{"id":11504,"date":"2019-02-05T09:22:25","date_gmt":"2019-02-05T14:22:25","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/coface-donne-ses-analyses-risques-pays-pour-2019\/"},"modified":"2019-02-05T09:22:25","modified_gmt":"2019-02-05T14:22:25","slug":"coface-donne-ses-analyses-risques-pays-pour-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/coface-donne-ses-analyses-risques-pays-pour-2019\/","title":{"rendered":"Coface donne ses analyses risques pays pour 2019"},"content":{"rendered":"<div class=\"share mobile\" readability=\"7\">\n<p>PARTAGER Coface donne ses analyses risques pays pour 2019<\/p><\/div>\n<p>Malgr\u00e9 de tr\u00e8s nombreux\u00a0obstacles sur son passage\u00a0(risques politiques divers\u00a0et vari\u00e9s, forte volatilit\u00e9 des\u00a0cours des mati\u00e8res premi\u00e8res,\u00a0contraintes d\u2019offre dans les\u00a0\u00e9conomies avanc\u00e9es, pour ne citer qu\u2019eux), la\u00a0croissance mondiale est parvenue, en 2018, \u00e0\u00a0maintenir un rythme aussi soutenu qu\u2019en 2017\u00a0(3,2 %). Mais, la multiplication de ces emb\u00fbches\u00a0a commenc\u00e9 \u00e0 la ralentir en fin d\u2019ann\u00e9e, au\u00a0point d\u2019assombrir les perspectives pour l\u2019ann\u00e9e qui d\u00e9bute (3,0 % pr\u00e9vus par Coface). L\u2019ampleur<br \/>de ce repli para\u00eet modeste mais est suffisant\u00a0pour que le risque de cr\u00e9dit des entreprises\u00a0augmente : Coface anticipe que le nombre\u00a0de d\u00e9faillances d\u2019entreprises augmentera\u00a0dans 24 pays des 39 pour lesquels ces\u00a0donn\u00e9es sont disponibles et qui repr\u00e9sentent\u00a065 % du PIB mondial.<\/p>\n<p>Ce sont,\u00a0respectivement, cinq et neuf pays de plus\u00a0qu\u2019en 2018 et 2017. Les \u00c9tats-Unis n\u2019en feraient\u00a0pas encore partie, m\u00eame si le pic de croissance\u00a0\u00a0y semble aussi d\u00e9pass\u00e9.\u00a0Sans surprise, c\u2019est l\u2019industrie qui donne\u00a0l\u2019impulsion \u00e0 l\u2019\u00e9conomie. En\u00a0 particulier, le secteur automobile, dont l\u2019\u00e9valuation\u00a0Coface de risque de cr\u00e9dit des entreprises\u00a0est d\u00e9grad\u00e9e dans huit pays ce trimestre\u00a0(dont sept en Europe). Les perspectives\u00a0\u00a0de croissance s\u2019en ressentent : celle-ci ne\u00a0devrait pas d\u00e9passer 1,4 % en Allemagne et en\u00a0France en 2019, 2,2 % en Espagne et 0,5 % en\u00a0Italie. Dans cet environnement, le commerce\u00a0mondial n\u2019est pas \u00e9pargn\u00e9 : Coface pr\u00e9voit\u00a0que sa croissance atteindra seulement 2,3 %\u00a0cette ann\u00e9e, soit, respectivement, 1 et 2 points<br \/>de pourcentage de moins qu\u2019en 2018 et 2017,\u00a0mais un niveau toujours sup\u00e9rieur au point\u00a0bas de 2016.<\/p>\n<p>Cependant, la mod\u00e9ration de la croissance\u00a0dans les \u00e9conomies avanc\u00e9es, en particulier\u00a0aux \u00c9tats-Unis, a au moins un effet positif :\u00a0en r\u00e9duisant les anticipations de hausses de\u00a0taux d\u2019int\u00e9r\u00eat directeurs suppl\u00e9mentaires de\u00a0la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale am\u00e9ricaine, elle limite les\u00a0risques de sorties de capitaux des march\u00e9s\u00a0\u00e9mergents.