{"id":111903,"date":"2021-02-23T16:25:57","date_gmt":"2021-02-23T21:25:57","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/franck-alain-kabore-concessionnaire-de-chasse-nous-avons-tout-perdu\/"},"modified":"2021-02-23T16:25:57","modified_gmt":"2021-02-23T21:25:57","slug":"franck-alain-kabore-concessionnaire-de-chasse-nous-avons-tout-perdu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/franck-alain-kabore-concessionnaire-de-chasse-nous-avons-tout-perdu\/","title":{"rendered":"Franck Alain Kabor\u00e9, concessionnaire de chasse : \u00ab Nous avons tout perdu \u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\">\n<figure><a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse2.jpg\" data-caption=\"Le pr\u00e9sident de l\u2019association \u00ab Le Royaume des troph\u00e9es \u00bb au Burkina Faso, Franck Alain Kabor\u00e9 : \u00ab Il faut qu\u2019on vienne \u00e0 bout des terroristes\u00bb.\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"542\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse2-696x542.jpg\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse2-696x542.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse2-300x233.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse2-768x598.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse2-150x117.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse2-540x420.jpg 540w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse2.jpg 780w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" alt=\"\" title=\"chasse2\"\/><\/a><figcaption class=\"wp-caption-text\">Le pr\u00e9sident de l\u2019association \u00ab Le Royaume des troph\u00e9es \u00bb au Burkina Faso, Franck Alain Kabor\u00e9 : \u00ab Il faut qu\u2019on vienne \u00e0 bout des terroristes\u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p><strong>De l\u2019\u00e9clatement du terrorisme en 2015 \u00e0 sa persistance de nos jours au Burkina Faso, la chasse p\u00e9riclite avec \u00e0 la cl\u00e9, des concessions de zones de chasse notamment \u00e0 l\u2019Est, vandalis\u00e9es et incendi\u00e9es. Quelle est la situation dans les diff\u00e9rents ranchs ? Le pr\u00e9sident de l\u2019association \u00ab Le Royaume des troph\u00e9es \u00bb au Burkina Faso, Franck Alain Kabor\u00e9, par ailleurs, pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration ouest-africaine de la chasse sportive nous donne des \u00e9clairages dans cette interview.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sidwaya (S) : Qu\u2019est-ce qu\u2019une concession de zone de chasse ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Franck Alain Kabor\u00e9 (F.A.K.) :<\/strong> Il faut remonter le temps pour faire la gen\u00e8se des concessions de zones de chasse au Burkina Faso. La majorit\u00e9 des concessionnaires \u00e9tait des braconniers et est devenue par la suite des chasseurs professionnels. Une concession de zone de chasse est un espace o\u00f9 il faut construire des barrages et des forages et profiler les pistes pour permettre aux visiteurs et animaux de circuler. En rappel, nous avons eu la r\u00e9forme de la faune en 1996 \u00e0 la faveur du leadership de feu Dr Salifou Diallo, alors ministre d\u2019Etat, ministre de l\u2019Environnement et de l\u2019Eau. Il nous a conduits tous \u00e0 adh\u00e9rer \u00e0 cette r\u00e9forme parce que nous avions vu que dans la sous-r\u00e9gion, le Burkina Faso a un potentiel faunique \u00e9norme. S\u2019en est suivi la mise en place des concessions de zones de chasse par des particuliers, car l\u2019Etat a exprim\u00e9 le manque de moyens pour cr\u00e9er des concessions de zones de chasse.