{"id":112554,"date":"2021-03-05T10:04:00","date_gmt":"2021-03-05T15:04:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ces-dirigeants-qui-ne-savent-pas-dessiner-un-avenir-positif-a-notre-pays\/"},"modified":"2021-03-05T10:04:00","modified_gmt":"2021-03-05T15:04:00","slug":"ces-dirigeants-qui-ne-savent-pas-dessiner-un-avenir-positif-a-notre-pays","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ces-dirigeants-qui-ne-savent-pas-dessiner-un-avenir-positif-a-notre-pays\/","title":{"rendered":"Ces dirigeants qui ne savent pas dessiner un avenir positif \u00e0 notre pays"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"c2\"><em><strong><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Monji-Ben-Ra\u00efes-min(7).jpg\" width=\"20%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"left\" alt=\"\"\/>Par Monji Ben Raies\u00a0 &#8211;<\/strong><\/em><\/span> Si le sentiment de vivre en situation de crise constituait l\u2019un des grands sentiments du XXe si\u00e8cle, que dire du XXIe, entre pand\u00e9mie et terrorisme ?<\/p>\n<p>Depuis quelques ann\u00e9es, le mod\u00e8le \u00e9conomique mondial semble donner des signes de mal portance, secou\u00e9 qu\u2019il est, de plus en plus fr\u00e9quemment, par de graves crises, sympt\u00f4mes avant-coureurs de son essoufflement et des limites qu\u2019il a atteintes. Ainsi le Lundi noir du 19 octobre 1987, le jour o\u00f9 Wall Street s&rsquo;est effondr\u00e9 dans le krach boursier le plus violent de l\u2019histoire de l\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine. De m\u00eame la crise asiatique de 1997-1998 qui entraina l\u2019insolvabilit\u00e9 de nombreuses banques, et provoqua une d\u00e9gringolade vertigineuse des Bourses et de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique mondiale ; Le Krach boursier de 2000-2002, d\u00e9marr\u00e9 d\u00e8s avril 2000 a dur\u00e9 trois ans ; en 2011 nouvelle crise financi\u00e8re et nouveau krach boursier qui s\u2019est manifest\u00e9 par un affaiblissement de la Bourse et le regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;or et l&rsquo;immobilier ; en mars 2020, un krach boursier touche l\u2019ensemble des \u00e9conomies mondiales provoquant une chute des indices record et une extr\u00eame volatilit\u00e9 des march\u00e9s mondiaux, alors que le coronavirus Covid-19 freinait l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique. En 2021, s\u2019annonce un Nouveau Krach Boursier. En effet, Alors que le coronavirus ralentit l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire, les march\u00e9s boursiers ont tous sombr\u00e9 entre f\u00e9vrier et mars 2020, avant de rebondir dans un soubresaut spasmodique pour s\u2019affaisser de nouveau de mani\u00e8re plus durable. Aujourd\u2019hui l&rsquo;\u00e9conomie continue d&rsquo;inqui\u00e9ter et la pand\u00e9mie semble toujours, nous diriger vers un nouveau krash boursier assassin. C&rsquo;est un sc\u00e9nario de plus en plus envisag\u00e9 et craint par les analystes et les investisseurs mondiaux. Pour faire face aux risques sanitaires dus au coronavirus Covid-19, plusieurs \u00e9conomies du monde ont quasiment cess\u00e9 toute activit\u00e9. Le virus et les mesures prises pour freiner sa propagation ont ainsi d\u00e9truit des millions d&#8217;emplois dans le monde, conduit de nombreuses entreprises \u00e0 la faillite et plong\u00e9 les plus grandes \u00e9conomies du monde en r\u00e9cession. Malgr\u00e9 la reprise, il est globalement admis que l&rsquo;\u00e9conomie mondiale ne reviendra pas \u00e0 son \u00e9tat d&rsquo;avant crise avant au-moins 2025, au plus t\u00f4t.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, au lendemain de la crise bancaire et financi\u00e8re des subprimes de 2008, crise provoqu\u00e9e par la rapacit\u00e9 et l\u2019incons\u00e9quence des banques, le capitalisme paraissait mis en accusation. D\u2019innombrables opinions annon\u00e7aient la disparition imminente d\u2019un mod\u00e8le \u00e9conomique o\u00f9 les mouvements de capitaux s\u2019\u00e9taient dissoci\u00e9s de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle. Sur le plan politique, il paraissait \u00e9vident, \u00e0 la grande majorit\u00e9 des observateurs, que cette crise du lib\u00e9ralisme allait n\u00e9cessairement b\u00e9n\u00e9ficier aux partis les plus \u00e0 gauche