<\/p>\n<p>Coface anticipe que le prix du baril de Brent\u00a0atteindra 75 dollars en moyenne en 2019, soit\u00a0un niveau similaire \u00e0 celui de 2018, m\u00eame si\u00a0cet exercice de pr\u00e9vision est d\u2019autant plus\u00a0difficile que la volatilit\u00e9 des cours a nettement\u00a0augment\u00e9 depuis le d\u00e9but du 4\u00e8me trimestre\u00a02018. Ce niveau est suffisant pour \u00e9viter \u00e0\u00a0de nombreux pays exportateurs de p\u00e9trole\u00a0de devoir couper dans leurs d\u00e9penses\u00a0\u00a0publiques afin de compenser de moindres\u00a0recettes li\u00e9es aux mati\u00e8res premi\u00e8res. Dans<br \/>ce contexte contrast\u00e9, Coface am\u00e9liore les\u00a0\u00e9valuations pays d\u2019\u00e9conomies d\u00e9pendantes\u00a0de cette mati\u00e8re premi\u00e8re : l\u2019Angola (en\u00a0C), l\u2019Azerba\u00efdjan (B), le Canada (A2), les\u00a0Emirats Arabes Unis (A3), et Trinit\u00e9 et\u00a0Tobago (B). Les \u00e9valuations du Mont\u00e9n\u00e9gro\u00a0(B), du Mozambique (D), de la R\u00e9publique\u00a0dominicaine (A4) et du Rwanda (A4) sont\u00a0aussi revues \u00e0 la hausse, tandis que le Liban\u00a0est d\u00e9class\u00e9 en D.<\/p>\n<p><strong>Europe : les multiples incertitudes\u00a0politiques\u2026<\/strong><\/p>\n<p>En Europe, beaucoup d\u2019incertitudes politiques\u00a0ne sont pas lev\u00e9es en ce d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e : malgr\u00e9\u00a0l\u2019accord entre le\u00a0 gouvernement italien et la\u00a0Commission europ\u00e9enne trouv\u00e9 en d\u00e9cembre, les\u00a0risques pesant sur les banques italiennes restent<br \/>\u00e9lev\u00e9s et ne permettent pas un repli significatif\u00a0des taux de rendement des obligations d\u2019\u00c9tat\u00a0\u00e0 long terme. Les modalit\u00e9s du processus de\u00a0sortie du Royaume-Uni de l\u2019Union europ\u00e9enne\u00a0restent, elles aussi, incertaines, ce qui pousse les\u00a0entreprises et m\u00e9nages britanniques \u00e0 reporter\u00a0leurs d\u00e9cisions d\u2019investissement et\/ou d\u2019achat\u00a0de biens de consommation durables. Enfin, le\u00a0mouvement des \u00ab gilets jaunes \u00bb en France indique\u00a0que le m\u00e9contentement social se g\u00e9n\u00e9ralise sur\u00a0le continent.<\/p>\n<p>Cinq ann\u00e9es cons\u00e9cutives de croissance positive\u00a0et une r\u00e9duction du taux de ch\u00f4mage d\u2019un tiers\u00a0en zone euro n\u2019auront, en effet, pas \u00e9t\u00e9 suffisantes\u00a0pour emp\u00eacher la mont\u00e9e de partis anti-europ\u00e9ens\u00a0dans un bon nombre de pays. L\u2019ampleur prise par\u00a0ces nouvelles forces politiques oppos\u00e9es, \u00e0 des\u00a0degr\u00e9s divers, au projet europ\u00e9en sera visible \u00e0\u00a0l\u2019occasion des \u00e9lections europ\u00e9ennes de mai 2019.\u00a0Celles-ci pourraient d\u00e9boucher sur un parlement\u00a0tr\u00e8s fragment\u00e9 et comprenant de\u00a0 nombreux\u00a0d\u00e9put\u00e9s anti-europ\u00e9ens. Or, celui-ci dispose de\u00a0pouvoirs dont il ne faut pas n\u00e9gliger l\u2019importance.\u00a0D\u2019abord, il valide le budget de l\u2019Union europ\u00e9enne.\u00a0M\u00eame s\u2019il est peu probable que des d\u00e9put\u00e9s\u00a0eurosceptiques originaires d\u2019Europe centrale et\u00a0orientale bloquent le budget dont leurs pays sont\u00a0les premiers b\u00e9n\u00e9ficiaires (notamment \u00e0 travers les<br \/>fonds structurels), le risque d\u2019obstruction existe.