{"id":114727,"date":"2021-04-10T22:18:01","date_gmt":"2021-04-11T02:18:01","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/tchad-benin-djibouti-ces-presidentielles-jouees-davance-decryptage\/"},"modified":"2021-04-10T22:18:01","modified_gmt":"2021-04-11T02:18:01","slug":"tchad-benin-djibouti-ces-presidentielles-jouees-davance-decryptage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/tchad-benin-djibouti-ces-presidentielles-jouees-davance-decryptage\/","title":{"rendered":"Tchad-B\u00e9nin-Djibouti, ces pr\u00e9sidentielles jou\u00e9es d\u2019avance (d\u00e9cryptage)"},"content":{"rendered":"<div readability=\"32\">\n<p>Publi\u00e9 le 11.04.2021 \u00e0 03h18 par APA News<\/p>\n<\/div>\n<div readability=\"148\">\n<p>Apr\u00e8s Djibouti, vendredi 9 avril, des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles sans rivaux majeurs pour les pr\u00e9sidents sortants, sont organis\u00e9es ce dimanche 11 avril au B\u00e9nin et au Tchad. Chercheur au tr\u00e8s dynamique think tank Wathi, bas\u00e9 \u00e0 Dakar, Babacar Ndiaye d\u00e9crypte les enjeux de ces scrutinsLes<br \/>trois \u00e9lections pr\u00e9sidentielles organis\u00e9es \u00e0 Djibouti, au B\u00e9nin et au Tchad, entre vendredi et dimanche, ont en commun l\u2019absence de challenger de taille face \u00e0 chacun des trois pr\u00e9sidents sortants. Qu\u2019est-ce qui explique cette situation ?\u00a0<\/p>\n<p>La situation actuelle de ces trois pays et le d\u00e9roulement de la s\u00e9quence \u00e9lectorale, ne laisse presque pas de doute sur une victoire de chacun de ces trois pr\u00e9sidents sortants. Le Tchad et Djibouti ont des points communs. \u00a0Dans ces deux pays, nous avons des pr\u00e9sidents qui sont candidats \u00e0 leur propre succession et qui sont en fonction depuis plus de deux d\u00e9cennies au moins. Idriss D\u00e9by est candidat \u00e0 un sixi\u00e8me mandat pr\u00e9sidentiel \u00e0 la t\u00eate du Tchad.\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019absence de challengers r\u00e9els \u00e0 ces diff\u00e9rentes pr\u00e9sidentielles est d\u00fb \u00e0 plusieurs facteurs. Pour le Tchad et Djibouti, il y a le fait que ces dirigeants, pr\u00e9sents depuis des ann\u00e9es \u00e0 la t\u00eate de ces pays, ont mis en place des m\u00e9canismes ou syst\u00e8mes qui renforcent toujours leur pouvoir. Il y a un contr\u00f4le quasi absolu de tous les secteurs de la vie politique et institutionnelle du pays. L\u2019opposition n\u2019a pas beaucoup d\u2019espace pour se faire entendre. La justice est souvent per\u00e7ue comme un \u00ab instrument \u00bb du pouvoir.<\/p>\n<p>Dans ces deux pays comme au B\u00e9nin, il \u00a0y a une pratique qui est de plus en plus courante un peu partout en Afrique, il s\u2019agit de l\u2019exclusion d\u2019une partie de la classe politique du champ politique ou simplement de la comp\u00e9tition \u00e9lectorale. Cette exclusion se fait de plusieurs mani\u00e8res. Il s\u2019agit de r\u00e8gles que l\u2019on \u00e9dicte sans un consensus de la classe politique. Au B\u00e9nin, nous avons eu le parrainage comme l\u2019un des crit\u00e8res de validation des candidatures \u00e0 la pr\u00e9sidentielle. Les candidats devaient r\u00e9unir au moins 16 parrainages. \u00a0<\/p>\n<p>\u00a0La quasi-totalit\u00e9 de ceux qui peuvent transmettre ce parrainage qui sont les d\u00e9put\u00e9s et les maires appartiennent au camp pr\u00e9sidentiel. Au final au B\u00e9nin, les candidats les plus s\u00e9rieux ne sont pas pr\u00e9sents \u00e0 cette \u00e9lection. L\u2019opposition parle m\u00eame d\u2019une \u00ab \u00e9lection pr\u00e9sidentielle avec Patrice Talon contre Patrice Talon \u00bb.