de l\u2019\u00e9chiquier politique. Or, non seulement le mod\u00e8le lib\u00e9ral n\u2019a nullement \u00e9t\u00e9 abrog\u00e9, ni remplac\u00e9, mais politiquement et dans le monde entier, ce sont les populistes de droite qui ont toujours la cote, mena\u00e7ant les libert\u00e9s publiques, les droits de l\u2019opposition, l\u2019ind\u00e9pendance de la magistrature et des m\u00e9dias. Dans les d\u00e9mocraties repr\u00e9sentatives devenues de plus en plus ploutocratiques, ils ont su capter l\u2019exasp\u00e9ration des peuples envers les \u00e9lites, les experts, les sup\u00e9riorit\u00e9s de toute nature. Ainsi, d\u2019authentiques d\u00e9mocraties ont-t-elles accouch\u00e9 de personnages aussi inattendus que N.D. Modi, R.T. Erdo\u011fan, J.M. Bolsonaro, V. Orban, M. Salvini, R.R. Duterte, D.J. Trump et J.R. Biden, Boris Johnson (Bojo)\u00a0 \u2026 Toute une panoplie d\u2019hommes et de d\u00e9mocrates illib\u00e9raux, qui se prennent pour \u00ab\u00a0le peuple\u00a0\u00bb et supportent mal toute limite \u00e0 leur app\u00e9tit de pouvoir. C\u2019est pourquoi ceux qui se m\u00ealent de pr\u00e9visions politiques doivent faire preuve de prudence avant de se prononcer sur les cons\u00e9quences politiques pr\u00e9visibles de la crise en cours. Les mensonges et l\u2019incomp\u00e9tence manifest\u00e9e par la plupart des responsables politiques n\u2019incite plus \u00e0 la confiance. Les mesures prises pour endiguer la progression de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie n&rsquo;ont fait qu\u2019\u00e9roder l\u2019ensemble de nos libert\u00e9s fondamentales. Peu s\u2019en inqui\u00e8tent aujourd\u2019hui dans leur inconscience pu\u00e9rile, mais allons-nous les r\u00e9cup\u00e9rer enti\u00e8rement, la pand\u00e9mie pass\u00e9e ? L\u2019\u00e9pid\u00e9mie a dangereusement polaris\u00e9 les Etats jouissant encore d\u2019un r\u00e9gime d\u00e9mocratique. La crise \u00e9conomique et sociale accompagnant la crise sanitaire a conduit \u00e0 l\u2019aggravation des antagonismes politiques et \u00e0 la discorde.<\/p>\n<p>En 2020, certaines sources pr\u00e9tendaient, que les r\u00e9gimes autoritaires, tels que celui qui dirige la Chine, \u00e0 cause de leur capacit\u00e9 \u00e0 dissimuler les faits g\u00eanants, avaient tendance \u00e0 favoriser la propagation de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie. C\u2019est exact et la v\u00e9rit\u00e9 va plus loin encore ; mais l\u2019inverse l\u2019est \u00e9galement, \u00e0 savoir que le chaos engendr\u00e9 par les catastrophes naturelles et\/ou les \u00e9pid\u00e9mies facilitent l\u2019expansion de l\u2019autoritarisme. La pand\u00e9mie et la crise sanitaire qui s\u2019en est suivie, a fourni tous les pr\u00e9textes n\u00e9cessaires aux dirigeants d\u00e9sireux de fermer les fronti\u00e8res des Etats qu\u2019ils commandent. Ils ont impos\u00e9 de s\u00e9v\u00e8res restrictions aux voyages \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, bloqu\u00e9 les mouvements migratoires. Les manifestations de l\u2019opposition ont \u00e9t\u00e9 interdites pour raison sanitaire. Les Etats contr\u00f4lent s\u00e9v\u00e8rement l\u2019information sous pr\u00e9texte de chasse aux fake news. Certains ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lus comme Joe Biden, en novembre 2020 aux USA, en promettant la mise en place d\u2019un Etat-providence sous contr\u00f4le \u00e9troit du gouvernement, d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9lus ; certains ont nationalis\u00e9 des dizaines de banques, \u00e9tendu leur contr\u00f4le sur l\u2019\u00e9conomie. Les murs frontaliers sont devenus r\u00e9alit\u00e9, tel celui de l\u2019Union Europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Le d\u00e9clin vertigineux de l\u2019Etat a \u00e9t\u00e9 suivi de la prise du pouvoir par les arteli mafieux tenant les r\u00eanes de l\u2019\u00e9conomie mondiale. La crise \u00e9conomique mondiale a provoqu\u00e9 de s\u00e9v\u00e8res crises sociales et prend \u00e0 la gorge les pays fragiles. Les dirigeants russes, iraniens et bien d\u2019autres \u00e9galement, r\u00e9agissent par une agressivit\u00e9 internationale tr\u00e8s dangereuse. Des conflits arm\u00e9s ont \u00e9clat\u00e9 ici ou l\u00e0, pr\u00e9curseurs de plus graves qui se pr\u00e9parent. Cette mont\u00e9e des tensions renforce