<\/p>\n<p>Ensuite, le Parlement a la possibilit\u00e9 de voter une\u00a0motion de censure \u00e0 l\u2019encontre de la Commission\u00a0europ\u00e9enne, qui doit justement \u00eatre renouvel\u00e9e\u00a0en octobre 2019. L\u00e0, encore, alors que la motion\u00a0doit obtenir le soutien de deux tiers des d\u00e9put\u00e9s<br \/>pour \u00eatre adopt\u00e9e et l\u2019investiture une majorit\u00e9 des\u00a0suffrages exprim\u00e9s, un risque de blocage existe.<\/p>\n<p><strong>\u2026 affectent le moral des entreprises dans l\u2019industrie<\/strong><\/p>\n<p>La question de la co\u00efncidence entre ces incertitudes\u00a0 politiques et le ralentissement de la croissance\u00a0est donc toujours d\u2019actualit\u00e9. Par exemple, il est\u00a0difficile de ne pas voir dans le recul des commandes\u00a0de biens d\u2019\u00e9quipement en France un lien avec\u00a0le mouvement des \u00ab gilets jaunes \u00bb depuis le\u00a0mois de novembre. Toutefois, les donn\u00e9es de\u00a0d\u00e9cembre relatives aux d\u00e9faillances d\u2019entreprises\u00a0ne permettaient pas (encore ?) de confirmer un\u00a0impact significatif du mouvement sur la sant\u00e9 des<br \/>entreprises (sauf dans le secteur du commerce de\u00a0d\u00e9tail d\u2019habillement).<\/p>\n<p>Plus g\u00e9n\u00e9ralement, le repli des indices de confiance\u00a0en Europe, mesur\u00e9 \u00e0 travers les enqu\u00eates aupr\u00e8s de\u00a0chefs d\u2019entreprise, a \u00e9t\u00e9 continu en 2018. Le d\u00e9but\u00a0de cette tendance a co\u00efncid\u00e9 avec la mont\u00e9e de la\u00a0rh\u00e9torique protectionniste aux \u00c9tats-Unis et celle\u00a0des cours du p\u00e9trole en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e. Depuis la\u00a0fin de l\u2019\u00e9t\u00e9, il est accompagn\u00e9 du repli des nouvelles\u00a0commandes (-4,3 % en glissement annuel en\u00a0novembre 2018 en Allemagne) et, surtout, de la\u00a0production industrielle. Or l\u2019industrie\u00a0est habituellement un moteur majeur de l\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Les contraintes d\u2019offre expliquent, en partie, ce\u00a0freinage de la production. Le taux d\u2019utilisation\u00a0des capacit\u00e9s de production est \u00e9lev\u00e9 : il a \u00e9t\u00e9\u00a0sup\u00e9rieur \u00e0 84 % sur l\u2019ensemble de l\u2019ann\u00e9e 2018 en\u00a0zone euro, soit un niveau tr\u00e8s proche des pics des<br \/>pr\u00e9c\u00e9dents cycles \u00e9conomiques (environ 85 % en\u00a02007, 2001 et 1991). Les difficult\u00e9s de recrutement\u00a0sont aussi patentes, m\u00eame dans les pays o\u00f9 le taux\u00a0de ch\u00f4mage reste \u00e9lev\u00e9, comme la France.<\/p>\n<p>Mais, outre le ralentissement cyclique des\u00a0\u00e9conomies europ\u00e9ennes, des facteurs temporaires\u00a0sp\u00e9cifiques \u00e0 certains secteurs d\u2019activit\u00e9 sont \u00e0\u00a0l\u2019\u0153uvre. Par exemple, la production des entreprises\u00a0du secteur de l\u2019\u00e9nergie est p\u00e9nalis\u00e9e par la baisse<br \/>des cours mondiaux entre octobre et d\u00e9cembre\u00a02018. Le secteur automobile en\u00a0Europe de l\u2019ouest focalise aussi l\u2019attention depuis\u00a0la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Le secteur automobile\u00a0est \u00e0 un tournant<\/strong><\/p>\n<p>Le cycle de croissance du secteur automobile dure,\u00a0en effet, depuis environ huit ans sur les principaux\u00a0march\u00e9s, avec des indicateurs\u00a0de ventes de v\u00e9hicules et d\u2019immatriculations\u00a0tr\u00e8s dynamiques. Il pr\u00e9sente, d\u00e9sormais, des\u00a0signes d\u2019essoufflement qui se traduisent par huit\u00a0d\u00e9classements dans les \u00e9valuations de la Coface,\u00a0notamment en Europe.