{"id":113273,"date":"2021-03-17T16:55:23","date_gmt":"2021-03-17T20:55:23","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/mauvaises-pratiques-de-peche-a-loumbila-un-danger-pour-les-ressources-halieutiques\/"},"modified":"2021-03-17T16:55:23","modified_gmt":"2021-03-17T20:55:23","slug":"mauvaises-pratiques-de-peche-a-loumbila-un-danger-pour-les-ressources-halieutiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/mauvaises-pratiques-de-peche-a-loumbila-un-danger-pour-les-ressources-halieutiques\/","title":{"rendered":"Mauvaises pratiques de p\u00eache \u00e0 Loumbila : Un danger pour les ressources halieutiques"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\">\n<figure><a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche2-1.jpg\" data-caption=\"Selon le p\u00eacheur Yacouba Guiblew\u00e9ogo\u2026.\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"522\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche2-1-696x522.jpg\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche2-1-696x522.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche2-1-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche2-1-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche2-1-150x112.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche2-1-560x420.jpg 560w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche2-1-80x60.jpg 80w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche2-1-265x198.jpg 265w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche2-1.jpg 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" alt=\"\" title=\"peche2\"\/><\/a><figcaption class=\"wp-caption-text\">Selon le p\u00eacheur Yacouba Guiblew\u00e9ogo\u2026.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p><strong>L\u2019utilisation de filets de p\u00eache non autoris\u00e9s, la battue des eaux, le mara\u00eechage, le non-respect des frayeurs sont des pratiques non r\u00e8glementaires utilis\u00e9es dans les eaux du barrage de Loumbila et sur ses berges. Ces violations menacent les ressources halieutiques de ce plan d\u2019eau d\u2019avant-ind\u00e9pendance. Constat avec des acteurs qui crient au sauvetage du barrage et de ses ressources.<\/strong><\/p>\n<p>Le poisson se rar\u00e9fie dans les eaux du barrage de Loumbila situ\u00e9 \u00e0 un jet de pierre de la capitale burkinab\u00e8. Les p\u00eacheurs s\u2019en inqui\u00e8tent. \u00ab Dans le temps, notre barrage \u00e9tait le plus poissonneux du pays. Il y a encore quinze ans, nous utilisons des filets de mailles de 15 cm et malgr\u00e9 cette largeur des mailles, nous arrivons \u00e0 prendre de gros poissons. A l\u2019\u00e9poque, j\u2019ai une fois captur\u00e9 deux capitaines de 60 kg et de 70kg en une matin\u00e9e. Aujourd\u2019hui avec les mailles de 10 cm, nous ne pouvons rien p\u00eacher, tellement le barrage manque de gros poissons \u00bb, se souvient am\u00e8rement le pr\u00e9sident des p\u00eacheurs de Loumbila, Mady Ilboudo.<\/p>\n<p>Autrefois, Loumbila \u00e9tait l\u2019une des localit\u00e9s pourvoyeuse de la capitale Ouagadougou en poissons frais. Plus de 70 ans apr\u00e8s la r\u00e9alisation de ce barrage, le tarissement des ressources halieutiques n\u2019est pas une vue de l\u2019esprit !<br \/>Yacouba Guiblew\u00e9ogo, un p\u00eacheur de longues ann\u00e9es, a ram\u00e9 en cette matin\u00e9e de janvier 2021 sur le plan d\u2019eau, dans sa partie Est, sans une grosse prise. Depuis 7 heures, il a fait le tour de ses filets de p\u00eache \u00e9tal\u00e9s sur plus de 200 m et plac\u00e9s la veille. Apr\u00e8s plus d\u2019une heure et demie de s\u00e9jour dans les eaux \u00abfroides\u00bb, la moisson du jour ne semble pas \u00eatre au rendez-vous des attentes du quinquag\u00e9naire. 1,5 kg de petits capitaines c\u00e9d\u00e9 \u00e0 850 F CFA (1,30\u20ac) \u00e0 une mareyeuse qui attendait sur la digue.<\/p>\n<p>\u00ab Voici tout ce que j\u2019ai eu comme poisson, ce matin apr\u00e8s tant de temps dans l\u2019eau en cette p\u00e9riode de froid \u00bb, l\u00e2che-t-il, les yeux riv\u00e9s sur sa prise matinale d\u00e9j\u00e0 au fond du petit seau en plastique de la vendeuse Zonabo Ou\u00e9draogo.