<\/p>\n<p>Il a donc fait appel au priv\u00e9 pour les investissements dans ce sens. Il faut savoir que quand on investit dans une concession de zones de chasse, il faut plusieurs ann\u00e9es d\u2019am\u00e9nagements consid\u00e9rables pour, \u00e0 la fin, r\u00e9colter les dividendes. Les concessions de zones de chasse peuvent \u00eatre de l\u2019ordre de 50 000 hectares (ha), 100 000 ha, 200 000 ha, etc. Si bien que si l\u2019on n\u2019a pas les moyens il est impossible de pouvoir y investir. C\u2019est pourquoi l\u2019Etat a conc\u00e9d\u00e9 dans un premier temps pour dix ans (1997-2006) les concessions de zones de chasse pour tester la capacit\u00e9 du priv\u00e9 avec \u00e0 la cl\u00e9, un cahier des charges. Le cahier des charges nous oblige \u00e9galement \u00e0 construire le b\u00e2timent compos\u00e9 d\u2019un bureau et d\u2019un logement devant abriter les forestiers dans le but de permettre \u00e0 l\u2019Etat d\u2019avoir un \u0153il sur les animaux abattus. Toutefois, nous nous sommes rendu compte que le temps qui nous a \u00e9t\u00e9 imparti est peu pour s\u00e9curiser les investissements et \u00eatre rentables. En guise de solution, l\u2019Etat nous a donn\u00e9 vingt ans jusqu\u2019en 2028, \u00e0 travers un appel d\u2019offres ouvert pour investir en toute s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Ce, apr\u00e8s un examen approfondi de notre gestion globale \u00e0 l\u2019issue duquel nous avons re\u00e7u des certificats de satisfecit sur la base de quinze crit\u00e8res pour traduire notre ardeur au travail et notre patriotisme \u00e0 sauvegarder les ressources fauniques. Car, il faut montrer les qualit\u00e9s n\u00e9cessaires intrins\u00e8ques d\u2019un gestionnaire de zone de chasse pour pr\u00e9tendre \u00e0 une concession de zones de chasse. Par ailleurs, l\u2019Etat a trouv\u00e9 que c\u2019est une aubaine d\u2019avoir des op\u00e9rateurs priv\u00e9s burkinab\u00e8 qui se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la faune et qui ont travaill\u00e9 \u00e0 pr\u00e9server ce cheptel giboyeux. Il faut aussi dire que le cahier des charges nous oblige \u00e0 employer les populations riveraines dans l\u2019utilisation et la conception des pistes pour les emp\u00eacher de braconner et leur montrer l\u2019importance de la richesse faunique. Mais, la le\u00e7on \u00e0 retenir est que le Burkina Faso est l\u2019un des rares pays apr\u00e8s cette exp\u00e9rience de dix ans \u00e0 avoir des nationaux qui g\u00e8rent leur patrimoine faunique et halieutique. En effet, nous sommes \u00e0 m\u00eame de discuter dans des salons au m\u00eame titre que des guides de l\u2019Association des chasseurs professionnels (ACP) bas\u00e9e en France \u00e0 laquelle n\u2019adh\u00e8re pas qui veut.<\/p>\n<p><strong>S : Quelles sont vos concessions de zones de chasse ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>F.A.K. :<\/strong> \u00ab Le royaume des troph\u00e9es \u00bb regroupe la quasi-totalit\u00e9 des zones de chasse du Burkina Faso. Je suis chasseur professionnel et concessionnaire de zones de chasse \u00e0 savoir Nerwaya Safari qui se trouve \u00e0 Ougarou \u00e0 l\u2019Est, appel\u00e9 campement du lion et le ranch du gibier du Singou \u00e0 Tanwalbougou, situ\u00e9 \u00e0 environ 50 kilom\u00e8tres (Km) de Fada N\u2019Gourma o\u00f9 je suis concessionnaire et actionnaire. J\u2019exerce dans l\u2019association en compagnie du vice-pr\u00e9sident et du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la structure respectivement Sidiki S\u00e9r\u00e9m\u00e9, concessionnaire de zones de chasse de Sa-Sourou dans la Boucle du Mouhoun et Noufou Compaor\u00e9. Celui-ci, membre fondateur des organisations patronales de tourisme, d\u2019h\u00f4tellerie et de restauration est \u00e9galement concessionnaire de zones de chasse \u00e0 l\u2019Est d\u00e9nomm\u00e9e Arly Safari-chasse et vision dont la zone de chasse est Pagou Tandougou, le parc d\u2019Arly.