<\/p>\n<p>Il confirme \u00e9galement son caract\u00e8re procyclique,\u00a0tandis que ses acteurs doivent faire face \u00e0 des d\u00e9fis\u00a0communs.\u00a0Les investissements importants auxquels les\u00a0constructeurs automobiles traditionnels doivent\u00a0r\u00e9aliser dans diff\u00e9rents domaines en font partie. C\u2019est\u00a0le cas en mati\u00e8re d\u2019innovation, avec la concurrence accrue li\u00e9e \u00e0 la mont\u00e9e en puissance de la voiture<br \/>\u00e9lectrique ou autonome avec l\u2019arriv\u00e9e concomitante\u00a0de nouveaux acteurs. \u00c0 cela s\u2019ajoute la n\u00e9cessit\u00e9\u00a0de s\u2019adapter \u00e0 l\u2019\u00e9volution des pr\u00e9f\u00e9rences et des\u00a0modes de vie des consommateurs, qui pr\u00e9f\u00e8rent\u00a0de plus en plus les \u00ab petites \u00bb voitures aux berlines.<\/p>\n<p>De plus, les co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 l\u2019adaptation n\u00e9cessaire aux\u00a0nouvelles normes environnementales anti-pollution\u00a0en Chine, aux \u00c9tats-Unis ou en Europe sans qu\u2019il soit\u00a0possible pour les constructeurs d\u2019en faire l\u2019\u00e9conomie\u00a0\u2013comme l\u2019a montr\u00e9 le scandale Volkswagen\u2013 est\u00a0aussi \u00e0 consid\u00e9rer.<\/p>\n<p>Ces contraintes sont d\u2019autant plus difficiles \u00e0\u00a0appr\u00e9hender, qu\u2019elles doivent se r\u00e9aliser dans un\u00a0contexte de resserrement mon\u00e9taire amorc\u00e9 aux\u00a0\u00c9tats-Unis, en Asie et dans un certain nombre de\u00a0pays d\u2019Europe de l\u2019Est. C\u2019est aussi progressivement<br \/>le cas en zone euro avec la fin des achats de titres\u00a0de dette par la Banque centrale europ\u00e9enne et son\u00a0augmentation attendue des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. S\u2019ajoute\u00a0\u00e0 cela un niveau d\u2019endettement des m\u00e9nages, d\u00e9j\u00e0\u00a0\u00e9lev\u00e9, qui continue d\u2019augmenter au niveau mondial\u00a0et est estim\u00e9 \u00e0 59,6 % du PIB au 3e trimestre 2018.<\/p>\n<p>En outre, la politique protectionniste am\u00e9ricaine\u00a0p\u00e9nalise, pour l\u2019heure, le secteur automobile\u00a0am\u00e9ricain en augmentant le co\u00fbt des intrants et\u00a0entretient l\u2019incertitude sur de potentielles mesures,\u00a0au regard des menaces r\u00e9currentes du locataire de<br \/>la Maison-Blanche contre le secteur automobile\u00a0europ\u00e9en, notamment allemand.<\/p>\n<p>Enfin, l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 maturit\u00e9 du march\u00e9 chinois est\u00a0aussi un facteur majeur qui explique les difficult\u00e9s\u00a0du secteur automobile, notamment en Europe.\u00a0Sans surprise, l\u2019Allemagne figure tout en haut de la\u00a0liste des pays expos\u00e9s aux probl\u00e8mes du secteur<br \/>en Chine, puisqu\u2019elle est son premier fournisseur\u00a0de composants automobiles. Pour la premi\u00e8re fois\u00a0depuis vingt ans, les ventes automobiles y ont\u00a0diminu\u00e9 en 2018.