{"id":111737,"date":"2021-02-21T03:00:00","date_gmt":"2021-02-21T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ammar-mahjoubi-comment-leurope-a-choisi-la-laicite\/"},"modified":"2021-02-21T03:00:00","modified_gmt":"2021-02-21T08:00:00","slug":"ammar-mahjoubi-comment-leurope-a-choisi-la-laicite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ammar-mahjoubi-comment-leurope-a-choisi-la-laicite\/","title":{"rendered":"Ammar Mahjoubi: comment l&rsquo;Europe a choisi la la\u00efcit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><strong><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Ammar-Mahjoubi(17).jpg\" alt=\"\" width=\"20%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"left\"\/>Le poids de la religion dans la soci\u00e9t\u00e9 et l\u2019attitude du pouvoir politique \u00e0 l\u2019\u00e9gard des instances religieuses ont engendr\u00e9 des probl\u00e8mes difficiles et r\u00e9currents, sous tous les cieux et \u00e0 toutes les \u00e9poques. De nos jours, dans les Etats occidentaux, la s\u00e9paration r\u00e9alis\u00e9e entre le religieux et le politique a r\u00e9sult\u00e9 d\u2019un processus historique aussi lent que difficile ; d\u2019une \u00e9volution qui a permis, souvent \u00e0 un prix exorbitant de vies humaines, de distinguer le temporel du spirituel, de garantir la libert\u00e9 de conscience de l\u2019individu, de d\u00e9livrer la vie politique du poids du religieux, d\u2019assurer enfin aux autorit\u00e9s religieuses l\u2019ind\u00e9pendance dont elles sont toujours jalouses. En parall\u00e8le, l\u2019importance accrue de l\u2019\u00e9conomie a diminu\u00e9 d\u2019autant celle de la religion dans le champ politique ; en particulier \u00e0 l\u2019\u00e9poque marqu\u00e9e par le marxisme et sa conception de l\u2019Histoire, qui soulignait le r\u00f4le primordial des infrastructures \u00e9conomiques dans l\u2019\u00e9volution et le devenir des soci\u00e9t\u00e9s. Le religieux, n\u00e9anmoins, n\u2019a point fini, de nos jours, de provoquer dissensions et conflits dans maintes contr\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<p>Pour la masse des citoyens, en Occident, la religion n\u2019est actuellement qu\u2019un syst\u00e8me de croyances et de pratiques qui les unit, bien que beaucoup, parmi eux, se disent agnostiques. Cette communion, ciment\u00e9e historiquement par la religion, existait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9poque romaine. La religion n\u2019\u00e9tait pas alors une \u00e9thique ; elle n\u2019orientait ni ne gouvernait la vie individuelle, n\u2019\u00e9tait qu\u2019un ensemble de rites. Ses divinit\u00e9s officielles, partout pr\u00e9sentes, permettaient de communier dans l\u2019adoration de Rome et d\u2019Auguste. Le sacerdoce \u00e9tait une magistrature et nul conflit ne pouvait donc surgir avec le pouvoir politique. Un \u00e9minent repr\u00e9sentant de la religion romaine, le grand Pontife Mucius Scaevola, affirmait \u00abqu\u2019il y a trois esp\u00e8ces de religions : celle du po\u00e8te, celle du philosophe et celle de l\u2019homme d\u2019Etat ; les deux premi\u00e8res sont ou bien futiles ou superflues ; elles sont m\u00eame nuisibles. La derni\u00e8re seule doit \u00eatre accept\u00e9e.\u00bb Les dieux sont donc faits pour servir l\u2019Etat : c\u2019est bien ainsi que l\u2019entendaient les empereurs depuis Auguste.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Religion-et-politique-moy-1.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas de dualit\u00e9, non plus entre la religion et la politique dans les Etats th\u00e9ocratiques ; mais contrairement \u00e0 la supr\u00e9matie explicite du politique, sous l\u2019empire romain, s\u2019affirme avec force, dans ces Etats, la pr\u00e9pond\u00e9rance du religieux. La loi religieuse, coranique ou mosa\u00efque, commande\u00a0 l\u2019organisation sociale. Tout en apportant la r\u00e9v\u00e9lation, le Coran, la Torah ont livr\u00e9 l\u2019ensemble des lois sociales et politiques prescrites ; et le contr\u00f4le de leur stricte observation est assur\u00e9 par un corps\u00a0 de th\u00e9ologiens et de juristes. Inscrits dans la charia, les commandements du\u00a0 Coran et du Hadith qui sont r\u00e9unis dans les recueils des imams Muslim et Bukhari ont \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9s en axiomes par le consensus des ul\u00e9mas. La vie politique se r\u00e9f\u00e8re donc constamment \u00e0 la religion, qui commande les institutions, les relations sociales et le statut personnel.