<\/p>\n<p><strong>S : Comment se fait le travail dans les concessions de zones de chasse ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>F.A.K. :<\/strong> Au d\u00e9part, il y avait une vingtaine de personnes qui s\u2019int\u00e9ressaient aux concessions de zones de chasse. Mais, compte tenu de la lourdeur des investissements, beaucoup se sont d\u00e9sist\u00e9s. Car, notre travail est saisonnier au point que nous devons travailler \u00e0 faire venir des chasseurs \u00e9trangers sur notre territoire en vue de chasser cinq mois au maximum. Nous travaillons 13 mois sur 12 parce que d\u00e8s la fin de la chasse, nous employons des gens pour la sauvegarde de la zone en attendant l\u2019ouverture de la saison de chasse qui s\u2019\u00e9tale sur six mois, c\u2019est-\u00e0-dire de d\u00e9cembre de l\u2019ann\u00e9e en cours \u00e0 mai de l\u2019ann\u00e9e suivante. Apr\u00e8s tout cela, il faut \u0153uvrer de telle sorte \u00e0 ce que la protection soit \u00e9vidente. Il faut aller \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et c\u2019est pour cela que l\u2019Etat nous avait nomm\u00e9s ambassadeurs du tourisme. Il faut donc aller partout en Europe, aux Etats-Unis et en Asie \u00e0 la rencontre de chasseurs pour montrer nos potentialit\u00e9s avec nos fonds propres. D\u00e8s lors, nous nous sommes r\u00e9unis en consortium pour traiter de cette question. C\u2019est le lieu pour moi de rendre un vibrant hommage \u00e0 nos devanciers \u00e0 l\u2019image de El hadj Salif Compaor\u00e9, le journaliste Norbert Zongo, Moumouni Derm\u00e9 et Lazare Daniel Tapsoba, l\u2019un de nos doyens qui n\u2019est plus tous de ce monde.<\/p>\n<p>Ce dernier \u00e0 sa mort avait dit : \u00ab Il ne faut pas laisser tomber les zones \u00bb. Aussi, au Burkina Faso, la chasse est fortement r\u00e8glement\u00e9e et il faut avoir cette attitude de respecter les heures de chasse, de 6h \u00e0 18 h, de ne pas chasser en voiture et ne pas tirer sur une femelle et un jeune mature. Ce qui fait qu\u2019une \u00e9quipe de chasse est constitu\u00e9e de chasseur qui peut \u00eatre un \u00e9tranger accompagn\u00e9 obligatoirement de pisteur qui conna\u00eet bien la brousse et de guide de chasse professionnel qui prot\u00e8ge en cas d\u2019attaque et montre l\u2019animal \u00e0 tirer. Par exemple, si tu ne respectes pas la r\u00e8glementation en faisant un mauvais tir, il y a une p\u00e9nalit\u00e9. En plus du guide de chasse, il y a le porteur du fusil qui p\u00e8se souvent cinq kilogrammes (kg). En cas de traces d\u2019animaux, l\u2019on descend du v\u00e9hicule pour commencer \u00e0 pister souvent pendant plus de deux heures. Quand l\u2019animal est abattu, il faut appeler le chauffeur pour son chargement. Arriv\u00e9s au campement, les mensurations sont faites afin de savoir s\u2019il n\u2019y a pas eu un mauvais tir et apr\u00e8s, nous collectons les taxes<br \/>d\u2019abatage pour l\u2019Etat. En ce qui nous concerne, nous nous en tirons avec l\u2019argent des prestations sinon le permis de chasse et l\u2019animal abattu reviennent \u00e0 l\u2019Etat. Donc, il faut reconna\u00eetre la complexit\u00e9 de notre travail qui fait de nous des collecteurs de fonds pour l\u2019Etat.<\/p>\n<p><strong>S : A combien peut-on estimer le nombre de concessions de chasse au Burkina Faso ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>F.A.K. :<\/strong> Les concessions de zones de chasse, au d\u00e9part, au Burkina Faso, \u00e9taient au nombre de 28. Mais, la lourdeur des investissements, c\u2019est-\u00e0-dire les am\u00e9nagements et la pr\u00e9servation des sites sur fonds propres, a milit\u00e9 en faveur de la r\u00e9duction du nombre de concessions de zones de chasse \u00e0 16 dans notre pays. Ceux qui n\u2019ont pas pu suivre le rythme et sont partis, ont laiss\u00e9 derri\u00e8re eux des concessions en perdition que l\u2019Etat n\u2019arrive pas \u00e0 g\u00e9rer. Ceux qui ont pu tenir ont d\u00fb vendre des v\u00e9hicules et s\u2019endetter pour pouvoir y faire face. Ailleurs, l\u2019Etat fait le lobbying aupr\u00e8s des fonds internationaux pour soutenir les acteurs sur le terrain en mati\u00e8re de pr\u00e9servation des ressources fauniques et halieutiques. Si l\u2019Etat nous appuyait avec des fonds externes, il n\u2019y aura pas un autre Burkina en Afrique et m\u00eame ailleurs en la mati\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>S : Comment appr\u00e9ciez-vous l\u2019accompagnement de l\u2019Etat ?