<\/p>\n<p><strong>\u00c9mergents :\u00a0face \u00e0 des vents contraires<\/strong><\/p>\n<p>Cet environnement mondial a des effets contrast\u00e9s\u00a0sur les \u00e9conomies \u00e9mergentes : la moindre\u00a0perspective de croissance aux \u00c9tats-Unis (+2,3 %\u00a0attendu en 2019 apr\u00e8s 2,9 % en 2018) limite\u00a0l\u2019ampleur du resserrement mon\u00e9taire de la R\u00e9serve<br \/>f\u00e9d\u00e9rale attendu en 2019 et, donc, les risques\u00a0de sorties de capitaux des march\u00e9s \u00e9mergents.<\/p>\n<p>Mais, le ralentissement de la croissance en zone\u00a0euro (+1,6 % pr\u00e9vu en 2019, apr\u00e8s respectivement\u00a02,5 % et 1,9 % en 2017 et 2018) et aux \u00c9tats-Unis\u00a0les expose \u00e0 des effets de contagion, en premier\u00a0lieu \u00e0 travers les flux commerciaux. Ces effets sont<br \/>de plus en plus visibles depuis la fin de l\u2019ann\u00e9e\u00a02018. La croissance des \u00e9conomies \u00e9mergentes\u00a0\u00e9tait, en d\u00e9cembre, au plus bas depuis avril 2016,\u00a0d\u2019apr\u00e8s l\u2019indicateur avanc\u00e9 de l\u2019Institut de Finance\u00a0Internationale.<\/p>\n<p>Le ralentissement de l\u2019\u00e9conomie chinoise est une\u00a0source de risque suppl\u00e9mentaire. Si, jusqu\u2019ici,\u00a0ce ralentissement traduisait les difficult\u00e9s\u00a0des entreprises de secteurs d\u2019activit\u00e9 li\u00e9s aux\u00a0infrastructures et contraints par un endettement\u00a0\u00e9lev\u00e9(construction, m\u00e9taux notamment), la\u00a0consommation priv\u00e9e a commenc\u00e9 \u00e0 montrer\u00a0des signes d\u2019essoufflement, dans un contexte\u00a0d\u2019endettement des m\u00e9nages en progression rapide\u00a0et de maturation de certains march\u00e9s (comme celui\u00a0de l\u2019automobile \u00e9voqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment).<\/p>\n<p>Dans\u00a0\u00a0ce contexte, les d\u00e9faillances sur le march\u00e9 local des obligations d\u2019entreprises se sont multipli\u00e9es\u00a0l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re : leur montant a \u00e9t\u00e9 cinq fois plus\u00a0\u00e9lev\u00e9 qu\u2019en 2017, principalement en raison d\u2019une\u00a0forte augmentation au 4e trimestre.<\/p>\n<p>Ces probl\u00e8mes de solvabilit\u00e9 ne concernent plus\u00a0seulement les entreprises publiques impliqu\u00e9es\u00a0dans de grands projets\u00a0 l\u2019investissements en\u00a0infrastructure. D\u00e9sormais, ils touchent aussi le\u00a0tissu de petites et moyennes entreprises p\u00e9nalis\u00e9es<br \/>par la volont\u00e9 des autorit\u00e9s de limiter l\u2019ampleur\u00a0des financements alternatifs ( shadow banking)\u00a0peu surveill\u00e9s et plus risqu\u00e9s, ainsi que par les\u00a0conditions de cr\u00e9dit bancaire plus strictes. La part\u00a0des cr\u00e9dits bancaires d\u00e9di\u00e9s aux PME dans les<br \/>cr\u00e9dits totaux accord\u00e9s aux entreprises est ainsi\u00a0pass\u00e9e de 35 % \u00e0 20 % entre le premier semestre\u00a02016 et le premier semestre 2018.<\/p>\n<p>Dans le reste du monde \u00e9mergent, l\u2019Argentine et la\u00a0Turquie, les deux principales victimes de la vague\u00a0de sortie de capitaux des march\u00e9s \u00e9mergents au\u00a0printemps et \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2018, sont, sans surprise, en\u00a0difficult\u00e9 : au 3e trimestre 2018, les \u00e9conomies<br \/>argentine et turque ont enregistr\u00e9 une croissance\u00a0inf\u00e9rieure \u00e0 z\u00e9ro. Les effets de la r\u00e9cente crise\u00a0de change continuent donc de se faire sentir\u00a0dans les deux pays. N\u00e9anmoins, du c\u00f4t\u00e9 des\u00a0comptes