{"id":113134,"date":"2021-03-15T07:22:00","date_gmt":"2021-03-15T11:22:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lantiquite-tunisienne-revisitee-par-samir-aounallah\/"},"modified":"2021-03-15T07:22:00","modified_gmt":"2021-03-15T11:22:00","slug":"lantiquite-tunisienne-revisitee-par-samir-aounallah","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lantiquite-tunisienne-revisitee-par-samir-aounallah\/","title":{"rendered":"L\u2019Antiquit\u00e9 tunisienne revisit\u00e9e par Samir Aounallah"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"c2\"><em><strong><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/V\u00e9ronique-Brouquier-Redd\u00e9.jpg\" width=\"15%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"left\" alt=\"\"\/>Par V\u00e9ronique Brouquier-Redd\u00e9 &#8211;<\/strong><\/em><\/span> De la fondation d\u2019Utique \u00e0 la chute de Carthage : dix-huit si\u00e8cles d\u2019histoire (1101 avant J.-C. \u2014 698 apr\u00e8s J.-C.), voici un ouvrage d\u2019histoire qui explore, de mani\u00e8re rigoureuse et didactique, sous la plume de Samir Aounallah, les diff\u00e9rentes facettes du pass\u00e9 de la Tunisie du d\u00e9but de l\u2019Antiquit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la conqu\u00eate musulmane. Une histoire complexe qui s\u2019inscrit dans un territoire d\u00e9passant les fronti\u00e8res actuelles de ce pays, travers\u00e9 au nord par la Maj(a)rda et l\u2019oued Miliane et occup\u00e9 au sud par les steppes et le d\u00e9sert. Il fut le th\u00e9\u00e2tre de plusieurs civilisations qui ont choisi, selon les si\u00e8cles, diff\u00e9rentes capitales : Utique, Carthage, Zama, Sousse ou Sbe\u00eftla.<\/p>\n<p>Le livre embrasse une p\u00e9riode longue de 1 800 ans, ponctu\u00e9e de fondations de cit\u00e9s c\u00e9l\u00e8bres (1101 Utique, 814 Carthage), de batailles et destructions imm\u00e9moriales (d\u00e9faite de Zama en 202, destruction de Carthage en 146, bataille de Thapsus, prise de Carthage par les Vandales en 439, prise de Carthage par les Arabes en 698), qui l\u2019ont fa\u00e7onn\u00e9e. Ce pass\u00e9 nous est familier gr\u00e2ce aux t\u00e9moignages textuels vari\u00e9s qui nous sont parvenus d\u2019historiens, d\u2019hommes politiques, philosophes, po\u00e8tes, agronomes ou religieux, pa\u00efens ou chr\u00e9tiens, carthaginois, africains, latins ou grecs. Les documents \u00e9pigraphiques, si nombreux en Tunisie, sont une source inestimable pour conna\u00eetre la vie municipale, les noms et les statuts des cit\u00e9s, les \u00e9verg\u00e8tes, les cultes, les habitants, etc.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/L'Atiquit%C3%A9-moy-1.jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>D\u2019autres informations \u00e9manent de cette \u00e9tonnante densit\u00e9 urbaine qui atteste l\u2019importance et la richesse de cette r\u00e9gion occup\u00e9e par des villes telles que Carthage, Kerkouane, Dougga et El-Jem, inscrites sur la liste du Patrimoine mondial de l\u2019Unesco, et par d\u2019autres dont la plupart des toponymes latins ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s malgr\u00e9 le processus de translitt\u00e9ration : A\u00efn Tounga, B\u00e9ja, Boughrara, Chemtou, El-Jem, El-Krib, Hammam Darragi, Henchir Douamis, Jebel Oust, Ha\u00efdra, Henchir el-Kasbat, Zama, Kasserine, Kbour Klib, K\u00e9libia, Kerkouane, Ksar Ghilane, Makthar, Mde\u00efna, Nabeul, Sbe\u00eftla, Sousse, etc. Les recherches sur le terrain progressent, les op\u00e9rations d\u2019arch\u00e9ologie pr\u00e9ventive sont r\u00e9alis\u00e9es non seulement \u00e0 Carthage mais sur l\u2019ensemble du territoire ; les artefacts, de mieux en mieux \u00e9tudi\u00e9s et dat\u00e9s, pr\u00e9cisent la chronologie.