<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_32706\" aria-describedby=\"caption-attachment-32706\" class=\"wp-caption alignleft c1\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-32706\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse-300x228.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"228\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse-300x228.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse-768x583.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse-150x114.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse-696x528.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse-553x420.jpg 553w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse-80x60.jpg 80w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse.jpg 780w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"\/><figcaption id=\"caption-attachment-32706\" class=\"wp-caption-text\">Plusieurs troph\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 remport\u00e9s par le concessionnaire de chasse.<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>F.A.K. :<\/strong> C\u2019est une question de politique. L\u2019Etat a appr\u00e9ci\u00e9 les milliards que nous lui avons apport\u00e9s. Si vous regardez de 1997 \u00e0 2006, les fonds qui sont entr\u00e9s en taxes, en fonds d\u2019int\u00e9r\u00eats collectifs, en \u00e9conomie locale, etc. c\u2019est inimaginable en termes d\u2019investissements ! Les retomb\u00e9es directes dans les caisses de l\u2019Etat, ce sont des milliards de F CFA que les concessionnaires de zones de chasse au Burkina Faso payaient par an. Si vous n\u2019\u00e9tiez pas \u00e0 jour de vos obligations de l\u2019ann\u00e9e d\u2019avant, vous perdez votre autorisation d\u2019exploitation. C\u2019est une profession qui est fortement r\u00e8glement\u00e9e sur le plan de la taxation et de la fiscalit\u00e9 si bien que le moindre \u00e9cart est sanctionn\u00e9. M\u00eame, sur les animaux abattus que b\u00e9n\u00e9ficient les forestiers et les populations, l\u2019Etat pr\u00e9l\u00e8ve des taxes. Malgr\u00e9 tout, nous respectons notre part de contrat qui stipule, entre autres, que la surveillance et la protection des concessions de zones de chasse rel\u00e8vent du r\u00f4le r\u00e9galien de l\u2019Etat.<\/p>\n<p>Mais, en d\u00e9finitive, c\u2019est le concessionnaire qui se retrouve en train de financer le paiement des guides et des populations riveraines pour surveiller les espaces de chasse. Parfois, nous donnons des motos et du carburant \u00e0 des forestiers pour la surveillance, ce qui doit \u00eatre leur travail. Aujourd\u2019hui, quand on dit qu\u2019une concession de zones de chasse est br\u00fbl\u00e9e, cela est imputable \u00e0 l\u2019Etat. C\u2019est comme une mine dont la s\u00e9curit\u00e9 doit \u00eatre garantie par l\u2019Etat au profit de l\u2019exploitant pour mener ses activit\u00e9s en toute qui\u00e9tude. Nous devons faire partie des priorit\u00e9s de l\u2019Etat comme tous les autres secteurs.