d\u2019autant la m\u00e9fiance et les tendances \u00e0 l\u2019isolement que l\u2019on constate dans les rues des grandes capitales mondiales ; les lieux de sociabilit\u00e9 comme les cin\u00e9mas et th\u00e9\u00e2tres, les bars, pubs et restaurants sont ferm\u00e9s ou peu fr\u00e9quent\u00e9s, la culture stagne et l\u2019\u00e9ducation r\u00e9gresse, \u2026 En mai 2020, des experts avaient pr\u00e9dit que l\u2019\u00e9pid\u00e9mie passerait d\u2019elle-m\u00eame durant l\u2019\u00e9t\u00e9 comme une banale grippe, puis ils ont pr\u00e9conis\u00e9 l\u2019hydro-chloroquine ; aux Philippines, Rodrigo Duterte a recommand\u00e9 aux forces de police de tirer \u00e0 vue sur les \u00ab\u00a0fauteurs de trouble\u00a0\u00bb ; au Mexique, Manuel Lopez Obrador a longtemps ni\u00e9 la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie ; puis il a pr\u00e9tendu faire reculer le virus avec un tr\u00e8fle \u00e0 quatre feuilles et une image pieuse, avant de d\u00e9cider brusquement de confiner ses compatriotes pour deux mois ; J. Bolsonaro pr\u00e9tend que l\u2019\u00e9pid\u00e9mie est une invention des m\u00e9dias de gauche et persiste \u00e0 multiplier les bains de foule, &#8230; Les dirigeants populistes comme le Chef de l\u2019Etat tunisien, ont particuli\u00e8rement brill\u00e9 par leur frivolit\u00e9 et leur incomp\u00e9tence. Enferm\u00e9s dans leurs palais comme dans une tour d\u2019ivoire, eux qui pr\u00e9tendaient servir, aider et prot\u00e9ger le peuple, s\u2019en sont montr\u00e9s incapables.<\/p>\n<p>Partout, l\u2019opinion ne fait plus confiance aux experts qui sont devenus, dans leur pays, des personnalit\u00e9s non grata. Leur parole ne p\u00e8se pas davantage que celle des dirigeants politiques. Dans de tr\u00e8s nombreux autres pays comme la France, la Grande-Bretagne, et m\u00eame la Tunisie, les ex\u00e9cutifs se sont appuy\u00e9s sur un conseil scientifique, r\u00e9unissant un panel de m\u00e9decins et d\u2019\u00e9pid\u00e9miologistes pour toute d\u00e9cision politique face \u00e0 l\u2019\u00e9pid\u00e9mie. Mais ils se sont av\u00e9r\u00e9s aussi d\u00e9sarm\u00e9s et ignorants que leurs commanditaires et ont ajout\u00e9 au mal d\u00e9j\u00e0 fait. Les nombres ont remplac\u00e9 la compassion, les files d\u2019attente l\u2019humanit\u00e9, l\u2019argent le droit \u00e0 la sant\u00e9. Durant la crise sanitaire, d\u00e9programmations et annulation par les professionnels de sant\u00e9, renoncements et non acc\u00e8s aux soins, constituent un impact quotidien accentu\u00e9 pour les habitants de la Tunisie, notamment dans certaines r\u00e9gions plus rurales, recul\u00e9es. La crise sanitaire a agi comme un creusement de carences pr\u00e9existantes, au point que l\u2019intention de vaccination apparait plus faible \u00e0 l\u2019\u00e9chelon national.<\/p>\n<p>L\u2019opinion, qui se passionne dor\u00e9navant pour les probl\u00e8mes sanitaires, va-t-elle finir par s\u2019\u00e9loigner des bonimenteurs lanc\u00e9s en politique ? Pas s\u00fbr. En r\u00e9alit\u00e9, tant devant la pand\u00e9mie que face \u00e0 la crise \u00e9conomique et sociale qu\u2019elle provoque, les gens doutent. Les confinements ne sont pas parvenus \u00e0 ralentir l\u2019expansion du virus et \u00e0 limiter le nombre de victimes, ni m\u00eame \u00e0 les \u00e9taler dans le temps. Et dans ce dernier cas, \u00e9taient-ils vraiment indispensables ? Ils sont instrumentalis\u00e9s, servant plus pour le contr\u00f4le des populations et des troubles sociaux que pour contr\u00f4ler le virus. Les mesures de relance budg\u00e9taire ne vont certainement pas permettre de remettre toutes les \u00e9conomies en route. Elles sont d\u2019ailleurs trop inspir\u00e9es de celles adopt\u00e9es face \u00e0 la derni\u00e8re crise, et donc inadapt\u00e9es \u00e0 celles que nous connaissons et allons conna\u00eetre au futur. Les experts divergent et l\u2019opinion se divise. Chaque secteur soutient les experts dont les pr\u00e9conisations lui semblent favoriser ses propres int\u00e9r\u00eats. L&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie cr\u00e9e de nouvelles in\u00e9galit\u00e9s, insuffisamment prises en compte. Les cols blancs appr\u00e9cient le t\u00e9l\u00e9travail. Les cols bleus n\u2019y ont pas acc\u00e8s. Les jeunes ont parfois le sentiment qu\u2019on sacrifie leur avenir pour