<\/p>\n<p>\u00a0La capacit\u00e9 du pouvoir \u00e0 \u00e9dicter les r\u00e8gles du jeu politique, le contr\u00f4le quasi absolu des institutions suppos\u00e9es d\u00e9mocratiques et la perception d\u2019un manque d\u2019int\u00e9grit\u00e9 du processus \u00e9lectoral ne jouent pas en faveur des opposants politiques. Le d\u00e9bat n\u2019est pas forc\u00e9ment celui des id\u00e9es et des offres programmatiques mais celui de personnes.<\/p>\n<p>\u00a0Il y a une autre donne: l\u2019opposition va souvent en rang dispers\u00e9 aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles. \u00a0Au Tchad, 15 partis d\u2019opposition souhaitaient avoir un \u00ab candidat unique \u00bb face au pr\u00e9sident Idriss D\u00e9by Itno, mais cela n\u2019a pas pu se concr\u00e9tiser du fait des ambitions personnelles. La Cour supr\u00eame a invalid\u00e9 sept candidatures et l\u2019opposant \u00ab historique \u00bb Saleh Kebzabo a d\u00e9cid\u00e9 de se retirer de la course pour protester contre les violences et appelle au boycott du scrutin. Au fond, l\u2019enjeu de ces trois scrutins pr\u00e9sidentiels sera le taux de participation pour l\u00e9gitimer la victoire du pr\u00e9sident sortant. \u00a0<\/p>\n<p>\u00a0Les diff\u00e9rentes mobilisations ou initiatives pour emp\u00eacher ou troubler ces trois scrutins ne semblent pas porter leurs fruits. Est-ce \u00e0 dire que les oppositions africaines sont faibles ?<\/p>\n<p>\u00a0La faiblesse de l\u2019opposition m\u00eame une r\u00e9alit\u00e9 dans beaucoup de pays africains. Il est clair qu\u2019elle peine souvent \u00e0 mobiliser les populations. Il faut d\u2019ailleurs poser la question de la pertinence des partis politiques telle que nous la concevons. Il semblerait qu\u2019il y ait un essoufflement quant \u00e0 leurs capacit\u00e9s \u00e0 renouveler leur discours. Nous avons souvent les m\u00eames visages au sein de l\u2019opposition et qui sont candidats \u00e9lections apr\u00e8s \u00e9lections. A Djibouti, il est reproch\u00e9 au pr\u00e9sident Isma\u00ebl Guelleh d\u2019avoir favoris\u00e9 la candidature d\u2019un homme ind\u00e9pendant et inconnu du champ politique pour tenter de donner du sang neuf \u00e0 son opposition.<\/p>\n<p>\u00a0Il faudrait une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de politiques capables de remobiliser les populations autour de nouvelles id\u00e9es et id\u00e9aux.<\/p>\n<p>\u00a0Il y a aussi la cr\u00e9dibilit\u00e9 dans le discours et la coh\u00e9rence dans les postures. Au Tchad, le g\u00e9n\u00e9ral Bala Lad\u00e9, qui se pla\u00e7ait comme un opposant dur \u00e0 Deby, le soutient finalement. \u00a0Les populations peuvent \u00eatre d\u00e9rout\u00e9es par le positionnement des acteurs politiques. La grande majorit\u00e9 des populations semblent se d\u00e9sint\u00e9resser de ces scrutins qu\u2019on dit jou\u00e9s d\u2019avance. Il faut rappeler aussi que les populations sont plus pr\u00e9occup\u00e9es par leur situation au quotidien.<\/p>\n<p>\u00a0Quand vous avez un appareil s\u00e9curitaire qui interpelle et r\u00e9prime les manifestants et que les marches m\u00eames pacifiques sont interdites. Il est difficile de mobiliser les populations. A Djibouti, les r\u00e9seaux sociaux sont devenus un moyen d\u2019expression privil\u00e9gi\u00e9 pour la population car dans ce pays, 73 % de la population a moins de 35 ans. \u00a0Il est clair que les formes actuelles de l\u2019opposition \u00e0 travers des partis politiques peinent \u00e0 trouver un discours r\u00e9ceptif aupr\u00e8s des populations surtout lorsque tout converge vers une victoire du pr\u00e9sident sortant.