ext\u00e9rieurs, l\u2019ajustement a \u00e9t\u00e9 effectif\u00a0d\u00e8s le second semestre 2018 : ainsi, le d\u00e9ficit\u00a0commercial argentin s\u2019est r\u00e9duit de pr\u00e8s de 45 %\u00a0entre mai et novembre dernier,\u00a0 principalement\u00a0sous l\u2019effet d\u2019une contraction des importations. La tendance est similaire en Turquie et devrait<br \/>se poursuivre cette ann\u00e9e dans les deux cas :\u00a0les entreprises exportatrices b\u00e9n\u00e9ficieront des\u00a0gains de comp\u00e9titivit\u00e9-prix r\u00e9sultant de la chute\u00a0du peso et de la livre en 2018. Et, en Argentine,\u00a0les exportations dans le secteur agricole et<br \/>agroalimentaire devraient aussi profiter de\u00a0meilleures r\u00e9coltes, apr\u00e8s l\u2019ann\u00e9e 2018 marqu\u00e9e par\u00a0la pire s\u00e9cheresse depuis 50 ans. Le pays devrait,\u00a0aussi, entrer dans le club des exportateurs de gaz\u00a0de schiste qui ne compte que 20 membres.<\/p>\n<p>Mais, si les vuln\u00e9rabilit\u00e9s externes s\u2019amenuisent,\u00a0les probl\u00e8mes internes sont loin d\u2019\u00eatre termin\u00e9s.\u00a0En Argentine, le ratio de cr\u00e9ances douteuses des\u00a0banques avait continu\u00e9 d\u2019augmenter jusqu\u2019en 2003,\u00a0c\u2019est-\u00e0-dire deux ans apr\u00e8s la crise de change de<br \/>l\u2019\u00e9poque. M\u00eame chose, ou presque, en Turquie, le\u00a0ratio de cr\u00e9ances douteuses avait atteint un pic \u00e0\u00a019 % en 2001, donc un peu plus d\u2019un an apr\u00e8s que\u00a0la crise de change se soit manifest\u00e9e. Dans les deux\u00a0pays, il faut donc s\u2019attendre \u00e0 un risque de cr\u00e9dit\u00a0toujours \u00e9lev\u00e9 pour les entreprises, sauf pour celles\u00a0qui ont la chance de tirer une partie importante de\u00a0leurs revenus des exportations.<\/p>\n<p><strong>LNT avec CdP<\/strong><\/p>\n<div class=\"section group articles_linked\">\n<p><span class=\"legend\">POUR ALLER PLUS LOIN<\/span><\/p>\n<article class=\"col span_5_of_12\"><a href=\"https:\/\/lnt.ma\/bilan-2018-de-lonhym-hausse-transit-gazoduc-maghreb-europe\/\" class=\" col span_3_of_12\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"85\" height=\"58\" src=\"https:\/\/lnt.ma\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/onhym-85x58.jpg\" class=\"attachment-article_linked size-article_linked wp-post-image\" alt=\"\"\/><\/a><\/p>\n<\/article>\n<article class=\"col span_5_of_12\"><a href=\"https:\/\/lnt.ma\/marrakech-formule-e-nissan-leaf-pole-position\/\" class=\" col span_3_of_12\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"85\" height=\"58\" src=\"https:\/\/lnt.ma\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/nissan-85x58.jpg\" class=\"attachment-article_linked size-article_linked wp-post-image\" alt=\"\"\/><\/a><\/p>\n<\/article>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PARTAGER Coface donne ses analyses risques pays pour 2019 Malgr\u00e9 de tr\u00e8s nombreux\u00a0obstacles sur son passage\u00a0(risques politiques divers\u00a0et vari\u00e9s, forte volatilit\u00e9 des\u00a0cours des mati\u00e8res premi\u00e8res,\u00a0contraintes d\u2019offre dans les\u00a0\u00e9conomies avanc\u00e9es, pour ne citer qu\u2019eux), la\u00a0croissance mondiale est parvenue, en 2018, \u00e0\u00a0maintenir un rythme aussi soutenu qu\u2019en 2017\u00a0(3,2 %). 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