la s\u00e9curit\u00e9 des seniors. Ceux qui habitent dans leurs maisons de campagne ne le vivent pas exactement comme ceux qui subissent une colocation. Les professions de premi\u00e8re ligne, comme les m\u00e9decins et les infirmiers, paient un prix d\u00e9mesur\u00e9 \u00e0 la crise. Celle-ci frappe de mani\u00e8re in\u00e9gale des soci\u00e9t\u00e9s dont la plupart avaient d\u00e9j\u00e0 connu auparavant une forte amplification des in\u00e9galit\u00e9s. Et pourtant, la lutte contre l\u2019\u00e9pid\u00e9mie n\u00e9cessite une forte mobilisation des soci\u00e9t\u00e9s et un haut degr\u00e9 d\u2019int\u00e9gration et de consensus. Aussi, l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019existe pas, il est habituellement remplac\u00e9 par l\u2019autoritarisme \u00e9tatique. L\u2019issue, dans les soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9mocratiques, ne peut d\u00e9pendre que du degr\u00e9 de confiance des populations envers les institutions soci\u00e9tales et des individus entre eux. L\u00e0 o\u00f9 la confiance n\u2019existe pas, les gouvernants populistes trouveront de nouvelles opportunit\u00e9s.<\/p>\n<p>Gestionnaires de crise efficaces ou rh\u00e9teurs provocateurs, les politiciens en tireront-ils la le\u00e7on ? Apprendront-ils que l\u2019efficacit\u00e9 gestionnaire paye davantage que les rh\u00e9toriques enflamm\u00e9es et clivantes que persistent \u00e0 utiliser les Pr\u00e9sidents ? Les crises les plus graves, doivent \u00eatre une occasion de resserrer les rangs. Il faut, en particulier, faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Nation et rappeler les normes sociales, afin de r\u00e9tablir la confiance entre les tribus politiques et les communaut\u00e9s. En faisant respecter les r\u00e8gles sociales communes par tous, et en fournissant de mani\u00e8re \u00e9galitaire les biens sociaux de base, les gouvernements pourraient pr\u00e9venir les comportements asociaux qui rendent plus difficile la gestion de crise. Si tout le monde a conscience d\u2019\u00eatre log\u00e9 \u00e0 la m\u00eame enseigne par un Etat qui assume ses responsabilit\u00e9s, la confiance pourrait revenir et les gens arr\u00eateraient de piller les magasins, voire de stocker des produits de base au point de les rendre indisponibles et de cr\u00e9er des p\u00e9nuries. En pr\u00e9vision de la terrible crise \u00e9conomique et sociale qui s\u2019annonce pour cause de mise en panne prolong\u00e9e des appareils de production dans bien des pays, et face \u00e0 des ressources qui vont n\u00e9cessairement se rar\u00e9fier, la concurrence entre groupes sociaux va s\u2019aggraver. Il ne faudrait pas que les plus expos\u00e9s, les moins prot\u00e9g\u00e9s, aient des raisons de penser que leurs int\u00e9r\u00eats sont sacrifi\u00e9s.<\/p>\n<p>Confinement se doublant d\u2019attentats chroniques et d\u2019une omnipr\u00e9sence polici\u00e8re accrue, l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence s\u2019ajoute \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence pour plonger le pays dans une atmosph\u00e8re in\u00e9dite. En mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9, des lois d\u2019exception sont int\u00e9gr\u00e9es au fonctionnement d\u00e9j\u00e0 anormal de la justice. En mati\u00e8re sanitaire, des d\u00e9cisions engageant les vies quotidiennes sont prises au nom de la science par un gouvernement actuellement fig\u00e9, avant d\u2019\u00eatre vot\u00e9es par un Parlement dysfonctionnel, qui n\u2019est cens\u00e9 que les ent\u00e9riner. Les \u00e9tats d\u2019urgence se suivent, se ressemblent et ponctuent un temps suspendu au rythme des vagues du virus, des nouvelles souches et des attentats aussi impossibles \u00e0 pr\u00e9voir l\u2019un et l\u2019autre mais n\u00e9anmoins garantis, et chacun se r\u00e9veille le matin avec le sentiment de vivre un Ragnar\u00f6k permanent, en situation exceptionnelle. Dans cette atmosph\u00e8re cr\u00e9pusculaire, et qui ne pourra qu\u2019empirer au vu des d\u00e9g\u00e2ts \u00e9conomiques qui s\u2019annoncent, peut-\u00eatre est-il temps de se pencher sur ce que signifie la notion d\u2019exception, historiquement, dans la gestion du pouvoir.