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9poque m\u00e9di\u00e9vale, la lourdeur du poids que la religion exer\u00e7ait sur les soci\u00e9t\u00e9s occidentales n\u2019\u00e9tait pas la cons\u00e9quence de la foi exceptionnelle des hommes du Moyen Age, qui ne s\u2019est pas av\u00e9r\u00e9e aussi unanime et aussi cons\u00e9quente qu\u2019on le croyait ; elle r\u00e9sultait, en fait, de la tutelle asservissante qu\u2019exer\u00e7ait sur le monde occidental l\u2019Eglise catholique, devenue \u00abla plus puissante des institutions politiques\u00bb. Sous Charlemagne, l\u2019Eglise avait en effet ambitionn\u00e9 d\u2019\u00e9difier, selon une conception forg\u00e9e sous la double caution de la Bible et de la Cit\u00e9 de Dieu d\u2019Augustin, une chr\u00e9tient\u00e9 \u00e9tendue sur tous les territoires qu\u2019occupaient les peuples chr\u00e9tiens. Leurs princes auraient \u00e9t\u00e9 charg\u00e9s de veiller au maintien et \u00e0 l\u2019ancrage de la foi, ainsi qu\u2019\u00e0 la protection de l\u2019Eglise ; tout en s\u2019effor\u00e7ant de r\u00e9aliser son projet, celui d\u2019\u00e9largir le royaume de Dieu en encourageant et en prot\u00e9geant l\u2019action des missionnaires, au besoin par le recours aux armes, afin de convertir et d\u2019int\u00e9grer les infid\u00e8les, ou de les exterminer.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re des id\u00e9es ma\u00eetresses qui domin\u00e8rent \u00e0 cette \u00e9poque, dans les Etats occidentaux, \u00e9tait donc celle d\u2019une chr\u00e9tient\u00e9 rassembl\u00e9e contre l\u2019infid\u00e8le ; et la seconde celle d\u2019une autorit\u00e9 temporelle au service de la foi. En fait, la politique comme l\u2019action des princes et des seigneurs eccl\u00e9siastiques \u00e9taient toutefois guid\u00e9es par leurs int\u00e9r\u00eats et leurs ambitions, beaucoup plus que par la pure intention d\u2019accomplir la volont\u00e9 de Dieu\u2026 Sauf peut-\u00eatre \u00e0 certains moments, comme celui de la premi\u00e8re Croisade, et \u00e0 l\u2019exception de certains princes, comme Saint Louis. De toute fa\u00e7on, la religion \u00e9tait \u00e0 cette \u00e9poque le ciment de l\u2019unit\u00e9 sociale et politique, l\u2019existence de toute communaut\u00e9 civile se fondant sur l\u2019unit\u00e9 et la foi et sur les institutions marqu\u00e9es profond\u00e9ment par la religion. Mais au XVIe si\u00e8cle, une s\u00e9rie de schismes \u00e9branla cette h\u00e9g\u00e9monie religieuse pr\u00e9pond\u00e9rante.<\/p>\n<p class=\"c2\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Religion-et-politique-moy-2.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>Conjugu\u00e9es avec de profondes transformations sociales et \u00e9conomiques, ces divisions confessionnelles mirent en cause les fondements de l\u2019ordre social, \u00e0 un rythme n\u00e9cessairement lent et diff\u00e9rent, selon les pays, et non sans une r\u00e9sistance marqu\u00e9e, surtout dans les Etats \u00e0 majorit\u00e9 catholique. A l\u2019int\u00e9rieur\u00a0 de nombre de royaumes, les deux id\u00e9es ma\u00eetresses qui offraient un fondement religieux \u00e0 la communaut\u00e9 politique furent remises en question. Avec un probl\u00e8me central, toujours objet de d\u00e9bats : comment assurer l\u2019unit\u00e9 \u00e9tatique en dehors de l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 confessionnelle et de la communaut\u00e9 de culte entre le prince et ses sujets ? On ne cessait alors de r\u00e9p\u00e9ter, afin d\u2019\u00e9viter toute dissidence, la maxime formul\u00e9e en Allemagne lors de la paix d\u2019Augsbourg en 1555, qui partageait l\u2019Empire germanique entre les deux confessions catholique et luth\u00e9rienne, selon le principe Cujus regio e jus religio. Maxime qui instituait l\u2019unit\u00e9 confessionnelle entre le prince et ses sujets, pla\u00e7ait le prince en d\u00e9fenseur de la foi commune, et constituait, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de chaque principaut\u00e9, un r\u00e9gime d\u2019intol\u00e9rance religieuse l\u00e9galement permise. Seule une tol\u00e9rance limit\u00e9e