<\/p>\n<p>\u00a0La communaut\u00e9 internationale, y compris l\u2019Union africaine, semble s\u2019accommoder de cette situation. Comment expliquer cela ?<\/p>\n<p>\u00a0La situation du Tchad et de Djibouti est int\u00e9ressante \u00e0 observer au regard de ce que ces 2 pays repr\u00e9sentent sur le plan s\u00e9curitaire en Afrique. Le Tchad est devenu est quelques ann\u00e9es un alli\u00e9 incontournable dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Le pr\u00e9sident Deby a projet\u00e9 son arm\u00e9e comme une force s\u00fbre contre le terrorisme. Son pays a connu de lourdes pertes dans le domaine militaire. \u00a0L\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e tchadienne est reconnue et surtout sa capacit\u00e9 \u00e0 se projeter avec des troupes tr\u00e8s mobiles avec tr\u00e8s peu de logistique dans des terrains tr\u00e8s difficiles.<\/p>\n<p>\u00a0Le Tchad a d\u00e9montr\u00e9 au sein du G5 Sahel qu\u2019elle dispose de l\u2019arm\u00e9e la plus outill\u00e9e pour faire face aux groupes terroristes. Il est \u00e9vident que le r\u00f4le jou\u00e9 par le Tchad dans le contexte actuel de lutte contre le terrorisme au Sahel le place en position int\u00e9ressante. Il semble difficile pour les pays engag\u00e9s dans la lutte contre le terrorisme au Sahel et notamment la France de formuler des critiques sur la pr\u00e9sence de D\u00e9by.<\/p>\n<p>\u00a0Le pr\u00e9sident tchadien a su se rendre indispensable et donc il b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une sorte \u00ab d\u2019immunit\u00e9 \u00bb face aux critiques qui peuvent \u00eatre formul\u00e9es. \u00a0Finalement, cette situation renforce l\u2019adage que les \u00c9tats n\u2019ont pas d\u2019amis, ils n\u2019ont que des int\u00e9r\u00eats. L\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019heure est de lutter contre le terrorisme au Sahel et le Tchad y joue un r\u00f4le majeur.<\/p>\n<p>\u00a0Djibouti \u00e9galement reconnu sur le plan s\u00e9curitaire pour son emplacement strat\u00e9gique. Le pays accueille des bases militaires de la France, des \u00c9tats-Unis, du Japon et de la Chine depuis 2017. Il faut se rappeler qu\u2019en 2008, l\u2019Union europ\u00e9enne y avait install\u00e9 une base navale pour lutter contre la piraterie dans les eaux somaliennes.<\/p>\n<p>\u00a0La position g\u00e9ographique et strat\u00e9gique de Djibouti en fait un pays pris\u00e9 par les grandes puissances \u00e9trang\u00e8res qui doivent \u00e0 intervalle r\u00e9gulier la pr\u00e9sence de leurs bases militaires. Ce positionnement strat\u00e9gique de Djibouti ne laisse gu\u00e8re la place \u00e0 des critiques et les grandes puissances s\u2019accommodent des victoires successives du pr\u00e9sident Guelleh.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: APA News<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.journalducameroun.com\/tchad-benin-djibouti-ces-presidentielles-jouees-davance-decryptage\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Publi\u00e9 le 11.04.2021 \u00e0 03h18 par APA News Apr\u00e8s Djibouti, vendredi 9 avril, des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles sans rivaux majeurs pour les pr\u00e9sidents sortants, sont organis\u00e9es ce dimanche 11 avril au B\u00e9nin et au Tchad. 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