<\/p>\n<p>Ce sentiment de vivre en situation de crise est ancien. Les Anciens donnaient aux troubles qui affectaient la cit\u00e9 des noms emprunt\u00e9s massivement au mod\u00e8le m\u00e9dical. La crise est le moment d&rsquo;une faillite, mais elle est aussi celui de la restauration et du renouveau. Elle devrait permettre de rechercher des solutions et d&rsquo;ouvrir des perspectives nouvelles, mais qui devraient d\u00e9pendre du diagnostic que les contemporains proposeraient. Le sch\u00e9ma de perception et de r\u00e9solution de la crise la rend insupportable et elle doit cesser par la restauration du consensus et du gouvernement de la loi. Mais ce r\u00e9tablissement de l&rsquo;ordre ne peut se faire sans le recours \u00e0 une personnalit\u00e9 sup\u00e9rieure. Mais celle-ci, parce qu&rsquo;elle pourrait acqu\u00e9rir une position de domination, cr\u00e9erait \u00e0 son tour le risque d&rsquo;un autre d\u00e9s\u00e9quilibre qui ne pourrait \u00eatre conjur\u00e9 que par le d\u00e9sir de paix qui imposerait l&rsquo;acceptation du nouveau r\u00e9gime. La crise trouve sa solution dans le recours \u00e0 un grand homme qui se d\u00e9finit par l&rsquo;action, des actes r\u00e9fl\u00e9chis et d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9s. L&rsquo;action politique trouve ainsi ses moyens et sa l\u00e9gitimit\u00e9 dans les repr\u00e9sentations qui fondent le consensus. Encore faudrait-il qu\u2019elle p\u00fbt \u00eatre efficace et prendre en compte la r\u00e9alit\u00e9 des contraintes sociales, vrai d\u00e9fi qui s&rsquo;impose \u00e0 tout pouvoir politique. C&rsquo;est dans le champ du politique que se repr\u00e9sente la crise du pouvoir. C&rsquo;est l\u00e0 \u00e9galement que doivent \u00eatre recherch\u00e9es les solutions. Ce mode de pens\u00e9e et les pratiques qu&rsquo;il entra\u00eene s&rsquo;accompagnent de deux cons\u00e9quences. D\u2019abord, la soci\u00e9t\u00e9 doit se d\u00e9finir comme une communaut\u00e9 de citoyens, et l&rsquo;\u00c9tat est per\u00e7u comme un corps social. Ce mode de pens\u00e9e a surtout pour effet de donner un sens politique \u00e0 toute conduite sociale. La morale envahit le domaine civique et finit par confier l&rsquo;\u00e9quilibre politique \u00e0 la vertu des citoyens. Le bon fonctionnement des instances civiques repose alors sur le courage et le d\u00e9sint\u00e9ressement de ceux qui les composent. La crise du pouvoir est donc d&rsquo;abord une crise \u00e9thique et d\u00e9ontologique. Ensuite, toute solution impose un r\u00e9tablissement du lien social par le retour aux comportements justes. Dans le d\u00e9sordre qui s&rsquo;est install\u00e9, il faut qu&rsquo;apparaisse une volont\u00e9 \u00e9minente, celle du bon m\u00e9decin, du Dux fatalis ou du nomoth\u00e8te qui redonnerait \u00e0 chacun sa place et restaurerait le droit. Ce qui ne manque pas d&rsquo;ouvrir alors une nouvelle contradiction par le d\u00e9s\u00e9quilibre que provoquerait l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;un individu sup\u00e9rieur aux autres qui se pr\u00e9senterait comme un mod\u00e8le, mais qu&rsquo;il serait fort p\u00e9rilleux d&rsquo;imiter sous peine de provoquer d&rsquo;autres troubles. Ainsi se r\u00e9v\u00e9leraient les forces et les faiblesses d&rsquo;un pouvoir civique qui id\u00e9alement devait garantir l&rsquo;\u00e9quilibre et l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;une communaut\u00e9, mais qui n&rsquo;y parvient qu&rsquo;au prix de la contestation et du surpassement.<\/p>\n<p>Les manifestations de rue du 28 f\u00e9vrier occupent encore aujourd&rsquo;hui le devant de la sc\u00e8ne politique et les \u00e9crans de t\u00e9l\u00e9vision. Par d\u00e9finition, la manifestation est un mode d\u2019expression politique qui se d\u00e9ploie dans l\u2019espace public. La manifestation figure impos\u00e9e de la vie politique a vu se d\u00e9grader son r\u00f4le civique et initiatique dans le rapport des Tunisiens \u00e0 la politique. C\u2019est au d\u00e9part une forme d\u2019expression politique parmi d\u2019autres, consid\u00e9r\u00e9e comme plus ou moins l\u00e9gitime selon les \u00e9poques, selon les r\u00e9gimes, mais aussi selon celles et ceux qui y participent. La l\u00e9gitimit\u00e9 r\u00e9side dans un int\u00e9r\u00eat \u00e0 manifester, en termes d\u2019impact sur les d\u00e9cisions publiques, aussi comme lieu de socialisation, de formation \u00e0 la chose politique. Au-del\u00e0 des relations entre acteurs sur le terrain, se