux \u2013 il ne co\u00fbte rien, sinon un peu de courage \u2013 est la r\u00e9gularisation du statut de l\u2019habitat spontan\u00e9.<\/p>\n<p>Nous nous trouvons l\u00e0 aussi face \u00e0 une situation manifeste de dilapidation de ressources.Les logements construits par les petits entrepreneurs de l\u2019informel sont en dur et n\u2019ont plus rien \u00e0 voir avec les masures des bidonvilles des ann\u00e9es 1950 ou 1960. Ces logements constituent des biens, des biens dot\u00e9s de valeur, qui peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme un capital, mais qui ne sont pas mobilisables comme capital parce qu\u2019ils ne sont ni enregistr\u00e9s ni l\u00e9galement reconnus.<\/p>\n<p>Pour changer cet \u00e9tat de fait, il suffirait de transformer les propri\u00e9taires de facto en propri\u00e9taires de jure, par l\u2019attribution de titres de propri\u00e9t\u00e9 en bonne et due forme. A partir de quoi les logements poss\u00e9d\u00e9s par la population des quartiers p\u00e9riurbains pourraient \u00eatre convertis en facteurs \u00e9conomiques actifs, c\u2019est-\u00e0-dire en capital vivant. Ils rendraient leurs d\u00e9tenteurs bancables, c\u2019est-\u00e0-dire habilit\u00e9s \u00e0 recourir au cr\u00e9dit bancaire, puisqu\u2019ils auraient la possibilit\u00e9 d\u2019hypoth\u00e9quer des avoirs dont la valeur marchande serait juridiquement \u00e9tablie. D\u00e8s lors, le refuge dans l\u2019entreprenariat clandestin ne serait plus l\u2019unique issue \u00e0 leur disposition.<\/p>\n<p>Coupl\u00e9e avec une r\u00e9duction significative des pr\u00e9l\u00e8vements sur les salaires, la mesure d\u2019attribution de titres de propri\u00e9t\u00e9 pourrait avoir un impact consid\u00e9rable sur l\u2019int\u00e9gration du secteur informel. Elle ouvrirait, \u00e0 tr\u00e8s court terme, des perspectives prometteuses pour le d\u00e9veloppement et pour l\u2019emploi, ainsi que pour la r\u00e9unification du tissu \u00e9conomique du pays. D\u2019un point de vue comptable, elle entra\u00eenerait en bond d\u2019au moins 30% dans le volume du PIB.<\/p>\n<p><span class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong>Une strat\u00e9gie de grands travaux<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Les Etats ont recours aux politiques de grands travaux lorsqu\u2019ils traversent des circonstances exceptionnelles, en g\u00e9n\u00e9ral pour rebondir apr\u00e8s des \u00e9v\u00e9nements particuli\u00e8rement dramatiques (guerres, \u00e9pid\u00e9mies d\u00e9vastatrices, catastrophes naturelles, effondrements \u00e9conomiques, etc.). Les grands travaux interviennent pour d\u00e9bloquer une machine \u00e0 l\u2019arr\u00eat, en cr\u00e9ant de mani\u00e8re volontariste de l\u2019emploi, en distribuant du pouvoir d\u2019achat, puis en utilisant ces leviers comme adjuvants pour relancer l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n<p>En Tunisie, il ne s\u2019agit pas de r\u00e9parer les destructions caus\u00e9es par une guerre d\u2019agression, mais de remettre debout un pays exsangue, accabl\u00e9 par des d\u00e9cennies de gestion erratique des affaires publiques \u2013 la descente aux enfers a commenc\u00e9 sous Ben Ali et s\u2019est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e apr\u00e8s sa chute \u2013, et aujourd\u2019hui d\u00e9sarm\u00e9 face \u00e0 une crise sanitaire cruelle, qui a d\u00e9j\u00e0 fauch\u00e9 plusieurs milliers de ses enfants.Une des expressionsmat\u00e9rielles les plus visibles de cette \u00e9volution calamiteuse, c\u2019est le d\u00e9labrement alarmant de nos infrastructures de base. Or celles-ci constituent le socle, l\u2019assise, le support, sans quoi aucun effort de d\u00e9veloppement r\u00e9el n\u2019est envisageable.