<br \/>Cette \u00ab maigre \u00bb prise est loin des grosses captures des ann\u00e9es ant\u00e9rieures. \u00ab Avant, on ne pesait pas le poisson. On utilisait des paniers, comme instrument de mesure. Nous vendions le panier de poisson \u00e0 3000 francs CFA (4,60\u20ac : ndlr) \u00bb, se rem\u00e9more-t-il.<\/p>\n<p>Sond\u00e9 Issa, qui totalise trois d\u00e9cennies de \u00abcarri\u00e8re\u00bb dans la p\u00eache se souvient, lui aussi, du bon vieux temps des bonnes \u00abmoissons\u00bb sur cette p\u00eacherie de Loumbila. \u00ab La p\u00eache \u00e9tait rentable mais ce n\u2019est plus le cas aujourd\u2019hui. Avant, nous pouvions avoir 25 kg de poisson par jour. Aujourd\u2019hui, avoir deux kg de poisson rel\u00e8ve de la chance. \u00bb, rench\u00e9rie-t-il.<\/p>\n<p>La baisse de la production du poisson sur ce barrage colonial n\u2019\u00e9chappe pas au minist\u00e8re des Ressources animales et halieutiques. Statistiques \u00e0 l\u2019appui, le Directeur g\u00e9n\u00e9ral des ressources halieutiques, Henri Zerbo, s\u2019inqui\u00e8te du d\u00e9clin des indicateurs. \u00ab La situation s\u2019est d\u00e9grad\u00e9e \u00e0 Loumbila mais curieusement, il y a toujours quelques gros poissons. Aujourd\u2019hui, on y trouve encore des capitaines de 15 \u00e0 20 kg, alors que dans le temps, on avait des capitaines de 50 kg et plus \u00bb, fait-il savoir.<\/p>\n<p>A cela s\u2019ajoutent certaines esp\u00e8ces, comme le Heterotis niloticus (Rakako en moor\u00e9 et Faanan en dioula), qui deviennent de plus en plus rares.<\/p>\n<h3>La battue des eaux<\/h3>\n<figure id=\"attachment_33481\" aria-describedby=\"caption-attachment-33481\" class=\"wp-caption alignleft c1\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-33481\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche-150x112.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche-696x522.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche-560x420.jpg 560w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche-80x60.jpg 80w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche-265x198.jpg 265w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche.jpg 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"\/><figcaption id=\"caption-attachment-33481\" class=\"wp-caption-text\">\u2026. l\u2019utilisation des filets de p\u00eaches non autoris\u00e9s est une r\u00e9alit\u00e9 sur le barrage de Loumbila.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les vendeuses et transformatrices de poissons sont des t\u00e9moins quotidiens, impuissants, de la rar\u00e9faction des ressources halieutiques sur cette p\u00eacherie. Nafi Ilboudo et Zonabo Ou\u00e9draogo exercent la vente du poisson depuis plusieurs ann\u00e9es ; un commerce qui leur rapporte, confient-elles.<\/p>\n<p>Elles y ach\u00e8tent le kg de poisson \u00e0 500F CFA, 600F CFA, 700F CFA ou 1000 F CFA qu\u2019elles revendent en ajoutant plus ou moins 20% sur le prix du kg, selon la taille et la nature du poisson. \u00ab Quand je commen\u00e7ais, je pouvais avoir entre 5 et 10 kg par jour. Mais aujourd\u2019hui, la pes\u00e9e s\u2019est faite devant vous, je n\u2019ai eu que 1,5 kg \u00bb, d\u00e9plore cette dame de 37 ans, Zonabo Ou\u00e9draogo. Elle dit ignorer les raisons de cette diminution continue des quantit\u00e9s de poissons qui sortent du barrage.<\/p>\n<p>\u00ab Nous ne savons pas pourquoi les quantit\u00e9s baissent, seuls les p\u00eacheurs peuvent r\u00e9pondre \u00e0 cette question \u00bb, avance-t-elle.<br \/>Le pr\u00e9sident Ilboudo et ses camarades, eux, disent conna\u00eetre la source du mal : les mauvaises pratiques de p\u00eache. Pourtant la r\u00e8glementation semble connue des p\u00eacheurs. \u00ab Les r\u00e8gles de p\u00eache que nous connaissons ici, sont l\u2019interdiction de battre des eaux, de p\u00eacher les petits poissons, l\u2019obligation d\u2019avoir un permis de p\u00eache \u00bb, cite ce jeune p\u00eacheur de 36 ans, Idrissa Kafando.