avait \u00e9t\u00e9 accept\u00e9e dans les pays qui avaient admis la coexistence de confessions diff\u00e9rentes, comme l\u2019Angleterre apr\u00e8s la R\u00e9volution de 1688 ; avec cependant une exclusive absolue contre le catholicisme romain, au grand \u00e9tonnement scandalis\u00e9 des autres Etats. Intransigeante par contre, l\u2019Espagne se cantonnait \u00e0 son exigence d\u2019orthodoxie religieuse, \u00e0 laquelle la France ne renon\u00e7a qu\u2019apr\u00e8s de cruels retours ; ce n\u2019est qu\u2019au bout de trente ann\u00e9es de luttes inexpiables, que le compromis de l\u2019\u00e9dit de Nantes finit par garantir, en France, l\u2019existence et les revendications essentielles d\u2019une minorit\u00e9 dissidente, en se gardant toutefois de renoncer \u00e0 la religion r\u00e9affirm\u00e9e de l\u2019Etat, celle du catholicisme romain.<\/p>\n<p>Partout, la politique ext\u00e9rieure aussi \u00e9tait gagn\u00e9e par la s\u00e9cularisation, et les conventions internationales se concluaient en dehors de toute r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un droit chr\u00e9tien ; m\u00eame si le langage des papes se cramponnait encore au mythe de la croisade susceptible, croyaient-ils, de r\u00e9tablir l\u2019entente des couronnes catholiques, alors que ce mythe \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre partag\u00e9 par les Etats, dont les alliances \u00e9taient dict\u00e9es par l\u2019int\u00e9r\u00eat national, sans aucune attention ni consid\u00e9ration pour les diff\u00e9rences confessionnelles.<\/p>\n<p>Mais au XVIIe si\u00e8cle en France, Louis XIV\u00a0 revint spectaculairement aux exigences de l\u2019orthodoxie et de l\u2019unit\u00e9 confessionnelle du monarque et de ces sujets. La cons\u00e9cration l\u00e9gale d\u2019un dualisme religieux, \u00e9tablie par l\u2019\u00e9dit de Nantes,\u00a0 parut \u00e0 la masse catholique si peu conforme aux obligations d\u2019une saine politique que ce fut avec une approbation publique massive que le Roi Tr\u00e8s Chr\u00e9tien r\u00e9voqua en 1685 l\u2019acte sign\u00e9 \u00e0 Nantes par Henri IV. Les trente derni\u00e8res ann\u00e9es du grand r\u00e8gne virent, avec la condamnation du Jans\u00e9nisme, le retour \u00e0 la pers\u00e9cution des h\u00e9r\u00e9tiques ; dans la tentative la plus syst\u00e9matique de l\u2019Ancien R\u00e9gime pour imposer l\u2019ob\u00e9issance totale des sujets du Roi\u00a0 Soleil aux exigences de l\u2019Orthodoxie et de l\u2019unit\u00e9 confessionnelle avec le monarque. Jusqu\u2019au seuil du XVIIIe si\u00e8cle, l\u2019opinion en France continua \u00e0 adh\u00e9rer \u00e0 la recommandation de Michel de l\u2019H\u00f4pital: \u00abAymer et procurer non seulement la prosp\u00e9rit\u00e9 ext\u00e9rieure des sujets, mais veiller surtout au salut de leurs \u00e2mes et \u00e0 la paix de leur conscience\u00bb.<\/p>\n<p class=\"c2\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Religion-et-politique-moy-3.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>S\u2019inscrivant en faux contre cette opinion \u00e9rig\u00e9e en maxime d\u2019un autre \u00e2ge, le despotisme \u00e9clair\u00e9 du roi de Prusse Fr\u00e9d\u00e9ric II affichait sa diff\u00e9rence, m\u00eame si sa rh\u00e9torique officielle utilisait les \u00ablumi\u00e8res\u00bb pour sa propagande. Il pr\u00f4nait ouvertement la politique de tol\u00e9rance et l\u2019administration positive d\u2019un prince instruit, form\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole des philosophes fran\u00e7ais et anglais, en relation avec Voltaire et initi\u00e9 \u00e0 la franc-ma\u00e7onnerie. Affirm\u00e9e dans ses \u0153uvres \u00e9crites en fran\u00e7ais, sa th\u00e9orie fondait le pouvoir non pas sur le droit divin, mais sur un contrat. Mais ni ces id\u00e9es venues de Prusse, ni les philosophes de cette \u00e9poque des \u00ab lumi\u00e8res \u00bb, qui proclamaient que les gouvernements ont pour fin le bonheur temporel de leurs ressortissants, n\u2019ont r\u00e9ussi, jusqu\u2019\u00e0 la veille de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, \u00e0 \u00e9carter enti\u00e8rement la doctrine traditionnelle. Les codes continuaient \u00e0 afficher les lois destin\u00e9es \u00e0 garantir le respect du dogme et de la discipline religieuse.