<\/p>\n<p><strong>S : La chasse est pr\u00e9sentement ouverte au Burkina Faso, mais difficile de la pratiquer dans certaines localit\u00e9s du fait de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Comment organisez-vous la riposte ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>F.A.K. :<\/strong> L\u2019organisation de la riposte est une question et l\u2019ouverture de la chasse en est une autre. Au regard de la situation actuelle de notre pays, l\u2019ouverture de la chasse n\u2019a pas sa raison d\u2019\u00eatre. On ouvre la chasse pourquoi ? C\u2019est pour le tourisme, l\u2019entr\u00e9e de devises et le r\u00e9veil d\u2019un certain nombre de m\u00e9canismes dans le commerce local, etc. Nous sommes class\u00e9s zone rouge, c\u2019est-\u00e0-dire, interdiction formelle pour les \u00e9trangers de venir au Burkina Faso. Il y a aussi la pand\u00e9mie de la COVID-19 qui interdit les voyages dans notre pays. La s\u00e9curit\u00e9 au Burkina Faso est la condition sine qua non pour que nous ayons aussi la s\u00e9curit\u00e9 dans nos zones de chasse.<\/p>\n<p>Vous ne pouvez pas avoir une ins\u00e9curit\u00e9 quelque part au Burkina Faso et avoir la s\u00e9curit\u00e9 dans vos zones de chasse et croire que c\u2019est cela qui va faire venir les touristes. Nous avons fait savoir aux autorit\u00e9s au cours de l\u2019ann\u00e9e 2020 que nous, aussi, pouvons contribuer \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 du pays avant bien s\u00fbr celle de nos concessions de zones de chasse. Nous avons dit que les patrouilles mixtes (militaires plus forestiers et pisteurs) peuvent contribuer \u00e9norm\u00e9ment un tant soit peu \u00e0 diminuer l\u2019ins\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>S : Quelle le\u00e7on tirez-vous aujourd\u2019hui de la rencontre de 2018, avec le Premier ministre d\u2019alors, Paul Kaba Thi\u00e9ba, au cours de laquelle il \u00e9tait question de la s\u00e9curisation des espaces de chasse ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>F.A.K. :<\/strong> C\u2019est vrai que les renseignements se sont fortifi\u00e9s apr\u00e8s cette date, mais nous avons propos\u00e9 de participer \u00e0 la s\u00e9curisation du territoire y compris nos concessions de zones de chasse avec la connaissance du terrain par nos guides et nos pisteurs qui peuvent \u00e9galement contribuer aux renseignements. Nous avons tout perdu et nous sommes oblig\u00e9s de croiser les bras pour voir ce que l\u2019Etat va apporter comme solution au probl\u00e8me d\u2019ins\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>S : En 2019, le minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res fran\u00e7ais, sur la carte des \u00ab Conseils aux voyageurs \u00bb, a repeint en rouge les zones bois\u00e9es du Complexe W, Arly et Pendjari (WAP) comme refuges de combattants terroristes. Deux ans plus tard, quel bilan de cet \u00e9tat de fait pouvez-vous dresser ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>F.A.K. :<\/strong> Le bilan est difficile \u00e0 \u00e9tablir. Nous ne pouvons m\u00eame plus aller dans nos zones de chasse. Nous apprenons par nos pisteurs que les animaux sont abattus et c\u2019est le braconnage \u00e0 outrance. Les braconniers abattent des animaux que nous avons mis trente ans \u00e0 pr\u00e9server pour la simple consommation. Les grands bandits tuent les \u00e9l\u00e9phants pour leur ivoire. C\u2019est un cri du c\u0153ur que nous lan\u00e7ons afin que tous les moyens soient d\u00e9ploy\u00e9s en vue de r\u00e9tablir la situation.<\/p>\n<p><strong>S : C\u2019est donc dire qu\u2019aucune statistique de braconnage ne peut \u00eatre \u00e9tablie face \u00e0 cette situation de nos jours ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>F.A.K. :<\/strong> Personne \u00e0 l\u2019instant n\u2019a pu avoir acc\u00e8s \u00e0 nos concessions de zones de chasse. En 2018, quand on a br\u00fbl\u00e9 ma concession \u00e0 Singou, la gendarmerie et l\u2019arm\u00e9e m\u2019ont accompagn\u00e9 pour aller faire un constat avec un huissier. Je ne pense pas, en tant que pr\u00e9sident de l\u2019association \u00ab Le Royaume des troph\u00e9es \u00bb, que dans toutes les concessions br\u00fbl\u00e9es et vandalis\u00e9es, l\u2019on a pu faire un seul constat. N\u00e9anmoins, nous nous battons pour que l\u2019Etat reprenne les concessions et nous donne nos droits ou bien de nous les vendre. Nous ne pouvons pas investir des milliards F CFA depuis six ans et ne pas travailler du fait de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Par exemple, pour avoir du gibier de nos jours, il faut aller \u00e0 Nazinga, dans la zone pr\u00e9sidentielle avec la peur au ventre. L\u2019Etat ne peut pas nous abandonner, car si les terroristes s\u2019emparent de nos concessions, ce sera peine perdue ! Nous pensons que nous n\u2019allons pas en arriver l\u00e0, mais il faut qu\u2019on se r\u00e9veille.