<\/p>\n<p>Les grands travaux sont le compl\u00e9ment indispensable desr\u00e9formes \u00e9voqu\u00e9es plus haut, relatives \u00e0 la paysannerie, aux petites et moyennes entreprises et au secteur informel. Pour promouvoir durablement le processus de cr\u00e9ation d\u2019emplois, ces grands travaux doivent \u00eatre directement articul\u00e9s aux besoins de la production et des \u00e9changes, loin des fumisteries client\u00e9listes du genre \u00ab bastana \u00bb. A titre indicatif, voici quelques-uns des axes autour desquels ils devraient s\u2019organiser :<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> Mise \u00e0 niveau des infrastructures de transport (route et rail) et des ouvrages d\u2019art en rapport (ponts, tunnels, etc.) ;<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> Remise en \u00e9tat des infrastructures hydrauliques : curage des barrages (leur envasement provoque la d\u00e9perdition d\u2019environ 100 millions de m3 d\u2019eau par an, alors que notre niveau de stress hydrique bat tous les records) ; maintenance des canaux et r\u00e9seaux de raccordement ; maintenance des r\u00e9servoirs et des canalisations de la SONEDE (30% de pertes annuelles) ;<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> R\u00e9habilitation des stations d\u2019\u00e9puration des eaux us\u00e9es ; en doter les r\u00e9gions d\u00e9pourvues ;<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> Installation dans toutes les municipalit\u00e9s d\u2019unit\u00e9s de traitement des ordures m\u00e9nag\u00e8res ;<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> Campagnes de reforestation, dans le Nord, et de reboisement, dans le Centre et le Sud. (En raison de l\u2019inertie des pouvoirs publics, la surface globale des terres cultivables se r\u00e9tr\u00e9cit inexorablement ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, du fait de l\u2019avanc\u00e9e du d\u00e9sert ou de la destruction des \u00e9cosyst\u00e8mes par l\u2019extractivisme.) ;<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> Enfin, lancement d\u2019un grand plan d\u2019autosuffisance \u00e9nerg\u00e9tique \u00e0 partir du solaire.<\/p>\n<p>Ces quelques indications suffisent \u00e0 montrer l\u2019ampleur, la diversit\u00e9 et l\u2019urgence des t\u00e2ches \u00e0 accomplir. Et l\u2019on peut imaginer sans peine la dynamique positive rapide que pourrait g\u00e9n\u00e9rer la mise en \u0153uvre de pareils chantiers, non seulement pour l\u2019emploi, mais pour le redressement national tout entier.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir explicit\u00e9 le contenu concret de nos quatre grandes propositions, il convient maintenant d\u2019aborder la derni\u00e8re question, la plus \u00e9pineuse en apparence, celle de leur financement.<\/p>\n<p><span class=\"c4\"><span class=\"c5\"><strong>Le financement: r\u00e9tablir la souverainet\u00e9 de l\u2019Etat<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Le pays est surendett\u00e9. Du fait de l\u2019effritement continu du dinar et de la profonde d\u00e9pression de 2020, notre dette ext\u00e9rieure atteint dor\u00e9navant 100% du PIB. C\u2019est d\u2019ailleurs tout le syst\u00e8me des finances publiques qui est \u00e0 l\u2019agonie : le budget est ultra-d\u00e9ficitaire, ainsi que la balance des paiements et la balance commerciale. La chose va si loin que l\u2019Etat \u00e9prouve de s\u00e9rieuses difficult\u00e9s \u00e0 verser, chaque mois, les salaires de ses fonctionnaires.<\/p>\n<p>Imaginer, dans ces conditions, qu\u2019il puisse financer des programmes ambitieux de cr\u00e9ation d\u2019emplois ne rel\u00e8verait-il pas de l\u2019utopie, du pur v\u0153u pieux, voire du plus vulgaire populisme ? Non, certainement pas. Pour une raison simple. La situation qui est la n\u00f4tre aujourd\u2019hui ne r\u00e9sulte pas d\u2019une esp\u00e8ce de fatalit\u00e9 contre laquelle nous ne pourrions rien. Elle r\u00e9sulte au contraire de choix, de choix faits par des hommes \u2013 les gouvernants actuels et ceux qui les ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s \u2013, et ces choix peuvent \u00eatre modifi\u00e9s. Ce qui a \u00e9t\u00e9 fait peut \u00eatre d\u00e9fait.<\/p>\n<p>La pand\u00e9mie Covid a plong\u00e9 la plan\u00e8te enti\u00e8re dans une crise sans pr\u00e9c\u00e9dent. Mais les crises ne sont pas que destructrices, elles ont toujours deux aspects : elles sont porteuses de dangers, tout en offrant des opportunit\u00e9s in\u00e9dites.Elles peuvent \u00eatre mortelles lorsque l\u2019on s\u2019y abandonne ; elles peuvent \u00eatre b\u00e9n\u00e9fiques lorsque l\u2019on sait les utiliser pour transformer l\u2019ordre \u2013 ou le d\u00e9sordre \u2013 existant.