<\/p>\n<p>\u00ab Parmi nous, il y a des gens qui ont des mauvaises pratiques de p\u00eache que nos parents et grands-parents n\u2019ont jamais faites sur le barrage. Ils battent les eaux pour p\u00eacher \u00bb, relate tout furieux M. Ilboudo, du haut de ses 64 ans. Pour lui, ce sont les m\u00eames personnes qui ne prennent pas des permis de p\u00eache qui ne respectent pas les zones de reproduction du poisson appel\u00e9s frayeurs et qui se trouvent au niveau des flancs d\u2019eau, car ils battent les eaux \u00e0 tous les niveaux.<\/p>\n<p>Outre la battue des eaux, l\u2019utilisation des filets de p\u00eaches, dont les mailles sont inf\u00e9rieures \u00e0 ce qu\u2019exige la r\u00e8glementation, \u00e0 savoir sup\u00e9rieures ou \u00e9gales \u00e0 3cm, semble \u00eatre une pratique courante. \u00ab Nos prises diminuent de jour en jour, d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e, \u00e0 cause de nos mauvaises pratiques de p\u00eache. Par exemple, nous utilisons des filets de p\u00eache interdits par la loi \u00bb, confesse, M. Guiblew\u00e9ogo, faisant son mea culpa. \u00ab Une fois, j\u2019ai utilis\u00e9 un filet moustiquaire. Ce jour, j\u2019ai pris une quantit\u00e9 \u00e9norme d\u2019alevins. J\u2019\u00e9tais tr\u00e8s d\u00e9courag\u00e9 parce que j\u2019ai commis des d\u00e9g\u00e2ts. Le m\u00eame jour, j\u2019ai d\u00e9truit ce filet. Si nous ne faisons pas attention, il arrivera un moment o\u00f9 nous ne pourrions m\u00eame pas p\u00eacher un seul poison dans ce barrage \u00bb, pr\u00e9vient-il, en secouant la t\u00eate.<\/p>\n<p>Les violations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es des normes pr\u00e9occupent le pr\u00e9sident des p\u00eacheurs de Loumbila. A l\u2019entendre, ces pratiques ne garantissent pas la durabilit\u00e9 des ressources halieutiques et ne profitent \u00e0 personne. Elles ne permettent pas aux poissons de se reproduire, de se d\u00e9velopper et de peupler le barrage.<\/p>\n<h3>Une question d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral<\/h3>\n<p>Pour le p\u00eacheur Sond\u00e9, la pr\u00e9servation des ressources halieutiques ne doit pas \u00eatre seulement l\u2019affaire de ceux qui tirent des revenus de cette activit\u00e9. Elle est une question<\/p>\n<figure id=\"attachment_33483\" aria-describedby=\"caption-attachment-33483\" class=\"wp-caption alignright c1\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-33483\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche3-300x194.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"194\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche3-300x194.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche3-768x497.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche3-150x97.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche3-696x450.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche3-649x420.jpg 649w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche3.jpg 784w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"\/><figcaption id=\"caption-attachment-33483\" class=\"wp-caption-text\">Le DG des ressources halieutiques, Henri Zerbo : \u00ab Il faut une appropriation locale des enjeux li\u00e9s \u00e0 la p\u00eache, \u00e0 la gestion durable des ressources halieutiques \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. \u00ab La p\u00eache participe \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et nutritionnelle de la population. Sans celle-ci, beaucoup de m\u00e9nages vont mal se nourrir \u00bb, argumente-t-il. Entre p\u00eacheurs, il est difficile de faire plier ceux qui transgressent les r\u00e8gles. Les efforts de sensibilisation n\u2019ont jusque-l\u00e0 pas produit les effets escompt\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00ab Nous sommes all\u00e9s dans le village de ceux qui s\u2019adonnent aux mauvaises pratiques pour les interpeller devant leur chef sur la n\u00e9cessit\u00e9 de se d\u00e9partir de la battue des eaux du barrage comme technique de p\u00eache \u00bb, t\u00e9moigne Mady Ilboudo.