<\/p>\n<p>Les pisteurs et les populations riveraines ont fui et eux que l\u2019on a retenus ont per\u00e7u \u00e0 un moment donn\u00e9 un million F CFA de salaire mensuel. Aujourd\u2019hui, nous ne pouvons m\u00eame pas payer un salaire mensuel de 400 000 F CFA. Nous nous contentons de donner 30 000 F CFA, 40 000 F CFA ou 50 000 F CFA de salaire pour sauver ce qui peut encore l\u2019\u00eatre. Il faut qu\u2019on reconnaisse que le Burkina Faso avait plus de gibiers et \u00e9tait un exemple dans la sous-r\u00e9gion en mati\u00e8re d\u2019organisation. Les concessionnaires avaient 80% du gibier.<br \/>Cela veut dire que nous conservons et nous avons conscience que le moindre \u00e9cart nous fera perdre des ressources. Aujourd\u2019hui, le pr\u00e9sident du Faso, les autorit\u00e9s gouvernementales, tous reconnaissent notre probl\u00e8me et nous attendons qu\u2019ils r\u00e9agissent.<\/p>\n<p><strong>S : Qu\u2019en est-il de la chasse sportive au Burkina Faso ?<\/strong><br \/><strong>F.A.K. :<\/strong> La chasse sportive est sp\u00e9ciale par rapport \u00e0 celle traditionnelle appel\u00e9e battue et au braconnage qui est aussi une chasse \u00e0 part enti\u00e8re qui n\u2019ob\u00e9it \u00e0 aucune r\u00e8gle. La chasse sportive est organis\u00e9e avec un timing pr\u00e9cis. Au Burkina Faso, elle est pratiqu\u00e9e de 6 h \u00e0 18 h \u00e0 pied \u00e0 visage d\u00e9couvert avec des pisteurs professionnels pour la s\u00e9curit\u00e9 du chasseur. Car, certains animaux sont furtifs et capables de vous attaquer \u00e0 tout moment. Ces pisteurs sont organis\u00e9s pour nous permettre de faire la meilleure chasse possible. Dans la chasse sportive, c\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement un m\u00e2le qui est d\u2019une grande envergure et d\u2019un grand troph\u00e9e qu\u2019on abat.<\/p>\n<p>La chasse sportive exige un quota \u00e0 travers un inventaire de la zone pour d\u00e9terminer le nombre de gibiers de toutes les esp\u00e8ces animales avant d\u2019en fixer. C\u2019est pourquoi, il est fait obligation que le minist\u00e8re en charge de l\u2019environnement donne chaque ann\u00e9e les quotas de chasse par concession. Il y a des quotas, par exemple de 25 buffles \u00e0 abattre, qu\u2019on nous donne dans le cadre de la chasse sportive. Mais, nous n\u2019avons jamais os\u00e9 tirer sur plus d\u2019une dizaine parce que la dizaine suffisait. Il y a eu un moment, l\u2019Etat nous a donn\u00e9 le quota de cinq lions \u00e0 abattre, mais nous avons pris la d\u00e9cision de respecter le quota d\u2019un lion, car nous avons consid\u00e9r\u00e9 que celui qui nous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 officiellement \u00e9tait trop.<\/p>\n<p>Il faut dire aussi que le quota est donn\u00e9 conform\u00e9ment \u00e0 la r\u00e8glementation internationale. A un moment donn\u00e9, dans tous les pays du monde, l\u2019abattage du lion avait \u00e9t\u00e9 interdit, mais l\u2019exception \u00e9tait burkinab\u00e8 parce que les techniciens avaient pu d\u00e9montrer que la population de lions \u00e9tait en nombre croissant au Burkina Faso. De plus, malgr\u00e9 le manque de moyens pour pratiquer la chasse sportive, nous avons pu remplir notre contrat vis-\u00e0-vis des populations riveraines en les formant \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9server la faune et en