joue aussi l\u2019expression d\u2019une opinion \u00e0 destination de certaines cibles qu\u2019il s\u2019agit de toucher. Mais la manifestation du 28 f\u00e9vrier rev\u00eat de toute \u00e9vidence un caract\u00e8re autocentr\u00e9 en ce sens qu\u2019elle ne vise pas directement \u00e0 toucher des publics cibles au moyen d\u2019une couverture m\u00e9diatique, mais \u00e0 travers elle, \u00e0 faire pression sur le pouvoir politique. La manifestation appara\u00eet bien comme le moyen privil\u00e9gi\u00e9 par lequel les partis islamistes ont tent\u00e9 de forcer l\u2019entr\u00e9e d\u2019une ar\u00e8ne institutionnelle, administrative et politique. Cette d\u00e9monstration de force essayait d&rsquo;instrumentaliser le contexte de la crise sanitaire \u00e0 des fins politiques en proposant de violer les interdits, ignorants \u00e0 la fois le droit et ce qu&rsquo;est l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;urgence et ignorant aussi ce qu&rsquo;est la R\u00e9publique et les principes de libert\u00e9 qui la guident. Par ce fait, Ils sont dans l&rsquo;outrance et l&rsquo;irresponsabilit\u00e9 face \u00e0 une situation inadmissible en \u00e9tat d&rsquo;urgence. En Tunisie des milliers de partisans d\u2019Ennahdha ont \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9s, outrepassant l\u2019\u00e9tat<br \/>d\u2019urgence, samedi 27 f\u00e9vrier 2021, dans une d\u00e9monstration de force comme un d\u00e9fi lanc\u00e9 \u00e0 la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique et qui risque d&rsquo;accentuer les tensions dans le bras de fer qui oppose cette formation islamiste, au Chef de l\u2019Etat.<br \/>La crise sociale accentu\u00e9e par la pand\u00e9mie de Covid-19 se double de difficult\u00e9s budg\u00e9taires grandissantes ; des entreprises publiques peinent \u00e0 payer les salaires, et les bailleurs de fonds internationaux exercent des pressions sur l\u2019Etat face \u00e0 l\u2019extension de la dette tunisienne. Le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) mart\u00e8le sur l&rsquo;urgence de r\u00e9formes pour diminuer le d\u00e9ficit, consistant \u00e0 r\u00e9duire la masse salariale publique et les subventions sur l&rsquo;\u00e9nergie, soulignant que la dette publique deviendrait insoutenable \u00e0 moins d&rsquo;adopter un programme de r\u00e9formes drastique. En l&rsquo;absence d&rsquo;une Cour constitutionnelle, le conflit institutionnel n\u2019en finit pas de s&rsquo;\u00e9terniser, paralysant l\u2019Etat depuis plus de six semaines. L&rsquo;instabilit\u00e9 politique qui a entrav\u00e9 les r\u00e9formes de fond depuis la r\u00e9bellion de 2011 s&rsquo;est accentu\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019essence de l\u2019\u00e9tat d\u2019exception r\u00e9side dans un pouvoir souverain qui peut passer au-dessus du droit pour pr\u00e9tendre sauver un Etat menac\u00e9. Il faut d\u00e9construire cette alternative terrible. A droite comme \u00e0 gauche, l&rsquo;id\u00e9al des Lumi\u00e8res passe en jugement. Face aux crises multiples du progr\u00e8s, leur id\u00e9al \u00e9mancipateur a-t-il encore un sens ? Le Covid 19 est l\u2019ultime avertissement que nous envoie la plan\u00e8te avant le jugement dernier \u00e9cologique. En Tunisie, enseigner Darwin et parler de science dans les \u00e9coles devient chaque jour un peu plus probl\u00e9matique. Mais face \u00e0 cette lame de fond antisociale qui transcende les courants politiques, peut-on se contenter de protester au risque d\u2019adopter une attitude r\u00e9trograde ? Ou bien, au-del\u00e0 des caricatures, faut-il au contraire prendre acte de la crise terminale de la modernit\u00e9 ? Au XXI\u00e8me si\u00e8cle, \u00e0 l\u2019heure de la globalisation chaotique, de la technologie digitale et des populismes de tous ordres, se r\u00e9f\u00e9rer aux Lumi\u00e8res philosophiques a-t-il encore un sens ? Pourquoi les Lumi\u00e8res ne nous ont-elles pas pr\u00e9serv\u00e9 contre cette inversion de la raison ? Elles partagent avec leur ennemi, une amputation originaire de la raison, li\u00e9e \u00e0 cette coupure radicale entre la civilisation et la nature. Ce dualisme nature-culture qui justifie l&rsquo;asservissement sans pr\u00e9c\u00e9dent du vivant. Aujourd&rsquo;hui certains dirigeants c\u00e8dent \u00e0 des tentations de river les \u00eatres \u00e0 leurs origines, \u00e0 leur genre, voire \u00e0 leur biologie ou \u00e0 leur \u00e9quipement technologique, \u00e0 cette id\u00e9e de penser contre soi et creuser l&rsquo;\u00e9cart d\u2019avec les autres jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;asc\u00e8se pour essayer d&rsquo;appr\u00e9hender le monde.