<br \/>En mai 2020, Loumbila a fr\u00f4l\u00e9 le pire. Un conflit sanglant a \u00e9t\u00e9 \u00e9vit\u00e9 de justesse dans les environs du plan d\u2019eau, entre ceux qui enfreignent aux r\u00e8gles et ceux qui veulent y mettre un terme, lors d\u2019une r\u00e9union sur le sujet. L\u2019intervention des sages a emp\u00each\u00e9 que l\u2019irr\u00e9parable se produise, confie M. Ilboudo. Pour ceux qui pr\u00f4nent la promotion des bonnes pratiques, la persistance des atteintes \u00e0 la r\u00e8glementation est due \u00e0 l\u2019absence de contr\u00f4les et de sanctions de la part des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes.<\/p>\n<p>Ils soutiennent avoir interpell\u00e9 \u00e0 maintes reprises les services des eaux et for\u00eats qui ne seraient jamais venus les aider \u00e0 sauver les ressources bioaquatiques du barrage, malgr\u00e9 les multiples promesses. \u00ab Je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 d\u2019une telle situation. S\u2019ils posent leurs probl\u00e8mes au niveau local sans solution, ils peuvent saisir la direction provinciale ou r\u00e9gionale \u00bb, retorque l\u2019inspecteur des eaux et for\u00eats et Directeur r\u00e9gional de l\u2019environnement, de l\u2019\u00e9conomie verte et du changement climatique du Plateau central, Mitimanegda Louis Ou\u00e9draogo. Mais, sans occulter les contraintes financi\u00e8res et logistiques qui constituent un v\u00e9ritable frein aux op\u00e9rations de contr\u00f4les r\u00e9guliers sur le terrain et au suivi \u00e9cologique des plans d\u2019eau.<\/p>\n<p>Il d\u00e9plore que les 100 m\u00e8tres de servitude pour la protection des berges du barrage ne soient pas respect\u00e9s par les mara\u00eechers. Le mara\u00eechage sur les berges, avec l\u2019utilisation des engrais chimiques, explique-t-il, en plus de provoquer l\u2019ensablement du barrage et la pollution des eaux, entra\u00eenent un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019eutrophisation, c\u2019est-\u00e0-dire un envahissement des plans d\u2019eau par des plantes aquatiques qui ont un impact n\u00e9gatif sur les ressources halieutiques.<\/p>\n<p>L\u2019inspecteur Ou\u00e9draogo invite chaque acteur \u00e0 \u00eatre artisan du respect de la r\u00e8glementation relative \u00e0 l\u2019exploitation des plans d\u2019eau. Car, quelle que soit leur bonne volont\u00e9, les forestiers ou la police de l\u2019eau ne peuvent pas effectuer quotidiennement des contr\u00f4les. Pour le Directeur de la p\u00eache, Philipe Sawadogo, les insuffisances au niveau du contr\u00f4le r\u00e9sulte d\u2019une faiblesse institutionnelle. \u00ab Selon la loi, les agents asserment\u00e9s des eaux et for\u00eats sont charg\u00e9s de faire respecter la r\u00e8glementation en mati\u00e8re de p\u00eache. Nous, en tant que d\u00e9partement en charge des ressources halieutiques, n\u2019avons pas l\u2019initiative du contr\u00f4le \u00bb, souligne-t-il. Sans oublier que les ressources en eau, rel\u00e8vent de la comp\u00e9tence d\u2019un autre d\u00e9partement, le minist\u00e8re de l\u2019Eau et de l\u2019Assainissement.<\/p>\n<p>Face \u00e0 l\u2019inaction des autorit\u00e9s et des forces de l\u2019ordre, pour le p\u00eacheur Guiblew\u00e9ogo, la seule solution est celle de poursuivre la sensibilisation des acteurs locaux et de porter le probl\u00e8me au niveau national. \u00ab Nous comptons sur vous les journalistes pour relayer nos pr\u00e9occupations aux autorit\u00e9s gouvernementales afin qu\u2019elles nous aident \u00e0 sauver notre barrage \u00bb, soupire le quinquag\u00e9naire.<\/p>\n<h3>\u00ab Il faut une appropriation locale des enjeux\u2026 \u00bb<\/h3>\n<figure id=\"attachment_33484\" aria-describedby=\"caption-attachment-33484\" class=\"wp-caption alignleft c1\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-33484\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche4-300x251.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"251\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche4-300x251.