les employant directement. Et chaque ann\u00e9e, ils savent qu\u2019ils ont un revenu ou un commerce garanti. La chasse sportive r\u00e9pond \u00e0 tous ces crit\u00e8res et les Burkinab\u00e8 sont tous concern\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>S : Face \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, n\u2019est-il pas n\u00e9cessaire de revoir les dispositions g\u00e9n\u00e9rales portant sur la saison de chasse au Burkina Faso en vue de les adapter \u00e0 la situation ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>F.A.K. :<\/strong> Nous pensons que, dans ce sens, quelque chose est en train de se faire. Nous avons rencontr\u00e9 pratiquement tous les ministres y compris le Premier ministre, pour leur expliquer la situation qui pr\u00e9vaut dans les concessions de zones de chasse. Nous avons \u00e9t\u00e9 surpris agr\u00e9ablement par la nomination d\u2019un chef d\u2019\u00e9tat-major \u00e0 l\u2019Est qui peut d\u00e9cider \u00e0 partir de cette zone, apr\u00e8s l\u2019une de nos rencontres avec d\u2019abord le chef de l\u2019Etat puis le ministre en charge de la d\u00e9fense. Il faut qu\u2019on nous d\u00e9barrasse des djihadistes pour nous permettre de nous mettre au travail pour compenser les pertes financi\u00e8res subies durant toutes ces ann\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>S : Quel avenir pour la chasse au Burkina Faso face \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 grandissante ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>F.A.K. :<\/strong> Nous sommes confiants. Nous ne dormons pas du tout et nous allons toujours aller vers qui de droit pour qu\u2019on nous r\u00e9tablisse dans nos droits. Car l\u2019on ne peut pas investir des milliards de F CFA et faire rayonner le Burkina Faso \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et se retrouver dans cette situation difficile sans secours. Nous avons foi que l\u2019Etat ne nous a pas abandonn\u00e9s parce que nous avons m\u00eame la zone pr\u00e9sidentielle avec nous. Le pr\u00e9sident du Faso a m\u00eame demand\u00e9 une fusion de cette zone qui a \u00e9t\u00e9 aussi vandalis\u00e9e avec les n\u00f4tres pour cr\u00e9er une seule entit\u00e9 afin de trouver des solutions idoines. Dans cette p\u00e9riode de pauvret\u00e9, si l\u2019on arrive \u00e0 ramener les concessionnaires dans leurs zones de chasse, ils vont diminuer d\u2019au moins 60% le taux de pauvret\u00e9 dans ces localit\u00e9s et ramener si possible certains de nos pisteurs qui ont rejoint les \u00abforces du mal \u00bb.<\/p>\n<p class=\"c2\"><strong>Interview r\u00e9alis\u00e9e par Boukary BONKOUNGOU<\/strong><\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom tdi_33_365 td_block_template_1\">\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-27454\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/PUB-Bandeau-paiement-mobile-siteweb.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p>Auteur: JK. 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De l\u2019\u00e9clatement du terrorisme en 2015 \u00e0 sa persistance de nos jours au Burkina Faso, la chasse p\u00e9riclite avec \u00e0 la cl\u00e9, des concessions de zones de chasse notamment [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/chasse2-696x542.jpg","fifu_image_alt":"Franck Alain Kabor\u00e9, concessionnaire de chasse : \u00ab Nous avons tout perdu \u00bb","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-111903","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/111903","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=111903"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/111903\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=111903"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=111903"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=111903"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}