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est qu\u2019avec les r\u00e9volutions am\u00e9ricaine et fran\u00e7aise que s\u2019acheva l\u2019\u00e8re de la soci\u00e9t\u00e9 politiquement ordonn\u00e9e par les imp\u00e9ratifs religieux. La d\u00e9sacralisation des institutions et les progr\u00e8s de l\u2019individualisme lib\u00e9raient le sujet, devenu citoyen, et le rendaient ma\u00eetre de ses d\u00e9cisions s\u00e9culi\u00e8res. Non sans peine, ni maintes complications, les autorit\u00e9s politiques finirent par fixer souverainement la ligne de d\u00e9marcation entre le temporel et le spirituel, dont l\u2019emprise sur la soci\u00e9t\u00e9 ne cessa de se r\u00e9duire. Les Etats-Unis en 1787 inscrivirent dans leur constitution la distinction nette et la s\u00e9paration entre la religion et la politique, l\u2019Etat et les Eglises. En 1905, apr\u00e8s tout un si\u00e8cle de luttes passionn\u00e9es, la France finit \u00e0 son tour par adopter cette dissociation. La la\u00efcit\u00e9, \u00e9rig\u00e9e en principe, assura aux citoyens leur libert\u00e9 de conscience, respecta leurs convictions religieuses assign\u00e9es d\u00e9sormais \u00e0 la sph\u00e8re priv\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"c2\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Religion-et-politique-moy-4.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>Ce principe fut ais\u00e9ment accept\u00e9 par les Eglises issues de la r\u00e9forme calviniste dont la mission, professaient-elles, consistait exclusivement \u00e0 faire parvenir, pour leur salut, la bonne Parole \u00e0 tous les ressortissants. L\u2019interdiction de toute interf\u00e9rence du religieux dans le politique \u00e9tait, en effet, per\u00e7ue par les Calvinistes comme une garantie d\u2019ind\u00e9pendance, une protection contre les vell\u00e9it\u00e9s de domination de la majorit\u00e9 catholique. Quant aux \u00e9glises d\u2019Etat, tant luth\u00e9rienne qu\u2019anglicane, elles n\u2019adopt\u00e8rent que l\u2019esprit et le c\u00f4t\u00e9 juridique de la la\u00efcit\u00e9. L\u2019Eglise catholique, en revanche, manifesta longtemps son hostilit\u00e9, surtout dans les pays o\u00f9 sa primaut\u00e9 avait \u00e9t\u00e9, des si\u00e8cles durant, incontest\u00e9e. N\u00e9anmoins, dans l\u2019ensemble des pays occidentaux, la la\u00efcit\u00e9 tendait \u00e0 devenir la r\u00e8gle. Toute action politique en faveur ou au d\u00e9triment d\u2019un culte \u00e9tait d\u00e9nonc\u00e9e, et les autorit\u00e9s religieuses ne s\u2019avisaient plus d\u2019intervenir dans le domaine civique.<\/p>\n<p>L\u2019Episcopat fran\u00e7ais d\u00e9clarait, le 13 novembre 1945, qu\u2019autant il repoussait une la\u00efcit\u00e9 de l\u2019Etat qui imposerait aux citoyens une doctrine mat\u00e9rialiste et ath\u00e9e, autant il acceptait celle qui garantirait la libert\u00e9 de conscience et la libert\u00e9 de l\u2019Eglise. Apr\u00e8s avoir reconnu \u00abla souveraine autonomie de l\u2019Etat dans son domaine de l\u2019ordre temporel\u00bb, les \u00e9v\u00eaques en arriv\u00e8rent \u00e0 affirmer que \u00absi le cl\u00e9ricalisme est l\u2019immixtion du clerg\u00e9 dans le domaine politique de l\u2019Etat, ou cette tendance que pourrait avoir une soci\u00e9t\u00e9 spirituelle \u00e0 se servir des pouvoirs publics pour satisfaire sa volont\u00e9 de domination, nous d\u00e9clarons bien haut que nous condamnons le cl\u00e9ricalisme\u00bb. Certes, il est improbable de parvenir, m\u00eame en France, \u00e0 un bannissement total des mobiles religieux, de faire abstraction totale de toute appartenance religieuse. N\u00e9anmoins, les formations \u00e9lectorales fran\u00e7aises avaient r\u00e9ussi, d\u00e8s 1956, \u00e0 \u00e9carter de leurs programmes les anciennes solidarit\u00e9s politico-religieuses.<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>Ammar Mahjoubi<\/strong><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/31462-ammar-mahjoubi-religion-et-politique\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le poids de la religion dans la soci\u00e9t\u00e9 et l\u2019attitude du pouvoir politique \u00e0 l\u2019\u00e9gard des instances religieuses ont engendr\u00e9 des probl\u00e8mes difficiles et r\u00e9currents, sous tous les cieux et \u00e0 toutes les \u00e9poques. 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