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche4-768x642.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche4-150x125.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche4-696x582.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche4-502x420.jpg 502w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche4.jpg 780w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"\/><figcaption id=\"caption-attachment-33484\" class=\"wp-caption-text\">Selon le directeur de la p\u00eache, Philipe Sawadogo, les fermetures temporaires des p\u00eacheries et la r\u00e9alisation des \u00e9chelles \u00e0 poissons peuvent contribuer \u00e0 la durabilit\u00e9 des ressources halieutiques.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Au-del\u00e0, les transgressions des normes de p\u00eache s\u2019expliquent par la pauvret\u00e9 et l\u2019existence d\u2019un march\u00e9 o\u00f9 la demande en poisson, de petite ou grande taille, est forte, argumente M. Zerbo, le Directeur g\u00e9n\u00e9ral des ressources halieutiques. Entre les ann\u00e9es 1990 et 2010, la consommation du poisson par habitant et par an au Burkina Faso est pass\u00e9 de 1,2 kg \u00e0 3,5 Kg, pour atteindre 7 kg aujourd\u2019hui. Et ce, bien que la population ait plus que doubl\u00e9, pr\u00e9cise-t-il. Le pays des Hommes int\u00e8gres importe 80% de sa consommation de poissons, selon la Direction des ressources halieutiques.<\/p>\n<p>La solution pour une pr\u00e9servation des ressources halieutiques et en eau passe, selon M. Zerbo, par une prise de conscience des premiers acteurs. \u00ab Il faut une appropriation locale des enjeux li\u00e9s \u00e0 la p\u00eache, \u00e0 la gestion durable des ressources halieutiques \u00bb, mart\u00e8le-t-il. Cela pourrait se faire \u00e0 travers l\u2019organisation des acteurs, leur implication effective, y compris les collectivit\u00e9s locales, dans les actions de d\u00e9veloppement de la p\u00eache, indique le Chef de service p\u00eache \u00e0 la direction r\u00e9gionale des ressources animales et halieutiques du Plateau central, Pierre Ou\u00e9draogo.<\/p>\n<p>Sans cette responsabilisation \u00e0 l\u2019\u00e9chelon local, toutes les batteries de mesures r\u00e8glementaires ou communautaires resteront lettres mortes, insiste-t-il. Pour le jeune p\u00eacheur, Idrissa Kafando, la reconversion des jeunes p\u00eacheurs dans d\u2019autres activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus, \u00e0 travers l\u2019accompagnement des pouvoirs publics, peut aider \u00e0 r\u00e9duire la surexploitation des ressources du barrage de Loumbila. \u00ab Quand nous \u00e9tions petits, il y avait environ cinq pirogues de p\u00eache sur le barrage.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, on en d\u00e9nombre plus de 200 \u00bb, s\u2019alarme-t-il. La promotion de la pisciculture, les fermetures temporaires qui offrent aux poissons une p\u00e9riode de repos biologique, la d\u00e9limitation et la protection des zones de reproduction sur les plans d\u2019eau, constituent des alternatives pour le renouv\u00e8lement des ressources halieutiques, selon M. Sawadogo, Directeur de la p\u00eache.<\/p>\n<p>A cela s\u2019ajoute la r\u00e9alisation des \u00e9chelles \u00e0 poissons ou des canaux de contournement sur les barrages, \u00e0 l\u2019effet de permettre aux poissons qui quittent la vague de remonter en amont et vice-versa, de migrer et de peupler l\u2019ensemble du plan d\u2019eau. Les deux milliards F CFA d\u2019allocations budg\u00e9taires moyennes de ces cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, aliment\u00e9es en majorit\u00e9 par les financements des projets, semblent insuffisants pour relever les nombreux d\u00e9fis du sous-secteur. La gestion durable des ressources halieutiques demande d\u2019importants financements, clame-t-on du c\u00f4t\u00e9 du minist\u00e8re en charge de ces ressources.