<\/p>\n<p>L&rsquo;ex\u00e9cutif se trouve dans un isolement croissant et sous le feu des critiques nationales et internationales. La classe politique n&rsquo;a pas conscience des changements n\u00e9cessaires ou les minore par ignorance. Le chef de l\u2019Etat n\u2019a apport\u00e9 aucune r\u00e9ponse aux attentes du peuple. Le discours pr\u00e9sidentiel ne convainc plus ; l\u2019image de l\u2019ex\u00e9cutif, loin de sortir grandie apr\u00e8s les interventions pr\u00e9sidentielles, est nettement plus d\u00e9grad\u00e9e ; pour une majorit\u00e9 de Tunisiens, les mouvements sociaux apparaissent opportuns. Plus profond\u00e9ment, dans le contexte de crise \u00e9conomique, ce d\u00e9saveu affecte \u00e9galement le gouvernement, et installe des conditions favorables \u00e0 la mont\u00e9e des extr\u00e9mismes et des sensibilit\u00e9s contestataires. Le Chef de l\u2019Etat subit un v\u00e9ritable choc de d\u00e9fiance \u00e0 son endroit. Et ce sont les Tunisiens dont la situation \u00e9conomique est la plus modeste qui retirent le plus massivement leur soutien. Ces d\u00e9ficits d\u2019image particuli\u00e8rement inhabituels d\u00e9montrent concr\u00e8tement, que les Tunisiens sont de plus en plus sceptiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019action engag\u00e9e par le chef de l\u2019Etat, le chef du gouvernement et ses ministres, face \u00e0 la crise politique, aux actions men\u00e9es contre la crise \u00e9conomique.<br \/>Concr\u00e8tement, l\u2019une des questions qui se posent est celle de l\u2019opportunit\u00e9 des mouvements sociaux en p\u00e9riode de crise : faut-il consid\u00e9rer que la crise engendre des difficult\u00e9s sociales qui justifient les mouvements de contestation ou, au contraire, que les rigueurs de la crise imposent un surcro\u00eet de mobilisation professionnelle ? Sur ce point, les Tunisiens ont tranch\u00e9. Ils estiment que c\u2019est justement le moment opportun des mouvements sociaux. Pour l\u2019essentiel, cette lecture s\u2019explique par des clivages politiques majeurs. Toutefois ce contexte d\u2019exasp\u00e9ration, d\u2019impatiences \u00e9conomiques et sociales, et de d\u00e9ceptions politiques, plaide en faveur des mouvements sociaux. D\u2019abord parce que les Tunisiens tiennent la politique du gouvernement pour responsable des difficult\u00e9s actuelles ; Ensuite parce que l\u2019opposition ne peut se targuer de r\u00e9ussir l\u00e0 o\u00f9 le pr\u00e9sident ou le Chef du gouvernement \u00e9chouent. Ainsi les r\u00e9sultats sont-ils inqui\u00e9tants pour l\u2019ex\u00e9cutif, mais aussi pour les sensibilit\u00e9s du gouvernement et de la classe politique de droite comme de gauche. Ils signifient, en un mot, que les Tunisiens ne font aujourd\u2019hui confiance \u00e0 personne, pour faire face au contexte actuel. Crise \u00e9conomique, inqui\u00e9tudes pour l\u2019avenir, d\u00e9fiance envers les formations de gouvernement, il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un sc\u00e9nario d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 lors de p\u00e9riodes sombres de l\u2019histoire. Des sensibilit\u00e9s centristes peuvent certes en b\u00e9n\u00e9ficier, mais \u00e9galement des sensibilit\u00e9s ou des leaders \u00e0 l\u2019image plus contestataire et, surtout, les extr\u00e9mismes antisyst\u00e8mes. M\u00eame si l\u2019extr\u00e9misme n\u2019a pas r\u00e9solu ses enjeux de leadership, il est plus que jamais en position de force. Il est cependant heureux qu\u2019ils ne disposent pas d\u2019un homme pouvant appara\u00eetre comme providentiel ni d\u2019une formation nouvelle.