<\/p>\n<p>Les crises suspendent le cours habituel des \u00e9v\u00e9nements. Elles rouvrent le champ des possibles. Ellesinstaurent unesorte d\u2019\u00e9tat d\u2019exception. Et les \u00e9tats d\u2019exception rendent \u00e0 leur tour n\u00e9cessaire et l\u00e9gitime les mesures d\u2019exception que l\u2019on prend pour y faire face. Tout ceci pour dire que des circonstances exceptionnelles appellent des r\u00e9ponses exceptionnelles, qui peuvent aller jusqu\u2019\u00e0 la remise en cause radicale des anciennes mani\u00e8res de voir et d\u2019agir.<\/p>\n<p>Rapport\u00e9 au probl\u00e8me pr\u00e9cis de nos finances publiques, cela signifie qu\u2019il faut cesser de le regarder selon la grille de lecture forg\u00e9e par les ma\u00eetres \u00e0 penser occidentaux de la mondialisation n\u00e9olib\u00e9rale, et se d\u00e9cider \u00e0 le regarder avec nos propres yeux, en fonction de nos propres besoins et de nos propres int\u00e9r\u00eats nationaux.<\/p>\n<p>Lorsque l\u2019on parvient \u00e0 op\u00e9rer pareil renversement d\u2019optique, les solutions de rechange pour commencer \u00e0 assainir la situation deviennent \u00e9videntes. L\u2019on comprend alors que la remise en ordre de nos finances publiques passe tout simplement par le r\u00e9tablissement de la souverainet\u00e9 de l\u2019Etat sur ces m\u00eames finances publiques. Ni plus ni moins.<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, cette affirmation de souverainet\u00e9 pourrait s\u2019effectuer gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019adoption des r\u00e9solutions suivantes :<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>Premi\u00e8re r\u00e9solution:<\/strong><\/span> proclamer un moratoire sur la dette. On justifiera cette d\u00e9cision en invoquant les dommages \u00e9conomiques et sociaux caus\u00e9s par la pand\u00e9mie. On expliquera qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un reniement d\u00e9finitif de nos engagements et que les remboursements reprendront lorsque les effets de la crise sanitaire seraient r\u00e9sorb\u00e9s. Plusieurs pays du Sud sont d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 dans cette d\u00e9marche ; nous n\u2019avons qu\u2019\u00e0 les rejoindre et faire bloc avec eux. La Banque mondiale finira par s\u2019incliner.<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>Deuxi\u00e8me r\u00e9solution:<\/strong><\/span> ne pas contracter de nouveaux emprunts \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Et surtout pas aupr\u00e8s des bailleurs de fonds occidentaux, notamment le FMI et l\u2019Union europ\u00e9enne. Il n\u2019est pas question de simplement suspendre la spirale de la d\u00e9pendance financi\u00e8re, il est question de s\u2019en lib\u00e9rer une bonne fois pour toutes.<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>Troisi\u00e8me r\u00e9solution:<\/strong><\/span> corriger les statuts de la BCT. Ces statuts lui interdisent de pr\u00eater directement \u00e0 l\u2019Etat, au nom d\u2019un principe sp\u00e9cieux, celui de l\u2019\u00ab ind\u00e9pendance \u00bb des banques centrales. Ce serait, nous disent nos \u00ab amis \u00bb du Nord, la seule mani\u00e8re de respecter l\u2019\u00ab orthodoxie \u00bb financi\u00e8re, qui interdit de recourir \u00e0 la technique de la \u00ab planche \u00e0 billets \u00bb. Ces notions pompeuses ne visent en r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019un but : maintenir les pays du Sud sous contr\u00f4le, en les gardant sous perfusion. En 2020, apr\u00e8s la propagation de la pand\u00e9mie, la Banque centrale europ\u00e9enne a mis \u00e0 la disposition des Etats de l\u2019UE des centaines de milliards d\u2019euros, pour financer les mesures de soutien aux entreprises et aux salari\u00e9s. La R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale a fait de m\u00eame aux Etats-Unis. Pourquoi nous interdire ce que les Occidentaux s\u2019autorisent \u00e0 eux-m\u00eames ? Il faut modifier les statuts de la BCT et la ramener dans le giron de l\u2019Etat tunisien.