<\/p>\n<p class=\"c3\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/L'Atiquit%C3%A9-moy-2.jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>Les civilisations qui prirent forme dans ce pays ont marqu\u00e9 non seulement son pass\u00e9 mais aussi celui du nord de l\u2019Afrique et du Bassin m\u00e9diterran\u00e9en. L\u2019une des cultures pr\u00e9historiques, le Capsien, est l\u2019\u00e9ponyme d\u2019un des sites tunisiens. Pendant la Protohistoire, la Libye couvrait l\u2019ensemble du Maghreb, et ses habitants &#8211; les Libyens &#8211; utilisaient l\u2019\u00e9criture libyque et sont principalement connus par leurs monuments fun\u00e9raires (dolmens, tumuli et haouanet). L\u2019histoire de ce territoire est li\u00e9e \u00e0 celle de la M\u00e9diterran\u00e9e d\u00e8s l\u2019expansion ph\u00e9nicienne et les fondations de colonies qu\u2019elle \u00e9tablit \u00e0 Utique, Carthage, Sousse, Bizerte, Henchir Botria\u2026<\/p>\n<p>La l\u00e9gendaire Carthage, cit\u00e9-Etat qui exerce son h\u00e9g\u00e9monie sur la rive sud du Bassin m\u00e9diterran\u00e9en et sur l\u2019int\u00e9rieur du pays, cr\u00e9e la civilisation punique avec sa propre langue, le punique, tout en utilisant le grec dans les op\u00e9rations commerciales, ses institutions dont le suf\u00e9tat, et sa monnaie. Ses relations avec la Ph\u00e9nicie, la Sicile, la Gr\u00e8ce, Rome, la Libye et la Maur\u00e9tanie l\u2019ont profond\u00e9ment influenc\u00e9e. Son espace se r\u00e9duit au gr\u00e9 des trois guerres puniques contre les Romains, de ses alliances ou m\u00e9salliances avec les Numides et les autres cit\u00e9s. La Numidie des Massyles, situ\u00e9e \u00e0 l\u2019ouest et au sud-ouest de Carthage, adopte le punique et le n\u00e9opunique mais conserve l\u2019usage du libyque comme le d\u00e9montrent les c\u00e9l\u00e8bres d\u00e9dicaces bilingues libyco-puniques de Dougga. Les maqd\u00e8s (temples, m\u00e9moriaux), les mausol\u00e9es turriformes, les monuments circulaires (bazinas) r\u00e9v\u00e8lent une architecture originale, profond\u00e9ment marqu\u00e9e par les influences punique et grecque.<\/p>\n<p class=\"c3\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/L'Atiquit%C3%A9-moy-3.jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>Sous la R\u00e9publique romaine et l\u2019Empire, les institutions et les statuts des villes et des habitants ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s, le latin devient la langue officielle, de m\u00eame les villes et les \u00e9difices publics et priv\u00e9s s\u2019approprient les innovations techniques et formelles du conqu\u00e9rant tout en gardant leurs sp\u00e9cificit\u00e9s locales, cr\u00e9ant ainsi des \u0153uvres dont l\u2019originalit\u00e9 et la beaut\u00e9 font l\u2019admiration des visiteurs des sites et des mus\u00e9es tunisiens. L\u2019agriculture et l\u2019arboriculture, initi\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque carthaginoise, se d\u00e9veloppent comme en t\u00e9moigne la cr\u00e9ation des domaines imp\u00e9riaux g\u00e9r\u00e9s par les lois agraires (lex Manciana, lex Hadriana). Les produits renomm\u00e9s de l\u2019Africa s\u2019exportent tr\u00e8s loin : les c\u00e9r\u00e9ales, l\u2019huile, le vin, les salaisons, les b\u00eates sauvages, le marbre de Chemtou, le savon d\u2019Utique, l\u2019encens et les parfums\u2026 En contrepartie, la vaisselle de luxe afflue de toute la M\u00e9diterran\u00e9e. \u00c0 partir du IIIe si\u00e8cle, le polyth\u00e9isme africo-romain qui m\u00ealait l\u2019h\u00e9ritage de Rome et de la Gr\u00e8ce aux croyances venues de Carthage et du monde berb\u00e8re, \u00e9volue progressivement vers le monoth\u00e9isme chr\u00e9tien. La prise de Carthage en 698 par les Arabes, annonciatrice de l\u2019av\u00e8nement d\u2019une nouvelle \u00e8re, sonna d\u00e9finitivement la fin de la pr\u00e9sence des Byzantins qui avaient chass\u00e9 les Vandales, et par l\u00e0 m\u00eame la fin de l\u2019Antiquit\u00e9.