<\/p>\n<p>La crise que nous traversons depuis 2011 est avant tout d&rsquo;essence politique. On le voit tous les jours, dans l&rsquo;impuissance des institutions de l\u2019Etat \u00e0 faire face \u00e0 la situation \u00e9conomique et sociale, laquelle d\u00e9g\u00e9n\u00e8re sur les banques et s&rsquo;amplifie en spirale d\u00e9pressive. L&rsquo;attention s&rsquo;est port\u00e9e sur les querelles de pouvoir, tandis que l&rsquo;\u00e9conomie est en r\u00e9cession et que les dettes d\u00e9passent des seuils jamais atteints jusque-l\u00e0. La crise financi\u00e8re a d\u00e9bouch\u00e9 sur une crise \u00e9conomique qui a engendr\u00e9 la crise des dettes, laquelle aboutit \u00e0 une crise politique. Par ailleurs, la faiblesse des gouvernements qui se sont succ\u00e9d\u00e9s et l\u2019incomp\u00e9tence qui les caract\u00e9risait a creus\u00e9 l&rsquo;endettement public, lequel a conduit notre \u00e9conomie, \u00e0 son effondrement, dans une d\u00e9b\u00e2cle financi\u00e8re sans pr\u00e9c\u00e9dent. La classe politique ne s&rsquo;est pas transform\u00e9e pour r\u00e9pondre aux immenses changements de l&rsquo;\u00e9poque, la mondialisation, le mode de vie fa\u00e7onn\u00e9 par les technologies de l\u2019information et de la communication. Le retour \u00e0 l&rsquo;individualisme, sa l\u00e9gitimit\u00e9 born\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Etat-nation, ses m\u00e9thodes d&rsquo;hier et son personnel m\u00e9diocre, ont mis la d\u00e9mocratie \u00e9mergente en \u00e9chec. La classe politique, \u00e0 de rares exceptions pr\u00e8s, n&rsquo;a pas conscience des changements n\u00e9cessaires ou les minore. Elle a cru possible d\u2019instaurer un ordre nouveau en le plaquant sur l\u2019ancien, pour les institutions comme pour le syst\u00e8me social, mais elle n&rsquo;a pu le faire qu&rsquo;\u00e0 cr\u00e9dit. Les dettes sont publiques et la cons\u00e9quence de la solution de facilit\u00e9.<\/p>\n<p>Le rattrapage \u00e9conomique en s&rsquo;appuyant sur les forces d\u00e9mographiques et sur la copie des techniques de l&rsquo;Occident ne nous a pas r\u00e9ussi, nous amenant \u00e0 faire face \u00e0 notre tour au probl\u00e8me de la d\u00e9mocratie. Comment faire comprendre que l&rsquo;Etat social protecteur des ouvriers d&rsquo;hier doit devenir un Etat social inventeur de l&#8217;emploi de leurs enfants aujourd\u2019hui et demain ? La plus grande faiblesse des dirigeants politiques est pr\u00e9cis\u00e9ment de ne pas savoir dessiner un avenir positif \u00e0 notre pays. La politique entreprise est trop petite face \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie mondialis\u00e9e et le creusement de la dette agite la peur et a le d\u00e9faut d&rsquo;\u00e9troitiser le d\u00e9bat autour de la question fiscale sans que l\u2019on ait un bon niveau de r\u00e9ponse, lequel exige que la Tunisie se r\u00e9g\u00e9n\u00e8re autour de nouvelles institutions et d&rsquo;une nouvelle politique de d\u00e9veloppement. Alors, elle pourrait redevenir un mod\u00e8le d\u00e9mocratique envi\u00e9.<\/p>\n<p class=\"c4\"><strong>Monji Ben Raies<\/strong><br \/><span class=\"c3\"><em>Universitaire, Juriste<br \/>Enseignant et chercheur en Droit public et Sciences politiques<br \/>Universit\u00e9 de Tunis El Manar<br \/>Facult\u00e9 de Droit et des sciences politiques de Tunis<\/em><\/span><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/31531-des-dirigeants-politiques-qui-ne-savent-pas-dessiner-un-avenir-positif-a-notre-pays\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Monji Ben Raies\u00a0 &#8211; Si le sentiment de vivre en situation de crise constituait l\u2019un des grands sentiments du XXe si\u00e8cle, que dire du XXIe, entre pand\u00e9mie et terrorisme ? Depuis quelques ann\u00e9es, le mod\u00e8le \u00e9conomique mondial semble donner des signes de mal portance, secou\u00e9 qu\u2019il est, de plus en plus fr\u00e9quemment, par de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1772,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"\/uploads\/FCK_files\/Monji-Ben-Ra\u00efes-min(7).jpg","fifu_image_alt":"Ces dirigeants qui ne savent pas dessiner un avenir positif \u00e0 notre pays","footnotes":""},"categories":[73,55],"tags":[],"class_list":["post-112554","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112554","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1772"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=112554"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112554\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=112554"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=112554"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=112554"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}