<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>Quatri\u00e8me r\u00e9solution:<\/strong><\/span> suspendre les importations de produits de luxe. Portant sur des biens non essentiels (grosses cylindr\u00e9s, articles d\u2019\u00e9picerie haut de gamme, alcools, parfums, bijoux, etc.), la suspension devrait durer au minimum trois ans, pour permettre d\u2019entamer le r\u00e9\u00e9quilibrage de la balance commerciale. Cette disposition devrait \u00eatre compl\u00e9t\u00e9e par une mesure d\u2019accompagnement imposant aux grandes surfaces commerciales un quota obligatoire de produits locaux (au moins 70%), le but ici \u00e9tant de r\u00e9activer la production int\u00e9rieure.<\/p>\n<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>Cinqui\u00e8me r\u00e9solution:<\/strong><\/span> lancer un grand emprunt national. Si l\u2019Etat s\u2019engage dans la r\u00e9alisation d\u2019un vrai projet de redressement national, s\u2019il met en chantier des programmes convaincants pour le d\u00e9veloppement et pour l\u2019emploi des jeunes, on peut assurer d\u2019avance que la population se mobilisera dans l\u2019enthousiasme et souscrira massivement \u00e0 tout emprunt qu\u2019il lancera dans ce dessein.<\/p>\n<p>S\u2019ils \u00e9taient adopt\u00e9s, ces cinq moyens d\u2019action ne suffiraient sans doute pas pour surmonter magiquement tous les obstacles. Ils seraient cependant amplement suffisants et donneraient \u00e0 l\u2019Etat les marges de man\u0153uvres budg\u00e9taires n\u00e9cessaires pour entra\u00eener le pays sur la voie du progr\u00e8s et du renouveau. Il retrouverait, \u00e0 tout le moins, la capacit\u00e9 de financer et d\u2019investir qui lui fait tant d\u00e9faut aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Nos propositions seront-elles entendues ? Seront-elles prises en compte ? Et par qui ? On verra. Nous sommes n\u00e9anmoins convaincus qu\u2019elles correspondent aux attentes du plus grand nombre et qu\u2019elles parleront \u00e0 ceux qui en seraient les premiers b\u00e9n\u00e9ficiaires, et d\u2019abord la jeunesse. Son combat est celui de tout le pays. C\u2019est par cons\u00e9quent le n\u00f4tre.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Aziz Krichen<\/strong><\/p>\n<p class=\"c8\"><span class=\"c7\"><em>1) Les mesures r\u00e9clam\u00e9es sont les suivantes : suppression de la Caisse de compensation ; r\u00e9duction des effectifs de la fonction publique ; baisse des salaires ; \u00e9limination des ultimes protections douani\u00e8res ; privatisation des derni\u00e8res entreprises publiques ; d\u00e9valuation rampante du dinar\u2026 On le voit, on a affaire \u00e0 une v\u00e9ritable strat\u00e9gie de choc, dans la plus pure tradition imp\u00e9rialiste ultralib\u00e9rale. Son ex\u00e9cution mettrait le pays \u00e0 feu et \u00e0 sang.<\/em><\/span><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/31384-aziz-krichen-en-soutien-aux-mouvements-sociaux-en-tunisie-quatre-grandes-propositions-concretes-pour-l-emploi-des-jeunes\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019une des principales revendications du soul\u00e8vement de 2010-2011 portait sur l\u2019emploi, en particulier celui des jeunes. Une d\u00e9cennie plus tard, c\u2019est encore cette revendication que l\u2019on retrouve au c\u0153ur des manifestations qui d\u00e9ferlent sur le pays. Pourquoi ? Parce que le probl\u00e8me n\u2019est toujours pas r\u00e9solu et qu\u2019il tend dramatiquement \u00e0 s\u2019aggraver depuis l\u2019an dernier, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1772,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,55],"tags":[],"class_list":["post-110675","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/110675","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1772"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=110675"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/110675\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=110675"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=110675"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=110675"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}