<\/p>\n<p>Samir Aounallah retrace, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une promenade dans le temps et dans l\u2019espace, l\u2019histoire antique de la Tunisie, en \u00e9voquant les changements de statut (royaume numide, province romaine), de nom et de limites g\u00e9ographiques de celle qui fut l\u2019ancienne Libye, la Numidie massyle, l\u2019Africa, l\u2019Africa vetus et l\u2019Africa nova, l\u2019Afrique proconsulaire, la Numidie (militaire), la Byzac\u00e8ne, la Zeugitane, la Tripolitaine. Elle est habit\u00e9e selon les r\u00e9gions et les \u00e9poques, de Libyens, Afri, Carthaginois, Puniques, Libyph\u00e9niciens, Numides massyles, Romains. Les plus illustres d\u2019entre eux sont entr\u00e9s dans l\u2019histoire : \u00c9lissa\/Didon, Sophonisbe, les fr\u00e8res Phil\u00e8nes, Hannon, Tacfarinas, Hannibal, Hiarbas, Syphax, Massinissa, Micipsa, Jugurtha, Juba I, mais encore Apul\u00e9e, Augustin, Corippe, Cyprien, Magon, Tertullien et bien d\u2019autres. Samir Aounallah met son savoir d\u2019historien \u00e0 la port\u00e9e de tous, en donnant la possibilit\u00e9 d\u2019approfondir les diff\u00e9rents aspects des brillantes civilisations qu\u2019a connues la Tunisie dans l\u2019Antiquit\u00e9. Cet ouvrage, magnifiquement illustr\u00e9, fait \u00e9galement \u0153uvre de r\u00e9f\u00e9rence pour les \u00e9tudiants et les chercheurs..<\/p>\n<p><span class=\"c4\"><strong>L\u2019Antiquit\u00e9 tunisienne<br \/>De la fondation d\u2019Utique \u00e0 la chute de Carthage<\/strong><\/span><br \/><strong>Dix-huit si\u00e8cles d\u2019histoire (1101 avant J.-C. &#8211; 698 apr\u00e8s J.-C.)\u00a0 de Samir Aounallah<br \/>Editions Nirvana, 2021<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>V\u00e9ronique Brouquier-Redd\u00e9<\/strong><br \/><span class=\"c5\"><em>AOrOc, UMR 8546<br \/>(CNRS-ENS-PSL, Paris)<\/em><\/span><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/31575-l-antiquite-tunisienne-revisitee-par-samir-aounallah\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par V\u00e9ronique Brouquier-Redd\u00e9 &#8211; De la fondation d\u2019Utique \u00e0 la chute de Carthage : dix-huit si\u00e8cles d\u2019histoire (1101 avant J.-C. \u2014 698 apr\u00e8s J.-C.), voici un ouvrage d\u2019histoire qui explore, de mani\u00e8re rigoureuse et didactique, sous la plume de Samir Aounallah, les diff\u00e9rentes facettes du pass\u00e9 de la Tunisie du d\u00e9but de l\u2019Antiquit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1772,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"\/uploads\/FCK_files\/V\u00e9ronique-Brouquier-Redd\u00e9.jpg","fifu_image_alt":"L\u2019Antiquit\u00e9 tunisienne revisit\u00e9e par Samir Aounallah","footnotes":""},"categories":[73,55],"tags":[],"class_list":["post-113134","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/113134","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1772"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=113134"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/113134\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=113134"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=113134"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=113134"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}