<\/p>\n<p class=\"c2\"><strong>Mahamadi SEBOGO<\/strong><br \/>Windmad76@gmail.com<\/p>\n<hr\/>\n<h3>Le barrage de Loumbila en chiffres<\/h3>\n<p class=\"c3\">Avec une superficie de 1500 hectares et une capacit\u00e9 de 42,2 millions de m3, le barrage hydraulique de Loumbila a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 en 1947, initialement pour approvisionner la capitale en eau potable. Par la suite, des activit\u00e9s de p\u00eache s\u2019y sont d\u00e9velopp\u00e9es, au point que Loumbila \u00e9tait devenu l\u2019une des localit\u00e9s pourvoyeuse de la capitale en poissons frais. En 2020, la production de poissons sur cet ouvrage hydraulique est estim\u00e9e \u00e0 125 tonnes, contre 234 tonnes pour la r\u00e9gion du Plateau central. En 2019, la production nationale de poissons est de 28 365 tonnes, estim\u00e9e \u00e0 environ 3 milliards FCFA. En 2020, le nombre de p\u00eacheurs sur ce plan d\u2019eau est estim\u00e9 \u00e0 100 sur les 290 que compte la r\u00e9gion. Au cours de la m\u00eame ann\u00e9e, 50 permis de p\u00eache ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9livr\u00e9s aux p\u00eacheurs sur ce barrage contre 179 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale.<\/p>\n<p class=\"c2\"><strong>M.S<\/strong><br \/><strong>Source : MRAH<\/strong><\/p>\n<hr\/>\n<p><strong>\u00ab Si nos pr\u00e9occupations ne trouvent pas solutions\u2026 \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>En attendant que les p\u00eacheurs sortent des eaux, nous proc\u00e9dons \u00e0 quelques prises de vue. Une voix, venue du groupe de p\u00eacheurs sur la digue, nous interpelle. \u00ab Ne filmez pas les planches des mara\u00eechers. Vous \u00eates venus pour parler p\u00eache et non de mara\u00eechage. Il ne faut pas nous cr\u00e9er des probl\u00e8mes \u00bb, nous lance Issa Sond\u00e9. A la fin de notre reportage, au moment o\u00f9 nous rangeons t\u00e9l\u00e9phones, tablettes, M. Sond\u00e9, tr\u00e8s prolixe, revient \u00e0 la charge. \u00ab Ce n\u2019est pas fini, j\u2019ai une derni\u00e8re chose \u00e0 vous dire ! Chaque ann\u00e9e, vous venez nous poser des questions et enregistrez nos propos, vous prenez des images, mais les probl\u00e8mes que nous soulevons restent intacts. Si cette fois-ci nos pr\u00e9occupations ne trouvent pas de solutions, la prochaine fois que vous mettriez les pieds ici, nous allons vous chasser. Il faut donc que les probl\u00e8mes de notre barrage parviennent \u00e0 Roch (NDLR : du nom du pr\u00e9sident du Faso, Roch Marc Christian Kabor\u00e9) \u00bb, nous avertit-il, tout souriant.<\/p>\n<p class=\"c2\"><strong>M.S<\/strong><\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom tdi_33_377 td_block_template_1\">\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-27454\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/PUB-Bandeau-paiement-mobile-siteweb.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/03\/17\/mauvaises-pratiques-de-peche-a-loumbila-un-danger-pour-les-ressources-halieutiques\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Selon le p\u00eacheur Yacouba Guiblew\u00e9ogo\u2026. L\u2019utilisation de filets de p\u00eache non autoris\u00e9s, la battue des eaux, le mara\u00eechage, le non-respect des frayeurs sont des pratiques non r\u00e8glementaires utilis\u00e9es dans les eaux du barrage de Loumbila et sur ses berges. Ces violations menacent les ressources halieutiques de ce plan d\u2019eau d\u2019avant-ind\u00e9pendance. Constat avec des acteurs qui [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/peche2-1-696x522.jpg","fifu_image_alt":"Mauvaises pratiques de p\u00eache \u00e0 Loumbila : Un danger pour les ressources halieutiques","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-113273","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/113273","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=113273"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/113273\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=113273"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=113273"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=113273"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}